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ARRÊTÉ

RELATIF À L’ADMISSION DES PRODUITS DES COLONIES ET DES PAYS DE PROTECTORAT DE L’INDO-CHINE À L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900.

Le Ministre des colonies,

Vu le décret du i3 juillet 1 892 , relatif à l’organisation à Paris, en 1900, d’une Exposition universelle des œuvres d’art et des produits industriels ou agricoles;

Vu le décret du 4 août 1894, portant règlement général pour l’Exposition universelle, de 1 900 ;

Sur la proposition du Conseiller d’Etat, Délégué des colonies et pays de protectorat à l’Exposition universelle de 1900,

Arrête :

Art. 1er. L’admission des objets provenant des colonies et des pays de protectorat de l’Indo-Chine est soumise aux dispositions suivantes :

Art. 2. Les demandes d’admission seront établies sur les formules imprimées distribuées par les Comités locaux.

S’il s’agit d’appareils exigeant l’emploi de l’eau, du gaz ou de la vapeur, elles devront indiquer la quantité d’eau, de gaz ou de vapeur nécessaire par heure de marche. Pour les machines à mettre en mouvement au moyen de la force motrice de l’Exposition, la demande indiquera la vitesse propre des machines à mettre en mouvement et la force motrice dont elles auront besoin.

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Anr. 3. Les demandes seront centralisées par les Comités locaux et transmises par eux avec un avis au Délégué des colonies à l’Exposition universelle. Ces demandes devront être adressées de manière à parvenir à Paris au plus tard le 1 5 janvier 1899.

Art. 4. Lorsque l’admission des objets présentés par les exposants coloniaux aura été prononcée, notification en sera faite aux comités locaux.

Un certificat d’admission, signé par le Ministre des colonies, sera délivré à chaque exposant ou groupe d’exposants.

Art. 5. Un arrêté du Gouverneur général de l’Indo-Chine réglera le fonctionnement des Comités locaux en Cochinchine et dans les protectorats de l’Annam et du Tonkin.

Fait à Paris, le 2 août iSg5.

Signé : Chautemps.

VISITE À L'EXPOSITION DE BRUXELLESTElîVUEitEN.

L’Exposition de l’Etat indépendant du Congo à Bruxeiles- Tervueren, à la date (9-10 février 1899) de notre visite, présente encore un très grand intérêt et mérite de retenir l’attention. Elle n’est assurément plus dans son épanouissement complet comme en 189 y. Certaines de ses salles sont, il est vrai, comme son salon d’honneur, presque entièrement vides des objets qui y figuraient, ou, comme ses salles d’importation, d’exportation, des transports et des grandes cultures, dégarnies en partie des collections qui les remplissaient. Mais, ce qui reste encore aujourd’hui dans le palais de Tervueren nous a permis de nous rendre assez exactement compte de ce qu’a été cette grandiose manifestation coloniale de nos voisins.

Notre visite, nous devons le dire aussi, aurait été moins impressionnante sans l’obligeance toute particulière de M. le lieutenant Masui, secrétaire général de l’Exposition, qui a bien voulu nous guider à travers les salles du palais de Tervueren. La grande compétence de M. Masui et les renseignements très complets qu’ii a eu la bonne grâce de nous fournir sur l’œuvre dont il a été l’un des principaux collaborateurs nous ont singulièrement facilité la reconstitution , par la pensée, de l’ensemble, d’abord, des moindres détails, ensuite, de cette Exposition. Nous avons pu suppléer ainsi à l’absence des collections et objets qui ont déjà été enlevés pour servir à la création d’un musée spécial permanent qui sera établi dans quelque temps. Les Belges veulent que leurs compatriotes et les étrangers aient pour toujours sous les yeux , dans ce musée , la

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preuve tangible et convaincante des efforts énormes que n’ont cessé de faire depuis plusieurs années les créateurs et les administrateurs de l’Etat indépendant du Congo. La leçon sera des plus instructives et portera sûrement ses fruits.

La salle d’ethnographie, qui fait suite au salon d’honneur, dans l’aile gauche du palais, offre à peu près le même aspect qu’en 1897. On y voit réunis tous les objets et documents relatifs au Congo belge et à ses habitants. Les collections apportées là l’ont été par l’Etat indépendant du Congo lui-même et par la Société anonyme belge pour 1e. commerce du Haut- Congo. L’effort a été commun; fonctionnaires de l’Etat et industriels ont ainsi rivalisé de zèle pour donner à cette exhibition ethnographique l’éclat quelle devait avoir, et qu’elle a eu. L’initiative du Gouvernement a été complétée par celle du colon, et cet accord, auquel nous ne saurions rendre assez hommage, a donné, il faut le dire, un résultat des plus remarquables.

Chaque région du Congo a fourni son contingent de types d'individus et d’habitations, d’objets de toutes sortes, depuis le plus pacifique jusqu’au plus meurtrier.

