CHAPITRE II Description géographique
Divisions physiques et politiques. — Pondichéry. — Territoire de Pondichéry. — Karikal et son territoire. — Yanaon. — Mahé. — Chandernagor.
— Les loges et la factorerie de Surate. — Population. — Données générales sur l'Hindoustan ; les Hindous. — Castes ; statut personnel. — Langues. — Religions. — Monuments artistiques. — Minéralogie ; flore et faune. — Animaux domestiques. — Conditions climatériques. — Pluies.
— Vents. — Ouragans ; raz de marée. — Durée du jour. — Baromètre.
Divisions physiques et politiques. — Ce sont, nous l'avons dit, les traités de 18iZi et de 1815 qui ont fixé définitivement les limites des possessions françaises dans Tlnde. Elles se composent aujourd'hui de cinq fractions de territoire, isolées les unes des autres, présentant une superficie totale de 50,803 hectares.
A savoir :
l*' Sur la côte de Coromandel: Pondichéry et son territoire.
T Sur la même côte : Karikal et les maganons ou districts qui en dépendent.
3^ Sur la côte d'Orissa : Yanaon, son territoire et les aidées ou villages qui en dépendent.
k"" Sur la côte de Malabar: Mahé et son territoire.
50 Au Bengale: Chandernagor et son territoire.
A l'exception de Chandernagor, qui est à l'intérieur des terres^ toutes ces stations sont baignées par l'océan Indien.
Les établissements français comprennent, en outre, un certain nombre de loges^ celle de Mazulipatam, sur la côte d'Orissa; celle de Calicut, sur la côte de Malabar; celles de Kassimbazar, Jaugdia, Dakka, Balassor et Patna, au Bengale ; et la factorerie de Surate.
PoNDiGHÉRY. — Le chef-lieu de nos établissements est Pondichéry {Pondou tcherri ou Poul tcherri, le nouveau village), située sur la côte de Coromandel, dans le Carnatic, par ii'^ 55' Zil" de latitude nord et 77» 31' 30'' de longitude est, à iliS kilomètres sud-ouest de Madras. C'est la ville la plus importante que la France ait gardée de son ancien empire. Elle compte Zil,858 habitants. Un canal la sépare en deux parties qu'on distingue par les dénominations de ville Blanche et ville Indienne. La ville Blanche forme un octogone à faces inégales, qui s'étend du côté est en bordure de la plage ; elle est régulièrement bâtie; les rues, qui se coupent pour la plupart à angle droit, sont larges et aérées ; presque toutes les maisons ont devant leurs façades de petits terre-pleins ornés de fleurs, et chaque année on les crépit de stuc d'un blanc de marbre ou de couleurs éclatantes, jaune, bleu, rouge, aurore, incarnat.
Autour de ce centre coquet, s'étend la ville Indienne, une série de vastes faubourgs qui se prolongent sous la verdure d'une véritable forêt de cocotiers, de tamariniers, d'acacias et de tulipiers et d'où partent des routes se dirigeant vers l'intérieur. Celle de Villenour, sur une longueur de 10 kilomètres, est continûment bordée d'habitations et de vergers.
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Les principaux édifices publics sont: Thotel du Gouvernement, réglise paroissiale, l'église des Missions étrangères, deux pagodes, le grand bazar, la tour de Thorloge et celle du phare, une caserne, un hôpital, l'hôtel de ville, la cour d'appel, le collège Calvé-Souprayachetty, l'école primaire de garçons du quartier nord. De grands parcs et un jardin d'acclimatation contribuent avec les bois à l'assainissement de l'atmosphère. En réalité, il est permis de dire que peu de cités anglaises, dans les plaines basses de l'fnde, peuvent rivaliser de propreté et de bel entretien avec « la vieille Pondy » ainsi que l'appellent familièrement les indigènes.
Pondichéry possède une rade foraine, qui est la meilleure de la côte et dont le mouillage est double. La petite rade, à 2,000 mètres du rivage^ à l'est ou l'est-sud-est de la ville, offre un mouillage aux vaisseaux pendant la belle saison (de janvier à avril et de la mi-mai au l*''', parfois au 20 juillet), par 7 à 8 brasses d'eau. La grande rade qui sert de mouillage pendant la mauvaise saison, est à une lieue et demie du rivage, dans la même direction. La communication avec la terre, assez incommode sur une côte unie et sablonneuse, se fait par des bateaux à fond plat, sans membrures, appelés chelingues, seules embarcations qui puissent franchir la barre. Une jetée enfer, longue de 252 mètres, facilite le chargement des navires, et un phare, le premier qui ait été élevé sur la côte orientale, éclaire depuis 1835 les abords du mouillage.
Une voie ferrée, reliée au débarcadère maritime, a été inaugurée solennellement en 1879, mettant Pondichéry en communication avec Madras et par là avec tout le réseau de l'Inde anglaise.
Territoire de Pondichéry. — Le territoire de Pondichéry oftre une superficie de 29,lZi5 hectares. Il se divise en U communes : Pondichéry, Oulgaret, Villenour et Bahour, qui comprennent ensemble 93 aidées principales et ïlii villages secondaires, composés de 1,608 maisons en
briques, et 9,958 chaumières, soit au total 11,566 habitations, réparties en 739 rues.
