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LES MISSIONS INDIGÈNES

Dans mon Introduction générale (pages 42 et suivantes), |e me suis expliqué sur le but que devaient se proposer d’atteindre les missions indigènes, sur la manière dont, à mon avis, elles devaient être conduites pour assurer le développement de noire influence. Je n’y reviendrai donc point, et je relaterai simplement ce qu’elles ont vu et fait en France, ainsi que les résultats à ma connaissance, et les bénéfices qu’elles ont pu retirer de leur séjour parmi nous.

Guinée française. — Cette colonie envoya une mission de sept personnes, ainsi composée : Biguinda, écrivain de l’Administration; Demba-Sène, maître-menuisier; Sadio- Gaye, maître-charpentier; Dioyo, fils de l’ex-almamy; Mangui, pilote; Morékano, fils de chef; Théodore, interprète.

Arrivés en France le i5 août, ils se sont rembarqués pour la Guinée le 5 octobre, à l’exception de l’interprète Théodore , qui resta en pension à Neuilly pour se perfectionner dans la connaissance de la langue française, et qui ne repartit pour la colonie que le î 5 novembre.

Les indigènes visitèrent à fond l’Exposition universelle et en particulier les diverses spécialités qui pouvaient les intéresser plus directement. En dehors de l’Exposition, on leur fit visiter des ateliers, des usines, des maisons en construction; on les promena dans les grands magasins, au Jardin dès Plantes et au Jardin d’acclimatation, et on les conduisit dans divers théâtres. Ils sont partis très salis-

faits de leur séjour à Paris, mais aussi enchantés de regagner leur pays d’origine.

Boubou-Penda, l’interprète et le compagnon de M. Noirot depuis quinze ans, vint le rejoindre à Pans où il resta six semaines. Très digne, de fière allure, se targuant volontiers de sa qualité de fonctionnaire, avec cela esprit calme, réfléchi et doué d’une faculté d’observation très aiguë, Boubou-Penda n’était venu à Paris que pour quinze jours. Mais le gouverneur, M. Ballay, désira qu’il donnât lui-même des explications au public sur l’Exposition de la Guinée, et le décida à prolonger son séjour; Boubou v consentit volontiers, parce que « gouverneur si bon homme que y en a pas refuser ! » Mais l’épidémie de fièvre jaune l’inquiéta pour sa femme et ses enfants restés à Saint-Louis du Sénégal, et lorsque M. Ballay partit rejoindre ce poste pour y exercer l’intérim du gouverneur général, où il fut depuis titularisé et où malheureusement il fut terrassé par la maladie, Boubou lui demanda la permission de partir avec lui.

Boubou avait déjà vu l’Exposition de 1889, et bien des choses de Paris ne bétonnaient plus; mais il fit la remarque qu’avec les blancs il y avait toujours quelque chose de nouveau à admirer, et il ne se fit pas faute d’observer notre civilisation, nos mœurs, et, comme tous nos indigènes, il s’enthousiasma à la revue du i4 Juillet!

Sénégal. — Dans le courant du mois d’octobre, deux chefs indigènes sénégalais vinrent à Paris où ils furent confiés aux soins de M. Bournas, secrétaire de l’Exposition du Sénégal-Soudan. C’étaient Bakary Mamahdou, chef du

Demba-Kané, el Abdoul Salam, chef du Raual (cercle de Matam). Tous deux parlaient couramment le français. Bakary Mamahdou a servi huit ans dans la marine de guerre française où il devint quartier-maître; il a fait la campagne du Dahomey et est titulaire de la médaille commémorative de celte expédition, ainsi que d’une médaille d’or du Ministère de la marine. Il fut nommé chef du Demba-Kané à la mort de son père. Abdoul Salam était plus jeune; il s’intéressa vivement à tout ce qu’il a it de l’Exposition; il assista à des expériences de décorlicage de la ramie et demanda de suite s’il ne pourrait se servir des machines qu’il avait sous les yeux pour utiliser certaines plantes fibreuses de son pays. Il était, du reste, remarquablement intelligent; ancien élève du collège des fils de chefs à Saint-Louis, il passa ensuite deux ans à Tunis dans un lycée. Aussi on peut être sur qu’il aura largement profité de son voyage en France.