De très belles photographies ont fixé ceux de ces types que l’on n’a pu montrer soit en modèles, soit en originaux. Sur des panneaux formant frise sur toute l’étendue de la salle sont peintes des scènes de la vie au Congo, et des groupes-statues représentent les indigènes des diverses régions revêtus de vêtements et d’ornements authentiques, dans les attitudes qui leur sont familières.

Le visiteur, en regardant tout cela, parcourt immédiatement le domaine scientifique et le domaine humanitaire d’un pays. 11 compare aussitôt le passé et l’histoire des primitifs au présent et à l’histoire contemporaine; il puise dans ces collections ethnographiques, dans ces objets d’usage, qui complètent les

documents anthropologiques, des enseignements qui lui permettent de mesurer le chemin parcouru et de constater les progrès réalisés.

Tout en rendant hommage à l’ingéniosité des primitifs, il peut reconnaître aisément les bienfaits de la civilisation qui s’impose ainsi à ses regards et à son esprit avec clarté et évidence.

On ne saurait — croyons-nous — entourer de trop de soins ces expositions ethnographiques, qui attirent et retiennent peut-être plus que les autres la grande masse des visiteurs, car elles frappent surtout les yeux en faisant apparaître devant eux les lueurs fugitives du passé, en même temps qu elles leur font entrevoir l’aube éclatante des nouveaux horizons.

Le Gouvernement de l’Etat du Congo, dans sa salle d’ethnographie à Tervueren, nous rappelle dans toute son étendue la mission civilisatrice qu’il s’est imposée. 11 nous montre les noirs dans la situation où ceux-ci se trouvaient lorsqu’il est allé à eux, et comment, par le travail et l’exemple, il est parvenu à les diriger vers une meilleure condition.

La France pourra, elle aussi, en 1900, développer aux yeux des visiteurs de son Exposition coloniale l’oeuvre de progrès et d’humanité qu elle est allée entreprendre sur ses territoires d’outre-mer. Elle marquera aisément les bienfaits qui ont suivi ses diverses conquêtes coloniales, en montrant les peuples de ses colonies tels qu’ils étaient autrefois et tels qu’ils sont aujourd’hui.

L’enseignement, nous l’espérons, sera des plus éclatants; la constatation s’imposera avec la force que l’expansion d’un pays au dehors porte en elle-même quand la justice et la vérité seules la guident.

Pour faire celte preuve, les moyens, les ressources ne man-

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queront pas plus à la France (|u’ils n’ont manqué à la Belgique. Nous l’espérons du moins.

Comme à Tervueren, il faudra, à Paris, donner tout d’abord une bonne place aux cartes géographiques, aux plans en relief, aux photographies ou peintures, aux dioramas, qui reproduiront l’esprit général de la colonie et montreront celleci dans son ensemble topographique d’hier et d’aujourd’hui.

L’habitant viendra ensuite sous la forme la plus évidente soit au moyen de photographies d’individus ou dégroupés, soit au moyen de statues ou de mannequins. Son costume, les objets dont il se sert, ceux qu’il fabrique, son habitation, ses armes, etc.. . seront là pour attester ses transformations et son acheminement vers le progrès.

Lorsque la colonie et ses habitants auront été ainsi fixés, lorsque la curiosité des yeux aura été satisfaite, il faudra s’adresser directement à l’intelligence des visiteurs par des tableaux graphiques qui leur démontreront l’évolution économique de la colonie et les diverses phases de la progression réalisée dans tous les ordres de la production et de la vie industrielle du pays. La richesse de la colonie gagnera beaucoup à être ainsi appréciée, à être ainsi mise en évidence, le document statistique la renforcera autant que l’exhibition du produit lui-même.

Cette exhibition du produit vient de suite après celle du pays et de l’habitant. Représenté simplement à l’état où la nature le crée ou tel que la main de l’homme le façonne, le produit d’un pays, dans toute exposition, doit occuper une des places les plus importantes.

Ce principe n’a pas été méconnu à Tervueren.

Les bois du Congo, le café, le tabac, le cacao y ont été largement représentés. Le salon des grandes cultures, dans l’aile droite du palais, leur a été spécialement consacré. Toute

la charpente de ce salon a été faite en bois du Congo, placée là comme une image de la forêt du pays, façonnée et équarrie par la main d’ouvriers français, auxquels les organisateurs de l’Exposition ont bien voulu avoir recours.

Le même bois a servi aux charpentes des autres salles, et le visiteur a ainsi pu saisir toute l’importance de cette production du bois dans le Congo belge et quel usage on en pouvait faire dans l’industrie et le commerce de la construction. Des tableaux et des photographies représentant des plantations de café, de tabac, de cacao montraient tous ces produits sur l’arbre ou la plante. On voyait, aussitôt après, ces produits récoltés et cueillis, prêts à être livrés à la consommation.

La faune et la flore n’ont pas été non plus négligées à Tervueren.

