OBSERVATIONS
IBelIe farine, beaucoup d'amidon.
IEn cultivant successivement ces deux varié- ^ tés, les in-
Idigènes en ont, comme on le voit, pour toute l'année.
^Beaucoup de > farine.
La culture du mil est, avec la préparation du couscous, une des occupations principales des indigènes K
Il est à peu pxès impossible d'évaluer, même approximativement, l'importance de la récolte annuelle et la superficie des terres cultivées en mil. On estime cependant que, dans le territoire possédé ou annexé, les cultures s'étendent sur une surface d'environ 150.000 hectares. La récolte de chaque année est consommée dans le pays; une petite partie seulement -— 3.000 ou /i.OOO tonnes de gros mil — est expédiée sur Bordeaux et sert à faire, soit de l'amidon, soit de la farine (61 0/0 du mil employé), soit encore de l'alcool {M 0/0 à 95°).
Depuis le Oualo jusqu'au Niger, le gros et le petit mil.
1. Le couscous se prépare avec les grains du mil réduits en une farine que Ton cuit à la vapeur dans des vases percés de trous; on associe cette farine à du maïs qui lui donne une couleur jaune, et on y ajoute de la viande ou du poisson.
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indistinctement, valent environ 10 francs les 100 kilogrammes.
L'arachide. — L'arachide, ou pistache de terre {avachis hypogea), est une plante annuelle, de 30 à 1x0 centimètres de hauteur, velue et touffue. Elle donne des gousses longues de 3 à 5 centimètres renfermant 1 ou 2 graines seulement, rarement plus. La tige qui porte la gousse s'infléchit progressivement jusqu'à terre, et la gousse arrive à toucher le sol, où elle pénètre peu à peu. Quand les gousses sont mûres, on arrache les pieds d'arachide qu'on laisse sécher au soleil, puis on sépare les gousses des feuilles et des tiges.
Pour cultiver cette plante, qui est épuisante, les indigènes fertilisent le sol en brûlant simplement les mauvaises herbes qu'ils ont d'abord coupées et laissées sécher sur place ; les femmes et les enfants bêchent alors légèrement le terrain, sèment les graines et les recouvrent de terre. Les semis se font de la fin de juin au milieu d'août et la récolte a lieu quatre ou cinq mois après.
Il y a deux variétés d'arachides :
1° Celle de Galam (cultivée vers Bakel et Médine), dont la coque est assez grosse, qui donne une petite quantité d'huile, de qualité inférieure; — 2^ celle du Ca;?/or (cultivée vers Dakar, Rufisque, Saint-Louis, Kaolack, etc.), dont la coque est petite et lourde, et qui donne une grande quantité d'huile, de qualité supérieure.
La première veut un sol argileux et compact ; la seconde demande plutôt une terre légère et sablonneuse.
Le rendement varie entre 30, 32 et même 35 pour 1 ; autrement dit, 80 kilogrammes de graines semées donnent un rendement de 2.500 à 3.000 et même 3.500 à 3.600 kilogrammes 1.
1. L'hectohtre d'arachides pèse 30 à 40 kilog'. ; en général, on vend l'arachide par quintal ou barrique. La barrique, comme le quintal, est de 100 kilog. A Marseille, le prix moyen de vente de l'arachide est de 30 francs la barrique.
Il y a encore une douzaine d'années, le Sénégal produisait relativement peu d'arachides, malgré le développement progressif de cette culture; le principal centre de production était alors l'Inde anglaise. Mais, depuis qu'on a construit le chemin de fer de Dakar à Saint-Louis, le Cayor, en partie inculte jusqu'à cette époque, s'est trouvé mis en culture comme par enchantement et, chaque année, au moment de la récolte, la compagnie du chemin de fer est obligée de déployer une activité extraordinaire pour arriver à transporter à Dakar et surtout à Rufisque les envois d'arachides que toutes les stations de la ligne sans exception reçoivent des cultivateurs de la région ^
En 1887, la production annuelle du Sénégal en arachides a été d'environ 70.000 tonnes et cette production s'accroît sans cesse.
