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CHAPITRE P.REMIER Précis historique

Premiers essais de colonisation. — Fondation de la Compagnie française des- Indes orientales ; ses débuts. — Dupleix. — Rivalité des Français et des Anglais. — Déchéance de la Compagnie française. — Progrès de la Compagnie anglaise. — Révolte des Çigayes. — Annexion à la couronne d'Angleterre; Empire des Indes.

Premiers essais de colonisation. — II faut remonter à la plus haute antiquité pour rendre compte des relations qui

ont rapproché à diverses époques Tlnde de l'Europe. Dès les temps les plus reculés, de grands traits d'union sont fournis par la conquête. Toutefois, durant une longue suite de siècles, les contacts ne furent que passagers et accidentels. Sans doute les imaginations des Occidentaux étaient suffisamment échauffées sur ce pays du soleil, où les conquérants et les explorateurs avaient vu rayonner, en un prodigieux foisonnement, l'or, les pierreries, les étoffes somptueuses; l'attention et les convoitises du négoce étaient plus sagement éveillées sur « l'épicerie qui croissait en ces merveilleuses contrées. » Mais les communications, établies forcément par terre, à travers des régions mal connues et inhospitalières, n'offrirent quelque régularité et quelque certitude, ne prirent, en un mot, le caractère commercial qu'à dater du jour où Vasco de Gama ouvrit la route maritime (17 mai lZi98). Encore les premières tentatives donnèrent-elles bien des mécomptes î

Devancées par les Portugais et les Hollandais, la France et l'Angleterre ne figurent pas de façon notable, av'ant le commencement du xvii® siècle, parmi les nations qui songent à exploiter le commerce des Indes orientales. Presque simultanément, alors, une charte est accordée à une association de marchands anglais par la reine Elisabeth, en 1600, un privilège à une société de négociants français par le roi Henri IV, en 160Zi ; et telle est l'origine, — assez humble, on le voit, — de ces deux puissantes compagnies des Indes, qui, se disputant avec des fortunes diverses, pendant près de deux cents ans, la possession d'un gigantesque empire, ont résumé en elles, et comme symbolisé les qualités d'action, les forces expansives, les faiblesses, — pour tout dire enfin le génie colonial de deux grands peuples.

FoT^DÀTiON DE LA Compagnie française des Indes. — Des tâtonnements, des expéditions ressemblant encore à des voyages d'exploration, donnent peu d'éclat aux débuts de la Compagnie française. Les Rouennais se sont avancés jusqu'à

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Java, sans effet pratique ; les Dieppois se sont arrêtés à Madagascar et n'ont pas trouvé profit à s'y maintenir.

C'est Colbert qui, en I66/1, soumet à Louis XIV un plan de reconstitution raisonné, destiné à donner des résultats solides et permanents. Une nouvelle compagnie des Indes orientales reçoit le privilège exclusif pour cinquante ans. Des avantages considérables en favorisent le développement. Tous les étrangers qui y prendront un intérêt de 20,000 livres deviendront regnicoles, autrement dit jouiront des mêmes droits que les Français, sans se faire naturaliser. Aux mêmes conditions les officiers, à quelque corps qu'ils soient attachés, seront dispensés de la résidence, sans rien perdre des prérogatives et gages de leurs places. Tout ce qui doit servir à la construction, à l'armement, au ravitaillement des vaisseaux, est exempté de toutes taxes, droits d'entrée, de sortie et droits d'amirautés. En outre, rÉtat s'oblige à payer une prime de 50 livres par chaque tonneau de marchandise porté de France aux Indes, et de 75 livres par chaque tonneau rapporté des Indes en France; il s'engage à soutenir les établissements de la Compagnie par la force des armes, à escorter ses envois et ses retours par des escadres aussi nombreuses que les circonstances l'exigeront. Le service de la Compagnie est assimilé à celui du roi ; il rapportera à ceux qui s'y distingueront des honneurs et titres héréditaires.

Ces avantages considérables s'expliquent par la nécessité de soutenir le commerce national, dans ses efforts naissants.

