CHAPITRE PREMIER Précis historique
Prise de possession (1643). — Pronis et Flacourt. — Le caporal Labigorne et la reine Béti. — Acte authentique de cession. — Capitulation en 1811. — Reprise de possession en 1818. — Expédition de 1821. — Sylvain Roux, — Radama et la colonie. — Situation actublle.
Prise de possession (16Zi3). — L'île de Sainte-Marie de Madagascar ou « Nossi-Boraha » est située dans le nordest de Madagascar par 16" Zi5' de latitude sud et Zi8° 15' de longitude est, vis-à-vis la baie d'Antongil, Tintingue et les bouches du Manangouri ; elle n'est séparée de la grande terre que par un canal ayant depuis 7 jusqu'à 30 kilomètres de largeur, et qui, dans sa partie étroite, n'est à proprement parler qu'une rade continue, où les navires peuvent trouver un abri sûr par tous les temps.
Les anciens auteurs français lui avaient donné le nom de
Nossi-Ibrahim « île d'Abraham » et parlaient d'une colonie juive établie sur cette terre ; pourtant les superbes Betsimisarakes de Sainte-Marie n'ont rien de sémite, ni dans la démarche, ni dans les traits (Elisée Reclus). Une tradition locale veut que l'île ait été occupée par un chef maJgache, Boraha, venu de la grande terre avec sa tribu à la suite d'une guerre malheureuse, ce qui s'accorde avec le type des indigènes actuels.
Pronis et Flagourt. — Pronis en prit possession dès 161x3, au nom de la Compagnie Rigault, dite aussi Compagnie de l'Orient, et quelques-uns de ses compagnons s'y établirent. Lorsque Flacourt la visita quelque te^mps après, il n'y trouva plus que huit Français, les autres étaient morts de maladie. Dans la relation qu'il a laissée de cette île, Flacourt dit que chacun de ces colons avait sa maison et son jardin et, quand ils avaient affaire à des nègres, ils les aidaient en tout ce qu'ils avaient besoin d'eux. Néanmoins il les ramena à Fort-Dauphin à cause du climat.
Cette bonne entente avec les indigènes a existé partout à Madagascar, lorsqu'une politique maladroite de la part des chefs d'expéditions n'exaspérait pas les populations.
La Compagnie des Indes orientales, malgré cette première évacuation, continua à occuper, par intermittence, l'île de Sainte-Marie, dont les habitants se montrèrent toujours bien disposés vis-à-vis des « Vasah », Français.
Le caporal Labigorne et la reine Béti. — Labigorne, ancien caporal aux troupes de la Compagnie, en garnison à l'île de France, était venu se fixer sur la côte orientale de Madagascar ; il y épousa Béti, fille et héritière de Tamsimalo ou Ratsimilaho, de son vivant roi de Foulepointe et autres pays de la côte, depuis 13^ 30' de latitude sud jusqu'à la baie d'Antongil. Sous l'influence de son mari, Béti céda authentiquement l'île de Sainte-Marie au roi de France. Cet acte, passé le 30 juillet 1750, au nom de Pierre-Fèlix- Barthélemy David, écuyer, gouverneur général des îles de
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France et Bourbon, faisait « au roi Louis XV et à sa Compagnie des Indes abandon entier et sans aucune restriction de l'île Sainte-Marie, de son port et de Tîlot qui le ferme, sans qu'ils soient tenus de payer à elle, Béti,ni à aucun de ses successeurs, aucuns droits et rétributions pour cause de ladite acquisition ».
Béti, avec ses Grands, s'engagea également à garantir la possession de Sainte-Marie, « contre tous troubles et empêchements de la part des naturels de File de Madagascar ou autre nation. » Enfin, elle reconnaissait « avoir reçu de la part du Roi et de la Compagnie, à titre de compensation, dédommagement, échange, une certaine quantité d'effets à elle propres et convenables, dont elle est contente, ainsi que les Grands du royaume à ce présens et acceptans, comme chargés des intérêts de leur reine et de sa couronne ».