A part Bakel, qui fait partie du Soudan français, les principaux marchés d'arachides sont les stations du (^ayor, Rufisque, Sedhiou, Carabane, enfin Boké, dans les Rivières du Sud. Les expéditions hors de la colonie sont presque toutes dirigées sur Marseille,
Des gousses, on extrait environ Zi5 à 50 0/0 d'huile. Celle-ci, obtenue à froid, est incolore, sans saveur, sans odeur; elle est surtout employée pour la savonnerie fine;
1. Ce développement si rapide du Cayor est Texemple le plus frappant et le plus indiscutable de ce que peuvent produire les chemins de fer de colonisation. C'est ce qu'on n'a ^ pas encore compris en France, c'est ce 'que les Anglais et les Américains ont si Jjien mis en pratique. Le défaut que nous avons eu jusqu'ici, dans les quelques tentatives qui ont déjà eu lieu, a été de vouloir faire trop grand, et par conséquent beaucoup trop cher. Les lignes ferrées coloniales, qui doivent précéder et créer la colonisation, et non pas attendre le développement d'un pays, ne peuvent être établies que d'une façon très économique. La voie d'un mètre est généralement trop coûteuse, celle de soixante centimètres paraît être la meilleure. Si le chemin de fer pros père, il est toujours facile ensuite de transformer la voie et de donner à la ligne les développements qu'elle comporte.
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elle est en outre comestible et sert, dit-on, à frauder les huiles d'olive et d'amandes douces ; obtenue à chaud, elle a une odeur et une saveur désagréables ; elle prend une couleur foncée et ne peut servir qu'aux savons communs et à réclairage.
Les tourteaux sont très estimés par les bestiaux. Les graines sont employées parfois comme aliment à l'état naturel (en Algérie, par exemple, où elles prennent le nom de cacahuets et en Tunisie celui de cacaoyas). En Angleterre, les enfants les mangent grillées : elles ont ainsi un goût de noisette. Dans l'Amérique du Nord, on en fait des plats sucrés et on les emploie aussi pour frauder ou remplacer le café et surtout le chocolat.
La gomme. — La gomme arabique est, après le mil et l'arachide, le produit végétal le plus important de la Sénégambie.
Cette gomme, presque entièrement produite par diverses variétés d'acacias et principalement par les suivantes : lomenlos^ adstringeans, fasciculata, vërek^ neboueb et séyat, apparaît sous l'influence de certaines conditions morbides; elle provient d'une maladie de l'arbre K
Les gommiers se rencontrent, groupés sur des étendues plus ou moins vastes, dans tout le bassin du Sénégal, dans le pays des Trarzas, des Braknas, des Douaïch et dans le Diombokho (rive droite), ainsi que dans le Oualo, le Cayor et le Djolof (rive gauche). Ils existent en quantités considérables dans tout le désert de Ferlo.
Au mois de novembre, vers la fin de l'hivernage, lorsque lèvent sec et chaud du désert commence à souffler, les
1. Une expérience fort connue consiste à pratiquer une incision dans l'écorce et à y insérer une petite parcelle de gomme; bientôt l'arbre laisse exsuder un liquide visqueux se solidifiant au contact de l'air en une masse solide qui n'est autre que la gomme. Cette expérience peut aussi être faite en France sur les cerisiers et les abricotiers, arbres qui laissent exsuder une variété de gomtiie à laquelle on a donné le nom de gomme-nostras.
gommiers perdent leurs feuilles; leur écorce se fendille et laisse exsuder la gomme, qui s'épaissit rapidement et atteint parfois un volume assez considérable
Chez les Maures, les forêts de gommiers, qu'on appelle des kraba^ sont des lieux sacrés où, sous peine d'une punition sévère, il est défendu de briser une branche. La possession de ces forêts a été de tout temps l'occasion de disputes et dè guerres entre les tribus : aujourd'hui, ces kraba appartiennent exclusivement aux trois grandes tribus maures, Trarzas, Braknas, Douaïch, dont les chefs se les sont appropriées et les font exploiter par leurs captifs.
Quand le terrain, inondé jusqu'alors, est à peu près sec, les Maures viennent camper dans les forêts et la récolte commence. Les esclaves, seuls, travaillent ; ils enlèvent la gomme à la main ou avec de longues gaules terminées par un crochet de fer. La première récolte est finie vers la midécembre; on la reprend un peu plus tard et la récolte entière n'est tout à fait terminée qu'à l'époque de la traite, qui commence en mai. Les Maures se rendent alors dans les différentes escales du fleuve, et bientôt Dagana, Podor, Saldé, Matam et Bakel présentent une animation extraordinaire.
La gomme est apportée dans des sacs de cuir et échangée contre des marchandises ou des pièces de cinq francs en argent, nommées gourdes par les indigènes. Les marchandises sont ordinairement des denrées alimentaires (mil, maïs, riz, biscuit), du tabac, des fusils et des munitions, des clous, de l'ambre, de la coutellerie, de la verroterie et enfin des étoffes. Mais le principal article d'échange est la guinée, pièce de cotonnade bleue de 15 mètres de longueur qui se divise, dans tout le Sénégal, en 30 coudées de 50 centimètres chacune ; ces guinées proviennent de Savannah, près de Pondichéry (Inde française), de
1. Ce travail de l'exsudation est souvent aidé, sinon provoqué^ par une plante parasi4ie, nommée le loranthus senegalensis.