Soudan. — Du Soudan vint à Paris le fama Aguibou, roi du Macina, accompagné de son plus jeune fils, Moktar, d’une de ses femmes, Fatimata, et d’un premier ministrefactotum, Amahdou.

Après un voyage de longue durée, mais qui s’accomplit dans de bonnes conditions, le fama débarqua à Bordeaux le i 9 août 1900. Il resta deux jours dans celle Aille, qu’il visita ainsi que les environs.

Il fui accompagné successivement par M. Vienne el par M. Richaud.

A Paris, Aguibou fit une douzaine de visites à l’Exposition, dont huit à l’Exposition coloniale, qui l’intéressait particulièrement. La première fois qu’il y vint, je le reçus

dans la salle des conférences, on je lui souhaitai la bienvenue. Il me déclara que, maintenant qu’il avait vu Paris et la France, rien ne bétonnerait plus, et qu’il croyait tout possible. Je le conduisis ensuite au temple souterrain de l’Indo-Chine, où le cinématographe l’amusa fort, surtout la scène du bateau, qui lui rappela sa traversée.

Outre l’Exposition et l’annexe de Vincennes, Aguibou visita Versailles, plusieurs grandes usines, nos grands magasins, les principaux monuments de la capitale. Il parcourut les grandes artères et alla fréquemment au théâtre.

Il assista à la grande revue de Chartres.

De Paris, Aguibou fut conduit à Marseille, où il resta trois jours, visitant la ville en détail, une fabrique de bougies, une savonnerie, une tannerie, les docks; une matinée fut consacrée au jiort.

Il se rembarqua à Marseille le 2 octobre ; son séjour à Paris avait été de trente-quatre jours.

Madagascar. — Une mission composée de gouverneurs et de fonctionnaires indigènes fut envoyée de cette colonie au mois de juillet; elle comprenait neuf personnages qui passèrent à Paris le mois d’août et une partie du mois de septembre. Pendant leur séjour, nous nous efforçâmes de les mettre au courant de tout ce qui pouvait les intéresser. Outre leurs visites au Champ-de-Mars et dans les établissements des principaux industriels et commerçants de Paris, ils lurent conduits en province dans certains centres manufacturiers importants. Je citerai en particulier Rouen, qui exjiorte une grande quantité de toiles et cotonnades à Madagascar.

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Ils se rembarquèrent le 26 septembre, sauf Saïdina, gouverneur indigène sur la côte Sud-Ouest, frère de Saïd- Ali, ancien sultan de la Grande-Comore, et qui, pendant les trouilles de la région qu’il gouverne, se montra particulièrement dévoué à noire cause. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur pendant son séjour à Paris el le même jour que son frère Saïd-Omar, actuellement sultan i’Aniouan.

Indo-Chiné. — L’Indo-Chine envoya en France trois missions dont la composition fut réglée par arrêté de M. le Gouverneur général de la colonie. Ges missions furent accompagnées, à travers l’Exposition, à travers Paris et les différentes villes qu elles parcoururent et visitèrent par M. Schwob, attaché au Commissariat de 1 Indo-Chme à l’Exposition, qui leur expliqua ce qu’ils voyaient et les initia à notre civilisation; M. Schwob eut fort à faire pour répondre à toutes les interrogations de ces esprits curieux el investigateurs, afin de leur donner une haute idée de notre puissance tout en leur faisant aimer la métropole.

i° Mission tonkinoise. — Cette mission débarqua à Marseille le 4 juin; en quittant ÏErnest-Simons sur lequel elle avait fait la traversée, elle fut reçue par M. Maréchal, architecte de î13 classe de l’Indo-Chine.