Il était peu probable que les ressources privées arrivassent à parfaire le capital de 15 millions qui devait former le premier fonds de la nouvelle société. L'État se portait encore caution jusqu'à concurrence de 3 millions. Les grands, les magistrats, les citoyens de tous les ordres furent invités à contribuer pour le reste. Ils répondirent avec empressement à l'appel du ministre ; la mode s'en mêla ; mais le fruit de tous ces sacrifices faillit être com-

promis par l'obstination qu'on mettait à vouloir avant toutes choses s'établir à Madagascar. L'outillage n'était pas approprié à une telle entreprise ; l'idée fut abandonnée, l'île rendue au gouvernement. Les vues de la Compagnie se tournèrent sur la côte de Malabar où elle pouvait se créer des ressources immédiates; ses vaisseaux en prirent directement la route, et Caron, son chef, après avoir abordé à Kochin, en décembre 1667, fonda, en 1668, un premier comptoir, à Surate. Puis, comme cette ville ne répondait pas à la conception qu'il s'était formée d'un établissement principal, il enleva aux Hollandais la baie deTrinquemalé, dans l'île de Ceylan. Ceux-ci, qui n'entendaient point partager avec nos compatriotes le profit de précieuses récoltes, ne tardèrent pas à les déloger de cette position. Caron passa alors à la côte de Coromandel où il s'empara en 1672 de Saint-Thomé, ancienne ville portugaise, tombée depuis douze ans au pouvoir des Hollandais. Là non plus il ne put se maintenir ; il restitua la place en 167Zi.

La ruine de la Compagnie était imminente sans l'habileté d'un de ses agents, le célèbre François Martin. Cet homme actif et entreprenant rallia une soixantaine de Français, débris des colonies de Ceylan et de Saint-Thomé, et vint se fixer sur la même côte de Coromandel, à Pondichéry, qu'il acheta du souverain de Beidjapour (1683).

La petite colonie ne tarde pas à devenir florissante. La situation de la compagnie se rétablit. Elle obtient du grand mogol, Aureng-Zeib, des firmans l'autorisant à faire le commerce dans les provinces du Bengale, de Bahar et d'Orissa; elle fonde de nouveaux comptoirs et acquiert Chandernagor sur la rivière d'Hougly (1688).

De si rapides progrès devaient porter ombrage aux Hollandais ; ils attaquèrent Pondichéry et s'en emparèrent au mois de septembre 1693. La ville, qu'ils avaient entourée de fortifications, fut restituée à la France quelques années plus tard, en vertu du traité de Ryswick. François Martin, nommé de nouveau gouverneur (1699-1706), fixa toute son

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attention sur cette colonie dont il était le fondateur ; il la conduisit au plus haut degré de prospérité ; il en fit le chef-lieu de nos possessions dans Tlnde.

Cependant Colbert était mort : la Compagnie avait perdu son plus ferme soutien ; la guerre de la succession d'Espagne lui avait porté une série de coups funestes. Elle s'était engagée fort avant dans la banque de Law et avait failli être entraînée dans la chute du système (1721).

Elle se releva sous le ministère du cardinal Fleury. Le gouverneur Lenoir négocie l'acquisition de Mahé, sur la côte de Malabar, en 1726. Puis vient Dumas (1735), dont l'administration jettera un aussi vif éclat que celle de François Martin ; il obtient du grandMogol, Mohamet-Chah, l'autorisation de battre monnaie, et ce privilège équivaut à un bénéfice annuel de A à 5 millions ; il fait acquisition de Karikal et de son territoire (1739). La Compagnie a des comptoirs importants à Ayanoum, dans le Rajmindou; à Balassor, dans le Rattek ; ses établissements de Dakka, de Patna, de Cassimbazar, de Calicut, de Mahé, de Surate, rivalisent d'activité avec Chandernagor et Pondichéry. La Bourdonnais, avec un esprit d'initiative et des vues d'homme tout à fait supérieur, travaille au développement des îles de France et de la Réunion, comprenant que ces étapes offriront des facilités considérables aux relations entre la métropole et ses factoreries indiennes.

DupLEix. — Les affaires de la Compagnie française des Indes étaient déjà très prospères, lorsque la dernière impulsion leur fut donnée par Dupleix, le génie colonial le plus complet peut-être qui soit à signaler dans l'histoire.

Né à Landrecies, en 1696, Dupleix, fils d'un ancien directeur de la Compagnie, était chargé depuis douze ans d'administrer le comptoir de Chandernagor, et il en avait fait un des premiers marchés du Bengale, lorsque ses talents lui valurent le gouvernement de Pondichéry avec le titre de directeur général des établissements français dans l'Inde (17A2). Il déploya immédiatement une activité qui

trahissait des projets d'agrandissement : par ses soins, de nombreux vaisseaux furent expédiés àSiam, au Cambodge, en Cochinchine, l'armée solidement organisée et renforcée par l'introduction de l'élément indigène.

