CHAPITRE II Description géographique
Configuration. — Chaînes de montagnes. — Fleuves et rivières. — Flore. — Faune. — Ethnographie. — Mœurs. — Moyens de transport.
CONFIGURATION. — Madagascar est, après le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo, une des plus grandes îles de notre planète. Séparée de la côte orientale d'Afrique par le canal de Mozambique qui, dans sa partie la plus étroite, n'a qu'une largeur de 380 kilomètres, cette île a 1.625 kilomètres dans sa plus grande longueur, de la pointe Nord (cap d'Ambre) à la pointe Sud (cap Sainte-Marie). La
distance moyenne du rivage de l'Est à celui de TOuest, d'Andovoranto à la côte des Vazimba, par Tananarive, est d'environ 500 kilomètres. La superficie totale est évaluée à 592.000 kilomètres carrés, un seizième de plus que la surface du territoire français.
Dépassant au Nord le 12^ de latitude Sud, et le 25° au Sud l'île de Madagascar est presque tout entière dans la zone intertropicale ; mais, par suite de la hauteur de ses plateaux intérieurs, elle appartient à la zone tempérée ; toutefois, beaucoup de ses rivages sont malsains.
Les parties Nord et Est sont montagneuses, et les parties Sud et Ouest relativement plates. Il y a cinq chaînes de montagnes ayant toutes, plus ou moins, la même direction du Nord-Nord-Est au Sud-Sud-Ouest.
CHAINES DE MONTAGNES. — La première chaîne, partant de la côte Ouest, est comprise entre 21° et 25*' de latitude Sud; la seconde, de 16^ à 25^, d'abord étroite, forme, à partir du 22^ parallèle, un vaste plateau avec la chaîne précédente; la troisième commence, comme la première, au 21'' parallèle, mais s'arrête vers 23" 50'.
A l'Ouest de ZiS" 20' de longitude Est, il n'y a plus qu'une immense masse de montagnes granitiques qui semblent dues à des soulèvements différents; l'un aurait donné naissance à la grande chaîne qui, de la presqu'île d'Anourountesangane, s'étend jusqu'au 22*^ parallèle, mesurant une largeur moyenne de plus de 180 kilomètres; un autre soulèvement aurait produit la chaîne qui coupe l'île du Nord au Sud, dans toute sa longueur, de Yohémar à Fort-Dauphin.
Les trois premières chaînes sont séparées, les unes des autres, par des plaines sablonneuses ou par des plateaux, coupés de ravins peu profonds. Elles appartiennent à. la formation secondaire.
Le grand massif granitique central, qui est très tourmenté, ne mesure que 1.000 à 1.200 mètres d'altitude comme niveau général. Il n'y existe, ainsi que dans toute
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la région Est, d'autres terrains plats que les petites vallées, utilisées par les indigènes, pour la culture du riz. Çà et là, au milieu de ces montagnes plutoniques, apparaissent, comme autant d'îles, des portions de terrains mica-schisteux.
Dans le Sud de la chaîne granitique qui finit par 22^ de latitude, il y a de vastes plaines secondairês, légèrement ondulées, qui s'étendent jusqu'à la côte.
Toute la zone située au Sud et à l'Ouest des montagnes granitiques, appartient au terrain secondaire, dont la limite Nord semble être le côté Sud de la baie de Narinda. Dans toute cette vaste étendue, le sol est peu fertile, et le pays n'est guère habité que lie long des cours d'eau qui l'arrosent. Par contre, dans l'Ankova (pays des Hovas), la population est si dense que souvent les villages ne sont qu'à quelques centaines de mètres les uns des autres.
Madagascar a eu ses âges d'activité volcanique. Près du rebord oriental des monts, on a reconnu des centaines de volcans d'où s'épanchèrent des coulées de laves. Dans la partie septentrionale de l'île, les volcans sont fort nombreux. Au Nord-Est de la baie d'Antongil, s'élève une de ces montagnes brûlées^ piton sacré dont le cratère renferme un lac poissonneux, et dont les talus extérieurs sont formés de débris rouges. La pointe terminale de Madagascar, le cap d'Ambre, est aussi un volcan, dominant les flots qui se partagent autour de ses coulées. En maintes parties, jaillissent des eaux thermales et des bouffées d'acide carbonique, mortelles aux insectes et aux bestioles. Les tremblements de terre sont assez fréquents.
Dans les montagnes on trouve des blocs de cristal d'une grande beauté et de dimensions extraordinaires, mais les pierres précieuses ne sont ni belles, ni variées : quelques améthistes, des aigues-marines et des opales.
Madagascar est assez riche en minéraux utiles; on y a trouvé du cuivre, de l'étain, du fer, du plomb argentifère et de l'argent. Le cuivre et le fer sont seuls exploités par les indigènes. En outre, il y aurait, dit-on, de l'or dans cer-
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taines montagnes de Tintérieur, et des pépites auraient été trouvées sur les bords de FYongh'lahé. L'exploitation de cette richesse minière a été récemment essayée par un de nos compatriotes.
Des mines de houille ont été signalées dans les environs de Bavatoubé.
Fleuves et rivières. — Bien exposée aux vents alizés de la Mer des Tndes, Madagascar est riche en eaux courantes, sauf vers l'extrémité méridionale. La plus grande quantité d'eau tombe sur le versant oriental de l'île, mais par suite de la rapidité des pentes et de l'étroitesse de la zone d'écoulement, il ne s'y forme guère que de^ torrents, n'ayant pas même une centaine de kilomètres de longueur. Un des plus abondants est le Tintingue ou Manompa, qui débouche en face de l'île Sainte-Marie. Le Manongora s'étale d'abord en marais, puis en un bassin lacustre, sans profondeur, l'Alaotra. Après avoir trouvé une brèche, il atteint la mer, non loin de Fénériffe.
Au sud de Tamatave et d'Andovoranto, la rivière Mangoro ou Onibé, qu'alimentent surtout les ruisseaux descendus du grand massif central, est le fleuve le plus abondant du versant oriental. La Matitanana ou Main Morte, rivière sainte qui naît plus au Sud, dans le pays des Betsileos, est moins considérable, mais son cours est plus accidenté : une de ses cascades, au sortir des montagnes, a 180 mètres de hauteur, et près de là jaillit une source thermale abondante.
« Si les rivières de Madagascar qui descendent vers l'océan Indien sont fermées à la navigation au-dessus de leur embouchure, leurs estuaires, ramifiés et rattachés les uns aux autres par des marigots latéraux, présentent, à l'intérieur, des voies navigables d'un grand développement : quelques coupures faites à travers les sables et les bancs de coraux permettraient à de petits bateaux à vapeur de naviguer, à l'abri de la houle, entre l'Ivondrona, près de Tamatave, et la bouche de la Matitatana, c'est-à-dire sur
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une longueur de plus de Zi85 kilomètres, en tenant compte de toutes les sinuosités du chenal. » (Élisée Reclus.)