Elle était ainsi composée :

MM. V u-Q uan g-N h a , Tongdoc de la province de Bac- Ninh, chef de la mission; Tran-Dinh-Luong, Tuan phu de la province de Bac-Giang, membre de la mission; Hoang-Trong-Plm, Tuan phu honoraire, directeur de

i’Ecoie des Hau-bô, à Hanoï, membre de la mission; Tu Dam, Tri-pbu de Xuan Truong (province de Bac- Ninh), i01' secrétaire de la mission; Ngo-Ngoc-Lien , Nguyen-Lien, 2es secrétaires de la mission; Dang-Van-Nba, lettré de la mission.

A son arrivée à Paris, la mission fut reçue par M. Pierre Nicolas, commissaire de l’Indo-Cbine à l’Exposition, qui la présenta à M. Picard et à moi. Elle fut reçue par : MM. le Président de la République, le Ministre de la marine et le Ministre des colonies. Elle assista à un gardai party à l’Elysée, à un dîner et à un bal au Ministère de la marine , cà un bal au Ministère de l’intérieur, à un dîner au Ministère des colonies et à un dîner cl’adieu auquel je la conviai au pavillon d’Armenonville. Elle assista également à la revue du î 4 juillet.

Elle se rembarqua à bord du Salazie le 29 juillet.

Voici les distinctions honorifiques qui furent accordées :

Vu-Quang-Nha fut nommé officier de la Légion d’honneur; Tran-Dinh-Luong et Hoang-Trong-Phu furent nommés chevaliers de la Légion d’honneur. Les quatre autres membres de la mission furent faits chevaliers du Dragon de l’Annam.

2° Mission laotienne. — Arrivée à Marseille le 3i juillet, cette mission se composait de : S. A. Tiao Maha Ouparat, second roi de Luang Prabang; S. E. Tiao Krommakhoun, directeur des travaux publics; S. E. Tiao Krommassang, directeur des services civils; M. Fadowick , interprète de la mission; Tiao Sisavang, fils du premier roi de Luang-Prabang (resté à Paris); Tiao Sisaleum, fils

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du premier roi de Luang Prabang (resté à Paris); Tiao Lek Ngai et Tiao Lek Noï, neveux du roi; Tiao Saga, neveu du second roi.

Elle fut reçue par : MM. le Président de la République ,

le Ministre de la marine, le Ministre des colonies. Elle

asssista à un gardai parly à l’Elysée et au Ministère du commerce, à un diner au Ministère de la marine, à une soirée au Ministère des finances, à une fête donnée au palais du Ministère des colonies, au Trocadéro.

Elle se rembarqua à bord de Y An nam le 3 septembre, en laissant à Paris, à l’Ecole coloniale, les deux fils du premier roi du Laos, deux jumeaux de i 3 ans.

Dans l’ordre du Bénin, Tiao-Maha-Ouparat fut fait grand-croix; Tiao-Krommakhoun, commandeur; et Fadowick, chevalier; Tiao Krommassang fut fait commandeur clu Dragon de l’Annam.

3° Mission cociiinchinoise. — Arrivée à Marseille par Y Australien le î 2 septembre, cette mission comprenait : MM. T ran-Daï-Hoc , Phu, chef de la mission; Thaï-Van- Bon, Phu honoraire, conseiller d’arrondissement; Son Diep, Tn-huyen de ire classe; Nguyen-Hun-Nhieu , ancien professeur du collège Chasseloup-Laubat , industriel, à Vinh-Lonff.

Elle fut reçue par : MM. les Ministres de la marine et des colonies, et assista à deux réunions hippiques à Longchamp, entre autres au prix du Conseil municipal.

Tran-Daï-Hoc et Tran-Van-Trang furent nommés che-

valiers de la Légion d’honneur; ce dernier, qui avait été désigné comme chef de la mission, tomba malade et ne put l’accompagner en France. Thaï-Van Bon et Son-Diep

furent nommés officiers du Nicham-el-Anouar, et Nguyen- Hun-Nhieu, chevalier du Dragon de l’Annam.

Ils repartirent pour l’Indo-Chine , par la V ille-de-la-Ciotat, le 4 novembre.