La Compagnie anglaise des Indes ne vit pas ces progrès sans inquiétude, et lorsque la guerre éclata entre la France et l'Angleterre en 17/i/i, le cabinet de Londres repoussa la proposition que lui faisait celui de Versailles de ne pas étendre les hostilités aux possessions coloniales.

navales. A force d'habileté, d'industrie et de persévérance, il équipa, à ses risques et périls, une escadre de six vaisseaux. Le 6 juillet 171x6, il rencontrait la flotte anglaise, la dispersait et délivrait Pondichéry qu'elle tenait sous sa menace. Puis il allait mettre le blocus devant Madras, le principal établissement des ennemis sur la côte de Coromandel, et, en cinq jours, la forçait à capituler. Madras, ayant obtenu du vainqueur la faculté de se racheter moyennant une rançon de dix millions sept cent mille livres, Dupleix qui rêvait l'expulsion totale des Anglais, cassa la capitulation, livra la ville au pillage et à l'incendie.

Dénoncé comme prévaricateur et destitué de son commandement, après avoir perdu une partie de ses vaisseaux

Dupleix.

Dupleix, en ces graves circonstances, n'eut malheureusement pas assez d'abnégation pour sacrifier son ambition personnelle et s'unir avec un rival de gloire contre l'ennemi commun. Les ordres reçus étaient-ils contradictoires, ou du moins laissaientils une trop grande latitude à l'interprétation? La Bourdonnais, gouverneur des îles Mascareignes, avait le commandement général des forces

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par une violente tempête, La Bourdonnais revint en France dans l'intention de se justifier. Il fut arrêté dès son arrivée et enfermé à la Bastille. Son procès ne dura pas moins de trois ans et demi; on reconnut son innocence, mais il mourut de chagrin.

Cependant le nabab d'Arcate, à la tête d'une nombreuse armée, marche sur Madras pour en chasser les Français : Paradis, lieutenant de Dupleix, le met en pleine déroute, tandis que le gouverneur général s'acharne, sans succès d'ailleurs, à l'attaque du fort Saint-David, possession de la Compagnie anglaise. Les Anglais ont réuni une escadre de 32 bâtiments et Zi,700 hommes de troupes européennes, auxquelles se joignent des contingents indiens. Ils sont rentrés dans Madras et assiègent Pondichéry. Dupleix vole au secours de la place, et après quarante-deux jours de tranchée

ouverte, il force l'ennemi à la De La Bourdonnais.

retraite (i7Zi8).

La paix d'Aix-la-Chapelle, conclue la même année, donna quelque répit à Dupleix, et lui permit d'esquisser enfin l'œuvre grandiose qui l'a immortalisé. Persuadé que la Compagnie française n'obtiendra la suprématie dans ces contrées qu'avec l'appui d'un vaste territoire, il entreprend d'asseoir sa domination sur toute la partie méridionale de l'Hindoustan. Il s'immisce adroitement dans les querelles politiques des provinces,' prend parti dans les compétitions intérieures, adopte les mœurs, le langage et jusqu'au costume local. Au Dekhan, son intervention assure le triomphe d'un prétendant à la soubabie, qui, par reconnaissance, lui accorde, outre un tribut considérable, de vastes accroissements de territoires autour de Pondichéry

et de Karikal, et la ville de Masulipatam avec les terres environnantes. Son action est moins heureuse dans le Carnatic ; les Anglais y ont débarqué des troupes éprouvées, sous la conduite de deux officiers énergiques, Lawrence et Clive; ils soulèvent les Maharattes, les princes de Tanjore et de Mysore, et, grâce à la supériorité numérique que leur procurent ces alliances, ils infligent des échecs multipliés aux lieutenants du gouverneur général. Cependant, le plus habile d'entre ces derniers, le marquis de Bussy, parvient à les arrêter, et ses succès éclatants compensent largement quelques pertes.

Cette période marque Tapogée de notre domination dans rinde. La France y a, en quelques années, conquis un degré de puissance auquel ses rivaux n'arriveront qu'après quarante ans d'efforts et de victoires. Elle règne directement ou indirectement, de l'assentiment même du grand Mogol, sur un bon tiers du pays; sa domination s'étend sur les quatre provinces de Montfanagar, d'Ellour, de Rajamandri et de Chicakal, ainsi que sur l'île de Seringam, formée par deux bras du Cavery.

Ces différents établissements offraient à notre commerce 200 lieues de côte et lui promettaient un revenu annuel de 20 millions de francs.

Dupleix, qui avait acquis les titres de nabab et de rajah, s'était constitué une véritable cour; il déployait un faste de souverain oriental; il engageait ses ressources personnelles et celles de la Compagnie dans de colossales spéculations. Ses vues ne furent pas comprises d'actionnaires à tendances mesquines; un seul i5oint les frappa; à l'heure où ils attendaient d'énormes dividendes, on réclama d'eux des sacrifices pour combler un déficit de deux millions. En même temps, une intrigue de palais se nouait à Versailles, entretenue peut-être, comme on l'a dit, par l'or anglais. Ministres, courtisans, jusqu'à la favorite, conspiraient la perte de ce sujet audacieux qui se mêlait de conquérir à son roi un empire. Au lieu des renforts qu'il sollicitait,