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Belgique ou de Manchester. A chaque escale, le gouvernement perçoit un droit fixe d'une guinée par mille kilogr. de gomme; la pièce de gainée valant en moyenne 10 francs, c'est à peu près un droit de 1 pour iOO qui est ainsi perçu et remis en totalité aux chefs des Braknas et des Trarzas, lesquels s'engagent en retour à ne pas imposer les marchandises françaises qui transitent chez eux.
Les achats se font de deux manières : au tas, à un prix moyen, et c'est là que se montrent le coup d'œil et l'habileté du traitant, ou au poids, à un prix fixe.
Aux escales on distingue deux espèces de gommes : la gomme de Podor (du bas du fleuve) et celle de Galam (du haut du fleuve). La première, la plus estimée, se compose de larmes sèches, non friables, ridées à l'extérieur, peu volumineuses et transparentes; les morceaux pèsent parfois jusqu'à 500 et même 600 grammes; ils sont alors moins secs et moins cassants. La seconde se compose de fragments moins réguliers et recouverts d'une couche opaque.
Après un premier triage, très sommaire, les gommes mises en ballots de 80 kilos, et sont expédiées à Saint- Louis, d'où on les dirige sur Bordeaux; dans cette ville, elles subissent un nouveau triage, très méticuleux, et le contenu de chaque balle est réparti en diverses catégories, répondant chacune à un emploi industriel diff"érent. Ces catégories sont :
La grosse blanche (blanche ou jaune clair), provenant de la première récolte ;
La petite blanche (môme couleur), même provenance ;
La grosse blonde (jaune ou jaune rougeàtre) j
La pétite blonde (même couleur) ;
La blonde larmeuse^ provenant de la dernière récolte;
La fabrique (raboteuse, rougeàtre ou brunâtre) ;
Les grabeaux, résidus provenant du frottement des morceaux de gomme entre eux pendant le trajet de la forêt à l'escale; ces grabeaux se subdivisent en gros, moyens, menus, triés, fabrique et poussière*
11 existe d'autres gommes, peu marchandes ou non marchandes, qui sont :
1^ La gomme marron, dont les Maures se nourrissent;
2° La gomme friable des environs de Matam et de Saldé, qui ne sèche pkis quand elle a été mouillée et prend l'aspect de la glu ;
3° La gomme du fromager, avec laquelle les Maures cherchent à frauder la gomme arabique, quand la récolte a été mauvaise;
4» Le bdellium ou moiinass, gomme- résine dont les Maures se servent comme parfum et qui répand en effet en brùlaut une odeur balsamique ;
5" La gomme verte, d'une couleur vert émeraude qui disparaît quand on la regarde à la lumière;
6'' La gomme luisante, à peine colorée et en grande partie insouble ;
7° La gomme pelliculée, recouverte d'une peau d'un jaune opaque; Enfin la gomme mamelonnée, de mauvaise qualité et difficilement soluble.
Les gommes blanches sont employées en pharmacie pour les pâtes, les sirops, etc.; on s'en sert aussi dans la confiserie pour les bonbons, dans la distillerie, et dans la lingerie, pour apprêter le linge et les dentelles. Les gommes blondes et les grabeaux sont employés en partie aux mêmes usages, mais on les utilise en outre pour les apprêts ordinaires, les impressions sur tissus, la préparation de la colle pourfournituresdebureau, étiquettes, enveloppes, etc. Enfin la gomme fabrique est employée en France, en Angleterre et en Russie, pour apprêter les tissus de laine et de coton.
La production annuelle de la gomme est en moyennne, au Sénégal, de 3 millions de kilogrammes. En 1886, il a été vendu : dans les escales, 2 . ilxi . 237 kilogrammes de gommes de Podor (à environ 2 fr. 2^ le kilog.) ; 61x7 . 197 kilogrammes de gomme de Galam (même prix); 26.061 kilogrammes de gomme friable (à 0 fr. 65 le kilog.) et, dans les Rivières du Sud, 10.225 kilog. de gommes mélangées (à 1 franc le kilog. 1).
1. On estime qu'un acacia, de l'espèce vérek, tomentos, neboueb, etc., peut donner annuellement de 600 à 800 grammes de gomme.
