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CHAPITRE IV Partie économique

Climat. — Saisons. - — Pluies. — Vents. — Marées. — Température. — Maladies. — Productions naturelles. — Eaux thermales. — Minéraux. — Végétaux et cultures. — Bois de construction et de charpente. — Bois de charronnage. — Bois de menuiserie. — Bois d'ébénisterie et et de marqueterie. — Bois divers. — Plantes médicinales. — Plantes industrielles : gomme caoutchouc, gutta-percha. — Tabac. — Rocou. — Coton. — Ramie. — Plantes alimentaires. — Canne à sucre. — Café. — Cacao. — Vanille. — Epices. - — Manioc. — Vivres du pays. — Ananas. — Plantes maraîchères. — Industrie. — Régime du travail. — Immigration. — - Commerce et navigation. — Moyens de communication avec la France. — Passages et fret. — Conclusion.

Climat. — Saisons. — A la Guadeloupe, les saisons sont au nombre de trois, chacune de durée irrégulière.

L’une, la saison fraîche, commence en décembre et finit en mars; la seconde, qui est la saison sèche — en même temps qu’elle est chaude, — dure d'avril à juillet; enfin la dernière, chaude également, et appelée saison clés pluies ou hivernage, commence en juillet et finit en novembre.

Cette dernière saison est, comme l'indique son autre nom, celle de l’année où tombent les grandes pluies et où soufflent des vents violents.

Pluies. — Les pluies ont en effet une intensité qui varie selon les époques de l’année.

Elles peuvent se diviser en grains, en pluies ordinaires, en pluies diluviales.

Le grain est une ondée soudaine et courte qui ne s’annonce qu’au moment de sa chute seulement et qui tombe parfois avec une telle violence qu’on le prendrait pour de la grêle1.

On distingue à la Guadeloupe deux sortes de grains : d’abord le grain de printemps, qui tombe en mars et avril, et à la suite duquel survient presque toujours une forte élévation de température, ensuite le noêl, qui tombe vers la fin de l’année, est plus court que le grain de printemps et rafraîchit l’atmosphère.

Les pluies ordinaires tombent toute l’année, à toute heure du jour et de la nuit; le terme moyen de la quantité d’eau qu’elles fournissent est de 6mm,76 à 9mm, 02 par jour. 11 est à remarquer que ces pluies sont plus fréquentes à la Guadeloupe proprement dite qu’à la Grande-Terre. A la Guadeloupe elle-même, elles sont plus fréquentes sur la côte occidentale que sur la côte orientale. Aussi dit-on toujours dans l’ile que « plus on va au vent, moins il pleut ». Disons cependant qu’à la Pointe-à-Pitre il tombe deux fois

1. Le phénomène de la grêle n’a été constaté à la Guadeloupe qu’uue seule fois, en 1805, où il a causé de grands ravages.

LA GUADELOUPE

plus d’eau qu’à Paris, qu’à la Basse-Terre il en tombe trois fois plus et qu’enfm au camp Jacob ou sur les hauteurs qui dépassent 500 mètres, il en tombe cinq fois davantage.

Les pluies diluviales commencent en juin ou en juillet pour ne finir qu’en septembre ou en octobre. A celte époque de l’année, les eaux montent parfois jusqu’à 15, 16 et même 18 millimètres de hauteur.

On comprendra facilement que, dans ces conditions, l’atmosphère soit surchargée d’humidité pendant la durée de l’hivernage. Mais cette humidité disparait peu à peu vers la fin d’octobre ou le commencement de novembre. Alors le ciel redevient d’une beauté et d’une pureté admirables, telle que le ciel d'Italie lui-même ne peut en donner une idée. Jusqu’aux mois d’avril ou de mai suivants, c’est à peine s’il passe un petit nuage à l’horizon et c’est le moment de l’année que doit choisir l’Européen pour s’acclimater.

Vents. — Les vents contribuent d’ailleurs à rendre supportable l’élévation de la température. La brise de terre qui souffle la nuit, la brise de mer qui souffle pendant le jour, rafraîchissent l’atmosphère et donnent une certaine sensation de bien-être. Quant aux vents proprement dits, ils sont au nombre de quatre: celui du nord, sec et froid, qui dure de novembre à février, celui du sud, chaud et humide, qui règne de juillet à octobre; celui de l’ouest, très rare, qui pousse vers les lies une brume blanchâtre, et celui de l’est, qui est également appelé vent alizé.