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Dupleix recevait des exhortations pacifiques. On ne s'en tint pas aux obsessions décourageantes et aux refus de concours. Au commencement de ilblx, alors même qu'il soutenait dans le Carnatic une lutte acharnée, et que son lieutenant Bussy parcourait en vainqueur les provinces du haut Godavery et de Nerbudda, le gouverneur général de l'Inde française fut brutalement rappelé. Il quitta en pleurant le théâtre de sa gloire. On la lui fit chèrement payer. Après avoir réclamé vainement, pendant neuf années, 7,500,000 livres qu'il avait avancées de sa propre fortune pour le compte de la Compagnie, il mourut de misère en

Les ministres du roi George II avaient ordonné; les ministres du roi Louis XV avaient obéi.

Rivalité des Français et des Anglais. — Les effets, du reste, ne se firent pas attendre. Des commissaires avaient été envoyés dans l'Inde pour le rétablissement de la paix. Deux jours après le départ de Dupleix, son successeur se hâta de signer avec le gouverneur anglais, Saunders, un traité dont les bases étaient d'avance arrêtées à Londres. Y étaient stipulées : l'interdiction pour les deux Compagnies, d'intervenir dans la politique intérieure de l'Inde, leur but étant exclusivement commercial ; la renonciation formelle de leurs agents à toutes dignités, charges et honneurs conférés par les princes du pays; la restitution au grand Mogol de la plupart des places et territoires occupés par les deux nations; enfin l'égalité parfaite de territoire, d'étendue et de revenu entre les possessions des deux Compagnies. C'était visiblement un marché de dupes que cette parité proclamée, alors que l'Angleterre cédait quelques bourgades et la France un empire. « Jamais, a dit un historien anglais, on ne fit de tels sacrifices à l'amour de la paix! » La Compagnie française était vouée à la ruine.

La Compagnie anglaise se substitue à elle immédiatement en profitant de l'expérience acquise. Ali-Verdi-Khan, nabab du Bengale, étant mort en avril 1756, lord Clive, dès le

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mois d'octobre suivant, trame un tissu d'intrigues destinées à renverser Surajah-Dowlah, successeur du vieux souverain, suspect de sympathies pour la France.

Surajah Dowlah s'est emparé de Calcutta; il ne peut s'y maintenir, et, obligé de traiter, il confirme les Anglais dans leurs privilèges.

Sur ces entrefaites éclate la guerre de Sept ans. Les deux Compagnies stipulent la neutralité. Lord Clive, , malgré la convention, marche sur Chandernagor, s'en empare et la détruit (1757); il force Surajah Dowlah à expulser les Français de ses États; puis, comme le nabab n'a obéi qu'avec peine, il le renverse par trahison, le fait assassiner, et proclame à sa place soubab des provinces du Bengale, de Bahar et d'Orissa, Meer-JefRer, son premier ministre. En réalité, par la mort du souverain légitime et par l'intronisation de leur créature, les Anglais devenaient maîtres du Bengale. Ils profitèrent de ce que la France n'envoyait plus de renforts dans ses colonies et envahirent nos établissements. On venait d'élever au gouvernement général le comte Lally-Tollendal, Irlandais au service de France, homme d'honneur, de loyauté et d'un courage incontestable, mais hautain, impatient de toute observation, incapable de se plier aux nécessités de la guerre et de la politique coloniales. Il prend d'abord aux Anglais le fort Saint-David, les places de Goudelour et de Divicotté; mais il perd ensuite un temps précieux dans une expédition malheureuse contre le sultan de Tanjore ; affaibli par le départ de l'escadre française que commandait le comte d'Aché, il rappelle du Dekhan le marquis de Bussy et entreprend sans succès le siège de Madras, qu'il est forcé d'abandonner après trois mois, ayant vu périr les meilleures de ses troupes (février 1759).

De retour à Pondichéry, il accuse les agents de la Compagnie d'avoir mal secondé son entreprise, d'avoir sacrifié les intérêts de la patrie à ceux du négoce; il prétend mettre fin aux abus et dénoncer publiquement les préva-

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ricateurs. Une révolte est fomentée contre lui dans l'armée; une partie de la cavalerie déserte. Les Anglais, à la faveur de ces désordres, livrent près de Wandabachi une bataille, de résultat indécis, s'emparent d'Arcate et inves-

Tanjore. — La grande Tour.