Plusieurs de ces groupes sont isolés par des aidées anglaises qui forment enclave dans nos possessions et les morcellent d'une façon souvent préjudiciable à l'agriculture et à la police. C'est un effet des précautions prises par les Anglais, lors de la conclusion des traités. Non contents d'imposer au gouvernement français l'obligation de n'élever aucun ouvrage de fortification et de n'entretenir aucune force armée, ils ont tracé les limites sur un plan tout à fait arbitraire, n'ayant d'autre objectif que de conserver, fût-ce par languettes de terrain, toutes les positions propres à l'installation de batteries. Il en résulte que le territoire est par endroits, pour ainsi dire, déchiqueté; il n'est pas rare de voir une route appartenant à l'Angleterre tandis que les fossés sont sous la juridiction française, ou un étang qui dépend de Madras tandis que les terres irriguées ressortissent à Pondichéry ; il existe jusqu'à des espaces indivis, comme à Vadanour, où la part de propriété attribuée aux deux nations se calcule par douzièmes.
Huit cours d'eau traversent le territoire de Pondichéry. Les plus importants sont les rivières de Gingy ou Ariankoupom et de Ponnéar, qui prennent leur source à dix myriamètres dans l'intérieur; elles ne sont navigables que pendant quatre mois de l'année, sur un parcours de 25 kilomètres à partir de l'embouchure et seulement pour les petits bateaux à fond plat. Pendant la saison sèche, la rivière de Gingy, sans communications avec la mer, serépa^iid en marigots insalubres.
Outre ces cours d'eau, il faut signaler 9 grands canaux de dérivation, 5 barrages, 59 étangs dont 5 grands, 202 sources environ, 12 puits artésiens et 53 réservoirs servant aux irrigations.
En somme, en dehors des espaces employés pour les routes, les étangs, ou les constructions des villages et aidées,
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deux tiers de la superficie totale sont occupés par les cultures, et présentent aux regards des rizières, des champs de cotonniers et d'indigotiers, des bananiers, desbouquets de palmiers et autres arbres.
Le territoire est découvert de dépôts alluviens sur la plus grande partie de sa surface contiguë à la mer.
Il a été exploré par des sondages pratiqués dans une zone de trois kilomètres de largeur, parallèle au rivage, dont elle est distante de 600 mètres au nord^ à Callopet, et de 2,500 mètres au sud, à hauteur de Canniacovil. A l'exception du forage de Callopet exécuté dans le terrain tertiaire, situé à 10 kilomètres au nord de Pondichéry, tous les autres sondages ont traversé successivement des couches de sable de différentes nuances, gris, jaune et blanc, alternant avec des couches d'argile, quelquefois plastiques, variant du gris au brun foncé. Dans la masse, explorée à 172 mètres de profondeur vers
Pondichéry et à 118 mètres vers Bahour, on rencontre des argiles jaunes et irisées dont l'abondance dans ces teintes augmente en allant vers le sud. On a amené au jour des nappes artésiennes d'excellente eau potable, dont le débit varie entre 100 et 750 litres par minute. C'est un véritable bienfait pour la région. Du côté de Sedrapet
Pondichéry. — Tour de THorloge.
et de Valdanoiir, au pied des collines, connues sous le nom de Montagnes rouges de Goudelour, s'aperçoivent des affleurements d'un banc rocheux, du terrain crétacé, formé par un conglomérat de calcaire jaune et grisâtre, contenant des fossiles. D'abondants débris de bois fossile silicifiés se rencontrent aussi dans l'affleurement de Tirvécaré, qui limite à l'ouest le centre de notre possession.
Karikal et son territoire. — Le second comptoir français, en importance commerciale, est la ville de Karikal, située sur la côte de Coromandel, dans la province de Tanjore, par 10^ 55' de latitude nord et 77« 2Zi' de longitude est, à 26 lieues au sud de Pondichéry. Elle s'élève à un mille et demi de l'embouchure de l'Arselar, une des branches de la Cavéry, dont le cours est de 16 lieues. La côte est assez périlleuse, et l'Arselar est obstrué par les sables pendant la sécheresse; mais la passe se dégage, du mois d'août au mois de mars, par le grossissement des eaux; les petits navires, durant cette saison, peuvent prendre charge à Karikal, et les bâtiments de 200 et 250 tonneaux, à varangues plates, remontent sur lest jusqu'à la ville. La plupart apportent du bois, des articles manufacturés d'Europe, et remportent des chargements de riz à destination de Ceylan, de France ou de la Réunion.
Karikal, quoique n'ayant point de raccordement avec le réseau des chemins de fer indiens, a gardé une certaine prospérité, tandis que la ville voisine de Tranquebar ou Taragambadi (cité des Vagues), établissement danois fondé en 1616 et vendu aux Anglais en 18Zi5, était entièrement ruinée par la voie ferrée de Négapatam, qui a attiré tout le trafic de la région. Négapatam est à une vingtaine de kilomètres au sud de Karikal.
Le territoire de Karikal , dont la superficie est de 13,515 hectares, se divise en trois communes : Karikal, la Grande- Aldée, Nédounkadou, comprenant ensemble 110 aidées.