Pour signer cet acte de cession perpétuelle, Béti, accompagnée d'un grand nombre de chefs indigènes, s'était rendue à Sainte-Marie sur le navire de la Compagnie Mars commandé par Adam de Villiers.
Gosse, officier de la Compagnie, qui avait figuré à l'acte de cession comme « chargé d'arborer le pavillon », prit immédiatement possession de notre nouveau territoire. Animé du même esprit que les Flacourt et les Lahaye, mais avec leur intelligence en moins. Gosse exerça une telle tyrannie sur la population placée sous ses ordres et si favorablement disposée, qu'il provoqua un soulèvement général dans lequel toute la colonie périt avec lui.
Sans tenir aucun compte des causes de ce soulèvement, de sanglantes et terribles représailles furent exercées ; toutefois, les excellentes relations qui, grâce à Labigorne, existaient entre la France et la reine Béti, ne furent pas altérées. La reine renouvela l'acte de cession, et le 15 ' juillet 1753, par ordre de Lozier-Bouvet, gouverneur général des îles de France et Bourbon, la frégate Colombe
de la Compagnie des Indes, prit à nouveau officiellement possession de Sainte-Marie.
Un petit fortin carré, pouvant contenir une dizaine d'hommes, percé de meurtrières et présentant sur une de ses faces les armes du roi de France et la date de 1753, se voit encore près du village d'Ambodifotre, le plus populeux de l'île.
En 180Zi, l'admirable général Decaen, gouverneur de nie de France, réunit sous une sorte de sous-gouvernement tous les comptoirs et établissements que nous possédions sur la côte nord-orientale de Madagascar, avec Tam^atave comme chef-lieu. Sylvain Roux fut placé à sa tête, avec le titre d'agent commercial. Jusqu'en 1810, sous l'administration de cet homme habile et prudent, Sainte-Marie fut en bonne voie de prospérité.
Capitulation de 1811. — Reprise de possession en 1818. — En 1811, après la reddition de l'Ile de France, Sylvain Roux fut obligé de capituler à son tour, mais les Anglais n'occupèrent aucun point de nos anciennes possessions et se bornèrent à détruire les quelques ouvrages que nous avions élevés sur la côte de Madagascar. "
Après les traités de 1815, sir Robert Farquhar, gouverneur anglais de Maurice, l'ancienne Ile de France, émit la prétention injustifiable de considérer nos droits sur Madagascar comme ayant été également transmis à l'Anglegleterre ; sur nos légitimes réclamations, le cabinet britannique dut refuser de ratifier la singulière interprétation que son agent semblait avoir donnée, de sa propre autorité, à l'article 8 du traité de Paris (voir livre XI, Madagascar), et le 15 octobre 1818, le baron de Mackau, capitaine de frégate, reprit solennellement possession de l'île Sainte- Marie.
Le gouvernement de la Restauration,' comprenant toute l'importance qu'avait Madagascar, eut alors le désir d'y fonder un établissement sérieux. Le ministre delà marine, du Bouchage, envoya, en 1817, M. Forestier reconnaître
par quels moyens on parviendrait à nous réimplanter dans cette colonie déjà à moitié perdue.
M. Forestier fut d'avis de s'établir d'abord à l'île Sainte- Marie, et, ce poste une fois consolidé (M. de Mackau y avait retrouvé les débris de notre ancienne installation), de se transporter sur la grande terre, à Tintingue. MM. Carayon et Albrand furent envoyés à leur tour dans l'île pour compléter l'étude du projet. Toutefois, bien que le conseil d'amirauté eût approuvé, , à la fin de 1819, « l'occupation de l'île jSainte-Marie afin d'en faire, avec la baie de Tintingue, le port de notre station navale dans la mer des Indes », les nécessités budgétaires obligèrent le comte Molé, successeur de M. du Bouchage, à l'ajourner à l'année suivante. Les frais de cette expédition avaient été évalués à 1,200,000 francs.
