‹ Les colonies françaises (volume 2)Chapitre 17 sur 34 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Description géographique.

Limites du Cambodge. — Le Mékong. — Les lacs. — La m.arée. — Les montagnes. — Ni canaux ni routes. — (*hu-Quoc. — Pnoni-Penh. — La fête des eaux. — Les ruines. — Angkor-Vat. — Angkor-Thom.

Limites du Cambodge. — Le Cambodge actuel est borné au nord par le royaume de Siam et par des territoires habités par des tribus indépendantes; à Test par le royaume d’Annam ; au sud par la Cochincbine et à l’ouest par le golfe de Siam et par le royaume de Siam.

Il s’étend entre le lO^SO' et le IS^.SO' de latitude nord et le 101® et 104® de longitude est du méridien de Paris. Sa plus grande longueur dépasse 400 kilomètres et sa largeur est d’environ 300. Sa superficie est d’environ 120,000 kilomètres carrés, c’est-cà-dire la cinquième partie de la superficie de la France.

Le Mékong. — Ce pays dont une partie est très montagneuse et dont l’autre se compose de plateaux et de terrains d’alluvions, est arrosé par le Mékong, fleuve très considérable qui prend sa source dans les montagnes du Thibel et, après avoir traversé une grande portion de la Chine, divise le Cambodge en deux. Les divers affluents du Mékong qui viennent grossir son cours pendant son passage sur le territoire du Cambodge ne valent pas la peine d’être nommés ; ce sont de petits cours d’eau, non navigables et n’ayant aucune importance.

Le Mékong est navigable dans la presque totalité de son parcours sur le sol du Cambodge, c’est-à-dire jusqu’à Stung- Treng, point situé à proximité de la frontière de Siam. Quelques travaux sommaires consistant en la destruction de certaines roches qui encombraient le cours du fleuve ont suffi pour le rendre navigable à des bateaux d’un assez fort tonnage. Si des travaux plus sérieux étaient pratiqués, le Mékong pourrait alors servir de voie de transport pour les produits de l’intérieur, et comme ce fleuve est très grand, cette amélioration aurait certainement des résultats considérables.

Les lacs. — Le territoire du Cambodge est occupé par divers lacs, dont l’un est très vaste et a plus de 1,400 kilomètres carrés, ces lacs sont très poissonneux et la pêche est l’industrie principale du pays. Non seulement les indigènes s’y livrent avec ardeur, mais les Annamites et même les Chinois viennent y participer tous les ans, à l’époque des basses eaux. Les poissons salés du Cambodge sont expoi'tés dans tout l’Extrême-Orient, où ils jouent dans l’alimentation un rôle encore plus impoi tant que celui de la morue en Europe.

La marée. — On a remarqué que ]>endant les mois de mars et d’avril les eaux du fleuve sont stationnaires et que la marée se fait alors sentir jusqu’aux rapides d’un côté et de l’autre jusqu’aux extrémités du lac. Mais, dès que les pluies commencent et que le fleuve se gonfle, les marées

CAMBODGE

n’ont plus d’action. Le courant, dans les bras qui vont à la mer, et celui du bras qui se rend dans le lac, s’accélèrent tous les jours. Dans le bras du lac, le courant a une direction opposée à celle qu’il a dans le restant du tleuve. Il remonte dans le nord-ouest, pour aller se perdre dans le lac. Dès que le niveau baisse, le courant se renverse et toute cette masse d’eau retourne à la mer. Lorsque la crue est dans son plein, ce qui arrive tous les ans à l’époque des pluies, le lac renferme plus de 30,000 millions de mètres cubes d’eau.

Certains travaux d’une importance relativement peu considérable permettraient d’utiliser cette quantité énorme d’eau à l’irrigation non seulement d’une partie du Cambodge, mais de toute la basse Cochinchine. De plus il serait facile de doter ce pays d’un système hydraulique, analogue à celui qui fonctionne en Égypte depuis des siècles et qui a pour base le lac Mœris. Il est inutile d’insister sur les avantages qui résulteraient de cette combinaison , car bien qu’elle soit réalisable, elle nécessiterait des efforts d’hommes et d’argent auxquels on ne peut songer pour le moment.