Le sol des trois communes est très fertile, arrosé par
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six petites rivières, qui sont autant de bras de la Cavéry, et dont les débordements périodiques portent la fécondité dans les terres. Les irrigations se complètent par six grands canaux et leurs ramifications, dérivées de 200 réservoirs; elles font naître d'abondantes moissons d'indigo, de coton, de tabac; et le développement de ces plantations, la richesse des productions en rizières, en vergers, en bouquets de palmes, donnent un caractère de prospérité aux campagnes. Cette contrée, entièrement recouverte par les lits de Talluvion fluvio-marine de la côte et des deltas des rivières ramifiées au Colérun-Cavéry, a pu être appelée justement « le jardin de l'Inde méridionale ». La plus grande partie de la superficie se compose d'argile et d'un humus noir très favorable à la culture du riz, sauf dans la région nord-est de l'établissement.
Le forage d'exécution, sur la place du Gouvernement, a montré que la stratification du sol présente, comme à Pondichéry, une succession de couches de sables et d'argiles nuancés. Seulement on rencontre dans la masse de nombreux bancs de roches sédimentaires d'une faible épaisseur, variant entre 10 et 60 centimètres. Ces bancs de roches sont composés de grains de sable quartzeux blancs, parsemés de quelques grains colorés, mélangés de fragments de coquilles bivalves, le tout agrégé par un ciment ferrugineux calcaire. La sonde ne rencontre pas, comme à Pondichéry, des nappes au passage de toutes les couches perméables. Après la nappe aquifère des puits environnants, on a trouvé une nappe ascendante à 87"%8Q et une nappe jaillissante à iOS'^jSl. L'eau de cette dernière nappe, quoique meilleure que la précédente, contient un gramme de chlorure de sodium par litre, ce qui la rend peu potable.
Yanaon. — Le dernier reste des conquêtes que firent Dupleix et Bussy dans la région des Circars est le petit comptoir de Yanaon avec ses dépendances.
Yanaon se trouve situé dans la province de Golconde,
par 16^ /i3' de latitude nord et 8^ 5' de longitude est, à i/iO lieues nord-nord-est de Pondichéry. Bâtie à l'endroit où la rivière de Coringa se sépare du Godavéry, la ville de Yanaon est bornée à Test et au sud par Tune et l'autre de ces deux rivières. Le territoire qui en dépend couvre une superficie de i,Zi29 hectares; il s'étend le long du Godavéry à Test et à l'ouest de la rivière de Coringa sur une longueur de 2 lieues et demie et une largeur qui varie depuis 350 mètres jusqu'à 3 kilomètres.
Le sol est très fertile, mais toute activité commerciale est entravée parla configuration delà côte : l'envahissement des sables a obstrué l'embouchure du Godavéry, séparant l'enclave française de la mer par une étendue d'eaux basses et changeantes où n'osent s'aventurer les navires. Dans certaines saisons, toutefois, des bâtiments de 300 tonneaux peuvent remonter jusqu'à Yanaon parla Coringa.
Mahé. — C'est l'ancienne Maïhi des Indiens, à laquelle Mahé de La Bourdonnais, lorsqu'il s'en empara en 1726, donna son nom patronymique, en profitant d'une analogie de consonnance.
Située sur la côte de Malabar, par 11^ IW OS" de latitude nord et 73° 12' 23" de longitude est, à iOlx lieues à l'ouest de Pondichory, la petite ville de Mahé occupe l'embouchure d'une rivière qui porte son nom, et qui est navigable pour les bateaux de 60 à 70 tonneaux jusqu'à une distance de 3 lieues environ dans l'intérieur. L'entrée en est malheureusement obstruée par une barre de rochers qu'on passe seulement à marée haute; l'eau devient profonde dès qu'on a franchi cet obstacle.
Les aidées que les traités ont rétrocédées à la France sont séparées de la ville par la rivière et par une certaine étendue de territoire anglais. Un pont et une route établissent la communication.
La superficie totale du territoire est de 5,909 hectares*
Chandernagor. — La ville de Chandernagor est située
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dans la province de Bengale, par 20^ 61' 26'' de latitude nord et 86« 9' 15'' de longitude est, à 7 lieues au-dessus de Calcutta, auquel elle est reliée par un cheuiin de fer, et environ à /lOO lieues nord-nord-est de Pondichéry. Cette vieille cité française, avec son nom romantique dont l'origine n'est pas bien fixée [Tchondan nagor^ Yille du bois
Chandernagor. — Petit temple sur les bords da Gange,
de Santal ou Tchandra nagor^ Ville de la Lune), rappelle les plus beaux temps de notre domination dans les Indes, Bâtie sur la rive droite de l'Hougly, l'un des bras du Gange, à 35 lieues de son embouchure, au fond d'une belle anse formée par le fleuve, elle a vu, pendant toute la première moitié du dix-huitième siècle, les navires ancrés par centaines devant ses quais. C'était là que se faisait tout le commerce du Bengale. Elle a été ruinée successivement
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par les guerres, par le cordon de douane dont elle est entourée, aussi par l'envasement du'fleuve qui n'a plus maintenant que 3 mètres d'eau dans le chenal, mais surtout par la fondation et le prodigieux développement de Calcutta, chef-lieu de l'Inde anglaise, où s arrêtent nécessairement tous les navires.
Chandernagor est restée du moins une ville imposante et coquette. Elle est spacieuse; les rues sont larges et alignées, les maisons élégamment construites; des temples et des palais dégradés se perdent sous les massifs de palmiers, de multipliants et autres grands arbres, formant de pittoresques tableaux.
Le territoire français dépendant de Chandernagor mesure 5,187 mètres dans sa plus grande longueur, du nord au sud, et 1,877 mètres dans sa plus grande largeur, de l'est à l'ouest; la superficie totale est de 9l\0 hectares.