De superbes types d’animaux ont été placés dans une galerie souterraine, groupés dans des attitudes naturelles et dans un paysage conventionnel, dont le décor, composé d’arbres et de roches, a été, parait-il, l’objet d’une vive curiosité. On a vu là, et aussi dans une autre partie du palais , des buffles, des antilopes, des gorilles, chimpanzés, macaques, cynocéphales, des gazelles, des oiseaux de proie, des perroquets, des serpents, etc.. .; des insectes, qui sont, dit-on, en Afrique, plus terribles et plus difficiles à combattre (jue les grands fauves, des mollusques, des crustacés, des poissons; ceux-ci, fort bien conservés dans le formol; des dépouilles animales et leur mise en œuvre formaient, à côté, comme une sorte de musée d’histoire naturelle de l’Afrique tropicale.

Après avoir vu tous ces types d’animaux très intéressants, le public passait devant une collection d’engins de chasse et de pèche des plus complètes. Après avoir consacré à l’œuvre de vie, il fallait bien songer à celle de mort. Au Congo belge, comme partout ailleurs, c’est l'éternel recommencement!

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Comme la faune, la flore a été l’objet de soins particuliers à Tervueren. Une première serre construite dans l’enceinte même du palais et une seconde placée dans les jardins tropicaux, annexés à la section congolaise, contenaient tout ce que le Congo belge produit de plantes vivantes, de plantes de culture, etc.

Aussi bien pour la faune que pour la flore, on avait eu recours aussi à des tableaux et à des agrandissements photographiques qui formaient comme une revue générale de la végétation du Congo.

Cette végétation , sous forme naturelle ou sous forme ouvrée , était particulièrement représentée par les produits alimentaires, pharmaceutiques et toxiques, oléagineux, tinctoriaux, les gommes et les résines, la gutta-percha, le copal, le caoutchouc, etc.

On nous a dit que le Gouvernement du Congo avait, de sa propre initiative, au début, donné une très grande extension à ces diverses cultures. Cela a d’abord habitué les indigènes à un labeur, à un effort quotidien qui leur ont procuré un bienêtre inconnu pour eux jusque-là, et cela est devenu, par la suite, une source de revenus considérables pour l’Etat et pour tous ceux qui sont allés coloniser cette partie de l’Afrique.

Parmi ces cultures ainsi étendues, le caoutchouc figure au premier plan. L’Exposition de Tervueren n’a pas manqué de nous l’enseigner, en nous montrant ce produit sous diverses formes,

L’ivoire a aussi retenu notre attention. De superbes défenses d’éléphant, dont deux pesaient plus de îookilogr. chacune, — nous a-t-on dit — nous ont attesté que l’ivoire est une des richesses de l’Afrique intérieure. Montrée d’abord en simples défenses, à l’état naturel, elle nous est apparue ensuite sous la forme d’objets de toutes sortes, boites, brosses, miroirs, etc.

Los indigènes sculptent parfois ces dents avec un art parfait. Nous avons vu des spécimens de ces ouvrages.

L’exportation et l’importation, ces deux leviers puissants pour le commerce et l’industrie , ces deux forces vives et génératrices de fortune et de progrès pour toute, nation , avaient droit à une place à part dans l’Exposition de l’Etat indépendant du Congo. Elles l’ont eue, et nous avons été heureux — ■ à notre tour - — de pouvoir nous y arrêter un bon moment.

Nous avons vu là, rangées avec une méthode et dans un ordre parfaits, les diverses marchandises que l’on peut demander au Congo belge et celles (jue l’on peut y envoyer. Classés par régions, chacun d’eux portant étiqueté son prix de vente et d’achat, ces échantillons permettent d’embrasser d’un seul coup d’œil l’importance du commerce général de la colonie. Très instructive a été notre visite autour de ces marchandises d’échange, qui constituent la véritable monnaie courante de l’intérieur de l’Afrique.

11 y a, croyons-nous, un enseignement à tirer de tout cela pour notre Exposition coloniale de 1900.

II faudra , nous aussi , que nous indiquions de la même façon, avec la même simplicité, avec la même sûreté, les marchandises ayant cours dans chacune des régions de notre empire colonial et celles que la métropole pourra demander en échange à chacune de nos colonies.

Les indigènes, les naturels des colonies aiment partout les tissus teints ou imprimés, les perles de couleur ou blanches, les verroteries , les anneaux pour bras et pour jambes , les grelots, les sonnettes, les clous, les petites glaces à main, les couteaux, les canifs, les ciseaux, les pipes, etc.

Les Belges n’ont pas manqué de le faire savoir à leurs commerçants, et tous ces objets dont nous venons de faire l’énu-

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mération sommaire ont figuré dans ia section d’exportation de Tervueren.

Pour notre Exposition coloniale de 1900, il faudra, nous le répétons, que nous agissions de même. Notre commerce ne sait peut-être pas encore d’une façon complète et bien précise les débouchés qu’il peut trouver dans nos colonies. Il faut le lui apprendre. En montrant à nos commerçants, à nos industriels, les objets en usage chez les indigènes de nos colonies, on leur permettra de composer judicieusement les pacotilles de leurs factoreries et on donnera ainsi à notre commerce d’exportation et d’importation la faveur et le succès qu’il ne paraît pas avoir toujours eu jusqu’ici.

