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GUINÉE FRANÇAISE

Une exposition simple et scientifique à la fois, et mettant parfaitement en valeur aux yeux du public les richesses de notre Guinée, les progrès immenses quelle a accomplis en dix ans, sous la direction de M. Ballay, et le bel avenir qui lui est réservé, lorsque l’exploitation de ses richesses

RAPPORT GENERAL. 1 1

naturelles sera facilitée par la construction du chemin de fer de Konakry au Niger.

La première salle en rotonde du rez-de-chaussée était presque entièrement consacrée aux envois du comité local; on y trouvait tous les objets provenant des industries du pays : cuirs et peaux travaillés ou bruts, sculptures indigènes, instruments de musique, vannerie artistement et solidement travaillée en pailles résistantes et de couleurs variées, armes et lances, calebasses, objets servant aux cérémonies du mariage, sellerie et harnachements avec tous les accessoires qu’ils comportent et des modèles d’ouvrages exécutés par des indigènes employés aux travaux publics, notamment une réduction intéressante d’escalier tournant qui révélait cliez son auteur beaucoup d’intelligence et de goût.

Dans la grande salle oblongue du rez-de-chaussée, on remarquait tout d’abord les grandes cartes accrochées aux murailles. La carte de la Guinée, établie par les missions du service géographique des colonies, indiquait les nouveaux territoires qui nous ont été concédés lors des dernières opérations du Soudan; elle portait également le tracé de la ligne du chemin de fer de Konakry au Niger, passant par Timho. Gomme complément de celle documentation, on trouvait dans la même salle, sur les tables, les quatre volumes des profils relatifs à cette ligne, par le capitaine Salesses.

Deux autres caries représentaient l’ilot de Konakry en 1890 en 1900 : on le voyait tel qu’il était il y a dix ans, lorsqu’on y tuait encore des panthères, et tel qu’il esl aujourd’hui avec sa ville de 1 2,000 habitants, ses boule-

va rds de 3o mètres bordés de palmiers, sa jetée de 2.80 mètres.

Enfin des tableaux indiquaient la progression du commerce dans la colonie, qui nous montre le mouvement général passant de 7 , 43 2 , o o o fr. en 1 8 9 o à 2 4 , 9 o 3 , 2 o 6 fr. en 1899, marquant un progrès de 8,1 53,352 francs sur l’année précédente.

Dans des vitrines et sur des étagères on remarquait de gigantesques balles de caoutchouc, des défenses d’ivoire, des échantillons de copal, d’arachides, de kola, de café, de riz, de palmiste, etc.

Aux murs étaient également appendues des aquarelles reproduisant des scènes et des types du pays, et, un peu partout, du reste, dans le pavillon, de superbes agrandis sements photographiques de la collection de M. Noirot.

Dans la troisième salle du rez-de-chaussée, étaient des collections ethnographiques de MM. le docteur Maclaud, Bonassiès, etc. Au centre, dans une vitrine, des échantillons de labradorite polie, de quartzite et de quartz taillé, de lémonite, recueillis dans la grotte de Kakimbon.

Dans les salles du premier étage, une fort belle collection d’échantillons de caoutchouc, le grand produit de la Guinée, dont la colonie a exporté pour 6,993,000 francs en 1899; de cotons bruts et ouvrés. Le commandant de Lartigue exposait des bijoux provenant de Samory, son coran, des chasse-mouches à manches d’argent ciselés, des colliers et des bracelets. Les armes du conquérant noir, son fusil, ceux de plusieurs de ses sofas formaient une panoplie; il y avait là des fusils modèle 1 87/1 , e'rrtièrè-

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ment fabriqués, sauf la hausse, par ses armuriers, qui pouvaient lui en livrer (leux par jour. Dans la même salle, du caoutchouc ayant subi diverses préparations, une panoplie de défenses d’éléphant et de la kola.