Les Loges ; la Factorerie de Surate. — A ces cinq établissements il faut joindre ce qu'on appelle les loges, établissements moindres encore, dont plusieurs peuvent être considérés surtout comme destinés à perpétuer une tradition historique.
Celle de Mazulipatam est la plus importante. La ville de Mazulipatam, dont les Anglais ont pris possession en 4767, est située dans la province des Circars septentrionaux, par 16^10' de latitude nord et 78«Zi8' de longitude est, à 110 lieues de Pondichéry et à 25 lieues environ au sud de Yanaon. Nous possédons là une loge, avec le droit d'y faire flotter notre pavillon, une aidée nommée Francipett, située à 3 kilomètres au nord-ouest de la ville et deux terrains habités par 200 Indiens, dépendant de la loge française qui relève elle-même du comptoir de Yanaon. Par une convention conclue avec l'Angleterre le 31 mars 1853, nous avons abandonné aux Anglais le droit de vente et de fabrication des spiritueux dans cette loge, moyennant une redevance annuelle de 3,500 roupies (8,500 francs) qui figurent comme recette au budget de la colonie.
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Dans la ville indo-anglaise de Calicut, à 13 lieues sudsud-est de Mahé, et sur la même côte, la France possède une loge occupée seulement par un gardien.
La factorerie de Surate est située- dans la ville indo-anglaise de ce nom, par 2li^2i' de latitude nord et 70^ /i6' de longitude est, à 55 lieues au nord de Bombay.
Enfin les loges de Balassore, de Dakka, de Patna et de Jaugdia consistent chacune en une maison avec un petit territoire habité par des Indiens. Elles sont situées dans les villes indo-anglaises de même nom, toutes dans la province de Bengale. La France peut y exercer différents droits de souveraineté et de juridiction.
Population. — L'ensemble de la population dans les établissements français de l'Inde, se chiffre par 282,723 habitants, ainsi répartis par communes : Oulgaret, /Ï3,i70 ; Pondichéry, Z|1,858; Karikal, 35,571; Villenour, 3Zi,936; Nédounkadou, 33,Zi53; Ghandernagor, 32,717; Bahour, 2Zi,/i59; la Grande-Aldée, 23,810; Mahé, 8,280; Yanaon,
Ils se classent de la façon suivante :
928 pour la population française européenne ;
1,757 pour les descendants d'Européens français ;
3li pour les Européens anglais ;
3/i pour les descendants d'Européens anglais;
279, 970 pour la population indigène.
Les registres de l'année 1887, la dernière dont les statistiques soient en notre possession, accusent 10,Zi02 naissances; 2,5Zil mariages et 8,7Zi0 décès.
La population mâle est en excédent de 11,469 individus sur la population féminine. .
Les Hindous. — Comme on le voit par les chiffres qui; précèdent, l'élément indigène offre une telle supériorité numérique que les autres groupes entrent à peine en ligne de compte au point de vue purement ethnique. C'est un. phénomène commun du reste à toute l'étendue de la près-
qu'île cisgangétique, et nos possessions se trouvant disséminées dans les régions les plus diverses, depuis Chandernagorau nord-est jusqu'à Malié au sud-ouest, nous sommes forcés de donner à nos observations un caractère de généralité pour étudier en quelques traits les signes distinctifs de cette race dont les divisions arbitraires de la politique, ni les vicissitudes de la conquête n'ont pu altérer dans une proportion notable la composition et les mœurs.
Dans ce vaste triangle, qui a pour base l'Himalaya au nord et pour sommet la pointe sud du cap Comorin, se presse la population la plus dense du globe, plus de 250 millions d'habitants, — ce qui représente un cinquième environ de l'humanité.
En face de cette multitude, le recensement de 1872 donne 59,000 habitants nés dans la Grande-Bretagne, outre 50,000 soldats, marins et fonctionnaires d'extraction européenne.
On est donc fondé à dire que la vraie population consiste à peu près exclusivement dans les Hindous de diverses races, Kohlariens, Aryens ou Dravidiens.
Une migration d'origine caucasienne, les Aryens, a pris possession du pays vers une époque qu'on évalue à 1,500 ans avant l'ère chrétienne. L'histoire de ces conquérants est à demi fabuleuse ; on n'en retrouve les traces que dans des poèmes nationaux, comme le Ramayana et le Mahabharala. Mais quelle que soit d'ailleurs leur race primitive et les cultes qu'ils professent, il est certain que tous les accroissements successifs se sont faits à leur profit, et, à l'heure actuelle, les populations d'origines diverses qui, par la parenté des dialectes, appartiennent au monde aryen, comprennent les quatre cinquièmes des. habitants de la péninsule. Les descendants <ies aborigènes, dans l'Aoudh, le Bahar, le Bengale, se sont fondus au sein de la famille aryenne; dans le sud seulement, parmi des populations que leur idiome propre a fait classer sous le nom
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de dravidiennes, la résistance du sang noir s'est quelque peu accentuée et elles se sont imparfaitement indianisées.