Sur ces entrefaites, M. Albrand, qui ne voyait pas Sainte- Marie et Tintingue sous un jour aussi favorable que le commandant de Mackau et Sylvain Roux, alla s'installer à Fort-Dauphin et à Sainte-Luce. Il revint pourtant à Sainte- Marie, où il mourut en 1826; son tombeau solitaire se voit à l'île des Forbans, dans la rade de Sainte-Marie.
Expédition de 1821. — Sylvain Roux. — Le Gouvernement métropolitain ne renonça pas à ses projets, mais l'expédition, au lieu de partir en décembre 1820, comme il avait été primitivement convenu, ne partit que le 7 juin suivant.
La direction en fut donnée à Sylvain Roux, qui avait simplement l'ordre de s'établir à Sainte-Marie, dont il devait garder le commandement. Ses instructions à l'égard des naturels de la grande terre étaient telles que La Case au xvii^ siècle ou Benyow^ski au xviiP auraient pu. euxmêmes les dicter. Elles lui ordonnaient, en attendant l'occupation ultérieure de la baie de Tintingue, « de nous concilier par une conduite juste, bienveillante, habile, ferme, l'estime, la confiance et l'amitié des indigènes ». Sylvain Roux s'y conforma assez bien ; mais il est un re-
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proche qu'on lui adressera éternellement, à lui qui avait habité plus de vingt années les parages de Madagascar, et qui par conséquent devait en connaître à fond le climat : c'est de s'être embarqué à une époque qui ne lui permettait plus d'arriver à Sainte-Marie qu'au commencement de la mauvaise saison, ce qui devait fatalement condamner les colons et nos malheureux soldats aux fièvres du littoral et à des misères de toutes sortes (Louis Pauliat).
Aussitôt que le cabinet britannique apprit nos projets sur Sainte-Marie, il donna l'ordre à sir Robert Farquhar, en congé depuis deux ans à Londres, de rejoindre immédiatement son poste, avec tous les pouvoirs nécessaires pour s'opposer, sous le couvert des Hovas, à ce que nous voudrions entreprendre à Madagascar. Farquhar quitta l'Angleterre dans les premiers mois de 1820.
Le commandant des troupes françaises ignorait ces dispositions lorsqu'il arriva à sa destination, et trois semaines s^étaient à peine écoulées depuis le débarquement, qu'une corvette anglaise, Manai^ se présentait inopinément devant Sainte-Marie, demandant officieliemenl, au nom des autorités du Gap et de Maurice, à quel titre les Français étaient venus s'établir à Sainte-Marie et quelles étaient leurs intentions sur Madagascar.
Sylvain Roux connaissait de trop longue date les droits de la France pour hésiter dans sa réponse ; il n'eut qu'à rappeler les termes formels du traité de Paris, ce qu'il fit d'une façon nette et digne. Visiblement embarrassé par cette attitude, le capitaine anglais en référa à sir Robert Farquhar, qui fit alors déclarer à Sainte-Marie et à Bourbon : 1^ qu'il considérait Madagascar « comme une puissance indépendante, actuellement unie au roi d'Angleterrre — allusion au traité secret intervenu avec Radama, roi des Hovas — par des traités d'alliance et d'amitié, et sur le territoire de laquelle aucune nation n'avait de droits de propriété, hors ceux que cette puissance serait disposée à admettre » ; S'' « qu'il avait été notifié par cette même
puissance au gouvernement de Maurice et au commandant des forces navales britanniques dans ces mers, qu'elle ne reconnaissait le droit de propriété sur le territoire de Madagascar à aucune nation européenne ».
Sylvain Roux fut stupéfait par ces déclarations, dont le ton était quelque peu comminatoire. Cependant, comme il était dans une ignorance complète de ce qui s'était passé entre l'Angleterre et les Hovas, qu'il connaissait tout au plus de nom, il crut qu'il s'agissait d'une nouvelle chicane analogue à celle de 1815 et qu'elle se terminerait de même. Mais afin de donnera sa réplique la force d'un fait, et pour ne pas perdre son temps en de vaines protestations, il répondit à Farquhar en envoyant au sud un officier avec une poignée de soldats, pour réoccuper militairement Fort-Dauphin et y tenir garnison.