A Tervueren, on a voulu renseigner si complètement le commerce belge que l’on est allé jusqu’à indiquer à l’exportation de quelle façon elle pourrait résoudre le problème si ai'du de l’emballage.

On l’a fait en montrant au public une collection des types d’emballage les plus aptes à supporter les longs voyages, tant pour la solidité que pour la préservation du contenu contre les avaries ou les vols.

La partie transports était contiguë à celle de l’exportation, ces transports étant une conséquence toute naturelle des progrès de cette exportation. Le service maritime du Bas et du Haut-Congo a figuré avec les types de ses bateaux dans cette partie de l’Exposition. Le chemin de fer de l’Etat indépendant du Congo était représenté par une carte des plus détaillées et des mieux dressées, qui livrait ainsi à f attention publique l’exécution d’un projet qui la passionna pendant longtemps et qui , après avoir été l’objet d’attaques injustifiées, jouit aujourd’hui de la faveur générale.

Ces souvenirs de notre visite au palais de Tervueren, que nous venons de résumer en quelques lignes, resteront assuré-

ment gravés dans notre mémoire. Nous les avons emportés non seulement comme ceux d'une grandiose manifestation faite, par nos voisins, les Belges, en faveur de la colonie du Congo, mais aussi comme la preuve irrécusable de l’extension rapide , de la propagation aussi soudaine que considérable de l’idée coloniale chez le peuple belge.

Le Gouvernement de l’Etat indépendant du Congo a voulu, poussé par un sentiment très légitime d’orgueil et de gloire, prouver (pie le crédit, qui avait été accordé depuis quelques années, après avoir été refusé pendant trop longtemps à ceux qui avaient fondé cet Etat, avait été bien placé et que les espoirs confiés à cette œuvre de colonisation avaient été réalisés.

L’Exposition de Tervueren s’était proposé, ce but; nous pouvons dire, avec les deux millions de visiteurs qui l’ont vue, qu elle l’a atteint.

La France, elle aussi, en 1900, fera tous ses efforts pour montrer à son peuple que les sacrifices quelle s’est imposés pour ses colonies , que les dépenses qu elle y a faites en hommes et en argent, ne l’ont pas été pour la seule satisfaction de conquérir des territoires et pour le seul honneur d’être allée substituer la civilisation à la barbarie en certaines régions. Elle indiquera, de façon à dessiller les yeux les plus incrédules , nous l’espérons, la grande œuvre coloniale que notre pays a voulu et devait poursuivre, malgré les obstacles, malgré les doutes et les déceptions passagères.

Nous savons bien que l’espace réservé au Trocadéro à l’Exposition de nos colonies et de nos pays de protectorat 11’est pas suffisant pour une pareille démonstration telle qu’elle devrait être faite; nous savons combien ont été \ives à ce sujet les protestations de tous ceux qui s’intéressent au succès de cette partie de l’Exposition universelle de 1 900, mais il faut souhai-

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ter que notre Exposition coloniale figurera quand même avantageusement à ce rendez-vous , à ce tournoi pacifique où l’on a convié toutes les nations.

En mettant en pleine lumière les sources fécondes de nos richesses coloniales, de ces richesses qui peuvent et doivent élargir de jour en jour notre horizon commercial, nous donnerons peut-être à ceux qui ne l’ont pas encore — et ils sont malheureusement trop nombreux — le goût de la colonisation.

Nous permettrons à tous ceux dont l’initiative ne trouve plus aujourd’hui de suffisants éléments dans notre mère-patrie d’aller porter avec sécurité vers notre domaine colonial leur intelligence et leurs bras.

Notre Exposition coloniale ne devra pas avoir seulement pour but de frapper les yeux et de leur plaire par la production de types et de paysages pleins d’originalité et d’inconnu. Elle devra encore enseigner à l’industriel , au commerçant , au travailleur, les ressources de nos colonies, comment ces ressources pourraient être exploitées, et quel profit on en retirerait.

Il faut, en un mot, que le visiteur de notre Exposition coloniale en 1900 ne fasse pas simplement le voyage banal du touriste, qui charme seulement la vue et ne laisse souvent aucune trace durable derrière lui; il ne faut pas que ses yeux seuls soient satisfaits; nous ne voulons pas dire par là que la partie pittoresque et amusante doive être écartée, mais il faut que le côté colonisateur et pratique de la manifestation à laquelle assiste le visiteur ne lui échappe pas.

Venu là, peut-être en simple curieux, peut-être aussi en sceptique, il devra en sortir parfaitement renseigné sur les ressources de nos colonies, plein de confiance dans l’avenir de nos entreprises coloniales et prêt à collaborer dans la mesure

de ses moyens à l’œuvre patriotique de l’expansion et du développement du génie de la France dans les pays d’outre-mer I1'.

Paris, le 2 4 février 1899.

Signé : Saint-Germain,

Directeur adjoint de l’Exposition des colonies et pays de protectorat à l’Exposition universelle de 1900.