tissent Pondichéry. Lally, qui défendait la place presque sans munitions, sans vivres, avec 700 hommes contre 2,000, tint glorieusement pendant sept mois, et fut enfin réduit à capituler (janvier 1761). Les Anglais sapèrent la ville; les murs, les forts, les édifices, tout fut détruit. Non

seulement les troupes, mais tous les Français attacbés au service de la Compagnie furent embarqués pour l'Europe. Emmené prisonnier en Angleterre, Lally obtint du ministère britannique Tautorisation de passer en France pour se justifier de bruits outrageux à son honneur. Plus malheureux encore que La Bourdonnais et Dupleix, on l'accusa de trahison ; on le jeta dès son arrivée à la Bastille, et des juges s'étant trouvés qui osèrent le condamner à mort, après dix-huit mois d'un scandaleux procès, on le conduisit à l'échafaud, un bâillon sur la bouche, dans la crainte qu'il ne fît des révélations au peuple. Un tel acte n'était pas pour relever le prestige de la Compagnie.

DÉCHÉANCE DE LA COMPAGNIE FRANÇAISE. — A la paîx de 1763,

nous rentrâmes en possession de Pondichéry, de Karikal, de Chandernagor et des comptoirs du Bengale, mais avec de notables diminutions de territoire et sous condition qu'aucune de ces places ne serait fortifiée. Deux ans plus tard (1765), la Compagnie anglaise obtenait du nabab du Bengale la cession de sa souveraineté, moyennant une rente annuelle de 12 millions, qui d'ailleurs ne tarda pas à être réduite. Dans le même temps, la Compagnie française à Paris était en butte aux quolibets; 'on battait en brèche son privilège, et les ministres semblaient peu disposés à le défendre. Enfin les actionnaires, en 1770, demandèrent une liquidation, et cédèrent à la Couronne, moyennant une rente perpétuelle de 200,000 francs, leur capital qui valait 30 millions.

Ainsi finit la Compagnie française des Indes. Le ministre Calonne tenta de la faire revivre, espérant en , tirer des ressources pour combler les vides imputables à ses prodigalités et à ses déprédations. Une vive polémique s'engagea ; des brochures attaquèrent une mesure administrative qui rétablissait un monopole. La gravité des événements politiques tint en arrière-plan cette question de la Compagnie des Indes jusqu'à ce qu'un décret de l'Assemblée constituante la supprimât décidément (IZi août 1790). Les

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bureaux de Paris et de Lorient furent réunis au Trésor public et Ton maintint seulement ceux de Pondichéry et de rile de France, jusqu'à la fin de la liquidation. ' C'est ensuite une série de mesures conservatoires : un décret de l'Assemblée législative autorise les actionnaires à se constituer de nouveau pour une période de dix années et à élire des administrateurs temporaires ; un autre décret ordonne l'apposition des scellés sur les magasins. Finalement la Convention nationale, en 1793 décréta, sans rémission cette fois, la suppression d'une Compagnie qu'elle accusait d'avoir volé 50 millions à la France. C'est sur le soupçon de falsifications apportées à ce décret que Fabre d'Églantine, Chabot et Delaunay d'Angers furent condamnés à mort en 1795. Avec eux périt le fameux abbé d'Espagnac, âme damnée de Calonne, qui avait scandaleusement spéculé sur les actions de la Compagnie, et dont on peut dire qu'il a été le père de l'agiotage moderne.

Progrès de la Compagnie anglaise. — A cette déchéance graduelle de l'entreprise française ont correspondu les développements continus de l'exploitation britannique; elle s'est accrue de toutes nos fautes, elle a triomphé de tous les périls. Ses possessions territoriales se sont étendues de la province du Bengale à celles de Bahar et d'Orissa, en même temps que le gouvernement, pour régulariser son action, lui a accordé une charte définitive, dont presque toutes les dispositions auront autant de durée que la Compagnie même. Par cette charte, qui date de 1773, un gouverneur général dés possessions anglaises dans l'Inde est établi à Calcutta; il est assisté d'un conseil de quatre membres chargé, sous son autorité, de la direction générale des affaires; des gouverneurs particuliers, ou présidents, installés à Madras et à Bombay, lui sont subordonnés. C'est un véritable roi; il dispose des forces de terre et de mer, déclare la guerre, signe les traités d'alliance et de commerce; les lois, décrets ou règlements émanés de son initiative, bien que soumis au contrôle

d'une cour de directeurs composée des principaux actionnaires et siégeant à Londres, sont exécutoires dans rinde à titre provisoire, avant ratification.

Le premier qui fut investi de ce pouvoir exorbitant fut Warren-Hastings, déjà gouverneur du Bengale. Ses exactions et ses cruautés provoquèrent d'énergiques résistances. Un ancien allié de Dupleix, Haïder-Ali, sultan de Mysore, forma contre lui une ligue formidable où entrèrent le Nizam du Dekhan et les Maharattes, secondés bientôt par les Français et les Hollandais. Après avoir traversé une période de revers partiels et avoir été même contrainte à accepter une paix désavantageuse, signée sous les murs de Madras, la Compagnie se releva grâce à l'audace et à Thabileté de Warren-Hastings. Celui-ci fit une diversion sur les établissements français du Bengale et de Coromandel; et bientôt Pondichery, Karikal, Chandernagor, tombaient en son pouvoir (1778).

