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CHAPITRE IV

Économie politique et sociale.

Aspect général. — Climatologie. — Hygiène spéciale de la colonie. — Postes et télégraphes. — Moyens de transport. — Communications. — Prix des passages et frets. — Productions du sol. — Flore. — Faune. — Oiseaux. — Poissons. — Reptiles. — Insectes. — Crustacés. — Cultures. — Industries. — Conditions du travail. — Articles d’exportation. — Importation. — Situation commerciale de la colonie. — Monnaies usitées. — Banque de l’Indu- Chine. — Variation dans le taux de la piastre.

Aspect général. — Le sol de la Basse-Cochinchine est de formation récente et complètement alluvionnaire. Il est exclusivement argileux dans les parties basses, et sa consistance augmente à mesure que l’on s’éloigne davantage des bords de la mer.

Çà et là, quelques montagnes, à base granitique, émergent des plaines, et sont généralement couvertes de forêts.

11 y a aussi des dunes de sable sur les bords de la mer, el quelquefois dans l’intérieur.

Au point de vue minier, la Cochinchine n’offre donc aucun intérêt. Le sol ne donne que quelques pierres à bâtir. C’est dans les régions voisines qu’il faut rechercher les richesses minérales. Heureusement elles abondent dans les régions que couvre notre protectorat.

A quelque distance du bord de la mer, on rencontre d’innombrables palétuviers et d’autres plantes qui ne redoutent pas l’eau saumâtre. A mesure que le liquide devient plus doux, la végétation devient plus variée. Mais lorsqu’on quitte le voisinage des fleuves, la végétation est pauvre. Les bois, que l’on rencontre dans ta plaine, sont formés d’un petit nombre d’ossences.

En s’éloignant de la mer, le terrain monte insensiblement. On voit d’abord se développer les bambous; puis les grands arbres se multiplient et ils finissent pas former des foi’êts impénétrables, habitées par les Mo'is, divisés en petites tribus sédentaires qui y vivent à peu près à l’état sauvage.

Le séjour de ces régions, où la végétation est très riche et dans lesquelles le naturaliste trouve tant d’attraits, est véritablement meurtrier. On peut dire que les fièvres pernicieuses y régnent sans interruption d’un bout de l’année à l’autre. Elles ne tardent pas à s’emparer du voyageur qui. venant de la plaine, y rencontre une multitude de cascades aux ondes cristallines. Il faut qu’il résiste, non pas seulement à la tentation de s’y baigner, mais encore au besoin d’éteindre la soif qui le dévore. C’est donc au prix de véritables dangers et de grandes souffrances que de savants explorateurs ont pu aider M. Pierre, ancien directeur du jardin botanique de Sa’fgon, à commencer la publication de la flore forestière de la Cochinchine.

Climatologie. — La Cochinchine française étant située par le 10'= parallèle de latitude boréale, le soleil se lève à peu près à la môme heure dans toutes les saisons. A Saigon (tü'’ 46' 47"), le jour du solstice d’hiver, le soleil se lève

COCIIINCITINE.

à 6 heures 14' du malin et se couche à 5 heures 42“ du soir, et le jour du solstice d’été, il se lève à S heures 38“ du matin pour se coucher à 6 heures 24“ du soir. Le temps qu’il reste au dessus de l’horizon, est donc de 11 heures 28“, le jour le plus court, et de 12 heures 4C“, le jour le plus long. Les chiffres précédents ne comprennent pas le crépuscule et l’aurore qui, dans les régions intertropicales, n’existent pour ainsi dire pas. 11 en résulte qu’on ne doit pas s’attendre à des variations thermométriques pareilles à celles de nos contrées. La température moyenne déterminée à l’observatoire de Saigon par la demi-somme des maxima et des minima du thermomètre abrité, est de 26", en excès d’environ 16° sur la moyenne de Paris. La température du thermomètre sous l’abri exposé au nord, descend quelquefois jusqu’cà 16", et s’élève quelquefois jusqu’à 36".

La pluie tombe souvent par torrents. La hauteur d’eau d’un mois dépasse quelquefois le tiers, ou même la moitié, de l’eau annuelle à Paris.

Les phénomènes de la foudre ont une grande intensité; le nombre des individus foudroyés s’élève ordinairement de 20 à 30 sur un territoire dont la superficie ne dépasse pas le 10" de la France continentale.

Janvier est, comme chez nous, le mois le plus froid de l’année, mais le thermomètre sous l’ahri reste à une température moyenne supérieure à celle de notre mois de mai. Les nuits sont fraîches pendant toute la durée du mois de février.

C’est au mois de mars que la sécheresse commence, que les plantes herbacées disparaissent et que les rizières perdent leur eau.

Quelques pluies surviennent à la Dn du mois d’avril où commencent les travaux de culture. La mousson du sudouest prend au mois de mai et la température est très élevée de nuit comme de jour. Le vent est presque nul, mais il survient de violents orages ; toutes les graines germent et de toutes parts les plantes sortent de terre. En juin, les pluies sont plus abondantes et plus régulières, la

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