(1) Voir, pour déplus amples renseignements sur l’Exposition de Tervueren , le Guide de la section de l'Etat indépendant du Congo à l’Exposition de Bruxelles-Tervueren en 1897 , publié sous la direction de M. le commandant Liebrechts, par les soins du lieutenant Th. Masui (Bruxelles, 1897, in-8°, imprimerie veuve Monnom,32, rue de l’Industrie).

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RAPPORT AU MINISTRE DES COLONIES SUR L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DU MUSÉE COMMERCIAL DE RRUXELLES.

Le Musée commercial de Bruxelles a été créé par le Gouvernement belge, en 1882, dans le but de favoriser le développement du commerce extérieur de la Belgique, en renseignant, les industriels et les négociants du royaume sur la marche des affaires dans les pays étrangers.

Situation et description. — Situé rue des Augustins, n° 1 y, à environ 5o mètres du boulevard Anspach et à 2 5o mètres de la Bourse, c’est-à-dire en plein centre commercial, ce musée est ouvert tous les jours non fériés de 9 h. 3o à 4 heures sans interruption. Les visiteurs y pénètrent librement, parcourent les salles d’exposition des échantillons placés sous vitrine, consultent les catalogues imprimés mis à leur disposition sur des tables et se rendent dans la salle de lecture, au rez-de-chaussée, où ils trouvent les principales publications périodiques et les journaux qui traitent des questions commerciales, industrielles et financières du monde entier, le tout sans aucune intervention du personnel de surveillance. S’ils désirent avoir des renseignements plus complets que ceux qui figurent sur les fiches des échantillons, dans le catalogue et les publications spéciales de la salle de lecture, ils n’ont qu’à s’adresser aux huissiers qui les conduisent dans les bureaux chargés des différents services d’informations; là, tout ce qui est susceptible d’être livré au public, c’est-à-dire ce qui ne se rapporte pas directement aux intérêts particuliers pris isolément, leur est

communiqué verbalement ou par écrit, sans la moindre rétribution et sans aucun retard.

Le musée est installé dans un immeuble d’un seul étage, mais trois ou quatre fois plus étendu que celui de l'Office national du commerce extérieur de Paris; le hall central et une très large galerie qui l’entoure à hauteur du premier sont occupés par les vitrines. Le jour vient d’en haut et par une partie des façades latérales, ce qui permet d’examiner avec tout le soin désirable les échantillons placés sous verre, mais à proximité du visiteur.

Organisation et personnel. — Institution d’Etat, établissement exclusivement officiel, le Musée commercial de Bruxelles dépend directement du Ministère des affaires étrangères dont il forme une section; il est dirigé par un fonctionnaire de ce ministère qui, actuellement, possède le grade de chef de division dans la hiérarchie administrative et dont les collaborateurs et employés sont eux-mêmes fonctionnaires de l’Etat. Il est vrai que le directeur et la plupart des fonctionnaires du musée ont acquis des connaissances spéciales et pratiques sur l’industrie et le commerce; c’est ainsi, notamment, que le directeur, M. Char! es Malissart, a utilisé sa science d’ingénieur dans l’industrie métallurgique avant d’être placé à la tête de cette institution et que le chef du service chargé des renseignements sur les tissus et vêtements a été employé pendant dix ans dans différentes maisons commerciales ou fabriques de tissus. Chaque chef de service, dans la spécialité qu’il représente, est en mesure de renseigner techniquement les industriels et négociants qui s’adressent à lui.

Ressources. — Le musée vit exclusivement du budget de l’Etat, il ne reçoit aucune subvention, soit des particuliers, soit des associations, soit des chambres de commerce qui, en Bel-

RAPPORT GENERAI..

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gique , sont des sociétés privées n’ayant aucun rapport avec l’État, n’exerçant aucune attribution officielle et ne recevant aucun subside du Gouvernement.

Fonctionnement. — Cette institution ne dépend donc en rien des industriels et des négociants; elle garde toute son autorité et son impartialité vis-à-vis des concurrents, à qui elle fournit, sur leur demande, tous les renseignements quelle possède et quelle fait compléter, lorsque cela est nécessaire, au moyen d’enquêtes faites sur place par les consuls et agents consulaires belges à l’étranger. Ceux-ci joignent, autant que possible, aux renseignements envoyés des échantillons, achetés sur place et au compte du Musée commercial, des articles d’importation et d’exportation de leur circonscription. Un crédit d’une vingtaine de mille francs est employé chaque année aux frais de correspondance et aux achats d’échantillons. En ce qui concerne la solvabilité des maisons étrangères avec lesquelles les demandeurs peuvent avoir à traiter, l’Administration du musée se montre très réservée; elle se contente de donner à ceux-ci les noms et adresses des agences locales de renseignements commerciaux et financiers, soit officielles, soit privées. Seuls, les renseignements généraux de cette nature, portant, par exemple, sur la situation économique et financière d’une région ou d’une place, sont fournis directement, d’après les rapports des consuls.