Ces estuaires, où viennent se jeter cinquante petits cours d'eau, et qui communiquent avec l'Océan par un petit nombre de graus d'accès difficile, ressemblent à des lacs, et en maints endroits, se partagent en canaux tortueux qui en font un labyrinthe ^^^^^-^
Plus puissant que tous les autres cours d'eau de Madagascar, l'ikopa, réuni au Betsiboka, .apporte à la baie de Bombetok les eaux de la province de l'Imerina. Son cours développé n'a pas moins de 800 kilomètres.
Au Nord-Ouest de l'île, toutes les rivières de quelque importance se jettent en des golfes sinueux et ramifiés « qui présentent une ressemblance lointaine avec les fjords de la Scandinavie et que l'on peut comparer plus
Sur le versant occidental, tourné vers le canal de Mozambique, quelques fleuves ont un bassin considérable, dont les origines se trouvent dans les montagnes de l'Est. Au Sud, le Mangoki reçoit les eaux d'un territoire d'au moins 50.000 kilomètres carrés.
Plus au Nord, le Tsiribihi est alimenté par les ruisseaux qui descendent du plateau de l'Ankaratra et de toute la région des alentours.
seulement de quelques pi-
inextricable , s'asséchant parfois en été, et connu
lotes.
Fougère arborescente.
exactement aux découpures du littoral breton. » (Élisée Reclus.)
Des îles nombreuses, débris de la grande terre, sont parsemées au-devant des golfes et continuent les promontoires.
D'après M. Alfred Grandidier, la côte orientale, continuellement érodée par le courant, reculerait peu à peu, sauf à Tamatave et à Foulpointe, tandis que sur la côte occidentale, la terre tendrait à empiéter sans cesse sur les eaux marines par le travail des polypiers.
Avec l'altitude la végétation se modifie ; les espèces changent en même temps que la physionomie générale de la flore. Les roches granitiques de l'intérieur, les plaines des terrains secondaires, sont, sur de vastes espaces, dépourvus d'arbres, même d'arbrisseaux, tandis que, sur les plages humides de la côte orientale, on admire la magnificence des fourrés de plantes tropicales. « Mais les régions centrales de l'île possèdent aussi de belles et riches vallées où la terre végétale, apportée par les eaux courantes, s'est amassée sur une grande épaisseur et qui rendent au décuple la semence qu'y jette le cultivateur. » (Élisée Reclus.)
La constitution géologique de Madagascar se révèle, pour ainsi dire, par la distribution des forêts qui se sont disposées en une longue ceinture sur le pourtour de l'île, soit dans la région côtière, soit dans la zone des avantmonts. Quelques forêts, de diverses grandeurs, sont éparses dans le cercle forestier du pourtour. (A. Grandidier.)
Flore. — La flore de Madagascar offre un caractère original : parmi ses 2.500 plantes connues et classées, sur une flore probable de Zi.500 espèces, les unes rappellent les végétaux de l'Afrique, d'autres ceux de l'Amérique méridionale ou de l'Australie; mais leur physionomie se rapproche surtout de celle des plantes asiatiques. D'ailleurs c'est du côté tourné vers l'Asie, c'est-à-dire sur le littoral
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de TEst, que la végétation a le plus d'éclat et de variété; le versant du Sud et les pentes occidentales, au sol plus aride, n'ont pas la même richesse de flore: plus exposées aux vents desséchants de l'Afrique, les plantes y ont les feuilles plus dures et les racines plus épaisses.
Un des arbres les plus remarquables de la flore de . Madagascar est une espèce de baobab, signalée pour la première fois par M. Grandidier : sans être de dimensions aussi colossales que le baobab africain, il le dépasse par l'élégance et la majesté du port. Le tamarinier, très beau sur la côte occidentale, manque au versant opposé. Le cocotier prospère dans la région du littoral, mais, comme l'arbre à pain, il doit être d'origine exotique.
Les essences qui peuvent fournir, soit des matériaux de construction, soit du bois d'œuvre pour meubles, sont très nombreuses : teck, ébénier, bois de natte, palissandre et bois de rose. Madagascar possède aussi des espèces indigènes de palmiers, entre autres des palmiers à sagou, et le rafia, au tronc gros et trapu, aux palmes découpées en mille folioles, aux énormes grappes de fruit pesant jusqu'à 100 et 150 kilogrammes.
Il faut citer tout particulièrement le ravenala, si employé dans les constructions ; le tronc sert à la charpente, les pétioles et les grosses nervures fournissent les poutrelles, et les feuilles sont utilisées pour recouvrir le toit. La feuille du ravenala a encore un autre usage. Coupée en morceaux rectangulaires, elle sert de plats, d'assiettes, de verres et de cuillers. Pour manger, on prend à chaque main un de ces petits carrés; on les plie en leur donnant la forme d'un cornet, et, assis autour d'une feuille presque entière, où est déposé le riz ou tout autre mets, on remplit le cornet de la main gauche pour le recevoir ensuite dans celui de droite, qu'on porte à la bouche. Par ce moyen, la salive ne peut jamais toucher au plat.
Le pandanus vacoua, espèce de rafia, donne une fibre pour le tissage d'étofifes.
Parmi les plantes de sa flore endémique, Madagascar montre encore d'autres formes remarquables : l'ouvirandrona, espèce aquatique dont les feuilles sont découpées comme des pièces de tulle; le filao ou arbre à massue, aux énormes racines qui fixent les sables mouvants; la grande orchidée, entourant de sa verdure le tronc puissant des vieux arbres.
On trouve dans l'île presque tous les arbres à fruits intertropicaux : citronnier, oranger, limonier, pamplemousse, mandarinier, sapotier, avocatier, jacquier, mûrier, une grande variété de bananiers. Le mangoustan, espèce de vigne sauvage, y est assez abondant, ainsi que le ravensara, dont les feuilles donnent un condiment excellent, qui ressemble, lorsqu'il est cuit, en goût et en couleur, aux épinards de nos pays. A côté de ces fruits, presque tous délicieux, il y a aussi quelques plantes vénéneuses de l'espèce des strychnos, entre autres, le tanghin, qui jouait un si grand rôle dans la procédure criminelle.
Faune. — La faune malgache est non moins originale que la flore. Parmi les quadrumanes, le lémur est représenté par dix variétés de grosseur et de pelage. Certains naturalistes avaient désigné la grande île sous le nom de Lémuria. Le lémur ou make, à museau allongé, est un animal doux, inoffensif et facile à apprivoiser. Le plus petit, qui vit dans la feuille du bananier, est de la grosseur d'une souris; le plus gros, babakout, atteint i'",50. Tous ces animaux se distinguent par leurs mœurs d'écureuils, leur longue queue, leurs mains énormes, leurs cris déchirants qui ressemblent à des voix humaines, leurs sauts à la manière du kangouroo. Un d'entre eux peut faire des bonds de 10 mètres quand il est poursuivi par les chasseurs; grâce à sa membrane brachiale formant parachute, « il semble voler d'arbre en arbre. » L'aye-aye sommeille pendant la saison sèche et se construit un vrai nid; le catta vit au milieu des rochers.