COMPAGNIE FRANÇAISE DE LA CÔTE OCCIDENTALE D’AFRIQUE

« Dans celle exposition si bien entendue, même les décorations tournent à l’enseignement; les statistiques et les graphiques du commerce dans les différentes colonies où opère cette Compagnie si sagement et si intelligemment menée sont, au plus haut degré, instructifs, même ces peintures qui nous représentent le nègre et son degré de bien-être et de civilisation dans chacune de ces diverses colonies ne le sont guère moins, et l’on ne saurait trop louer, dans ce pavillon, l’intelligence avec laquelle ces documents ont été rassemblés et l’art avec lequel ds ont été présentés. »

Je m’en voudrais de rien changer «à cette appréciation de M. Chailiey-Bert. En effet, dans le pavillon de celle Compagnie, de grands tableaux de M. Thévenot représentaient des indigènes du Fouta-Djalon, du Sénégal , de la Côte dlvoire, de Sierra-Leone , avec une saisissante vérité et un art supérieur. Une très remarquable allégorie de M. Albert Lambert décorait le plafond.

De façon très habile, les murailles étaient tapissées d’étoffes du pays, de peaux de tigres et de léopards; des mannequins habillés représentaient une femme Bousson (Guinée française), un noir du Sénégal, une femme Fan-

tée (Côte d’ivoire) et un nègre de la même région. La disposition des graphiques figurant la progression du commerce ou de l’exportation du caoutchouc et les amusantes kyrielles d’indigènes apportant leurs produits étaient extrêmement intéressantes. Ces graphiques et tableaux méritaient de retenir l’attention : on y voyait que les opérations annuelles de la Compagnie ont augmenté d’une façon considérable de 1 897 à 1 899; on y voyait le détail de ses opérations dans les colonies où elle a établi ses comptoirs : le Sénégal, la Guinée française, la Côte d’ivoire et trois colonies étrangères, Sierra Leone, la Gambie anglaise et la Guinée portugaise; on y trouvait encore le détail de ses opérations par produits et suivant chaque colonie génératrice de ces produits; ainsi la Compagnie a exporté en 1 898 pour 1 8,989,093 francs d’arachides, pour 1 1,097,877 francs de caoutchouc , pour 2,080,009 francs de palmistes, pour 1,892,171 francs d’huile de palme; en 1899, pour 1,1 42,61 5 francs d’acajou et pour 882,710 francs de bétail, pour 282,488 francs de cuir, pour 481,167 francs de gomme copal, pour 7 2 4, 7 5o francs d’or, pour 21 1 , 8 4 4 francs d’ivoire, pour 33,926 francs d’oiseaux vivants, pour 2 2 3,243 francs de dépouilles d’oiseaux, pour 254,928 francs de cafés, pour 4,466,245 fr. de gomme arabique, pour 84,278 francs de sésames.

Dans les vitrines, les échantillons de tous les articles d’exportation étaient présentés avec goût. On pouvait facilement s’y rendre compte de la valeur des divers caoutchoucs en exportation. Les cafés rio-many et Sierra- Leone , les palmistes , les arachides , les huiles de palme , la cire d’abeilles , la gomme copal , les poivres , les kolas ,

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se trouvaient là, comme dans les pavillons du Sénégal, de la Guinée, de la Côte d’ivoire.

Tout à fait agréable à la vue était la collection vraiment remarquable d’oiseaux, aux plumages chatovanls et multicolores, qu’on admirait dans une vaste cage.

Signalons encore le modèle de factorerie exposé au milieu de la salle, et les vues photographiques des établissements de la Compagnie.

La Compagnie de la côte occidentale d’Afrique fait honneur au commerce français, à ses administrateurs et tout particulièrement à son éminent administrateur délégué M. Bolin. Elle répond éloquemment au reproche que nous adressent assez volontiers nos voisins d’Outre-Manche de ne pas savoir tirer parti de notre empire colonial.

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