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Aujourd'hui les besains de Tindustrie sont tels que la production pourrait être beaucoup plus considérable; il est regrettable que personne ne songe à accroître les plantations d'acacias, arbres très rustiques, qui viennent à peu près partout et ne demandent aucun soin ; ces plantations seraient d'autant plus utiles que les Maures se contentent de récolter la gomme, mais ne s'occupent nullement de
Rade de Dakar.
remplacer les arbres devenus vieux. Pour des colons ou des industriels, une exploitation de ce genre pourrait, au bout d'un certain nombre d'années et sans demander de grands capitaux, donner de sérieux bénéfices.
Riz, maïs, plantes vivrières. — Le riz est beaucoup plus cultivé, dans les Rivières du Sud, dans laCasamance et sur la petite côte (Joal, Foundioum), que dans le Oualo.
Le maïs couvre environ 100.000 hectares dans les pays possédés ou annexés; la récolte est, comme celle du riz, consommée sur place.
Afrique, i. 10
Les cultures maraîchères comprennent, dans la même région, une superficie de 500 hectares environ. Aux environs de Saint-Louis, autour de Dakar, auprès de Rufîsque et dans quelques-uns de nos postes, il a été créé des jardins maraîchers qui procurent des vivres frais à la colonie. Les plantes qui viennent le mieux sont les tomates, les haricots, les pois, Toseille, les giraumons, le poivre, le piment, etc., enfin toutes celles qui poussent en France, sauf les oignons et les pommes de terre qu'on est obligé de faire venir delà métropole. On cultive aussi, pour la consommation locale, des melons ou diombos et des haricots du pays, ou niébés.
Coton, tabac, café, graines oléagineuses. — Le coton pousse à rétat sauvage; en quelques endroits il est cultivé en petite quantité, et seulement pour les besoins du pays. Ce coton , quoique de fort belle qualité, est malheureusement un peu court.
La culture du tabac est également restreinte et sa production réduite à la consommation locale. Quant au café, on le rencontre principalement dans les Rivières du Sud, où il vient à l'état sauvage ; mais les pieds en deviennent assez rares et il est à craindre qu'ils ne disparaissent entièrement. Ils donnent du café de l'espèce dite du Rio-Nunez dont le grain est aussi petit que celui de l'espèce dite de Libéria est gros; en 1888, Texportation de ce café n'a pas dépassé 112 kilos ^
Outre Tarachide, il existe en Sénégambie d'autres plantes oléagineuses dont la culture pourrait être développée : le sésame, le béref (graines de melon), l'amande de palme, la pourghère, la noix de touloucouna, enfin le ricin, qui pousse d'une façon merveilleuse et devient arbo-
1. On ne saurait trop attirer l'attention des habitants de la métropole sur les immenses richesses végétales qu'on pourrait exploiter, soit à l'état naturel, soit au moyen de cultures, dans la région dite des Rivières du Sud, l'une des plus fertiles et des plus productives de toute l'Afrique.
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rescent. On distingue le ricin à gros grains et le ricin à petits grains; outre son usage en médecine, Thuile qu'on en retire est employée dans la parfumerie et un peu dans la teinture. En 1888, il a été exporté du Sénégal, 2.997 kilos d'amandes de palme, Zi50 kilos de graines de pourghère et 19/i kilos de graines de ricin; en 1887, les Rivières du Sud ont exporté 3.500.000 kilos d'amandes de palme, 6.600.000 kilos de noix de touloucouna et 240.000 kilos de sésame.
Caoutchouc. — On trouve aussi sur les marchés du Sénégal, outre un grand nombre de plantes médicinales, un produit dont le commerce se développe de plus en plus : c'est le caoutchouc dont il a été exporté, en 1887, pour 675.000 francs. Ce caoutchouc provient d'une liane à suc laiteux, le calotropis procera, qui porte dans le pays le nom de fafetone. Cette liane se rencontre en quantités considérables dans les Rivières du Sud; elle vient naturellement et l'on n'a qu'à se donner la peine de récolter son produit; il en est de même de la plante qui produit la gutta-percha; mais celle-ci est beaucoup plus répandue dans le bassin du Haut-Niger.
Bois. — Quoique la Sénégambie puisse fournir beaucoup de bois, on a tellement dévasté les forêts qui bordaient le fleuve et les marigots, qu'il faut remonter jusqu'à Richard- Toll ou pousser jusqu'au lac de Guier pour trouver des parcelles forestières de quelque importance. Sur la ligne de Dakar à Saint-Louis s'étend une immense forêt de rôniers; enfin les Rivières du Sud, les bords de la Gambie, ceux du Saloum, de la Casamance, sont couverts d'arbres, et les forêts du Ferlo, quoique un peu clairsemées, occupent des superficies considérables.