Cela fait, et sans se préocupper davantage des réclamations de Farquhar, Sylvain Roux, ainsi que ses instructions le lui enjoignaient du reste, se mit à nouer sur l'heure des rapports avec les princes ou chefs de toute la contrée environnant Tintingue, depuis Fénérifife jusqu'à la baie d'Antongil. Tous ces chefs étaient les successeurs de ceux qui avaient apposé leur marque sur l'acte de cession consenti en 1750 par la reine Béti. Ses ouvertures eurent un plein succès. Elles furent si favorablement accueillies que le 20 mars 1822, c'est-à-dire cinq mois après son arrivée à Sainte-Marie, douze de ces princes, dans une réunion solennelle, firent acte d'alliance et de soumission à la France.
Sylvain Roux mourut le 2 avril 1823, et M. de Freycinet, gouverneur de l'île Bourbon, lui désigna comme successeur le capitaine du génie Blevec.
Radama. — Les succès obtenus par Sylvain Roux auprès des chefs malgaches avaient surexcité les Anglais, qui poussèrent le roi des Hovas d'abord à lancer une proclamation dans laquelle, prenant le titre de roi de Madagascar, il déclarait nulle toute cession de territoire qu'il n'aurait
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pas ratifiée ; et ensuite à joindre les actes à la parole. Une armée hova, commandée par des officiers anglais, s'empara de Foulepointe, l'ancien chef-lieu des établissements français de Madagascar avant I8O4.
Mayotte. — Une habitation de colon.
Enfin, en juillet 1823, Radama, à la tête d'une forte armée munie de fusils et de canons fournis par le gouverneur de Maurice, tombait, sans déclaration de guerre préalable, sur le territoire des chefs qui nous avaient fait soumission l'année précédente, pillant, brûlant, tuant, saccageant tout.
Impuissant à défendre Tintingue, le capitaine Blevec dut se borner à préserver Sainte-Marie ; néanmoins il protesta d'une façon énergique. Radama répondit qu'il ne contestait pas à la France la possession de File Sainte- Marie, qui lui avait été vendue autrefois par les naturels, mais qu'il ne reconnaissait, ni à la France ni à aucune puissance étrangère, des droits sur aucune partie de la grande île; et que, quant au titre de roi de Madagascar, il le conservait pour lui-même parce que seul il était capable de le porter et d'en soutenir le prestige.
Force nous fut donc de dévorer l'outrage et de renoncer, pour le moment, à donner suite au projet de 1819 et de fonder quoi que ce fût à Tintingue et dans ses environs.
En 1826, une levée générale de boucliers se fit contre les Hovas, parmi les tribus, de Fénériffe à la baie d'Antongil. Ces dernières, prises entre deux feux, furent vaincues; tout ce qui fut pris fut tué. On emmena les femmes et les enfants en esclavage ; ceux qui ne s'enfuirent pas dans les bois durent chercher un asile à Sainte-Marie.
Bien que Radama eût reconnu officiellement nos droits sur Sainte-Marie, et qu'en outre il nous dût de la reconnaissance pour le service que lui avait rendu le gouverneur de Bourbon en faisant passer des dépêches émanant de la garnison hova, bloquée dans Fort-Dauphin par les tribus des environs ; malgré tous ces motifs, le roi hova, cédant aux suggestions de ses conseillers, voulut nous rendre le séjour de Sainte-Marie impossible.