Origine des renseignements. — L’unique source des renseignements recueillis à l’étranger par le Musée commercial , en dehors, bien entendu, des publications et journaux reçus à la salle de lecture , est le corps consulaire belge. Toute la correspondance échangée entre les consuls et le musée (sauf en ce qui concerne le service des adjudications à l’étranger) passe par le Ministère des affaires étrangères où elle est en-

registrée immédiatement et dirigée sur sa destination sans retard.’

Cette manière de procéder a pour but principal de permettre au Département d’exercer un contrôle direct sur ses agents consulaires dans l’accomplissement de leur tâche, d’ailleurs exclusivement économique et commerciale. Sauf en Orient et en Extrême-Orient où les capitulations donnent aux consuls des attributions juridiques, celles-ci sont exercées, avec les attributions politiques, par les légations belges établies dans un certain nombre de pays. Les consuls de carrière (appointés) et les agents consulaires sont recrutés autant que possible dans le monde industriel et commercial sous certaines conditions d’aptitude et d’honorabilité et suivant des règles fixes de hiérarchie et d’avancement qui assurent à ces fonctionnaires une carrière très estimée et très recherchée. Même parmi le personnel politique du Ministère des affaires étrangères figurent un certain nombre d’anciens industriels, ingénieurs ou négociants notables; ces agents ont ainsi les moyens de renseigner exactement leur ministre sur les conditions économiques du pays où ils se trouvent. Les consuls et agents consulaires conservent le double des renseignements transmis par eux au musée commercial; ils doivent fournir un rapport annuel résumant leurs travaux. et donnant, autant que possible, le résultat visible des affaires traitées à la suite des encpiêtes effectuées; ce genre d’informations n’est d’ailleurs pas facile à recueillir parce que les intéressés, craignant la concurrence , ne font que rarement connaître la façon dont ils ont utilisé les renseignements à eux transmis.

Utilisation des renseignements et des échantillons. — Los Belges, émigrant peu, en général, pour s’établir à l’étranger, sauf dans les pays circonvoisins et près des frontières de leur

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pays, les négociants de cette nationalité ne sont pas nombreux dans les contrées lointaines. Mais les renseignements recueillis par les consuls n’en sont pas moins utilisés constamment par les industriels ou leurs représentants qui , après avoir obtenu toutes les indications nécessaires par la voie du Musée et des consuls, se servent, pour traiter les affaires et écouler leurs produits, des maisons de commission établies en Belgique et dans les grandes places de commerce et de transit de l’étranger. De même, les hommes d’affaires et les capitalistes utilisent les renseignements qui les intéressent en prenant part aux entreprises qui se créent à l’étranger, soit par l’intermédiaire de correspondants locaux, soit même en envoyant des agents temporaires à l’occasion de chaque affaire importante. Les renseignements relatifs aux adjudications, notamment, rendent journellement les plus grands services aux entrepreneurs et industriels belges. C’est grâce à la certitude de trouver au Musée commercial des indications complètes et rapides et d’avoir sous les yeux des échantillons, dont il est souvent possible de se faire remettre des doubles ou des coupures, que le commerce et l’industrie belges ont pris l’habitude de s’adresser à des fonctionnaires de l’Etat dont le zèle et la compétence sont unanimement reconnus. La moyenne des visiteurs du musée est, actuellement, de i35 par jour.

L’organisation et le fonctionnement de l’ensemble de cette institution étant ainsi expliqués dans les grandes lignes, il est nécessaire d’examiner ses différents services et de faire ressortir les moyens mis en œuvre par chacun d’eux pour atteindre le but commun poursuivi, qui est le développement des ressources et du bien-être du pays.

Le Musée de Bruxelles, le plus ancien des musées commerciaux proprement dits, était loin d’être à l’origine aussi complet qu’il l’est aujourd’hui ; ses services se sont développés

peu à peu, au fur et à mesure des besoins, et suivant les indications fournies par l’expérience et la pratique des affaires de ses agents et des négociants et industriels qui s’en sont servi.

Collection s. — Les collections d’échantillons ne représentent pas la totalité des produits et objets manufacturés du inonde entier, ni même de l’Europe; cela serait impossible pratiquement. Comme il s’agit, en somme, de renseigner les Belges sur les matières ou objets qu’ils ont intérêt soit à acheter, soit au contraire à exporter à l’étranger, et cela en concurrence avec les autres nations industrielles et commerçantes, il suflit que les renseignements et les échantillons recueillis se rapportent aux principaux articles vendus, achetés ou fabriqués en Belgique; même parmi ces derniers, il en est dont l’usage universel a permis de fixer les types d’une façon absolue, tels les fers et aciers, et qui, par conséquent, n’ont pas besoin d’être représentés par des échantillons.

Les collections du musée comprennent des échantillons des produits d’exportation et d’importation divisés en un certain nombre de classes, puis des types d’emballages divers. Chaque échantillon est accompagné d’une étiquette qui porte les mentions suivantes: Produit importé en . ou exporté de .

