‹ Les colonies françaises; (volume 4)Chapitre 24 sur 30 · Voirie fascicule concernant le Sénégal · texte numérisé non relu

Voirie fascicule concernant le Sénégal

SOUDAN FRANÇAIS

incultes et dont toutes les parties sont utilisées en pharmacie : sesgraines renferment une huile qui est analogue à l'huile de croton et est très combustible; — enfin l'herbe-au-diable ou herbe amère- {clatura tatula)^ qui est encore plus efficace contre Tasthme que le dalura stramonium.

Lianes ou plantes grimpantes. — Le fafetone {calotropis procera} est une liane qui atteint parfois en épaisseur des dimensions assez, considérables : cette liane sécrète un suc laiteux qui n'est autre que dû caoutchouc : Técorce est. employée en pharmacie : les feuilles ont, à ce que disent les noirs, la propriété de clarifier l'eau : avec les fibres qu'on extrait de cette liane, on fabrique des fils qui sont utilisés pour la couture et le tissage : enfin , les graines contiennent une soie courte avec laquelle on peut faire des étoff"es, mais qui est dangereuse avant d'être tissée, car elle attaque les poumons ) — la luffa {lujfa acutangula) donne un fruit qui se mange cuit : les graines sont oléagineuses ; — la liane-torchon (momordica operculata ou muricata) est une des plantes les plus amères que l'on connaisse : le squelette fibreux de son fruit est assez employé comme textile; — le riz de singe ou guieb-golo (vitis quadrangularis) donne des baies qui sont mangées par les nègres et surtout par les singes (d'où vient son nom) : les tiges sont bonnes contre les brûlures; — enfin le pois de cœur {cardiospermum halicacabrum), lecissampelos pareira^ la pauUinia {paullinia pinnata ou senegalensis) et le cocculus (ou chasmanthera) Bakis ne sont employés jusqu'ici qu'à des usages médicinaux.

Il ressort de cette longue «numération que le Soudan français possède comme végétaux :

Pouvant être employés à différents usages alimentaires : lekola, le karité, le coula, le rônier, le cocotier, le dattier, le baobab, la pomme-cannelle, le cognassier sauvage, l'oranger, le citronnier le méli, le dank, le goyavier, le papayer, le manguier, le calebassier, le bananier, le djandam, le manioc, la morinde, le riz, le gombofévy, le mil, la courge, le lotus, le café nègre, le cassia tora, lefaham, le gingembre, l'igname, le maïs, le marunta arundinacea,, l'oseille de Guinée, la patate douce, le piment, le poivre, le poivron, le taro, la luffa, le guieb-golo et la vigne du Soudan.

De nature oléagineuse : le" karité, le palmier oléifère, le touloucouna, le coula, l'anacarde, le berre, le ben ailé, le cocotier, la. pourguère, le niattout, le ricin, la coloquinte, l'arachide et la luffa.

3° Produisant des matières textiles : le baobab, le guiguis, lebananier, le cotonnier, l'agave, le fafetone et la liane-torchon.

4* Donnant des matières tinctoriales : le rhat, le khoss, la morinde et le rocouyer.

5° Pouvant être employées par rindustrie du tannage : le touloucouna, l'anacarde^ le rhus et le manguier. ^ ^

6° Produisant de la gutta-percha et du caoutchouc : le sapotillier, le karité, le banyan, le ficus elastica, le landolphia Heudolotii et le fafetone.

7^ Donnant de la résine ou de la gomme : l'anacarde, le ben ailé, le boisa cochon, le niattout et le cassia fistula.

8« Pouvant être employées à d'autres usages industriels : le rônier, le cocotier, le dattier, le calebassier, le fromager, les yeuxcrabes, le bananier, le palmier nain, le riz, legombo-févy, le mil, la courge, le henné, le mais, la patate douce et le tabac.

9« Employée:^ dans la pharmacie : le touloucouna, l'anacarde, le ben ailé, le rhus, le khoss, le baobab, le dank, le goj^avier, le fromager, les yeux-crabes, le papayer, le manguier, le guiguis, le caïlcédrat, le canéficier, le tamarinier, le garigari, le benténier, le khed-kred, le djandam, la pourguère, la morinde, le ricin, le gombofévy, le henné, la coloquinte, le lotus, le café nègre, le cassia fistula, le cassia tora, le cassia absus, le bois-ortolan, la cléome, la fève de Galabar, le dartrier, l'hojou, l'herbe au diable, le fafetone, le guieb-golo, le pois de cœur, le cissampelos, la pauUinia et le cocculus Bakis.

MÉTHODES DE CULTURE. — Maintenant que nous avons vu quels étaient les végétaux qui poussent dans le Soudan et quel usage on pouvait en faire, indiquons rapidement, pour les principaux d'entre eux, de quelle façon se pratique la culture ou l'exploitation.

Les indigènes du Soudan français se servent d'une sorte de piochon dont le manche ne mesure pas plus de C^^ôO de longueur et dont le fer a une forme rectangulaire concave.

Les travaux de culture commencent après les premières pluies, c'est-à-dire vers la mi-juin; tous les indigènes, hommes, femmes, enfants, se rendent alors aux champs ; les surfaces ensemencées sont réparties autour des. villages dans un rayon de 8 à 10 kilomètres K A Theure actuelle, on peut affirmer que, en mettant à part les forêts, la super-

1. Avant notre arrivée dans le pays, ces cultures ne s'étendaient pas à plus de deux ou trois kilomètres autour des villages; depuis que notre présence dans la contrée a assuré aux noirs la tranquillité, la superficie des terres cultivées a presque quadruplé.

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ficie cultivée ne dépasse pas encore le tiers de la superficie totale de la contrée.

Pendant la durée des travaux agricoles, les hommes commencent à travailler de grand matin; les femmes arrivent très peu de temps après, apportant dans des calebasses le repas qu'elles viennent de préparer. Ce repas terminé, tous les indigènes, hommes ou femmes, se remettent au travail et bêchent le sol à une petite profondeur au moyen du piochon qui a été décrit tout à rheure. Les mauvaises herbes sont brûlées sur le champ même et la terre, bien ameublie, est disposée en petits mamelons assez réguliers, de forme légèrement conique et ayant environ 0"\75 de large sur 0'«,30 de hauteur. En opérant de cette manière, on évite pendant les tornades la dispersion des graines semées et l'on permet à Teau de séjourner un peu autour de ces monticules. Quoique leurs procédés de travail soient très primitifs, les Malinkés et les Bambaras opèrent avec une certaine rapidité. On les voit s'avancer tous en ligne, travaillant courbés en deux, sous un soleil torride ; ils vont ainsi, presque sans se reposer, jusqu'à la fin de la journée. Les femmes quittent les champs un peu avant les hommes pour aller préparer

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