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Une autre famille de mammifères, ressemblant aux hérissons, s'engourdit pendant l'été.
Un félin, inconnu ailleurs, le pintsala, et des civettes sont les seuls carnivores de Pile; enfin des rats, des souris et un sanglier à masque appartiennent aussi à la faune de Madagascar.
Quant aux bœufs, moutons à grosse queue, et chiens sauvages qu'on rencontre dans les forêts ou les savanes de l'île, ils proviennent d'animaux importés. « Les rats envahissants d'Europe ont aussi conquis Madagascar. » (Elisée Reclus.)
Plus de la moitié des espèces d'oiseaux de l'île ne se retrouvent pas ailleurs. Il y avait antérieurement un oiseau gigantesque, de la famille des autruches, l'œpyornis, connu des anciens, et dont ils avaient fait le griffon, qui saisissait les éléphants dans ses serres, et les transportait au sommet des montagnes. M. Grandidier a trouvé des œufs d'sepyornis d'une capacité de huit litres, et, par conséquent, six fois plus gros que ceux de l'autruche. Il a découvert également des ossements de l'oiseau, ainsi que les squelettes d'une grande tortue et d'une variété d'hippopotame.
On rencontre assez fréquemment une chauve-souris, noire et jaune, aussi grosse qu'une poule. Elle a* une envergure de près d'un mètre; elle s'accroche au tronc ou aux branches des arbres, et s'y suspend. Ses pattes et ses ailes sont armées d'ongles aigus et recourbés comme des crochets. Sa chair est aussi bonne que celle du lièvre.
Les reptiles sont peu dangereux; il y a beaucoup de couleuvres et une espèce boa de très grande taille, bon chasseur de rats.
Les crocodiles sont nombreux dans les rivières des deux côtes et paraissent constituer une espèce particulière. « Généralement invisible dans le jour, le crocodile se cache dans la vase ou les roseaux. Parfois, la nuit, il arrive jusque dans les villages, où il se fait assommer à coups de
bâtons. Il connaît parfaitement les rives où l'indigène a rtiabitude d'aller le soir se lavei^; il sait l'attendre en ces endroits, caché dans la vase, pour se précipiter plus sûrement sur sa proie, la saisir par une extrémité quelconque, la noyer, puis la cacher dans les roseaux, où il la dévore à son aise en plusieurs repas. » (Laillet.)
Deux espèces d'araignées sont fort redoutées des indigènes, et l'on va jusqu'à prétendre que leur morsure est mortelle.
Le monde des insectes et des animaux inférieurs est d'une grande variété, et, comme celui des mammifères, offre des espèces qui le rattachent à la faune de tous les autres continents, de l'Afrique à l'Australie et à l'Amérique du Sud.
Ethnographie. — « On n'a point trouvé d'armes ni d'instruments de pierre à Madagascar, ce qui justifie l'hypothèse d'après laquelle l'île serait restée inhabitée jusqu'à l'immigration de colons demi-civilisés. » (Élisée Reclus. 1 Comme il a déjà été dit dans le précis historique, la population humaine de la grande île a de multiples origines, dont la malayo-polynésienne a la prépondérance. Qu'ils soient d'origine nègre, arabe, indienne ou malaise, tous les Malgaches parlent la même langue, souple, poétique, harmonieuse comme celle de l'Insulinde et de la Polynésie. « Le malgache possède près de cent mots malais sur les cent-vingt termes les plus usuels » {Olivier Beauregard); le reste se compose de mots arabes. Les noms malgaches qui nous étonnent tant parleur longueur, sont, pour la plupart, très heureusement formés, et peignent d'un trait, soit l'aspect des lieux, soit les titres et qualités de l'individu désigné.
(( Il y a deux siècles et demi, lors de l'arrivée des colons français, la population de Madagascar se composait de tribus indépendantes, sans cohésion les unes avec les autres, et sans communauté de civilisation, si ce n'est pour la langue : l'ancienne unité de race ou de nation.
qui avait donné une même parole aux habitants, n'existait plus. » (Élisée Reclus.)
Dans l'ensemble, Madagascar offre un mélange de populations diverses, dans lesquelles les types ne se sont nulle part conservés à l'état pur. Toutefois, la nation devenue la plus puissante aujourd'hui, celle des Hovas, paraît avoir conservé, du moins dans ses castes supérieures, le type original malais (1).
Les Sakalaves qui, au siècle dernier, avaient la prépondérance militaire, ont un type se rapprochant de celui du nègre; leur chevelure est ondulée, mais non laineuse ; leur nez est large et plat, leur bouche lippue. La lèpre, si connue chez les Hovas, est très rare chez eux. Les plus purs de race sont ceux de l'intérieur, qu'on appelle Machicores ; en beaucoup d'endroits, ils sont croisés d'Arabes.
Les Betsileos dépassent tous les autres Malgaches par la hauteur moyenne delà taille (1 m. 83); chez eux l'élément noir paraît l'emporter de beaucoup sur le type malais. Les Rares ressemblent plus aux Sakalaves qu'aux Betsileos. Quant aux Antoïmoro, riverains de la mer orientale, ils prétendent être descendus d'Arabes de la Mecque, bien que le métissage soit de toute évidence chez eux ; ils montrent, en témoignage de leur origine, d'anciens manuscrits écrits en caractères arabes. Dans toute la partie Sud-orientale de Madagascar, l'influence arabe paraît avoir été considérable. Les « blancs » ou Zafe Rahimina, dont parle Fiacourt, étaient des Arabes ou des Hindous, convertis à l'Islam.
Enfin, les Antankares qui peuplent l'extrémité septentrionale de Madagascar, se distinguent de tous les autres Malgaches parleur aspect de Cafres, leurs cheveux laineux,
1. Les géographes ne sont' pas d'accord sur le chiffre de la population totale de Madagascar; MM. A. Grandidier et Froberville, en l'évaluant à 1 million 500,000 âmes environ, paraissent se rapprocher le plus de la vérité.
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leurs lèvres épaisses : « Ce sont ceux des Malgaches qui ont le plus subi l'influence de l'Islam ».
Les Kimos (nains) signalés par de Maudave, et la tribu des cannibales dont parle Flacourt, doivent être considérés comme n'ayant jamais existé qu'à l'état de légende.
Moeurs. — Par suite de leur contact plus prolongé avec les Européens, et surtout par l'influence des missionnaires anglais, les Hovas ont apporté de grandes et nombreuses modifications dans leurs mœurs et coutumes. « De même que les Japonais, les Hovas se sont lancés avec une sorte de furie dans l'initiative de la culture européenne. Costumes, parures, meubles, demeures, cérémonies, parades militaires, formules de langage, jusqu'aux religions, ils ont tout adopté des étrangers, français ou anglais, qui les visitent, et, de proche en proche, l'œuvre d'européanisation se propage autour de la capitale vers les extrémités du royaume. Le mouvement s'était même continué pendant la période du bannissement de tous les étrangers, et ceux d'entre eux qui avaient été expulsés de Tananarive, et qui s'y établirent de nouveau après la guerre, furent surpris d'y trouver un grand accroissement dans le nombre des maisons d'architecture européenne. » (Elisée Reclus.)