L'ancienne jalousie du Nizam et des Maharattes, adroitement ranimée, livra Haïder-Ali à ses propres forces. Il n'en déploie que plus d'énergie : à la tête de soixante mille hommes, il ravage le Carnatic, bat les Anglais en toute rencontre et se rend maître d'Arcate (1780). Ses progrès furent arrêtés par le général Coote, qui atteignit l'armée du sultan àPerimbâken (1781) et la mit en déroute. En 1782, l'équilibre se rétablit : la France envoie au secours de l'Inde un de ses meilleurs amiraux, le bailli de Suffren, qui débarque trois mille hommes à Porto-Novo pour renforcer les troupes d'Haïder-Ali et, concertant avec lui ses opérations, à force de talent et de courage, malgré la médiocrité des ressources dont il dispose, livre aux Anglais, en sept mois, quatre combats heureux, défait à Goudelour la flotte de l'amiral Hughes et reprend en trois jours le fort de Trinquemalé. En plein succès, le sultan de Mysore meurt dans Arcate, sa conquête (7 décembre 1782)..

Son fils, Tippou-Saïb, continua Ja guerre, mais la paix conclue entre la France et l'Angleterre le priva brusque-

Océan Indien.

35i LES COLONIES FRANÇAISES.

ment de notre alliance. Le traité de Versailles (20 janvier 1783) nous rendait Pondichéry, Chandernagor et Karikal ; la Hollande recouvrait une partie de ses anciennes possessions.

Impuissant à soutenir la lutte sans notre secours, Tippou- Saïb signale traité deMangalore (11 mars 178/i), qui portait restitution mutuelle des conquêtes. Ce fut une trêve de huit années. Aussitôt que PAngleterre, par la paix européenne, eut recouvré sa liberté d'action, elle rompit le traité (1792). Tippou-Saïb soutint les hostilités pendant sept ans avec un héroïsme souvent récompensé par le succès. Enfin, assiégé dans Seringapatam, sa capitale, par les divisions anglaises de Madras et de Bombay et par les contingents du Nizam, il fut tué glorieusement, après une admirable défense, en essayant de repousser un assaut général (3 mai 1799). Avec lui tombaient les dernières velléités d'indépendance qui se soient manifestées parmi les princes hindous.

Au cours de cette campagne, les Français, abandonnés de la métropole, qui faisait face à la coalition de l'Europe, avaient dû évacuer leurs établissements (1793). La paix d'Amiens, il est vrai, en 1802, les remit en possession; mais elle fut de si courte durée que le 11 septembre 1803 Pondichéry passait, pour la quatrième et dernière fois, sous la domination anglaise.

Pondichéry et les autres établissements, réduits dans leurs limites, nous furent rendus par les traités de 181/i et de 1815. Une expédition, partie de France pour aller reprendre possession des établissements français de l'Inde, arriva à Pondichéry le 16 septembre 1816 ; la remise ne fut faite par l'administration anglaise que le U décembre 1816 pour Pondichéry et Chandernagor, le IZi janvier 1817 pour Karikal, le 22 février 1817 pour Mahé, et le 12 avril 1817 pour Yanaon,

A partir de cette date, l'histoire générale de l'Inde n'est plus qu'un chapitre de l'histoire d'Angleterre. Xa seul

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événement grave dont nos possessions aient été exposées à recevoir le contre-coup est la formidable révolte des C^payes en 1857. Elle compromit la domination anglaise et, on peut le dire, en général, la situation des Européens dans tout le nord de la péninsule. Son histoire nous fournit des indications caractéristiques sur la constitution sociale du pays où sont situés nos établissements.

RÉVOLTE DES CiPAYES. — Los Clpaycs sont une milice indigène de- création française. Malgré la facilité avec laquelle ils se laissaient vaincre par une poignée d'Européens, Dupleix avait remarqué chez les Indiens une souplesse, une élasticité nerveuse, une aptitude à Timitation, des habitudes d'obéissance et des élans de bravoure qui semblaient les rendre propres à la vie des camps. Il eut l'idée d'utiliser ces éléments précieux, pour obvier à la fois aux dépenses énormes qu'entraîne le transport des troupes européennes dans l'Inde et à l'influence meurtrière que le climat exerce sur elles. Il organisa donc quelques péons, pour la garde des magasins : il leur donna le nom de sipahis (guerriers) ce qui les flatta, leur laissa le turban et les arma d'un sabre et d'un mousquet. Ayant ainsi ce qui leur manquait, l'ordre et la discipline, ce furent d'excellentes troupes.