Si on s'arrête au type dominant, l'Hindou est en général d'une taille avantageuse; il a les membres souples, les mains et les pieds petits, mais les jambes grêles et les genoux difformes; la figure est d'un pur ovale, la chevelure, noire, légère et bouclée, le regard fin, la bouche discrète;
Une maison à Pondichéry.
sa peau, souvent jaunâtre et luisante, varie toutefois du brun de l'Italien au noir de l'Arabe. 11 regagne en grâce et en adresse ce qui lui manque de vigueur musculaire. Les femmes sont délicates et bien faites; dans certaines provinces elles réunissent la régularité des traits et le charme; elles ont dans les classes élevées le teint presque aussi clair que des Européennes et seraient d'une parfaite beauté sans la malheureuse coutume qui les oblige à se peindre le visage, à s'allonger les oreilles par le poids des bijoux, à se passer des anneaux de métal dans les narines.
L'Hindou est d'un naturel méfiant, volontiers enclin à la ruse, à la dissimulation, même au mensonge; en revanche, il est sobre, hospitalier, patient, vaillant au labeur; il porte en lui l'amour de l'étude et la fidélité aux traditions.
Le costume, dans les classes riches, comporte tout le faste oriental ; le peuple a conservé un vêtement national, composé d'une sorte d'écharpe dont il s'enveloppe les reins.
Castes, statut personnel. — Ce qui caractérise le plus particulièrement les Hindous et leur civilisation, c'est la distinction invariable des castes. On s'accorde le plus ordinairement à en compter quatre principales, qui comportent un grand nombre de subdivisions :
1^ Les brahmes ou brahmanes, qui s'occupent du culte, des lois, des études littéraires, scientifiques et artistiques, de l'instruction et possèdent les charges publiques;
2^ Les tchetris, tsatris et rajahs, d'où sortent les chefs, les princes et les guerriers;
3® Les vaichis ou banians, où sont compris les agriculteurs et commerçants;
Ix"^ Les artisans.
Ces deux dernières castes se subdivisent en une infinité de classes qui correspondent aux professions différentes, et, suivant les circonstances, peuvent changer de rang. C'est ainsi qu'aune époque les écorceurs et empaqueteurs de cannelle avaient gagné en dignité, grâce à l'importance de leurs denrées.
Les pariahs, plus exactement dénommés kandjars ou poliyas, constituent une classe hors caste, rebut de la société, êtres impurs, que jadis on punissait de mort quand ils avaient paru dans un rayon de moins de cent pas à la vue d'un brahmane.
Le contact des Européens a adouci ces rigueurs. Néanmoins, le conquérant a dû se plier, dans une large mesure, au respect des usages séculaires et conserver aux natifs
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leur organisation sociale. Il en résulte que, dans nos possessions, par exemple, en matière civile, il a fallu faire une adaptation de nos lois et créer une jurisprudence propre à la colonie. Les tribunaux sont appelés ainsi à rendre des jugements en coHformité du droit coutumier. Pour ne parler que du mariage, contracté le plus souvent par les indigènes, à douze ans pour les garçons, à huit et dix ans pour les filles, la plupart des dispositions de notre Code resteraient inapplicables. Afin d'amener un rapprochement plus rapide entre des éléments si disparates, les indigènes ont reçu, par privilège spécial, la faculté de renoncer, moyennant certaines formalités, à leur statut personnel; ils jouissent alors du bénéfice de la nationalité française. Il est juste d'ajouter que les actes de renonciation sont rares et que les renonçants appartiennent presque uniformément à la classe la moins favorisée.
Langue. — Des idiomes très variés sont en usage dans les différentes régions de la péninsule cisgangétique; ils procèdent de deux groupes généraux dont le premier se rattache au sanscrit, langue sacrée des brahmes, et aux dialectes importés par l'envahisseur aryen; le second appartient aux aborigènes, et comprend les langues dites dravidiennes, qui ne dérivent d'aucun idiome connu.
A la première famille se rapporte Vmdoustani ou le bengali^ qui se parle dans le peuple à Chandernagor ;
A la seconde le tamoul, usité dans la région de Pondichéry.
Le malëolum employé à Mahé et sur la côte de Malabar est fortement pénétré d'arabe.
Religions. — La division par castes et les institutions religieuses paraissent remonter à un millier d'années avant Jésus-Christ. Bien que le mahométisme et le christianisme aient fait, en ces derniers temps, de nombreux adeptes, la religion que professe la grande majorité des Hindous est le culte de Brahma, introduit par les conquérants aryens. Il a pour base le naturalisme des Vedas et
le déisme. Au-dessous de l'être suprême, latent, se place la trimourti ou trinité, composée de Brahma, le Créateur, de Vichnou, le Conservateur, et de Sivah, le Destructeur. Puis vient, sous cette triple classification, toute une suite de dieux inférieurs, bons ou méchants, et la puissance suprême se manifeste de telle sorte dans la création que tous les êtres et tous les objets sont, par là, susceptibles ~ d'être divinisés. La croyance à la continuité de la vie sous de nouvelle formes, c'est-à-dire à la transmigration des âmes ou métempsycose, contribue à rendre l'Hindou respectueux de toute créature. C'est un dogme de résignation et de douceur qui prescrit l'amour du prochain et des animaux.
Nous avons dit que les Indiens ont une propension extraordinaire à diviniser tous les objets dont leur vue est frappée, dont ils tirent quelque utilité ou éprouvent quelque terreur; ils adorent jusqu'à leurs fleuves, comme le Gange, purificateur de la mort, et l'Indus auquel ils doivent leur nom. Les incomparables splendeurs du pays qu'ils habitent sont de nature à puissamment agir sur des esprits simples et essentiellement religieux.