C’est sur le bord du grand lac que se trouvent les ruines d’Angkor, dont nous parlerons plus loin.

La marée est beaucoup moins sensible au Cambodge qu’en Cochinchine. Elle se fait sentir seulement durant les basses eaux, en mars et en avril. Elle monte alors de 60 à 70 centimètres, mais l’eau du fleuve n’est jamais saumâtre et la marée n’est autre chose que le refoulement de l’eau du Mékong. C’est seulement pendant quelques jours qu’elle se fait sentir au grand lac et aux rapides de Sambor.

Les montagnes. — M. .\Ioura, dans son intéressant ouvrage sur le Cambodge, divise le sol de ce pays en quatre catégories:

lo Les montagnes et les collines qui, ordinairement boisées, renferment des carrières et des mines. Les hauteurs sont en général très peu peuplées, par suite de la supers-

tition des indigènes qui les considèrent comme hantées par des esprits.

2° Les plateaux, composés d’immenses plaines couvertes de grandes herbes, où se trouvent de rares villages, dont les habilants peu nombreux cultivent du riz sec et quelques arbres fruitiers.

3® Les terrains de hauteur moyenne, couverts par l’inondation annuelle du Mékong. Ces endroits sont les plus fertiles et les plus peuplés.

4° Les terrains marécageux, couverts de forêts inexploitées et de lotus, la plante sainte du pays, que les habitants récoltent avec soin et dont ils mangent la graine.

Certaines parties du Cambodge sont très montagneuses. Il y a des montagnes dans les arrondissements de Kompong-Soaï, de Pursat, deThepong, de Krang, de Kompong- Som et de Kanipot. Les sommets les plus élevés de ces montagnes ne dépassent pas 12 à 1,300 mètres, mais elles sont en général très escarpées. Leurs flancs sont couverts de forêts, renfermant des essences de bois très variées et très précieuses; mais le manque de voies de communication s’oppose à leur exploitation et il faudra des efforts sérieux et persistants, pour améliorer cette situation.

Ni canaux ni routes. — Le Cambodge n’a pas de canaux pour relier entre eux les divers cours d’eau du pays et faciliter les communications; il n’a pas non plus de routes dignes de ce nom et celles qui ont été construites autrefois ont disparu ou sont devenues impraticables. De vigoureux efforts pour les rétablir ou pour doter le pays de la viabilité qui lui manque seront nécessaires, mais leur résultat promet d’être si avantageux que nous ne doutons pas que le gouvernement de l’Indo-Chine ne s’attache à la solution de ce problème, qui est certainement un des plus importants de tous ceux qui lui sont posés.

Il convient de ne pas oublier que, dans ce pays comme dans tous les autres, la facilité des communications est

CAMBODGE

indispensable pour assurer à la fois la sécurité et la prospérité commerciales.

Au surplus, la conflguration du pays est telle que la construction des routes ne sera pas très difficile ni très coûteuse. Quant à celle des canaux, la main-d’œuvre du pays, pratiquement dirigée, suffira très certainement, de sorte que la dépense pourra être considérée comme presque nulle.

Nous ne parlons pas encore des chemins de fer, mais il est évident que le développement du pays, qui sera certai-

Uiie voiture à bulHes.

nement la conséquence de la sécurité que notre présence garantit, nécessitera leur construction dans un avenir peu éloigné. Pour le moment, des routes, des canaux et des travaux destinés à régulariser le lit de certains passages parsemés de roches dangereuses, ou encombrés par la vase et le sable, peuvent être considérés comme suffisants.

Le pays, principalemenl dans les plaines, est d’une fertilité remarquable, mais le manque de bras s’oppose à ce qu’il soit entièrement cultivé. Le Cambodge ne touche à la mer que du coté de l’ouest et n’a sur cette côte que te port de Kampot, situé sur la petite rivière de Stung-Prey-Sroc.

