‹ Les colonies françaises (volume 2)Chapitre 16 sur 34 · tandis quelles auraient une très grande valeur si elles · texte numérisé non relu

tandis quelles auraient une très grande valeur si elles

!' étaient administrées par une puissance civilisée,

i Les Siamois ont également partagé le Laos indépencan

, du Cambodge en trois principautés, ayant chacune son au-

toiiomie. Il est inutile de dire que cette division essentiellement arbitraire n’est légitimée par rien.

Malgré les difficultés inextricables de sa position, le roi Ang-Duong chercha à opérer des réformes et fit exécuter des travaux importants. C’était un prince intelligent, actif, au courant des événements extérieurs et cherchant à en tirer parti.

Aussitôt après la guerre de Crimée, il pensa que la France, qui exerçait une si grande influence dans le monde, pourrait le sauver des ennemis qui attendaient le moment de se partager ses dépouilles, et il envoya dans le plus grand secret, à Singapour, un mandarin descendant d’une famille portugaise. Cet agent secret se mit en rapport avec le consul de France et lui apprit que le roi du Cambodge désirait se placer sous le protectorat de la France.

Mission de M. de Montigny. — Le ministre des affaires étrangères accueillit cette ouverture, et envoya en mission au Cambodge M. de Montigny avec une corvette.

Mais, au lieu de se rendre directement à Kampot, comme il lui était possible de le faire, ce diplomate eut la malencontreuse idée de se rendre d’abord à Bangkok, et celle, plus malencontreuse encore, de prévenir la cour de Siam qu’il allait signer un traité avec le roi du Cambodge.

La cour de Siam ne souleva aucune objection, mais elle fit embarquer, à bord du navire de M. de Montigny, un mandarin porteur d’une lettre du roi de Siam au roi du Cambodge. Ce mandarin s’acquitta de sa mission. Le malheureux Ang-Duong se croyant trahi (il faut avouer que les apparences lui donnaient raison) refusa de signer le traité que lui-même avait proposé, et qui était des plus avantageux pour la France. En effet, par ce traité il offrait à Napoléon III de lui céder en toute souveraineté les provinces de Basse-Cocbinchine que l’empereur d’Annam détenait sans droit, et il mettait le reste de ses possessions sous le protectorat de la France. Nous avions donc, sans être obligés de faire le moindre sacrifice, un titre régulier à la possession de la

CAMBODGE

Cüchiiicliine, et la possibilité de réclamer contre les empiètements de Siam.

Le roi Norodon. — Au mois de novembre 18o9, à la mort du roi Ang-Duong, les cinq ministres chargés, suivant la coutume du pays, de désigner le nouveau roi, choisirent, sous l’œil vigilant de la reine Pre-Ang-Voes, qui jouissait depuis longtemps d’un grand crédit à la cour, un prince de vingt - quatre ans, qui prit en montant sur le trône le nom de Norodon, sous lequel il règne encore aujourd’hui.

Un de ses frères, nommé Votha, se révolta contre la décision des ministres, et son insurrection donna lieu à une guerre longue et sanglante, au cours de laquelle plusieurs incidents fâcheux se produisirent — entre autres des massacres de chrétiens — qui attirèrent forcément l’attention de l’amiral Bonard, gouverneur dej(la Gochinchine. t,e roi Norudou.

Celui-ci se transporta à Pnom-

Penh, et se rendit facilement compte que l’agent siamois

était en réalité tout-puissant dans cette capitale. Il proposa alors au roi Norodon un projet de traité qui fut accepté et envoyé en France pour sa ratification. C’est à partir du mois d’août 1863 que notre représentant à Oudong fut offlciellement chargé des rapports du gou-

Indo-Chine

vernement au Cambodge avec la puissance protectrice.

Le protectorat de la France. — La ratification de ce traité fut longue et laborieuse, elle arriva très opportunément, au moment où la cour de Siam voulait procéder seule à la cérémonie du couronnement de Norodon qu’elle désirait célébrer à Bangkok. Il fut décidé que l’on procéderait à cette solennité à Oudong, et que Norodon recevrait la couronne des représentants de Siam et de la France, comme son père l’avait reçue de ceux de Siam et de l’Annam.

Des troubles graves s’étant produits, le roi demanda en même temps des secours à Bangkok et à Saigon, mais l’amiral Jurien de la Gravière se chargea de lui faire comprendre qu’il n’avait désormais qu’une protection, et il prit les mesures que nécessitait ta circonstance. C’est grâce à notre concours que Norodon triompha de cette insurrection, à la tête de laquelle se mit un forgeron, ancien moine, qui se faisait passer pour un prince royal, sous le nom de Pacombo,

En 1867, la France passa avec Siam un traité par lequel, afin de désintéresser le roi de ce pays de ses prétentions de suzeraineté sur le Cambodge, on lui abandonnait la souveraineté des provinces de Baltambang et d’Angkor, que les Siamois détenaient sans droit.

Ce traité fut passé à Paris, à la sollicitation du consul de France à Bangkok, sans consulter le roi du Cambodge, et même sans prendre l’avis du gouverneur de la Cochinchine. Mais le monarque que l’on dépouillait ainsi, sans son assentiment, rédigea une protestation qui n’a pas été retirée et qui pourrait servir de base à de nouvelles négociations.

Peut-être le règlement ultérieur de ces questions serat-il d’autant plus facile que, comme nous l’avons fait remarquer plus haut, le Siam ne tire et ne peut tirer qu’un profit très minime de ces magnifiques provinces.

La mort de Pacombo. — L’année 1867 fut remarquable

CAMBODGE

par une inondation extraordinaire du Mékong, qui s’éleva à 15 mètres au-dessus de l’étiage, et par la mort de Pacombo, qui fut tué dans des circonstances mémorables.

Fatigués de la guerre, les habitants de Compong-Soai résolurent d’y mettre fin en attirant Pacombo dans un piège. Ils écrivirent à cet infortuné qu’ils allaient se soulever en sa faveur ; celui-ci, enchanté d’avoir le concours d’une population guerrière, alla au rendez-vous avec 150 hommes de choix. Mais, voyant que la population ne montrait pas assez d’enthousiasme, il campa en dehors du village, sous un figuier sacré planté en face de la pagode.

Le lendemain, à la pointe du jour, les habitants du village vinrent l’attaquer et, après un combat très vif, tous ses compagnons furent tués ou pris. On lui coupa la tête et on l’envoya au roi dans un sac de sel.

En 1876, l’amiral Duperré fit proposer à Norodon un changement dans les lois du Cambodge. Cet acte servit de prétexte au frère du roi, Votha , pour recommencer la guerre. Des renforts furent envoyés de Saigon, et grâce à ce secours,

Votha fut défait. 11 se réfugia dans les montagnes, mais son influence ne résista pas à cet échec.

Le TRAITÉ DE 1884. — En 1884, M. Thomson, gouverneur de la Cochinchine, passa avec Norodon un traité par lequel le protectorat de la France était formellement reconnu et déterminé d’une manière définitive. A cette occasion, les bonzes soulevèrent une insurrection qui fut facilement ré-

Princesse cambodgienne.

primée, mais au cours de laquelle plusieurs villages chrétiens furent détruits et leurs habitants massacrés. M. Guyomard, missionnaire apostolique, fut décapité par ces barbares le 31 janvier 1886. Les rebelles furent châtiés et, depuis cette époque, le pays est si complètement pacifié, qu’une garnison insignifiante est seule nécessaire aujourd’hui.

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Ban AM . — Le poste.

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