De nombreuses communautés se sont formées, le plus souvent sous l'influence du mahométisme, — des sectes aux pratiques barbares; par exemple celle des fakirs ou djogis qui se livrent à d'étranges mortifications, telles que vivre courbés dans des cages de fer, ou debout immobiles sur de hautes colonnes, rester pendus aux arbres jusqu'à ee que les bras s'ankylosent, ou tenir les, poings fermés jusqu'à ce que les ongles, par la croissance, traversent de part en part la paume de la main.
Curiosités artistiques. — L'art de l'architecture et de la sculpture a été poussé à un rare degré de perfection dans les édifices consacrés au culte brahmanique et aussi au culte bouddhique, qui a eu sa période de gloire dans l'Hindoustan et qui a laissé par tout le territoire des vestiges grandioses, lorsque la persécution des brahmes,
à grand effort, Teut refoulé au delà de THimalaya. Ce ne sont partout que monuments pieux et lieux de pèlerinage.
Trois ordres de temples se rencontrent communément ; ceux de la première époque, qu'on ne peut vraisemblablement pas faire remonter plus loin que trois ou quatre siècles avant Jésus-Christ, sont creusés sous terre; ceux de la période moyenne sont taillés dans le roc; puis viennent les pagodes, plus modernes, construites en matériaux rapportés.
Ces monuments, malgré la grande variété, on peut même dire la fantaisie, qui préside à leur décoration toujours très chargée, ont entre eux des affinités qui constituent un véritable style, et portent l'empreinte d'une originalité nationale. lien est où le dessin architectural disparaît sous la dentelle des ornements, les figures d'hommes, de dieux, d'animaux taillés en bas-reliefs ou en ronde bosse. Dans l'ensemble de la construction la forme pyramidale est généralement adoptée. Presque partout, spécialement au chapiteau des colonnes, se reproduit la fleur emblématique du lotus.
L'exécution varie suivant les époques; elle atteint une grande finesse dans les ouvrages de la troisième période. Mais là même les simples motifs d'ornementation, entrelacs, arabesques, sont traités plus habilement que les figures d'hommes et d'animaux. Aux images des grands dieux de l'Inde, Brahma, Vichnou, Sivah, Bouddha, représentés avec leur cortège de divinités secondaires, de serviteurs, d'adorateurs prosternés, et la suite interminable des animaux consacrés à leur culte, l'art a fini par associer les grimaces les plus grotesques, des êtres hybrides et monstrueux, des dieux ayant plusieurs visages et une infinité de bras, des déesses à tête de truie ou d'éléphant. Le dogme de la métempsycose a inspiré sans doute ces imaginations folles et naïves.
Il faut noter comme très remarquable la tendance des ouvriers hindous à accuser leur personnalité dans les
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travaux qu'ils entreprennent. Ils mettent des recherches d'art jusque dans la construction des maisons particulières, dont beaucoup ont une élégance un peu étrange, mais réelle, avec leur porte d'entrée toujours percée vers la gauche de la façade, par superstition.
Minéralogie, flore et faune. — Grâce aux nombreuses voies de çommunication, routes et lignes ferrées, créées en ces dernières années par les Anglais, les différents points de notre colonie se trouvent en relations directes avec les contrées les plus fertiles du monde.
Et d'abord ce sol de l'Hindoustan abonde en richesses minières. Ce sont les diamants de Panna, de Sambalpour, et de Karnoul, l'or de Wainad, le cuivre de Singbouhm et de l'Himalaya, le fer de Salem et de Tchotanagpore. Ce sont les saphirs, les rubis, les améthystes, les tourmalines, le granit, le porphyre, le mica, le soufre, le borax, l'amiante, les cristaux, la terre à porcelaine. De houille, on n'en extrait guère, dans toute l'Inde anglaise, qu'un million de tonnes par an, ce qui est relativement peu. La principale exploitation est le sel minéral.
Partout où il y a trace d'humidité, le territoire est couvert d'une végétation luxuriante et de magnifiques forêts, d'où on tire les bois de construction les plus durs. Au contraire, où l'eau manque, on ne rencontre que des jungles, sortes de vastes landes, broussailles de roseaux gigantesques, sans cesse desséchées par un vent brûlant.
Les cultures sont extrêmement variées. Ici, dans le haut bassin de Tlndus (Pandjab st Cachemire) les céréales, le lin, l'oranger, l'indigotier, étendent leurs champs à côté des pâturages où se nourrissent les chèvres dont le précieux duvet est employé à la fabrication des châles ; là, dans la vallée du Gange, poussent en abondance avec le froment, le maïs et le riz, le pavot blanc, qui donne l'opium; l'indigo, le coton, le colza^ le sésame, le ricin, le chanvre ; le bétel, que les Hindous mâchent avec passion; le safran, les plantes tinctoriales, le mûrier, les
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plantations de thé ; diverses gommes et résines, le caoutchouc, la gutta-percha; le jute, propre à la confection des étoffes communes. Dans la région du Dekhan, on trouve les mêmes productions, surtout le riz, le coton, la canne à sucre, le thé, le poivre; différentes espèces d'épices, gingembre, benjoin, camphre, jalap, salsepareille, rhubarbe, des plantes vénéneuses et médicinales, la rose, le jasmin, presque toutes les variétés de fleurs, et les arbres fruitiers de l'Europe.
