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Rio Fresco — rivière fraîche — d'où l'on a fait Rufisque

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD

sera drainé, puis comblé. Ce sont les disciplinaires qui sont chargés de ces travaux.

Rufisque et Saint-Louis sont éclairées à Télectricité ; Daliar ne tardera pas à Têtre à son tour.

Centres du Cayor. — Le long de la voie ferrée qui relie Dakar à Saint-Louis se trouvent un certain nombre de points qui méritent d'être mentionnés. Tels sont : M' pal, avec ses champs d'arachides; Louga; N'Dande^ placé au milieu de la grande forêt de rôniers du Cayor ^ ; Thiès^ au centre d'un pays splendide, où Ton remarque un baobab de 33 mètres de circonférence; enfin le village de Pout.

Centres et postes du fleuve. — Le premier que l'on rencontre en quittant Saint-Louis, est Richard-Toll (jardin de Richard); on a vu dans un précédeat chapitre, quelles étaient les raisons qui avaient empêché d'aboutir les cultures tentées en cet endroit.

Au point de vue pittoresque, Richard-Toll mérite d'être signalé; des allées de bambous, des arbres d'un port magnifique, des massifs de fleurs, des plantes d'ornement lui donnent un aspect vraiment réjouissant. Le poste est une grande et belle maison, surmontée d'un étage et entourée d'un mur d'enceinte.

Plus loin se trouve Dagana, où s'élèvent quelques maisons de commerce bâties en ligne droite le long du fleuve, sous des rangées de fromagers qui les ombragent; le poste, à côté duquel a été créé un beau jardin, est une enceinte bastionnée sur la façade nord de laquelle est une maison à un étage avec de belles et vastes galeries. On fait à Dagana un commerce de gomme et de cuirs.

Podorest à 2^0 kilomètres de Saint Louis; c'est le point le plus chaud de toute la Sénégambie ; il y fait souvent A5 et Zi8 degrés à l'ombre. Devant le poste, qui consiste en une enceinte où se trouve, au milieu d'une belle plantation

1. C'est à ce village que se trouve le buffet du chemin de fer qui délivre, comme en Europe, des paniers garnis au moyen desquels on peut déjeuner en chemin de fer.

d'arbres, une vaste habitation à un étage avec rez-dechaussée élevé, coule le fleuve Sénégal, large d'environ 200 mètres en cet endroit.

Vient ensuite le petit poste d'Aéré, puis celui de Saldé, construit en 1859.

L'habitation de ce dernier poste^ qu'il est convenu d'appeler la tour de Saldé^ est un bâtiment carré d'une certaine hauteur, ayant un rez-de-chaussée surélevé et un étage; ce bâtiment est pourvu de meurtrières et d'embrasures, afin de faciliter la défense en cas d'attaque. Ainsi que les postes de Matam et de Bakel, le poste de Saldé est chargé non seulement de surveiller les Maures de la rive droite, mais surtout de surveiller les populations turbulentes du Fouta central ; le village indigène, situé non loin de la tour, porte le nom de Tébékout.

Centres du Saloum, de la Casamance et des rivières DU sud. — Les quatre centres principaux du Saloum sont Joal^ ancienne capitale d'un petit royaume indigène, Portudal^ qui est comme Joal, un des plus grands marchés d'arachides de la contrée, Kaolack, situé sur le Saloum même, à 60 milles dans l'intérieur, et Fatik^ centre commerçant, voisin du village de Félane, résidence du bour ou roi du Sine.

Sur la Casamance, il convient de citer : Carabane, qui expédie des huiles au Sénégal et se trouve situé au milieu d'un marais infect; Sedhioii, à 165 kilomètres de la mer, qui est devenue une véritable ville européenne avec constructions en briques, magasins, etc., et qu'on appelle dans le pays Francis-Kounda (demeure des Français), et Zighinchor, ancien poste portugais, où pourraient venir borraquer, s'ils avaient le moyen de franchir la barre du fleuve, des bâtiments calant 12 et ik mètres.

Dans les Rivières du Sud, les principaux centres sont : sur le Cogon ou Compony, Kandiafara, au milieu d'un pays magnifique et de populations nombreuses.

Sur le Nunez, Victoria^ poste de douane, et Boké^ à

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Zi5 milles de Tintérieur, situé sur un promontoire qui domine tout le pays d'une hauteur de 100 mètres. C'est de Boké que René Gaillié partit en 1827 pour son grand voyage de l'intérieur. Le général Faidherbe, étant gouverneur du Sénégal, lui a fait élever un monument en cet endroit.

Sur le Pongo, Boffa^ qui n'est encore qu'un poste de douane.

A l'entrée de la Dubréka, sur la petite île de Toumbo, Konakry, qui vase développer rapidement, non seulement à cause de la résidence du lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud, mais aussi en raison de Tescale que font chaque mois les paquebots de la nouvelle ligne française de la Gôte occidentale d'Afrique.

Enfin, sur la Mellacorée, le grand village de Benly^ occupé par une garnison française.

FoiUa-Diallon. — G'est du gouvernement des Rivières du Sud que dépend un vaste pays protégé, le Px^uta- Diallon.