Kampot est par 10“35' de latitude nord et par 101“55' de longitude est. La rivière est inaccessible aux navires, qui doivent mouiller à 3 ou 4 milles au large, dans une rade peu sûre. La population de cette ville est d’environ 3,000 âmes.

l.’iLE DE Phu-Quoc. — Sur la côte du Cambodge, se trouve, dans le golfe de Siam, le groupe de Phu-Quoc, composé de la haute terre de ce nom, et de quelques îlots voisins. Celte île, qui a une superficie de 00,635 hectares, n’a encore qu’un millier d’hahitants. Elle est admirablement fertile et le gouvernement y a établi un pénitencier agricole où l’on cultive, avec le plus grand soin, le poivre, la vanille, la noix d’arack, le coco, etc. Cette île est couverte de forêts admirables remplies des bois les plus précieux. Sa situation géographique nous en a fait placer ici la description, bien qu’elle fasse partie de notre colonie de Cochincbine.

Pnom-Penh. — Les deux villes principales du Cambodge sont : Pnom-Penh, la capitale, et Kampot, le seul port de mer du pays.

Kampot, situé à l’embouchure d’une petite rivière, aurait besoin de certains travaux pour devenir un port utilisable pour nos navires. Ces travaux sont même nécessaires si on donne suite au projet de percement de l’islhme de Malacca,car alors Kampot serait le port de l’Indo-Chine le plus rapproché de l’Europe. En attendant, ce port ne peut être utilisé que par les jonques chinoises et par les caboteurs. Il est actuellement peu important.

Pnom-Penh doit son nom à un monticule surmonté d’une espèce de pyramide, d’une construction fort ancienne. En dépit des travaux qui y ont été exécutés et des améliorations réalisées depuis l'occupation française, la ville de Pnom-Penh a conservé l’aspect asiatique que les touristes à la recherche du pittoresque aiment tant à rencontrer dans leurs voyages. La pagode, les palais des mandarins, celui du roi, les deux digues qui enferment la ville en lui don-

CAMBODGE

nant la forme d’un croissant ; ses rues élroites et malpropres, où grouillent perpétuellement, au milieu des immondices et des détritus de toutes sortes, des enfants, des animaux domestiques et une foule nombreuse, affairée, lui donnent, à l’intérieur, le cachet particulier des villes chinoises. L’air qu’on y respire est imprégné à la fois des odeurs pestilentielles et des parfums asiatiques. Bref, il est impossible de concevoir un ensemble plus complètement différent de celui de nos cités européennes.

A l’arrivée, par la voie du fleuve, l’aspect de la ville est tout à fait grandiose. Elle est assise sur un bassin splendide, de plusieurs lieues de large, où aboutit le grand fleuve, le Barrac, roulant une masse considérable d'eau, encaissé et contenu par des berges taillées à pic. Ces berges s’effritent et parfois s’écroulent par morceaux mesurant des milliers de mètres cubes, qui sont entraînés par le courant, extrêmement rapide sur certains points. La vue de ce fleuve énorme est véritablement majestueuse et la ville de Pnom-Penh lui doit un incontestable air de grandeur.

La famille royale habite Pnom-Penh ; le roi dans un palais bâti d’après le style kbmer, ses femmes dans un bâtiment attenant, et ses fils un peu partout.

Pnom-Penh est administrée par une commission municipale qui fonctionne sous l’autorité du protectorat et dans laquelle les Européens sont en majorité. Cette commission ne s’occupe guère que de l’entretien de la ville — surtout de la partie habitée par les Européens — ce qui n’est pas sans difficultés, car, pour faire disparaître les nombreux cloaques qui existent, il faudrait dépenser des sommes énormes que ni le protectorat ni la ville ne sont en état de fournir. La partie occupée par la population européenne, encore peu nombreuse, se compose d'une rue unique, commençant à la Mission, pour aboutir au delà des palais du roi, les longeant sur un parcours de 1,800 mètres environ; c’est aussi le quartier habité par les commerçants chinois

L’hôtel du protectorat se trouve dans cette partie, près du palais du second roi et de la caserne des troupes françaises. C’est une coquette habitation, ayant vue sur le fleuve et entourée d’ombrages, qui n’a rien d’imposant, mais réunit toutes les conditions pour mettre le haut fonctionnaire, représentant la France, à même de recevoir dignement.