Les Anglais n'eurent garde d'en négliger l'emploi. Ils envoyèrent de jeunes officiers dresser quelques bataillons, puis lord Clive créa au Bengale trente-deux régiments de ce genre; l'essai avait admirablement réussi. Aujourd'hui le gouvernement anglais entretient aux Indes, à sa solde, 190,000 cipayes, tant infanterie que cavalerie. Leur uniforme consiste en une veste de drap rouge, un gilet de coton blanc, un pantalon large et court et des babouches à pointes recourbées. Les uns sont musulmans, les autres sont sectateurs de Brahma. C'est le point dangereux. Patients, infatigables, d'une sobriété et d'une tempérance à toute épreuve, les cipayes ne transigent jamais sur leurs préjugés et leurs lois religieuses. M. Philarète Chasles les

a dépeints ainsi : « Suivez jusqu'à sa tente le soldat cipaye, TAnglo-Indien, ce beau grenadier de six pieds dont vous venez d'admirer la bonne tenue sur le champ de manœuvre et la tournure martiale. Vous le retrouverez cinq minutes plus tard vêtu d'un mouchoir de poche et accroupi comme •un singe à la porte de sa cabane... Ne vous y trompez pas : c'est toujours l'homme de l'instinct. Uniforme militaire, habit rouge, bonnet rond de laine, buffleterie bien tenue, alignement irréprochable, fusil, galons de sergent, que cet appareil et cet ensemble ne vous fassent pas illusion. C'est toujours l'esclave né, l'enfant n'ayant point conscience de sa personnalité, l'idiot prêt à vous rendre le salut militaire, si vous le regardez fixement, puis à vous étrangler. Européen en apparence, Tartare en réalité, il rentre dans sa tente, se défait de son accoutrement, se met en chemise, redevient lui-même et, les jambes pliées sous lui, fait sa petite cuisine dans son petit pot. »

Avec de tels appuis on peut imaginer que l'édifice anglais dans l'Inde ait pu subir des oscillations. Malgré les efforts du gouvernement de la reine, pour régler l'action de la Compagnie des Indes et la modérer, le régime colonial institué dans la péninsule était des plus défectueux; il se prêtait à toutes sortes d'excès et d'exactions. En 1856 l'irritation des indigènes, dans les régions voisines du Bengale, fut excitée par l'annexion du royaume d'Aoudh, que lord Dalhousie enleva violemment à son légitime souverain. Le mécontentement couva plusieurs mois : un ensemble de circonstances devait le faire éclater en révolte. D'abord une tradition, également populaire chez les Musulmans et les Hindous, fixait à la centième année la ruine de la domination anglaise, qui datait de 1757 ; puis, par une coïncidence malheureuse, à tous ces motifs d'agitation se joignit une cause déterminante. Les Anglais avaient résolu de généraliser l'emploi des carabines rayées ; on en distribua aux cipayes, et les cartouches appropriées A çe système d'armes doivent être enduites de graisse de

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porc, animal immonde aux yeux du Musulman et de l'Hindou. Personne ne daigna prêter attention à ces répugnances religieuses. Les cartouches furent mises ea consommation.

Dès que le secret de la fabrication est pénétré, c'està-dire dès le mois de janvier 1857, l'esprit de révolte se manifeste et se propage avec une incroyable rapidité. Des fakirs parcourent les villes et les villages en distribuant

Emanbarrak.

des fleurs symboliques. Des monuments sont incendiés sans qu'on puisse découvrir les coupables. C'est à Barrakpour, au 19^ régiment, que se sont produits les premiers refus de service ; ni les exécutions ni le licenciement en masse n'ont pu arrêter le mouvement. Enfin à Meerut, dans une compagnie du 3*^ régiment de cavalerie indigène, qu'on croyait sûr, quatre-vingt-cinq hommes sur quatre-vingt-dix ayant jeté leurs cartouches, on les traduit en conseil de guerre, on les condamne aux travaux forcés, et le 9 mai ils sont chargés de fers en présence des troupes indigènes assemblées et contenues par un étalage imposant d'artillerie. Le lendemain 10 mai, à sept heures du soir, des hurlements affreux se font entendre ; les trois régiments

de cipayes casernés à Meerut sortent de leurs cantonnements, vont à laprison délivrer leurs camarades, massacrent tous les Européens qu'ils peuvent saisir et s'élancent sur la route de Dehli,

Dehli se souleva à rapproche des cipayes ; la population européenne y fut massacrée avec les plus atroces raffinements de cruauté. Un officier anglais voulut résister dans l'arsenal avec une poignée d'hommes ; il n'eut bientôt d'autre parti à prendre que de faire sauter les poudres. L'explosion retentit comme le signal de l'insurrection générale. Les révoltés étaient maîtres de la ville et d'approvisionnements immenses.

