La création remonte à 1837 environ
une intention purement pacifique qu'ils entretiennent constamment à Djer])oub une force armée de plus de 3.500 hommes parfaitement exercés, et qu'ils ont, dans le Barka, plus de 25.000 guerriers à leurs ordres^. Le chef de l'ordre cependant, qui sait à quoi s'en tenir sur la puissance des chrétiens et qui redoute qu'un jour ou l'autre une nation européenne vienne lui demander compte du sang chrétien qu'il a fait verser depuis de nombreuses années, tii3nt constamment prêts, dans ses zaouyas de Tripolitaine, plusieurs centaines de chameaux de bât, qui peuvent en quelques heures emporter au loin les richesses et les archives de l'ordre. La doctrine des Snoussya a quelque chose de puritain ; outre les prescriptions du Coran, il est interdit aux affiliés de danser, de chanter, de fumer, de priser et même de boire du café -.
Cet ordre est donc, avec les Taïbya, un des plus dangereux; c'est l'un de ceux que l'on doit surveiller sans se relâcher d'une minute et dont on doit tenter d^enrayer le développement.
Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que notre installation dans le Sahara, si nous prenions par exemple en premier lieu le chemin d'In-Salah, rencontrerait de la résistance. Il est donc bon de c]|ercher quelle devrait être la ligne suivant laquelle pourraient se développer nos établissements et être créés des oasis et des petits centres de population. Or, pour créer ces centres aussi bien que pour construire des postes et poser ultérieurement la voie ferrée, il est de toute nécessité d'avoir de Feau et, par cela même, de suivre ce qu'on appelle une ligne d'eau, c'est-àdire une ligne de puits déjà existants ou une nappe artésienne encore peu exploitée. Dans ces conditions, il n'y a que deux routes possibles : 1° l'une, occidentale, partant de la province d'Oran et gagnant le Touat par l'Oued- Zousfana, Igli et l'Oued-Messaoura ; 2*^ l'autre, orientale (par rapport à l'Algérie), prenant son point de départ dans la province de Constantine et descendant droit au sud