Sous l'influence européenne, les écoles se sont multipliées dans les villes et les villages; la langue hova est aujourd'hui fixée par l'écriture en caractères latins; elle est devenue un « idiome littéraire » et possède des livres et des journaux.
Le christianisme, représenté par cinq « églises », le catholicisme et quatre cultes protestants, est religion d'État depuis 1869, et la reine est le « chef de l'assemblée des croyants. » Madagascar a ses sociétés savantes.
Dans les autres parties de l'île, se sont maintenues, plus ou moins, les mœurs primitives, les anciennes coutumes. Les Malgaches qui n'ont pas adopté tout ou partie du costume européen ou la longue robe importée par les mis-
sionnaires, ont toujours, pour unique vêtement, le lamba, sorte de pagne, fait généralement de bandes d'écorce battues au marteau.
Les indigènes de nombreuses tribus se tatouent la figure ou s'y taillent des cicatrices; ils peignent leur chevelure et Tenduisent d'argile. Les Bares en font une grosse boule jaunâtre au moyen de cire et de graisse.
De même que les Indonésiens, les Malgaches se saluent en se flairant mutuellement.
Les demeures des indigènes non civilisés ne sont que des huttes, le plus souvent de feuilles de ravenala.
Enfin, il est des peuplades dont les guerriers ne possèdent pas encore d'armes à feu et qui se servent de lances, de flèches, et même de « sarbacanes. » (Elisée Reclus.)
La pratique de la circoncision est générale chez toutes les peuplades non devenues chrétiennes. Elle donne lieu à de grandes fêtes dont Flacourt nous a laissé une intéressante relation.
En général, les enfants malgaches jouissent d'une grande liberté, et leurs parents les poussent, plus qu'ils ne les retiennent, dans la voie de la débauche. Jeunes gens et jeunes filles forment volontiers des unions temporaires, et ils se prennent à l'essai avant de décider la conclusion d'un mariage.
Chez les Sakalaves, le nouvel époux et son épouse mangent au même plat, puis ils trempent le doigt dans un vase qui contient le sang d'un bœuf rouge égorgé en leur honneur, et en marquent les invités à la poitrine.
Les unions sakalaves sont, en général, très respectées, et les « remerciements » (divorces), sont rares. Chez les Mahafali, au contraire, la femme est toujours considérée comme un être inférieur, tenue à tous les devoirs envers l'homme, et ne jouissant d'aucun droit. Elle n'a pas même la permission de manger avec lui, ni d'assister à son repas; quand elle meurt, on ne porte pas son cadavre dans le lieu sacré réservé à l'époux. Chez les Sihanaka, la veuve a
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à subir de véritables tortures. « Vêtue de son plus riche lamba, et portant ses plus beaux atours, elle attend dans — — — , la case mortuaire
Case de chef à Tamatave.
lui jettent un pot cassé, un lambeau d'étoffe salie, et la chargent de malédictions comme la cause du malheur. Toute parole lui est interdite ; tout le monde peut la
frapper et ce deuil dure des mois, parfois même une année ; il se termine par un divorce en règle, que prononcent les parents du mort pour la séparer des restes de son ancien époux. » (Sibree.)
Les ordalies ou épreuves judiciaires, qui se sont maintenues dans les provinces insoumises de Madagascar, n'ont jamais été aussi terribles que, naguère, chez les Hovas. C'est par milliers que Ton en comptait chaque année les victimes. L'épreuve la plus commune est celle de forcer les accusés à plonger la main dans l'eau bouillante; d'autres fois, on place un morceau de fer rouge sur la langue du prévenu, ou on lui fait boire le poison préparé avec les fruits du tanghin, ou encore, on l'oblige à traverser à la nage une rivière infestée de crocodiles.
La superstition est un des principaux caractères des peuples malgaches. Tel lieu est néfaste, et on l'évite avec soin ; telle date est dangereuse, et l'on interrompt alors tout travail, on se garde de toute entreprise ; nul n'aurait l'audace de se lancer dans une aventure sans avoir consulté, par l'entremise des sorciers, le jeu de hasard dit sihili, que M. Grandidier croit avoir été apporté d'Arabie par des juifs persécutés.
« Le sort est le jour du mois», dit un proverbe malgache. Il est de ces jours terribles où les nouveau-nés, chez les Antanossi et les Antanala, sont livrés aux crocodiles ou enterrés vivants. « Chez les Sakalaves Yezo, les familles s'entendent pour sauver les enfants, tout en observant la coutume : on les porte dans la forêt, mais à peine les a-t-on déposés, qu'un parent vient sauver la victime ». (A. Walen.)
On a souvent recours aux sacrifices pour se rendre les esprits favorables. Tous les phénomènes de la nature sont personnifiés par des esprits, partagés en bons et mauvais. Pensant n'avoir rien à craindre des bons, les Malgaches s'attachent surtout à apaiser les mauvais. Les sacrifices et les invocations chantées sont les moyens généralement employés.
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Pour prouver jusqu'à quel point va la croyance aux esprits chez les Malgaches, Drury raconte que, croyant obéir à Tordre d'un esprit qui lui était apparu pendant son sommeil, un indigène se fit tirer un coup de fusil par son propre frère.
Naturellement, les amulettes, les charmes, les préservatifs contre tous les maux, jouissent d'un grand crédit, et les ombiaches (augures ou devins) sont très influents.
Les liens de famille et d'amitié sont très respectés des Malgaches. Le serment du sang est une des coutumes les plus remarquables et les plus bienfaisantes chez ces peuples, peu scrupuleux sur la violation de la foi jurée. Grâce à cette coutume, la plupart des voyageurs européens ont pu s'acquérir ainsi plusieurs « frères » qui leur ont facilité l'exploration du pays.
Le commandant Guillain raconte ainsi la cérémonie du serment du sang qui eut lieu entre un chef malgache et lui : « Un vase contenant de l'eau ayant été apporté, l'officiant y plongea la pointe d'une sagaie, dont Rabouki et moi, nous tînmes la hampe à pleines mains ; puis un autre individu jeta alternativement dans le vase, de la monnaie d'argent, de la poudre, des pierres à fusil, des balles, plusieurs petits morceaux de bois, et quelques pincées de terre prises aux quatre points cardinaux. En même temps celui qui dirigeait la cérémonie, accroupi auprès du vase, frappait à petits coups avec un couteau, la hampe de la sagaie, rappelant le sens attaché à chacun des objets ci-dessus mentionnés, ainsi mis en commun. Quand tous ces objets eurent été mis dans le vase, le même individu prononça, selon la formule sacramentelle, les plus terribles imprécations contre celui des deux contractants qui enfreindrait les obligations du serment. Alors Rabouki prit le couteau des mains de cet homme, se fit une légère incision à l'épigastre, et en exprima quelques gouttes de sang, qu'il mêla à une cuillerée de l'eau consacrée. J'en fis autant de mon côté;
après quoi chacun de nous, échangeant avec l'autre, la liqueur ainsi préparée, la but et s'inocula, par là, le sang de son nouveau frère. »
Les liens, ainsi formés, sont, pour les Malgaches, aussi sacrés, et souvent plus respectés que ceux de la fraternité de naissance. Deux frères de sang doivent partager leur fortune, se soutenir dans le danger, mettre en commun tous les biens et tous les maux de la vie, se prêter assistance en temps de guerre, quand même ils appartiendraient à des tribus ennemies. Dans ce dernier cas, ils doivent, non seulement éviter de se faire du mal, mais encore, si l'un des deux tombe entre les mains du parti ennemi, l'autre est obligé de le préserver de la fureur de ses compagnons qui s'abstiennent ordinairement d'attenter aux jours du prisonnier, dès qu'ils connaissent le lien qui l'unit à son protecteur. Par cette coutume, deux hommes deviennent l'un pour l'autre, suivant les naturels « comme le riz et l'eau » c'est-à-dire « inséparables ». Le riz se sème dans l'eau, croît dans l'eau, se cuit dans l'eau.