Même diversité dans la faune. Dans les parties boisées et marécageuses habitent le tigre royal, le lion, la panthère, le rhinocéros, les sangliers, des buffles d'une taille colossale, des crocodiles et autres amphibies, beaucoup de singes très dissemblables par la taille. Les côtes sont peuplées d'une grande variété de poissons. Les insectes brillent d'un éclat inconnu aux zones tempérées. On élève facilement les vers à soie et les abeilles. Outre les faucons et les vautours acclimatés dans le nord, on rencontre dans les différentes parties de l'Inde beaucoup de paons, de casoars, des cygnes, des pélicans, des oiseaux de paradis, des ibis, quarante espèces de perroquets.
Les serpents pullulent et sont très dangereux. Parmi eux le cobra di capello, ou naja, vulgairement serpent à ItinetteSj, qui atteint jusqu'à deux mètres de longueur, constitue un véritable fléau. On ne saurait prendre trop de précaution contre sa morsure ; elle peut produire des accidents mortels. C'est le seul animal nuisible qui soit à redouter dans nos possessions mêmes; car situées en pays découvert et sur la côte, elles sont à l'abri des incursions du tigre ; le redoutable mangeur d'hommes ne s'aventure jamais hors des forêts et des jungles.
Animaux domestiques. — C'est de l'Hindoustan que sont originaires presque toutes les races de volailles, mais il est pauvre en bétail, surtout en comparaison de l'Europe. La rareté des pâturages et les habitudes frugivores des habitants empêchent l'accroissement des animaux de labour et
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de trait. Cependant il existe une belle race de bêtes à cornes, les bœufs trotteurs et coureurs des provinces centrales. Peu de chevaux, les Hindous soumis n'ayant plus à entretenir de cavalerie; ils sont remplacés comme bêtes de somme par les ânes, les buffles ou les chameaux, suivant les régions. Des éléphants, qui s'apprivoisent avec
Habitation ouvrière à Pondichéry.
facilité, se capturent dans les forêts marécageuses de l'Himalaya, sur les bords du Gange, au Bengale, sur le plateau du Dekhan, et dans les taillis de Geylan. Plus grands et plus forts que ceux de l'Afrique, ils sont susceptibles de rendre des services considérables à l'agriculture et à l'industrie; mais on les emploie plutôt encore à rehausser la pompe des fêtes et des chasses princières.
En 1882 la colonie française de l'Inde possédait 56,866 bœufs et vaches; 23,/i26 moutons; i,Zi78 porcs; 8,482 chèvres; 131 chevaux; 367 ânes et mulets.
En 1887 les chiffres ont varié sensiblement, et certaines espèces se sont développées au détriment des autres; il existe à cette date dans nos établissements ; 39,773 bœufs et vaches; 8,201 moutons; 1,823 porcs; 13,851 chèvres; 101 chevaux ; 323 ânes et mulets. Mais ces mouvements ne semblent pas obéir à une loi définie, et les statistiques quinquennales ne montrent pas qu'il y ait pour telle espèce ou pour telle autre une marche régulièrement ascendante ou descendante depuis vingt années.
Conditions climatériques. — Le climat .de Pondichéry est généralement salubre. Pendant la saison sèche, qui dure du l'^'' janvier au 15 octobre environ, la température moyenne est de 3P à Z|2° centigrades le jour, et de 27° à 29° la nuit.
L'hivernage ou saison relativement fraîche comprend les autres mois ; la température varie à cette époque de 25^ à 32** le jour et de 13^ à 15° et 20« la nuit.
La température de Karikal est à peu près semblable à celle de Pondichéry ; il en est de même des saisons.
Le climat de €handernagor, à raison du grand nombre de bois et d'étangs qui entourent la ville, est beaucoup plus frais que celui des pays environnants, seulement la température y est beaucoup plus variable que dans nos autres établissements. Tandis qu'elle s'abaisse en janvier à 8° et 1^ centigrades quelquefois, elle atteint en mai jusqu'à Zi3o. Elle est en moyenne de 22<> d'octobre à mars. On n'y connaît également que la saison sèche et l'hivernage.
A Mahé, le climat est très sain ; la température y est plus fraîche et plus régulière que dans les autres Dépendances ; elle varie de 22« à 26° en janvier, février et mars, de 25° à 30« d'avril à septembre, de 23«, à 27° en octobre, novembre et décembre. En somme la température moyenne de l'année est de 24^ à 25^ centigrades environ. Bien que la saison d'hivernage soit comprise entre le 15 mai et le 15 octobre, la mauvaise saison ne dure que pendant les
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mois de juin, juillet et une partie d'août. Les mois les plus frais sont novembre et décembre.
A Yanaon la température varie entre 20^ et 26^ de novembre à janvier, entre 27'' et 36^ de février à avril, entre 36^ et Zi2® de mai à juin, entre 28^ et 3Z(.« de juillet à octobre. Le climat de cet établissement est relativement salubre ; il participe en quelque sorte de celui de Chandernagor et de celui de Pondichéry,
Pluies. — Les pluies sont en général fort rares à Pondichéry ; il n'en tombe avec quelque fréquence qu'en juillet et août, d'une part, en octobre, décembre et janvier de l'autre ; les pluies torrentielles-sont presque constamment accompagnées de violents éclats de foudre, La moyenne des années 1880-1885 donne 0"%675, comme quantité de pluie tombant en moyenne par an. Ces pluies sont loin d'être périodiques; pour des causes inexpliquées jusqu'à présent, elles avancent ou retardent leur apparition ; il se passe des périodes de plus d'une année sans la moindre trace de pluie, et cela, bien entendu, au grand préjudice de l'agriculture, et, par suite, de la population. Ces sécheresses prolongées sont toujours le prélude de terribles famines, témoin celle de 1877.