Les principales essences d'arbres qu'on rencontre en ces différentes forêts sont :
Les acacias de toute espèce, qui produisent la gomme et peuvent servir à la menuiserie (le plus répandu est le gonakié, qui n'est autre que Vacacia Adansonii ou astringens, qui sert à faire des
pilotis ou des embarcations et ne se corrompt jamais dans Teau; — le khoU (lonchocarpus sericeus) dont le bois ressemble au citronnier et sert aux mêmes usages (très répandu dans la Casamance); — le téli {erythrophlœum gyineense), qui est inattaquable et qu'on emploie pour la confection des coffres et des ustensiles de ménage; — \ehaobab {Adansonia digitata), arbre sacré qui prend des proportions gigantesques et vit parfois pendant plusieurs dizaines de siècles ; les nègres en font des cercueils et de longues pirogues d'une seule pièce; — le dimb {stercula cordifolia)^ arbre magnifique qui pousse surtout sur les rives de la Gambie, résiste facilement aux insectes et s'emploie principalement pour les constructions navales et la charpente; — Voranger [citrus aurantium)^ employé pour les manches d'outils; — le cailcédrat {kaya senegalensis) ou acajou du Sénégal, arbre gigantesque, qui s'emploie pour la menuiserie et la charpente; — les ficus de toute sorte (sycomora, azfelii, augustissima^ Beniamina, folioruhray ferruginea, reliqiosa, rugosa)^ qui servent à faire des cases, des boîtes, des cercueils et des idoles; — Vevino {vitex cimeata), qui vient dans les terrains secs, ressemble beaucoup au noyer et sert comme lui à faire des meubles ou des planches; — le genipa (genipa Jovis tonantis), un des plus beaux bois d'Afrique, dont les rameaux sont plantés au-dessus des cases par les indigènes qui prétendent que cet arbre éloigne la foudre; — le hombax ou fromager; — le palmier-rônier ; — le palmier-dattier (seulement au nord de Saint-Louis); — le palmier oléifère; — le cocotier; — le manglier et le palétuvier; — et enfin le bambou.
Considérations générales. — Il est regrettable qu'au point de vue forestier une réglementation, quelle quelle soit, ne puisse être appliquée au Sénégal ; l'exploitation bien comprise d'une partie des essences qu'on y rencontre donnerait d'importants bénéfices ; on pourrait même, au moyen de coupes bien réglées portant seulement sur certaines essences communes, et d'aménagements bien entendus, alimenter les machines d'un petit chemin de fer de pénétration allant du littoral vers le Haut fleuve à travers le Ferlo ou le long du Saloum. Enfin, autour de Saint- Louis et sur une partie de la Côte maure, il serait utile de créer des plantations de cocotiers et de tenter, dans l'intérieur du pays, des plantations d'acacias, de palmiers oléifères, de bambous, etc.. Il serait également désirable qu'au moyen de moniteurs agricoles on apprît
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aux noirs à mieux entendre la culture de la terre, de façon qu'ils ne se crussent plus obligés de brûler les hautes herbes et par suites les arbres, pour obtenir de plus belles récoltes.
Sous le rapport purement agricole, il y a beaucoup à faire, malgré les tentatives qui ont pu échouer jusqu'ici; c'est que tout dépend en effet des conditions dans lesquelles ces tentatives ont été faites. Les unes ont dû leur insuccès à un terrain mal choisi, d'autres à l'incurie ou à l'incapacité de qui les dirigeait, quelques autres au manque de capitaux, d'autres enfin à de mauvaises conditions économiques. En agriculture, il ne suffit pas que la culture d'une plante ait échoué une ou plusieurs fois dans un terrain, pour affirmer que cette plante ne peut s'acclimater ni donner aucun bénéfice ; bien souvent, là où dix personnes n'auront pas réussi, une onzième réussira pour avoir tenu compte d'un facteur ou d'une circonstance que ses prédécesseurs avaient omis ou écarté.
En tout cas, il est indispensable de créer au Sénégal et dans les Rivières du Sud : deux jardins coloniaux qui pourraient être à la fois des pépinières pour les plantes du pays, des terrains d'acclimatation et de champs d'expériences pour les plantes de la métropole; — enfin des écoles pratiques d'agriculture pour un certain nombre de noirs qu'on disperserait ensuite dans le pays comme moniteurs agricoles.
Animaux domestiques. — En 1886, il existait au Sénégal plus de deux millions et demi d'animaux domestiques dont 98.000 quadrupèdes et plus de 2.Zi00.000 animaux de basse-cour. Les quadrupèdes se divisaient en :