Comme tous les peuples indolents et sensuels, les Malgaches aiment passionnément la musique. Le soir, dans les villages, on les voit s'assembler pour écouter les chansons que l'un d'entre eux improvise sur une mélodie connue ; ils répètent en chœur le refrain, ou l'accompagnent, en frappant dans leurs mains, pour marquer le rythme. Les paroles de ces chansons se composent en général de phrases courtes et n'ayant guère de liaison entre elles.
On retrouve à Madagascar, sous le nom de sékastes, nos anciens ménestrels ou troubadours. Habillés comme les femmes, s'épilant la barbe, affectant les allures efféminées; ils vont de village en village, et chantent leurs compositions devant les chefs qui, en retour, leur font des cadeaux. M. Baker a publié dans VAsiatïc Journal, des fragments de ces poésies malgaches.
Les instruments de musique des indigènes sont très imparfaits ; leur son est faible et désagréable . Le plus commun,
marouvané, est fait avec un bambou gros comme le bras ; au moyen d'un couteau, on détache, dans Técorce filandreuse, des filets qui, soutenus par de petits chevalets, forment les cordes. C'est l'instrument de prédilection des Malgaches.
Les planteurs de l'île Maurice av^aient formellement interdit son usage à leurs travailleurs; trop souvent, après l'avoir entendu, les esclaves malgaches, sous l'influence d'une nostalgie irrésistible s'enfuyaient ou même se suicidaient.
Aujourd'hui, dans les villes ho vas, il y a des corps c(e musique à l'européenne.
Parmi les coutumes bizarres de certaines tribus malgaches, il faut encore citer celle qui fait enterrer avec les morts une partie de leur argent. Les héritiers empruntaient même, à des intérêts exorbitants, une certaine somme en piastres lorsqu'ils n'en avaient pas trouvé chez le défunt. Une loi hova a dû interdire la réclamation des sommes prêtées dans ces conditions.
Moyens de transport. — La difficulté des communications est très grande dans l'intérieur de Madagascar. Malgré des relations, déjà relativement anciennes, entre certains ports et Tananarive, il n'existe que de mauvais sentiers. Ce fut longtemps un des principes de la politique hova de maintenir entre la capitale et l'étranger, la barrière infranchissable des forêts et des marécages. « Mhs. deux meilleurs généraux, disait Radama P"", sont : Hazo et Tazo, « Forêt et Fièvre ».
Des demandes de concession de chemins de fer ont été
Océan Indien. ]9
Porteuse d'eau.
faites et, ainsi qu'il a déjà été dit, une ligne télégrapliique a été ouverte, le 15 septembre 1887, de Tamatave à Tananarive.
Toutefois il s'écoulera encore un temps assez long avant que des voies de communication faciles et sûres soient établies dans la grande île. L'opposition du gouvernement hova, l'insouciance et la paresse des autres tribus malgaches, le coût excessif des travaux dans des contrées accidentées et presque désertes, sont des obstacles dont on aura raison que très difficilement.
Lamellicorne.
Administration.
Résident général de la République française. — Gouvernement hova. — Le code hova. — L'armée hova. — Organisation des tribus. — Villes principales.
RÉSIDENT GÉNi^RAL DE FRANCE. — Par le traité conclu, le 17 décembre 1885 avec la reine de Madagascar, le gouvernement de la République française représente Madagascar dans toutes ses relations extérieures, sans pouvoir s'immiscer dans Tadministration intérieure. Toutefois, le gouvernement hova doit tenir compte des indications qui lui seraient fournies relativement aux Sakalaves et aux Antankares, nos anciens protégés. Ces droits du gouvernement français sont exercés à la cour même de Tananarive, par un résident général, M. Le Myre de Vilers, ayant sous ses ordres un certain nombre de résidents ou vice-résidents, notamment à Tamatave et à Majunga. Les attributions du résident général sont nettement déterminées par le traité, et on a vu avec quel tact et quelle habileté, sans parler de
l'énergie, ces fonctions délicates ont été remplies par leur titulaire actuel.
Gouvernement hova. — Le gouvernement hova, par suite des circonstances exposées plus haut, est entré, depuis le commencement du siècle, dans une voie qui le rapproche de plus en plus de la forme de certains gouvernements européens. La dernière transformation date de Tannée 1881. La reine, le 29 mars 1881, a édicté le premier code écrit de lois et règlements qui ait paru en pays malgache. Nous donnons in exteyiso la proclamation de la reine, qui fait bien connaître l'organisation de son gouvernement ^ :
« Moi, Ranavalo Manjaka, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, reine de Madagascar et défenseur des lois de mon pays, etc., etc.
« Voilà, ô mon peuple! ce que je dis. Le jour que je vous ai appelé est arrivé, et vous voilà assemblés devant moi. Vous n'avez pas discuté le jour assigné par moi, Ranavalo Manjaka. Vous êtes en grand nombre et il ne se trouve parmi vous aucun dissident. Je vous appelle le jour, et vous venez. Je vous appelle la nuit, et vous accourez pour obéir à moi, Ranavalo Manjaka. Je vous exprime ma satisfaction, ô mon peuple! car vous me tenez lieu de père et de mère. Dieu vous protège, ô mon peuple!
« Voilà, ô mon peuple ! ce que je vous dis. Dieu m'a désignée, moi, pour être la souveraine de ce pays et de ce royaume, avec un pouvoir sans limites et une souveraineté qui doit s'exercer sans faiblesse, car la terre et le royaume sont à moi, et j'ai toujours cherché à faire le bonheur et le bien de mon peuple, ainsi qu'à assurer sa sécurité.
« N'est-ce pas, ô mon peuple !
« Et ce n'est pas moi seule, c'est aussi mon ancêtre, Andrianampouinimérina, qui, après la paix, a divisé Imerina en six sections pour mieux partager les charges du gouvernement et faciliter la surveillance du peuple ; c'est alors qu'il a mis des officiers militaires dans chaque section pour qu'ils lui rendent compte des besoins du peuple, et que le peuple obéisse aux ordres de son gouvernement.