Le tribunal, les travaux publics, le Trésor, les contributions indirectes, enfin, tous les services publics, sont installés dans la rue principale, ce qui, avec le commerce chinois, lui donne de la vie et en fait un quartier très mouvementé.

Pnom-Penh n’est le siège d’aucune industrie digne d’être citée; c’est un lieu de transit, une place de commerce, où arrivent tous les produits du pays, pour y être échangés et dirigés ensuite sur Saigon, port d’exportation.

Le voisinage du fleuve entretient une température supportable et renouvelle l’air qui, sans cela, serait envahi par les émanations pestilentielles provenant delà ville. Aussi l’état sanitaire est-il presque bon.

Au point de vue de la sécurité, cette place ne laisse rien à désirer, et la vie, la fortune des Européens y sont à l’abri de tout danger.

Pnom-Penh ne renferme aucun monument d’art et, en dehors des fêtes nationales, qui sont toujours très intéressantes, les Européens trouvent peu de sujets de distractions.

Les jeux de hasard asiatiques ne sont ni dans nos goûts ni dans nos mœurs et, s’ils peuvent amuser un instant le spectateur, ils sont impuissants à remplacer les réunions, les théâtres et les autres plaisirs dont nous avons l’habitude.

La FETE DES EAUX. — Il fut uu tcuips OÙ le roi Norodon prodiguait sa personne et invitait volontiers les rares Français, fonctionnaires ou commerçants, qui habitaient Pnom- Penh, à partager ses repas et à assister aux fêtes intimes qu’il donnait dans le palais; mais, depuis plusieurs années, il s’est cloitré chez lui et n’en sort que pour rendre les visites

CAMBODGE

obligatoires au résident ainsi qu’aux principaux fonctionnaires, et pour aller à la fête des eaux.

Cette fête, qui est tout à fait originale, se rapporte à un phénomène local qui ne se produit probablement nulle part ailleurs; il mérite une mention spéciale.

Tous les ans, le fleuve, qui en arrivant à Pnom-Penh se mire dans un vaste estuaire paraissant sans issue, se

l’ N O SI - D E ^ Il . — Ij!i rue des cocotiers.

divise naturellement en trois branches, dont deux se dirigent vers la mer, tandis que la troisième remonte vers le Grand Lac qu’elle alimente et dont elle fait monter peu à peu le niveau à la hauteur du fleuve.

Mais, quand le fleuve n’est plus entretenu par les pluies quotidiennes, son niveau baisse et, quand il devient plus bas que celui du Grand Lac, le courant du bas du fleuve, qui se dirigeait vers ce point, cesse, et c’est le lac qui alimente

alors le fleuve pendant toute la saison des basses eaux. Ce renversement d’eaux a lieu au mois d’octobre et c’est à l’instant précis où il se produit que se célèbre la fête dont nous parlons.

Les dignitaires de la cour et les gens compétents ont suivi avec soin la marche du fleuve et, grâce à des indices qui ne les trompent jamais, ils ont calculé le moment précis où le courant doit changer de sens. Une corde est tendue en travers du fleuve, qui doit attendre l’ordre du roi avant de laisser le phénomène se produire.

A l’instant indiqué, le roi en grande pompe, tous les mandarins et les invités se rendent dans la jonque royale artistement pavoisée. Le peuple borde les quais et garnit les bateaux amarrés au rivage. Les pirogues, longues de 40 et 50 mètres et montées quelquefois par quatre-vingts rameurs, sont prêtes pour la course.

A un moment, le roi lève une baguette en l’air, en frappe l’eau, la corde est enlevée et le fleuve, à qui la liberté vient d’être rendue, prend son nouveau cours. On verse le champagne, comme à Paris ; la musique fait entendre ses plus beaux morceaux, le peuple hurle et applaudit, les pirogues luttent de vitesse au son du tamtam, et la nuit seule met fin à la fête, en obligeant le roi et ses invités à rentrer chez eux.