Les pluies suivent à Karikal à peu près le même cours qu'à Pondichéry ; mais elles n'y sont pas aussi indispensables, parce que les cultures sont fertilisées par le débordement périodique des six petites rivières qui arrosent le territoire.
Elles sont plus abondantes à Chandernagor où elles commencent en mars et avril, deviennent continues en juin, et durent jusqu'à la mi-octobre; elles sont torrentielles au mois d'août.
A Yanaon, la saison des pluies commence vers le 20 juin, pour finir dans les premiers jours de novembre. A partir de cette époque jusqu'en juin, temps sec; quelques rares orages seulement en avril et en mai.
Quant à Mahé, quoique la saison d'hivernage soit com-
prise entre le 15 mai et le 15 septembre, les pluies y commencent quelquefois en mars ou avril; elles deviennent continues en juin, torrentielles en juillet et août, pour cesser ordinairement aux derniers jours d'octobre. La fin de la saison des pluies est signalée par de fréquents orages.
Vents. — Des vents réguliers, appelés moussons, régnent alternativement dans les mers de l'Inde pendant six mois de l'année. On les distingue, d'après leur direction générale, en mousson du sud-ouest et mousson du nord-est.
En septembre, il y a une période de transition, dite saison des calmes, où les brises cessent presque complètement. C'est un des mois les plus fatigants pour la population.
La mousson du nord-est règne depuis le 15 octobre jusqu'au 15 avril. Alors les vents soufflent généralement, à Pondichéry et Karikal, en jolie et bonne brise de l'est au nord-est et nord-ouest; suivant l'heure de la journée, le mois et la lunaison, ces limites sont quelquefois dépassées de quelques degrés. Accidentellement, on constate quelques souffles de l'ouest en petite ou légère brise. Les courants marins sont nord à sud et varient entre 1 et 3 milles.
La mousson du sud-ouest règne à son tour du 15 avril au 15 octobre. Les vents soufflent à cette époque en petite et jolie brise de l'ouest, ouest-sud-ouest et sud-est, suivant le mois, la lunaison et l'heure de la journée. Quelques rares vents d'est se font parfois sentir.
Pendant les mois de mai, juin, juillet et août, règne sur la côte de Coromandel, où sont précisément situés Pondichéry et Karikal, la brise chaude appelée vent de terre.
A Yanaon la mousson du sud-ouest règne de mars à septembre, celle du nord-est d'octobre à février. Le vent d'ouest règne de mai à juillet, comme à la côte de Coromandel.
Les moussons se font également sentir à Chandernagor ; les vents du sud-est soufflent" généralement pendant
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saison des pluies; ceux du sud pendant les chaleurs; ceux du nord-ouest au printemps et seulement pendant quelques jours ; le vent du nord règne en hiver.
A Mahé, où les moussons existent aussi, les vents les plus ordinaires sont ceux de l'ouest, du nord-ouest et du sud-ouest.
Ouragans, raz de marée. — Les renversements des moussons sont l'occasion de gros temps et d'ouragans; les plus violents apparaissent en novembre et en janvier.
Ces ouragans, ou cyclones, passent presque toujours sur la côte de Goromandel, au nord de Pondichéry, dans la direction de Madras; ils provoquent des vents frais du nord-ouest et nord-nord-ouest.
Quelques bourrasques accompagnées de violents coups de tonnerre, mais laissant toutefois la mer calme, se produisent à Mahé durant le mois de mai. En mars et avril éclatent à Chandernagor des ouragans accompagnés de grêle.
L'état de la mer varie à Pondichéry entre belle et petite houle, qui occasionne des ressacs plus ou moins accentués; elle n'est mauvaise que lorsqu'un cyclone passe à proximité. Dans ce cas la hauteur des lames atteint fréquemment li mètres ; les fonas voisins du rivage, c'est-à-dire ceux compris entre 12 mètres et la terre, subissent des dénivellements sensibles qui se comblent peu à peu après le passage du météore.
La hauteur de la pleine mer à Pondichéry ne dépasse pas ordinairement 1 mètre; dans les grandes marées, elle atteint 2"%517 et quelquefois 2"%598, L'heure de la pleine mer aux nouvelles et pleines lunes est 1 heure et demie.
La marée est à Karikal, terme moyen, de 1^^,62/1 aux nouvelles et pleines lunes; l'heure de la pleine mer est environ à neuf heures du matin.
Enfin à Mahé, la mer marne, en rivière, d'environ six pieds sur un fond de vase nivelé.
Durée du jour. — Les jours les plus courts sont ceux de
Océan Indien. 25
]a fin de décembre et du commencement de janvier, et les plus longs sont ceux de la fin de juin et du commencement de juillet; ils varient de onze heures dix-huit minutes à douze heures quarante-huit minutes.
Baromètre. — A la direction du port, c'est-à-dire au niveau de la mer, le baromètre varie entre 75Zi millimètres (juillet) et 767 millimètres (février).
La marée diurne est d'environ 3 millimètres.
Femme indienne revenant du marché.
ChANDERNA GOR.
— Temple en raine.