1. L. Jore, Bulletin de la Société des Études coloniales et maritimes. 1882.
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En ce temps-là, chacun obéissait aux paroles d'Andrianampouinimérina.
« Et plus tard, Lehidama a continué et a nommé des officiers civils, divisé le peuple par classes de cent et de mille, afin de mieux pondérer les affaires de chaque tribu. Et puis il a créé des soldats, il a placé des officiers sur la côte, comme moyen de défense du pays et du royaume, et, pour que le peuple soit assuré de la sécurité de ses biens et ainsi accomplir la parole de son père : La mer sera la limite de mon royaume,
« Et plus tard encore Rabodonandrianampouinimerina appuyait et soutenait ce qui avait été fait.
« Et puis Rasoherimanjaka faisait encore ce qu'il fallait pour augmenter cela.
« Et maintenant c'est à mon tour, à moi, Ranavalo Manjaka. Quand je suis montée sur le trône, je me suis présentée devant vous, ô mon peuple! et je vous ai dit : Mon royaume s'appuie sur Dieu !
« Mais, puisque mon royaume s'appuie sur Dieu, mon cœur et mon âme ont désiré faire tout ce qui serait pour le bien de ce royaume, enrichir la terre, donner la sécurité aux biens du peuple et aussi faire en sorte que le riche et le pauvre conservent ce qui leur appartient.
« N'est-ce pas, ô mon peuple !
« Alors j'ai réfléchi au moyen d'accomplir ce désir, et j'ai divisé les affaires de façon que chacun en ait sa part, car l'ordre est la base de l'organisation des affaires de l'État. Et puisque la civilisation et l'instruction font des progrès, il est nécessaire que les affaires du royaume soient organisées, car si ceux chargés des affaires du royaume ne sont pas régulièrement classés, les affaires de l'État seront en désordre et ne marcheront pas selon le bien.
ff N'est-ce pas, ô mon peuple !
« Avant que le peuple ait vu fonctionner l'établissement des ministres, il est possible que quelques-uns doutent de la réussite de cette organisation; mais il est à supposer qu'il ne peut y avoir qu'avantage à cette création, car toutes les affaires qui se produiront seront examinées sans perte de temps par le ministre auquel le soin en reviendra. Et, lorsque l'organisation du gouvernement sera complétée en cette matière, ce sera au plus grand profit des intérêts et de l'avancement du peuple, et le gouvernement continuera sensiblement à se perfectionner comme toute nation, défendue par ses soldats forts et capables, et ayant
une administration dont la base est une loi sage, de manière à être respectée par les étrangers et aimée par ses propres sujets.
« Et voilà, ô mon peuple! ce que je vous dis : c'est pour votre prospérité, ô mon peuple! que j'ai entrepris cette organisation de mes ministres; et, s'il y en a parmi eux qui ne remplissent pas leur devoir envers vous, qui fassent du favoritisme, qui soient pusillanimes, qui obéissent à la passion et surtout qui se livrent à la vénalité, en acceptant de l'argent ou tout autre cadeau, pour rendre la justice à qui elle est due, au lieu de donner tort à celui qui aurait tort et raison à celui qui aurait raison, selon mes lois et décrets ; s'il y en a qui fassent cela, adressez-vous à moi ou à Rainilaiarivony, premier ministre et commandant en chef, pour que l'affaire soit jugée ; et si vos plaintes sont fondées, les coupables seront punis suivant les lois, puisqu'ils auront violé la parole qu'ils m'ont donnée.
« N'est-ce pas, ô mon peuple !
«Et je vous dis, ô mon peuple! que Rainilaiarivony, premier ministre et commandant en chef, est le premier de tous, car je lui ai donné le pouvoir au-dessus de tous afin qu'il choisisse les ministres, leur fasse accomplir leur devoir et les oblige à résigner leurs fonctions s'ils n'observaient pas les prescriptions de mes lois.
« N'est-ce pas, ô mon peuple !
« Maintenant, on va vous lire les lois de mon royaume et les noms de mes ministres pour vous renseigner, ô mon peuple ! »
Après cette proclamation, on lut au peuple la liste des huit ministères créés, ainsi que les noms des titulaires et les attributions.
I. Ministère de Pinlérieur, — Direction de la police; état civil; police forestière; entretien des routes; correspondance entre la reine et le peuple; police politique; surveillance et entretien des prisons; recouvrement des impôts; poids et mesures; lois sur l'usure; ventes des terres; santé publique.
n. Ministère des affaires étrangères, — Communications avec les étrangers ; traités avec les nations étrangères. (Le
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véritable ministre des affaires étrangères doit être aujourd'hui le résident général de la République française.)
III. Ministère de la guerre. — Organisation de l'armée; promotions dans l'armée; récompenses aux officiers, sousofficiers et soldats; levée des hommes; convocations en cas de guerre ; renvoi des officiers et soldats en garnison ; instruction militaire. .
IV. Ministère de la justice, — Étude du droit; rendre la justice; veiller à ce que les procès soient rapidement terminés et que les lois soient appliquées sans de longs délais pouvant causer préjudice aux parties.
V. Ministère de la proclamation des lois, — Proclamation des lois; confection des lois.
VII. Ministère de Vindustrie, du commerce et de Vagri culture, — Amélioration de l'agriculture et concours annuels de produits; élevage; culture des terres en friche: commerce intérieur et extérieur; inventions et industries relatives au travail des fers et métaux, du charpentage et de la maçonnerie.
VII. Ministère du Trésor public. — Recevoir, garder et verser l'argent du Trésor public.
VIII. Ministère de V instruction publique, — Organisation des écoles et développement de l'instruction publique; inspection des écoles sans exception.
En outre des ministères, il fut créé un conseil d'État, composé des ministres et de tous les officiers du gouvernement.
Le Code hova. — Le Code hova, promulgué dans le même kabar, comprend 305 articles et 31 chapitres qui se suivent dans l'ordre suivant : i"* les douze grands crimes punis de mort; 1^ les meurtres; 3^ les crimes passibles de dix ans de fer et aa-dessus; Ix^ les vols; b"" esclavage; 6« mariage;
7° avortement ; S'^ lèpre et variole; 9*^ boucherie; 10^ poids et mesures; 11^ méridien; iT grande et petite voirie; 130 vente et baux de terrains; 14° baux de maisons; 150 forêts; 16° le peuple libre; 17^ propriété; 18^ les condamnés; 19° les perturbateurs; 20^ diverses lois; 21° l'argent; 22® police; 23*" les médicaments; 2/i^ les ministres; 25° les juges; 26° les procès; 27° les écoles; 28° entrée des enfants aux écoles; 29° examens; 30° les instituteurs; 31° lois concernant le rhum.
Les douze grands crimes emportant la peine capitale et la confiscation des biens, sans distinction de sexe, visent principalement la rébellion. Excitation du peuple à la révolte; provoquer la rébellion; calomnier le gouvernement avec intention de provoquer la révolte; fabrication de poignards devant servir à la révolte, etc., sont des crimes passibles de la peine capitale. La loi hova n'indique pas le genre de supplice qui sera infligé aux coupables.