Consulat de Belgique à . Envoi du. . . .(date), groupe . ,

classe . . N° d’ordre dans la classe, nom du produit, pro¬

venance, dimensions, qualité, prix sur place, droit d’entrée ou de sortie. Chaque échantillon figure au catalogue dans sa classe et à son numéro d’ordre avec de plus amples renseignements que sur l’étiquette.

Le musée possède actuellement environ 3o,ooo échantillons qui sont renouvelés et complétés chaque fois qu’il est nécessaire, au moyen des achats faits par les consuls, soit sur la demande des intéressés, soit sur les indications du musée, soit sponta-

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nément lorsque l’agent extérieur juge qu’il y a lieu de provoquer l’intervention des intéressés dans la vente ou l’achat de tel ou tel produit dont le commerce prend de l’importance dans sa circonscription.

Catalogue. — Tous les échantillons sont portés au catalogue; mais celui-ci comprend en outre, dans son classement, des renseignements sur des produits dont le musée ne possède pas d’échantillon ; ces renseignements sont aussi détaillés et complets que possible.

Le catalogue des collections et renseignements est divisé, par nature de produits, en un certain nombre de classes; dans chaque classe, le même produit ligure par pays, dans l’ordre d'arrivée des renseignements, de sorte que chaque renseignement nouveau s’ajoute à la suite de sa classe en annulant tout ou partie du renseignement plus ancien , s’il y a lieu.

La table des matières est établie par ordre alphabétique de marchandises, de villes et de pays, avec chiffres renvoyant aux pages du volume; aux noms des marchandises, on trouve les noms des villes ou pays qui les exportent ouïes importent, et aux noms des villes ou pays on donne la nomenclature des marchandises importées ou exportées figurant au catalogue.

Le catalogue complet forme quatre volumes ayant chacun sa table des matières. Le tome I traite des produits de toute nature se rapportant à l'alimentation ; le tome II des tissus et accessoires; le tome III de la métallurgie et des appareils divers; le tome IV comprend tous les autres genres de produits.

Ce catalogue, dont un certain nombre d’exemplaires sont tenus constamment à jour, est réimprimé lorsque cela devient nécessaire, mais non à intervalle déterminé.

Bureau de renseignements concernant le commerce extérieur. — Ce bureau est, en quelque sorte, la cheville ouvrière

de l’institution; c’est lui qui est le principal intermédiaire entre les négociants et industriels et les consuls belges; il reçoit les demandes de renseignements, y répond et fait compléter les indications insuffisantes qu’il possède en provoquant les enquêtes nécessaires ainsi que nous l’avons expliqué plus haut.

Service des adjudications X l’étranger. — Les consuls sont chargés de recueillir toutes les informations sc rapportant aux adjudications annoncées dans les pays étrangers et de les faire parvenir directement au Musée commercial qui, le jour même, communique un avis à la presse, afin d’avertir les intéressés; ceux-ci se rendent alors au Musée commercial pour consulter les documents envoyés. Ce service a pris une grande importance par la façon rapide et pratique dont il fonctionne. Dans les cas pressants et sur la demande des intéressés, des renseignements peuvent être fournis par la voie télégraphique. Les cahiers des charges, plans, devis, etc., sont communiqués à toute personne qui le demande et chacun peut se procurer des copies et des photographies de ces pièces au prix coûtant. Cette manière deprocéder permet aux industriels, capitalistes et entrepreneurs belges d’être renseignés exactement et en temps utile sur les entreprises et travaux qui se préparent ffians le monde entier; c’est là une des raisons de cette activité du capital belge et de cette prospérité des industries du fer, en particulier, qui nous étonnent souvent.

Salle de lecture. — Cette salle, très fréquentée, met à la disposition des lecteurs un grand nombre de journaux spéciaux, une collection de livres d’adresses des principaux pays du monde et des ouvrages techniques et économiques.

Service de renseignements concernant l’industrie belge. — Ce service, de création relativement récente (1893), répond

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aux demandes de renseignements qui portent sur les produits du pays. Les industriels belges y déposent gratuitement tous les documents qui peuvent renseigner les acheteurs sur leurs produits, fabrication, prix, etc.

Bureau de renseignements concernant l’émigration. ■ — Le bureau central chargé de ce service est installé au Ministère des affaires étrangères; mais chaque province a, dans son cheflieu, un bureau annexe chargé de transmettre aux intéressés tous les renseignements, favorables ou défavorables, qui lui parviennent du Ministère. C’est ainsi que, pour le Brabant, le bureau de la province a été installé au Musée commercial qui fournit à ses clients des indications sur les conditions de la main-d’œuvre, sur la vie matérielle, les salaires, les aptitudes requises, etc. . . , en un mot sur tout ce qui peut guider l’ouvrier belge dont le désir est de trouver de l’ouvrage en pays étranger.

Bulletin commercial. — Cette publication hebdomadaire, organe officiel du Musée, contient les renseignements suivants : mouvement du personnel diplomatique et consulaire, propositions d’affaires, renseignements et faits commerciaux, collections nouvelles acquises par le Musée commercial, publications et journaux étrangers, bulletin des adjudications de l’Etat belge, leurs résultats; adjudications des administrations provinciales et communales; adjudications à l’étranger. Le prix de l’abonnement annuel est de 5 francs.