Des scènes de carnage qui se sont produites, il a été fait des relations à épouvanter la pensée. Il ne faut point s'étonner si elles provoquèrent un furieux appétit de vengeance. Dans toutes les stations anglaises les exécutions commencèrent ; la terrible loi du salut public fit même inventer des supplices nouveaux. Cinquante, soixante, parfois cent hommes dans une journée étaient pendus, fusillés, ou écartelés par explosion à la gueule des canons. Des régiments de cipayes, tels que le 20*" et le Zi6«, furent exterminés tout entiers.

L'insurrection gagna le Pendjab, Nassirabad, Lucknov^, puis Bénarès, Allahabad, Cawnpour où elle se développa avec une sauvagerie effroyable. C'est à Cawnpour qu'on voit entrer en scène le fameux Nana-Sahib. Il accourut dans la place, s'empara du Trésor, ouvrit les portes des prisons à ZiOO malfaiteurs et vint assiéger l'hôpital où le général Wehler s'était réfugié à la tête de 500 Européens. N'en pouvant venir à bout par la force, Nana-Sahib leur offrit la capitulation et les massacra traîtreusement.

Cependant un revirement devait bientôt se produire. Avec une prodigieuse audace, une troupe de A, 000 Anglais environ était venue mettre le siège devant Dehli. En face de cette ville immense qui contenait 150,000 habitants et une garnison de 30,000 soldats, ils restèrent

L'INDE FRANÇAISE

pendant quatre mois, fondant sous la pluie, tordus par le choléra, mais immobiles et repoussant toutes les attaques. Les renforts leur arrivaient lentement.

Par bonheur, la révolte s'était localisée au Bengale et n'avait point gagné les corps d'armée de Madras et de Bombay. Les Sikhes et les Gourkas, restés fidèles, envoyaient leurs contingents^ Enfin, le ili septembre, au nombre de 20,000 hommes environ, les troupes anglaises, après s'être établies solidement sur les hauteurs qui dominent Dehli, donnèrent l'assaut à la place. Le 20, les derniers insurgés prenaient la fuite par le pont de la Jumna, abandonnant la ville aux Anglais qui se trouvèrent trop épuisés pour les poursuivre. Les excès que commirent les vainqueurs ne parurent pas suffisamment justifiés aux yeux de l'Europe par la légitimité des représailles ; ils gardèrent bien à la fin de cette campagne le caractère qu'elle avait eu dès le début, celui d'une guerre d'extermination.

Annexion a la couronne d'Angleterre. — Bientôt des renforts considérables arrivés d'Angleterre permirent d'activer les opérations militaires en vue de pacifier le pays. En même temps un acte du Parlement supprimait la Compagnie des Indes orientales. La vieille dame de Londres, suivant le nom que lui avaient donné les Hindous, était déchue de ses pouvoirs politiques, et ce n'était que justice, car on pouvait attribuer à ses fautes, à sa mauvaise gestion les terribles événements qui avaient failli entraîner la perte de la colonie. Une proclamation de la reine Victoria annonça à la population que le gouvernement de l'Inde était transporté à la couronne ; elle promettait l'amnistie à tous ceux qui se soumettraient, ainsi que le respect des propriétés particulières, des mœurs et de la religion. En 1859, la pacification était définitive, deux chefs rebelles, les derniers, furent pris et exécutés; Nana- Sahib avait disparu.

Des remaniements administratifs habilement conçus, depuis lors, ont donné de très bons résultats. La caracté-

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ristique de la période .actuelle est un grand développement matériel imprimé à Tlnde par les ressources de la science moderne, mises au service de la colonisation. Des travaux de chemin de fer, de télégraphe électrique, de canalisation s'exécutent de toutes parts. La sage administration des vice-rois, substituée à la tyrannie de la Compagnie, le choix sévère des fonctionnaires civils, en inaugurant une ère de réparation et d'équité, ont amené un grand apaisement dans les esprits. On ne doit voir dans l'assassinat de lord Mayo, commis en 1872 par un forçat musulman, qu'un incident absolument étranger à la politique. Il suffit de constater avec quel enthousiasme ont été accueillis par les indigènes deux des fils de la reine Victoria, le duc d'Edimbourg en 1869 et le prince de Galles plus récemment, pour être assuré que désormais princes et peuples. États vassaux ou États directement régis^ sont résolus à vivre en paix sous la large autorité de S. M. Britannique, Impératrice des Indes.

Cuisinier indien.

Chandernagor. — Temple hindou.

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