Le soir, il y a danse partout et réceptions au palais du roi. Ces réceptions sont fort curieuses et tous tes Européens qui y ont assisté ont été unanimes à admirer la beauté plastique des Cambodgiennes qui sont très bien faites et dont les figures régulières ne sont pas dépourvues d’agrément. On dirait de belles statues de bronze , leurs mouvements sont gracieux, mesurés, leurs mains très petites et merveilleusement faites.

Les ÉLÉPHANTS DU ROI. — Autrefois, les éléphants du roi étaient au nombre de trois cents environ et entretenus avec luxe. Il en reste à peine une trentaine aujourd’hui, qui sont cependant encore très curieux à contempler.

CAMBODGE

Ces énormes pachydermes sont dirigés par des cornacs, avec qui ils sont unis par les liens d’une étroite intimité et ils rendent encore de nombreux services, dans un pays où les moyens de locomotion sont si rares et si défectueux que, sans leur concours, il y a certaines régions qu’il serait impossible de visiter.

Les ruines. — L’une des principales curiosités du Cambodge, ce sont les ruines qui couvrent certaines parties du pays. Elles sont très nombreuses et quelques-unes sont considérables. Leur aspect indique, mieux que ne pourraient le faire les traditions historiques les plus complètes, quel

Une pirogue de course.

fut autrefois le degré de splendeur de cette contrée, car les hommes qui construisirent les monuments dont les restes sont si parfaits et encore si remarquables possédaient certainement une civilisation avancée.

Il est impossible de ne pas éprouver une profonde émotion, à la vue de ces ruines gigantesques, qui dépassent certainement en étendue celles de Karnak et de Balbec.

Malheureusement, elles sont envahies par une végétation luxuriante, qui empêche de bien voir les détails et il faut accomplir un véritable travail pour pouvoir les contempler.

Les principales de ces ruines, du moins de celles qui ont

été explorées dans ces derniers temps, sont celles d’Angkor- Vat et d’Angkor-Thom.

Il y a encore sur le territoire des anciens Khmers des constructions bien différentes; ce sont d’abord de grands rochers sculptés, où l’on trouve des statues de premier ordre, puis les monuments mixtes comme Karker, qui passent aussi pour posséder des œuvres très remarquables de statuaire. Des monuments en terre cuite, disséminés en divers endroits et très ornés. Enfin des constructions souvent fort belles qui sont élevées par centaines dans les vallées du Meinam et dans les forêts de Siam, comprenant une période de huit à dix siècles, et les ruines plus anciennes que l’on rencontre en Birmanie et qui paraissent avoir servi de transition entre l’Inde et l’Indo-Chine. L’influence artistique des Khmers s’est étendue jusqu’à Java, d’où l’on a rapporté en Europe des bronzes très curieux, notamment celui qui figure aujourd’hui au musée de Dresde.

Ces ruines, qui n’appartiennent pas à la même époque, se distinguent entre elles par leur style. M. Fournereau, dans ses remarquables explorations faites en 1880, a été conduit à remarquer que l’impression produite par l’ornementation de l’art kbmer est tout à fait analogue à celle qu’on éprouve à la vue de certaines sculptures de la fin de notre moyen âge et de la Renaissance. Mais, ainsi que s’empresse de le dire cet explorateur, ces ressemblances sont plutôt apparentes que réelles et s’évanouissent en grande partie lorsqu’on entre dans l’examen des détails intimes. Elles sont intéressantes cependant, en ce qu’elles indiquent une certaine analogie dans la manière générale de concevoir la décoration, et comme une sorte de parenté artistique entre les maîtres de notre art aces époques et les grands artistes de l’ancien Cambodge, parenté qu’aucune des œuvres comiues dans l’extrême Orient ne faisait supposer.

Angkor-Vat. — D’énormes lions de pierre gardent la première terrasse de cet édifice; un pont dallé lui succède, traversant un large fossé pour aboutir à la galerie à trois tours.

Page 1