La capitale politique de ce pays est Timbo, dont les habitants ne sont qu'au nombre de 2.000 au plus; encore la plupart d'entre eux n'y viennent-ils que pendant la saison sèche, consacrant l'hivernage à la surveillance des travaux agricoles I La mosquée, les palais, le cimetière couvrent plus du tiers de la superficie de la ville.

Autour de Timbo, sont de gros villages très peuplés. L'un d'eux, Sokotoro, est la résidence ordinaire des aimamys; il compte plus de 2.000 habitants. Un autre, plus peuplé encore, est celui de Bouria, où se trouve le premier oranger planté dans le pays ^

1. On aura une idée de la puissance de végétation de ce pays quand on saura que cet arbre a plus de trois mètres de circonférence et que ses rameaux peuvent abriter environ deux cents personnes. G'est au pied de cet oranger que se trouve le tombeau du fameux marabout Issa (Jésus), devant lequel tout cavalier doit, en passant^ descendre de sa monture»

La ville sainte est Fougoumba, formée d'un millier de \ > paillettes et entourée d'une ceinture d'arbres si épaisse qu'on ne peut la voir entièrement d'aucune élévation avoisinante. C'est là qu'ont lieu, aux changements de pouvoir, les cérémonies d'investiture.

Parmi les autres villes de la contrée, on remarque Labé, inhospitalière aux voyageurs européens; Tinibi^ située également au milieu d'une épaisse forêt, qu'arrose le

Femme toucouieurs. almamys qui échangent tour à tour la couronne.

Le parti des Sorya est le plus puissant, et parfois l'almamy qui le représente reste en fonctions pendant trois années consécutives, tandis que son collègue ne gouverne ensuite que pendant l'année qui termine la rotation du pouvoir. Au-dessous de ces deux almamys, est le président du Conseil du royaume appelé Diambrou-diou- Mahoudou-Poul'Poulor (grand porte-paroles des Peulhs), qui joue auprès d'eux à peu près le rôle que jouait le président du Conseil des Dix auprès du doge de Venise.

Kakrenia; Tountouroun; Séfour; et enfin Touba, qu'on croitêtre la plus peuplée de tout le Fouta-Diallon.

Le Fouta-Diallon est gouverné par deux factions rivales l'une de l'autre, les Sorya et les Alfaya. Cette division provient de ce qu'autrefois un roi du pays (Sorya) se désista temporairement du pouvoir en faveur d'un de ses cousins (Alfaya). Quand il voulut reprendre ce pouvoir, la guerre éclata et, pour y mettre fin, il fut convenu, entre les chefs des deux partis ennemis, que chaque dynastie régnerait à son tour sur le royaume pendant une durée de deux années. On créa ainsi deux

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C'est le plus riche propriétaire du Fouta-Diallon; il n'a pas moins de 5,000 captifs.

La division en Sorya et en Alfaya paraît si naturelle aux Diallonkés qu'avant la signature du traité qui a placé leur pays sous notre protectorat, c'est-à-dire à l'époque où les Français du Sénégal et les Anglais de Sierra-Leone étaient en rivalité d'influence, les premiers étaient dits Sorya et les seconds Alfaya.

On voit ainsi de quel côté se portaient les sympathies de chacun des almamys. Il en résuUe qu'aujourd hui encore, selon le parti qui se trouve au pouvoir, nos relations avec le Fouta-Diallon sont réservées ou amicales.

Moyens de défense sur

TERRE ET SUR MER, — LeS

principaux ouvrages de défense de la colonie du Sénégal sont :

A Saint-Louis, la batterie de Guet N'Dar;

A Dakar, le fort et la batterie de Bel-Air;

A Gorée, le Castel et les trois batteries de la pointe nord, de l'ouest et de la place.

A vrai dire, plusieurs de ces points ne pourraient résister sérieusement à une attaque un peu vive. Toutefois, Dakar serait à peu près à l'abri si l'on construisait un second fort sur l'îlot de la Madeleine, à Test du cap Manuel. Néanmoins les troupes de terre et la station locale constitueront toujours un excellent moyen de défense.

Les troupes de terre comprennent :

1 bataillon d'infanterie de marine de 3 compagnies de

120 hommes et d'une demi-compagnie; i bataillon de tirailleurs indigènes de li compagnies de 150 hommes; 1 compagnie de disciplinaires de 200 hommes; 2 pelotons de spahis indigènes de ZiO hommes; 1 batterie et demie d'artillerie comptant en tout 150 hommes et un détachement d'ouvriers de ZiO hommes; au total, 1.500 hommes

Quant à la station locale, elle comprend, outre VAfricain^ ponton-caserne :

Les avisos la Salamandre^ la Cigale, qui font principalement le service du fleuve, V Ardent, la Mésange, le Héron, qui font le service de la côte, le Goéland, qui est détaché en Guinée, avec le bateau à vapeur VAkba. L'équipage de ces différents avisos comprend en tout environ 300 à 350 hommes.

C'est donc une force totale de 1.700 à 1.800 hommes qui se trouve à la disposition du gouverneur, mais qui est dispersée sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés.

1. Il a été déduit du chiffre total, comme on peut le voir, les troupes détachées au service du Soudan, c'est-à-dire une demi-compagnie d'infanterie de marine, cinq compagnies de tirailleurs, deux p-^lotons de spahis, une demi-batterie d'artillerie, une compagnie de conducteurs indigènes et quelques ouvriers.

Poste de Kaolack, sur le Saloum.

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