Notre établissement ne pouvait vivre qu'à la condition de tirer de la grande terre le riz, le bétail et les travailleurs libres ou esclaves dont les colons et les troupes avaient besoin. En ce qui concernait le riz et le bétail, Radama défendit expressément aux traitants de Sainte - Marie d'en acheter dans la partie de Madagascar située en face de l'île ; ils n'étaient autorisés à s'en procurer qu'à Foulepointe ou à Fénériffe, où la douane, tenue par les Hovas, leur faisait payer des droits exorbitants, à la sortie
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comme à l'entrée. Il s'ensuivit, pour tous les objets d'alimentation, un renchérissement qui bouleversait les conditions économiques de la colonie. La sévérité était telle, à cet égard, que le navire d'un traitant français, ayant été jeté à la côte dans un endroit interdit au commerce, ce traitant fut accusé d'y avoir abordé en vue d'y faire du trafic, et, pour cette raison, vendu comme esclave (voir Notice sur Madagascar). Relativement aux travailleurs libres ou esclaves, sans lesquels il n'y avait pas à songer à une production quelconque, Radama édicta la peine de mort contre tout Malgache qui nous en fournirait.
Le maintien de ces mesures aurait entraîné à bref délai la ruine des colons et l'abandon inévitable de notre établissement ; c'eût été, par suite, l'échec absolu de notre expédition de 1821.- Après nous avoir fermé de force la grande terre, on nous aurait expulsés indirectement de Sainte-Marie (Louis Pauliat).
Informé de la situation par le gouverneur de Bourbon, alors M. de Chelfontaines, M. Hyde de Neuville, ministre de la marine, malgré les faibles ressources dont disposait son département, organisa une petite expédition qu'il fit immédiatement partir pour Bourbon, et dont un des objectifs devait être l'occupation par des troupes du port de Tintingue. Toutefois le ministre, en homme pratique, laissa au conseil colonial de l'île Bourbon le soin de décider de l'époque et des points de Madagascar où il était préférable d'opérer.
Femmes et enfant sakalaves.
LES
Par suite de la mort de Radama et des espérances que fit naître cet événement, suivi de troubles chez les Hovas, espérances qui du reste ne se réalisèrent pas, ce ne fut que le 2 août 1829 que Tintingue fut occupé ; avec Taide des naturels, nos alliés, on bâtit un fort armé de huit canons et pourvu de toutes les constructions nécessaires à la garnison. En quelques mois, des milliers de naturels transportèrent leurs villages autour du fort.
A la même époque, sous l'énergique et intelligente direction de M. Schœll, son gouverneur, Sainte-Marie prit un certain essor ; des relations commerciales suivies furent établies avec Bourbon, une école d'enseignement mutuel fut créée, et de nombreux travaux d'assainissement furent entrepris (H. Capitaine).
De suite après la révolution de 1830, autant pour éviter des dépenses que pour complaire à l'Angleterre, dont il recherchait l'amitié à tout prix, le gouvernement de Louis-Philippe ordonna de cesser tout acte de guerre à Madagascar et. d'évacuer même Tintingue « sans se préoccuper, en échange, d'obtenir des Hovas le moindre traité » (Louis Pauliat). On eut même l'intention d'abandonner Sainte-Marie. « Une seule chose arrêta : ce furent les réclamations des colons qui s'y étaient fixés sur la foi de la Métropole, et qui affichaient l'idée de demander une indemnité. C'est pour cette seule raison qu'en 1832 la France continua de rester à Sainte- Marie (Louis Pauliat).
En 1858, le lieutenant de vaisseau Delàgrange, commandant particulier de l'île, entreprit sa mise en valeur et la régénération morale de ses habitants. Il provoqua la formation d'une société qui devait développer les ressources naturelles du pays.
Intelligent, brave et énergique, d'une intégrité à toute épreuve, M. Delàgrange était malheureusement plus rêveur que pratique ; il prit souvent ses désirs pour des réalités, et sa tentative n'eut pas de résultats notables.
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Situation actuelle. — L'importance de Sainte-Marie dépend uniquement de notre situation à Madagascar ; dans certaines circonstances, elle pourrait devenir un entrepôt général de marchandises, un port de relâche et de radoub, un refuge sûr pour nos vaisseaux, une forteresse facile à défendre (Désiré Gharnay.) Toutefois, sauf au point de vue commercial, Diego-Suarez remplit bien mieux les conditions d'un point stratégique, et Sainte-Marie ne peut devenir arsenal ou port militaire qu'autant que la partie de la grande terre, qui lui fait face, soit notre possession et complète les travaux.
Océan Indien.