Le traité passé avec l’imprimeur ne limite pas le nombre de pages à imprimer pour chaque numéro; il est, ainsi, possible de reproduire en entier, et quelle que soit leur étendue, tous les renseignements parvenus chaque semaine et sans remise à la semaine suivante.

Tels sont les differents services du Musée commercial pro-

prement dit. Le succès de cette institution a conduit le Gouvernement à lui adjoindre plusieurs bureaux qui dépendent d’autres Ministères que celui des affaires étrangères, mais dont l’installation dans le même local présente de grands avantages pour le public.

Adjudications belges. — Ce bureau remplit pour les adjudications de l’Etat, des provinces et d’un grand nombre de communes, le même rôle que celui des adjudications à l’étranger. Les mêmes facilités y sont offertes au public qui peut ainsi, sans pertes de temps, ni déplacements, obtenir les renseignements les plus complets sur tous les travaux et entreprises qui doivent donner lieu à des adjudications.

Transports de marchandises et tarifs douaniers. — Ressortissant, ainsi que le précédent, du Ministère des chemins de fer, postes et télégraphes, ce bureau a pour mission de se tenir au courant des prix et conditions de transport des marchandises par voie ferrée et par eau, des services de navigation et des frets, des droits de douane dans tous les pays, des heures de départ et d’arrivée des trains de marchandise, et de transmettre au public tous les renseignements recueillis. Ce service est organisé de façon que toute personne qui désire savoir combien lui coùterïi, y compris les droits de douane, le transport de telle marchandise, ayant telle valeur, pesant tel poids, et occupant tel volume, depuis Bruxelles, par exemple, jusqu’en un point quelconque du globe qui soit desservi par des navires et des chemins de fer, n’aura qu’à lui adresser sa demande verbalement ou par écrit; elle obtiendra sur l’heure ou par mémorandum envoyé le même jour la réponse complète sous forme de calculs tout faits, et avec le délai normal d’arrivée à destination.

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Musée agricole. — Enfin le Ministère de l'agriculture et de l’industrie, du travail et des travaux publics a également installé au Musée commercial, en 189/1, une section agricole qui a pour but de développer certaines branches d’activité par l’emploi des cultures industrielles , l’élevage du bétail , la culture maraîchère et fruitière, l’aviculture et l’industrie lainière, et de remédier, ainsi , à la crise agricole due à l’avilissement du prix des céréales. Des échantillons des produits de la ferme, fruits, légumes, volailles, œufs, emballages spéciaux, avec tous les renseignements utiles pour l’écoulement de ces produits sur les principaux marchés européens, figurent aussi au Musée agricole. Ce service a, comme ses voisins, donné les meilleurs résultats.

Il est bien entendu, d’ailleurs, que tous les renseignements • fournis, soit verbalement, soit par écrit, n’engagent en rien la responsabilité de l’Administration du musée; il s’agit d’un service quelle rend gratuitement au public et dans son intérêt exclusif. C’est donc à celui-ci à tirer le meilleur parti possible des indications qu’il a obtenues.

Les services installés au Musée commercial opèrent chacun dans un domaine déterminé, mais ils s’entr’aident dans l’intérêt commun, et pour faire rendre à 1 institution le maximum d’effets pratiques , ils perfectionnent sans cesse leurs méthodes d'informations en étendant le cercle des connaissances acquises. Les fonctionnaires très compétents qui se consacrent à cette tâche n’ont d’autre ambition que d’être utiles à leur pays en contribuant à le faire grand et heureux par le commerce, l’industrie, l’agriculture, en un mot par le développement de la richesse. Pour atteindre ce but, ils se déclarent les serviteurs du public et le prouvent journellement.

Ces efforts intelligents pour améliorer les conditions économiques de ce pays ne sont pas inutiles, car il est à consi-

dérer que si l’industrie y est florissante , il n’en est pas moins vrai que le sol de la Belgique, malgré l’activité de ses habitants, ne peut plus nourrir ses trop nombreux enfants.

« L’avilissement des salaires en Belgique provient de l’existence d’un grand nombre de bras inoccupés ; aussi , quoique le bon marché relatif de la vie matérielle compense en partie cette cause de gêne, nous devons reconnaître — nous disait le Di recteur du Musée commercial — que la surabondance de la population est chez nous une véritable plaie ; c’est pourquoi nous cherchons tous les moyens d’employer le plus fructueusement possible et pour le bien de chacun toutes les forces vitales de notre pays. »

En terminant, nous devons faire connaître que c’est grâce aux explications et à l’obligeance du Directeur du Musée commercial que cette institution nous est apparue telle quelle est en réalité, c’est-à-dire un véritable modèle d’organisation complète et essentiellement pratique , capable de mettre en rapports, d’une façon constante et rapide , les forces économiques de la Belgique avec les sources de richesse du monde entier.

Ivan Broussais.

Paris, le 20 février 1899.

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