La femme et les enfants d'un rebelle, ayant eu connaissance du crime de leur époux ou de leur père, à défaut de dénonciation faite par eux, seront condamnés aux fers à perpétuité.
Toutes personnes ayant eu connaissance des actes d'un rebelle, à défaut de dénonciation de leur part, seront condamnées aux fers à perpétuité.
L'intention de donner la mort avec une arme de guerre, alors même que le coup ne causerait pas la mort, est punie de la peine capitale. Sont punies de la même peine toutes personnes soudoyées pour commettre un meurtre, et celles qui soudoieraient.
Toute personne qui manquerait de respect à la reine subira une amende de 20 piastres et payera 30 piastres à la reine ; à défaut de payement, elle sera condamnée à cinq ans de fers.
L'entrée et la sortie d'esclaves entraînent les fers à perpétuité; quiconque fouillerait l'or, l'argent, les diamants, ou frapperait monnaie, subirait une condamnation à vingt
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ans de fers. La même peine est appliquée à ceux qui fouilleraient les minerais d'or, d'argent, de cuivre, de fer, de plomb, des pierres précieuses, des diamants, du charbon de terre, etc., aussi bien sur les terres prises à bail que sur celles qui ne le sont pas.
Sont punis de dix ans de fers : la fabrication des poi-
Palais du premier ministre Raioilaiarivony.
sons, le rapt d'une personne, la contrefaçon des sceaux, le vol commis dans l'enceinte du palais royal, la contrefaçon de signature, l'incendie volontaire, la violation de tombeaux, le vol avec effraction, la réunion de nuit ayant pour objet de troubler la paix publique, la provision de poudre sans autorisation de la reine ou du premier ministre.
Les amendes pour menus vols sont, en cas de non-payement, remplacées par les fers, à raison de 12 1/2 centièmes par jour, jusqu'à concurrence de la somme due.
Un propriétaire de bœufs qui ne signalerait pas un vol dont il aurait été victime, serait condamné à l'amende applicable au voleur.
Tout vol de cannes à sucre, manioc, patates, cambarres, maïs, haricots, pistaches, melons, bananes, citrons, raisins, mangues, bibasses, légumes et autres, soit dans les champs, soit dans la ville, sera puni de huit jours de prison, et la valeur du vol payée à celui qui aura été volé. Le vol ne sera qualifié qiCaularit que le voleur aurait emporté les objets volés ; mais, s'il s'est contenté de manger sur les lieux j, il sera considéré comme innocent ou non coupable.
Le second alinéa est presque logique dans un pays où l'hospitalité la plus large est une loi naturelle que chacun observe.
Onze articles de loi régissent l'esclavage; s'ils ne le détruisent pas complètement, ils tendent au moins à le restreindre le plus possible, et il faut tenir compte au législateur hova, de sa bonne volonté. (lore.)
La bigamie est défendue dans le royaume, mais quiconque aurait plusieurs femmes ne subit qu'une amende de 10 bœufs et de 10 piastres.
Le divorce est interdit ; cependant, en cas de faits graves, l'époux qui demanderait le divorce, pourra porter plainte à l'autorité. Les époux qui se sépareraient sans en donner avis à l'autorité, seraient passibles d'une amende.
La législation sur les baux et ventes de terrains ou maisons^ a surtout pour but d'empêcher les blancs étrangers de posséder des terres à Madagascar.
La peine des fers est un véritable supplice. « On entoure le cou du condamné d'un énorme collier de fer, auquel est attachée une barre, également en fer, qui descend verticalement par devant le corps, jusqu'à mi-cuisse, où elle rejoint deux autres barres, rivées à deux anneaux cerclant les chevilles. Ces barres sont souvent trop courtes; elles empêchent le condamné de se tenir droit. Le poids de chacune d'elles est d'environ 20 kilogrammes. Deux, quatre,
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six et huit de ces malheureux, appartenant au même district, sont liés ensemble par leur collier, à soixante centimètres de distance Tun de Tautre. Si l'un d'eux vient à succomber, on lui coupe la tête et le pied, pour le débarrasser de ses fers, et ses compagnons survivants porteront jusqu'à la fin le sinistre attirail du défunt. Quand ils tombent malades, si quelque main charitable ne vient pas soulager leurs maux, ils n'ont qu'à attendre la mort.
« Comme le gouvernement ne fournit à ces malheureux aucune nourriture, s'ils ne veulent pas mourir de faim, ils sont obligés de travailler pour gagner leur misérable subsistance ; car la prison n'est pour eux qu'un dortoir, où on ne les enferme qu'à la nuit ; durant la journée, on les emploie, sous la conduite d'un surveillant, à diverses occupations : à entretenir les routes, à porter du bois, etc. Or la posture dans laquelle ils sont courbés les rend bientôt incapables de tout travail, et, déjà épuisés par la souffrance et l'insomnie, ils meurent d'inanition. ))(Le ChartieretPellerin.)
La corvée royale est certainement l'impôt le plus lourd qui pèse sur le peuple hova, et le travail qu'elle produit n'a pas été jusqu'ici d'une réelle utilité. Le palais de la reine et celui du premier ministre à Tananarive ont coûté, à la population hova, beaucoup de mal et de fatigues ; la pierre et la chaux ont été portées, à dos d'homme, depuis des points éloignés d'une trentaine de lieues. Ceux qui essayeraient de se soustraire à la corvée royale seraient rigoureusement punis.
Cette corvée se complète par le hatina, offrande d'une pièce d'argent à la reine en signe de parfaite soumission à son autorité royale; cette contribution est payée le premier jour de l'an malgache (1) ou l'anniversaire du couronnement du souverain.
(1) Ce jour, qui correspond au 22 novembre, est également celui de la fête dite « du Bain )) où la reine asperge les assistants avec l'eau dans laquelle elle vient de se baigner. Cette cérémonie donne lieu à de grandes réjouissances.
L'armée Hova. — Une loi du 25 mars 1879 a réorganisé l'armée hova. Elle a imposé le service militaire à tout homme libre et valide, âgé de dix-huit ans accomplis, et pour une durée de cinq ans. L'effectif actuel de l'armée active peut être évalué à 30,000 hommes, y compris les contingents recrutés dans les pays conquis.
Le service des vivres n'existe pas. Avant d'entrer en campagne, chaque soldat emporte avec lui la provision de vivres qu'il juge nécessaire à son alimentation. Ceux qui ont des esclaves les chargent de leur en procurer.
L'instruction des officiers laisse à désirer, et, en somme, l'armée hova est plutôt une réserve, exercée pendant deux ou trois mois de l'année, pouvant rendre de bons services derrière des retranchements solides, mais incapable de tenir la campagne contre une troupe européenne, même peu nombreuse.