Toutes ces missions visitèrent l’Exposition suivant le même programme, conçu d’une façon rationnelle, de manière à graduer les impressions qu’ils pouvaient en recevoir et à leur en donner une idée aussi exacte et aussi complète que possible.

En ce qui concerne leurs visites et excursions dans Paris, dans la banlieue et en province, je ne puis mieux faire que de reproduire la page du rapport de M. Schwob qui en fait le récit résumé :

« C’est d’abord Notre-Dame, qu’ils appellent notre grande pagode; le Panthéon est visité par eux avec respect, nous dirions presque avec émotion, Aux Invalides, la cour, le musée, la chapelle, le tombeau de Napoléon les impressionnent vivement, encore que les gloires militaires provoquent malaisément leur enthousiasme. Ils ont également visité la Sainte-Chapelle, et nous les avons menés à Saint- Denis.

« Nos musées et nos grandes manufactures nationales, le Louvre, le Luxembourg, les Gobelins, Sèvres, l’Hôtel des monnaies en pleine activité, le Conservatoire des arts et métiers ont offert à l’admiration de nos hôtes leurs inestimables trésors et leurs joyaux artistiques, leur orga-r nisation et leurs belles et précieuses collections techniques. Ils ont vu l’Elysée, l’Arc de Triomphe, les Ministères, le Sénat et la Chambre des députés, la Sorbonne et l’Hôtel

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de Ville, l’Observatoire, le Métropolitain, et même les catacombes et les égouts. Que n’ont-ils point vu encore? Les théâtres et les circpies, l’Opéra, la Comédie-Française, le théâtre Sarah-Bernbardt, l’Hippodrome, le Combat naval, le musée Grévin et même les Folies-Bergères. Ils ont parcouru les Halles à l’heure où accourt la banlieue maraîchère de Paris. Ils ont en quelque sorle vécu toute l’existence de Paris, dans toutes les manifestations de la vie parisienne, dans les phases les plus diverses : le Paris philanthrope et humanitaire dans les institutions des jeunes aveugles et des sourds-muets; le Paris aristocratique et mondain au bois de Boulogne, le Paris des courses à Auteuil, le Paris animé, vivant, grouillant qui achète et alimente de ses dépenses les grandes entreprises, les grands magasins du Bon Marché, du Louvre, dont ils ont étudié le fonctionnement et visité toutes les installations et l’organisme intime; le Paris de la finance à la Bourse, à la Banque de France , au Comptoir national d’escompte , etc. ; le Paris industriel, enfin, dans les grandes usines , comme celles de la Compagnie des wagons-lits à Saint-Denis, de la Société industrielle des téléphones, de la maison Demaria, qui construit des appareils photographiques, de la Société de construction de Batignolles, dirigée par M. Jules Gouin, où ds ont vu construire notamment les locomotives et les trains blindés destinés au Transwaal; l’usine Mors, avec ses cinq cents ouvriers, fabriquant les automobiles, les appareils électriques répandus dans le monde entier; ils ont vu aussi une fabrique d’articles de ménage , des petits ateliers parisiens , foyers de labeur courageux et probe. Et ils ont ainsi pénétré le coeur et lame

de ce Paris et le quittent à regret, l’ayant apprécié de si près qu’ils se sont mis à l’aimer profondément.

« Après une visite à Versailles, dont la grandeur solitaire ne pouvait manquer de les frapper, ils ont parcouru quelques grandes villes et quelques centres industriels.