Organisation des tribus. — Nous ne pouvons qu'indiquer sommairement les principaux traits de l'organisation des Hovas. Le livre de MM. H. Le Chartier et G. Pellerin entre dans beaucoup de détails; nous y renvoyons donc les personnes désireuses de connaître' plus particulièrement ce peuple qui, il y a un siècle, n'était qu'une agglomération de tribus sauvages, comme celles qu'on trouve encore dans le reste de la grande île.
Ces dernières tribus ont conservé, presque intactes, leurs anciennes coutumes, qui se ressentent de la diversité des origines. Comme en Polynésie, chaque groupe a un chef dont le pouvoir est généralement héréditaire. Ce pouvoir est très respecté, grâce au fady (le tabou de l'Océanie), qui n'a pas besoin d'être gardé; la terreur superstitieuse des indigènes le rend sacré.
Villes principales. — Tananarive ou Antananarivo, capitale du royaume Hova, est perchée, comme un nid d'aigle, au sommet de la montagne d'Analamanga ; elle acquit son maximum d'extension sous Radama P"*, qui y fit exécuter des travaux gigantesques et notamment, le nivel-
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ement d'une partie de la montagne pour y asseoir un faubourg.
En langue malgache, Ant' ananarivo signifie : « Ici les mille villages. » C'est, en effet, un composé d'un grand nombre de villages et hameaux réunis : comme les capitales de l'Europe, celle de Madagascar englobe de décade en décade les localités dans ses faubourgs grandissants.
En 1820, elle avait de dix à douze mille habitants; vingt ans aprèS; la population avait doublé.
La crête même de la montagne porte le palais royal et s'avance en un promontoire qui est la « roche tarpéienne » de Tananarive : c'est de là qu'étaient précipités ceux qu'avait frappés la colère du souverain.
Les demeures se sont groupées sur une seule des déclivités, les pentes de l'autre étant trop rapides; elles sont toutes bâties sur de petites terrasses nivelées, disposées en forme de degrés. Une seule rue, très
accidentée, traverse la ville; les autres voies de communication qui la sillonnent en tous sens, ne sont que des sentiers tortueux, bordés de ravines et de précipices, le plus souvent impraticables.
« Quoi qu'il en soit, le voyageur qui, jusque là, n'a eu l'occasion de ne voir, à Madagascar, que les misérables cases des Salakaves et des Betsimsaracs, éprouve, en arrivant à Tananarive, une singulière impression de surprise. Il est tout étonné du faux air de civilisation qui distingue la capitale. » (Le Chartier et Pellerin.)
Malgache puni des fers.
La capitale possède quelques édifices d'un style vraiment architectural, parmi lesquels il faut mettre en première ligne, le palais de la reine et celui du premier ministre. Il y a, en outre, quatre églises catholiques, dont celle de rimmaculée-Conception, plusieurs temples protestants, et le palais de la résidence française .
La place d'Andohalo, où se tiennent les kabars et les foires, occupe à peu près le centre de la ville : c'est sur cette place que s'élève le palais de la résidence française.
Dans les rues et ruelles de Tananarive, on circule généralement à pied. De temps en temps on rencontre des Européens ou des Hovas des deux sexes des classes nobles, portés en filanzane et plus rarement encore un missionnaire français ou anglais, ou un Hova riche suivant les rues à cheval.
A une vingtaine de kilomètres se trouve la ville d'Ambohimanga, l'une des « douze cités sacrées » et la plus sainte de toutes. Elle est bâtie sur une roche isolée, au pied» de laquelle sourdent des eaux thermales fréquentées. Chaque année, la cour y établit sa résidence pour une courte période, pendant laquelle les affaires de l'État restent suspendues ; le temps est consacré aux fêtes, aux sacrifices, aux invocations.
Une route carrossable de 32 kilomètres conduit de Tananarive à Mantasoa, où Laborde avait fondé un groupe d'établissements industriels. Un vaste jardin d'acclimatation entourait les usines.
La statistique et les opérations de recensement sont choses inconnues jusqu'ici chez les indigènes de Madagascar ; on ne peut donc indiquer exactement lé chiffre de la population de Tananarive ; les missionnaires, se basant sur le nombre des maisons et le chiffre moyen d'habitants par maison, l'évaluent à environ 150,000. Le travail fait, sur l'ordre du Résident général, par les officiers de son escorte apportera des données précises à cet égard.
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La pierre de taille employée pour les façades des monuments, les soubassements d'un grand nombre de maisons et les colonnes qui supportent les vérandas des maisons confortables habitées par les Européens, est un granit blanchâtre, facile à travailler et durcissant à l'air. La principale matière employée pour la construction est toutefois la brique séchée ou cuite. De grandes améliorations devront être apportées dans sa fabrication, ainsi que dans celle des tuiles qui laissent beaucoup à désirer; ces dernières se substitueraient alors partout à la couverture en chaume qui est encore très employée. (Lieutenant-colonel Rocard).
Une autre ville des plateaux malgaches porte le nom de « capitale ». C'est Fianazantsoa, chef-lieu des Betsileos, située à près de 300 kilomètres en ligne droite, au sud de Tananarive, à 1300 mètres d'altitude, sur une haute colline du versant occidental de l'île et dans la région où naissent les premiers affluents du fleuve Mangoki : par le rang, sinon par le nombre des habitants, elle est la « deuxième ville du royaume ». Les missionnaires anglais l'ont choisie pour centre de propagande dans les provinces méridionales de Madagascar.
Tamatave est le chef-lieu maritime de l'île de Madagascar. Autrefois un petit village de pêcheurs, c'est aujourd'hui le principal marché de la côte orientale, le plus fréquenté et le plus connu des Européens, parce qu'il est le point de départ de la route conduisant à Tananarive. Sa rade spacieuse est sûre. Les Hovas y ont une forteresse qui peut contenir 2.000 à 3.000 hommes.
Bâtie sur le sable, Tamatave se partage en deux villes, la ville blanche et la ville malgache, formant un ensemble de dix mille habitants. Un gouverneur hova y réside, ainsi qu'un résident français, un consul anglais et un consul américain.
On commence à y bâtir des maisons à l'européenne, et le voyageur y trouve des hôtels confortables.
Majungaou Mazangaye, située dans la baie de BombetoL et coquettement perchée sur une colline, est une ancienne et riche cité arabe, dont on voit encore les ruines. Elle compte une population de six à sept mille habitants, composée d'Indiens, d'Européens, de Sakalaves et d'Ai^abes. Le port, vaste et profond, est bien abrité par deux promontoires. A huit jours de Tananarive pour les courriers, à douze pour les voyageurs, Majunga est le point de départ de la route la plus directe. Cette route, plus naturelle que celle de Tamatave, pourrait être rendue carrossable.
Ambohimanga, la ville sainte, renferme la sépulture des anciens rois hovas. C'est là que le souverain a coutume de se rendre solennellement, lors de son avènement, pour rendre hommage à ses ancêtres, et leur payer le hatina, tribut d'une piastre, comme il l'a déjà fait, dans la cour intérieure du palais de Tananarive, auprès des tombeaux de Radama et de Rasohérina.
Femme hova en deuil.
Ambatomanga.