« A Reims, ils admirent la cathédrale, l’Hôtel de Ville, l’église Saint-Remi, le vieil arc de triomphe des Romains, le musée, auxquels ils s’arrêtent avant d’ètre conduits dans les établissements industriels les plus importants, notamment les vastes installations de tissage et de filage de MM. Manteau et Clc, édifiées sur un emplacement de 27,000 mètres carrés, avec plus de 1,000 employés, ouvriers ou ouvrières, et un outillage moderne tout à fait perfectionné ; les caves de la maison veuve Pommery et fils, où l’on montre toutes les phases de la fabrication et du traitement de nos précieux vins de Champagne. De même à Rouen, ils voient successivement la cathédrale, la grosse horloge, le port, les chantiers de construction de navires, l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours, les filatures, tissages, fabriques de rouenneries; à Lyon, les écoles, la Faculté, le Muséum, la Préfecture, la Chambre de commerce, l’Hôtel de Ville, Notre-Dame-de-Fourvières, le palais Saint-Pierre, les musées, les ruines galloromaines, le parc de la Tète-d’Or, l’Hôtel-Dieu , la fabrique d’appareils photographiques Lumière et ses fils, les fabriques de soieries, de mousselines, d’impressions, d’indiennes, la teinturerie Gillet, etc.; à Saint-Étienne, c’est la Préfecture, la Chambre de commerce, la Manufacture d’armes, les aciéries, les forges, les fabriques de rubans, les charbonnages, le palais des Arts, etc. ; à Châtellerault,

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la manufacture d’armes et les coutelleries; à Angoulème, la Chambre de commerce, les papeteries, les fabriques de toiles métalliques; à Ruelle, la fonderie de canons; à Limoges, la Préfecture, la fabrique de porcelaine Haviland, l’industrie de décortiquement de la ramie selon les procédés de M. Faure; à Bordeaux, le port, les belles promenades, la place des Quinconces, les chais et les vignobles, etc. Ils ont ainsi a isité Orléans, Toulon, Saint- Chamond, Toulouse, Montpellier, Marseille, où leur attention a été particulièrement appelée sur les ports, les docks et les nombreuses industries locales. »

Il est difficile, en général, de saisir les impressions ressenties par les indigènes de nos colonies lorsqu’on les met face à face avec les manifestations du génie occidental. Cette difficulté est plus grande encore lorsqu’il s’agit de personnages instruits et cultivés , comme ceux qui composaient les missions indo-chinoises, et qui, plus que les autres, sont habiles à dissimuler leurs sentiments intimes.

Toutefois, il me parait que ce furent des travaux d’art, tels que le pont Alexandre III et la Tour Eiffel, qui les étonnèrent le plus, tandis que les métiers à lisser et à broder les intéressaient plus particulièrement. Enfin, je noterai l’étonnement manifesté par un membre de la mission tonkinoise lorsqu’il voyagea de Paris à Rouen : ce fut de trouver la campagne si bien cultivée, et de niy avoir aperçu que trois personnes !

Mais, en somme, ces indigènes oui certainement remporté une excellente impression de leur voyage en France et de la cordialité avec laquelle ils y furent accueillis; ils en ont retiré personnellement un grand profit au point de

vue de leur instruction, et, conquis par notre prestige, ils ne peuvent que le grandir encore une fois rentrés auprès des leurs.

Je crois devoir ajouter quelques mots sur la mission

L’empereur Ménélick d’Ethiopie , dans une lettre à M. le Président de la République, avait exprimé son regret de n’avoir point, par suite de circonstances politiques, le loisir de visiter l’Exposition; il annonçait en même temps l’envoi d’une mission chargée de le renseigner sur cette manifestation du génie humain, à laquelle il ne voulait pas rester étranger. La mission, conduite par M. Lagarde, ministre plénipotentiaire de France en Ethiopie, avait pour chef le Lika Makonas Nado, déjà venu à Paris en qualité d’ambassadeur deux ans auparavant. Ce personnage est un des plus importants du Choà et apparenté à la dynastie. Jeune, très intelligent, familier avec notre civilisation, il était parfaitement choisi pour le rôle qui lui incombait. Dix Ethiopiens, dont deux membres de la famille impériale, l’accompagnaient.

Pendant son séjour à Paris, la mission fut installée au Grand Hôtel. J’ai transcrit l’impression de son chef dans mon Introduction tjénérale, page 45, in fine. J’ajouterai c[iie, dans le voyage quelle fit ensuite en Palestine, sous la conduite de notre compatriote, M. Mondon-Vidailhet, conseiller de l’empire d’Ethiopie, ses membres ne se lassaient pas de rappeler les divers épisodes de leur séjour à Paris.

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