Les vents alizés dominent pendant les trois quarts de l’année, principalement de mars àjuin ; ils soufflent, comme nous l’avons dit, de l’est à l’ouest, ce qui a fait donner à la côte de file qu’ils atteignent la première, le nom de Côte du Vent; la côte opposée prend alors le nom de Côte sous le Vent, L’alizé est,, de beaucoup, le meilleur des vents

régnants dans l’archipel des Antilles et sa période culminante, qui arrive vers la fin de l’hiver, est la plus favorable à la santé des Européens et des créoles.

Nous n’avons parlé jusqu’ici que des vents qui soufflent en temps ordinaire; il nous faut aussi dire quelques mots de certaines perturbations atmosphériques où le vent joue un grand rôle, telles que les bourrasques et les ouragans.

La bourrasque et l’ouragan sont des coups de vent qui ne diffèrent l’un de l’autre que par le degré de violence avec lequel ils soufflent. Les créoles distinguent même deux sortes de bourrasques : la moins forte est la bourrasque à bananes, ainsi appelée parce qu’elle ne renverse ordinairement que cette plante; la seconde est la bourrasque ordinaire, qui souvent déracine les arbres et peut même endommager les bâtiments construits d'une manière peu solide.

Si violente pourtant que puisse être la bourrasque, elle n’est rien en comparaison des proportions formidables et de la fureur d’un ouragan. Où celni-ci passe, tout est détruit, anéanti, les arbres, les maisons particulières, les les édifices même; les cours d’eau débordent, le tonnerre éclate de toutes parts et la mer semble soulevée.

Les ouragans notés à la Guadeloupe ont eu lieu depuis un siècle aux dates suivantes :

3 septembre 1804; — 23juillet 1813; — 16 septembre 1810;

— 21 octobre 1 817 ; — 22 septembre 1818 ; — 24 octobre 1819 ;

— 1er septembre 1821 ; — 26 juillet 1825; — 24 août 1832,

— 6 septembre 1865.

Comme on le voit, l’ouragan se produit généralement pendant l’hivernage, en septembre ou en octobre.

Marées. — A la Guadeloupe, le flux et le reflux se font sentir, comme sur nos côtes de l’Océan, deux fois en

LA GUADELOUPE

vingt-quatre heures; mais le mouvement de la mer est très faible; il varie entre 40 et 97 centimètres.

11 se produit également dans celte ile, comme dans toutes les Antilles, le phénomène appelé raz de marée et dû principalement au refoulement des eaux dans le passage assez étroit ouvert entre Cuba et la presqu’île du Yucatan. Les vents du nord-ouest produisent alors comme

P o I N t e - A - Pitre. — Usine sucrière.

une sorte de tourbillon qui précipite avec force les eaux contre le rivage des terres avoisinantes et jette souvent à la côte les bâtiments qui se trouvent dans les rades foraines. Le raz de marée, dont la Pointe-à-Pitre est absolument garantie et dont la Basse-Terre a par contre toujours à souffrir, est annoncé par une forte dépression barométrique. Alors, à la Basse-Terre, les navires en rade sont avertis à l’avance par le pavillon M de la série internationale placé entre deux boules noires, de façon qu’ils puissent se réfugier aux Saintes.

AMÉRIQUE. 14

Température. — La température varie selon la saison.

Pendant la saison sèche, le thermomètre marque généralement 21 à 22 degrés à 8 heures du matin, et 28 à 29 degrés à midi. Pendant l’hivernage, il est à 26 ou 27 degrés (à 8 heures du matin) et il s’élève, dans le milieu de la journée, jusqu’à 36 et 37 degrés. Au camp Jacob et à Saint- Claude, il fait toujours environ 3 degrés de moins qu’à la Pointe-à-Pitre et à la Basse-Terre.

Maladies. — Les principales maladies qui régnent à la Guadeloupe sont :

La fièvre paludéenne, qui a son siège ordinaire vers le Morne-à-l’Eau et les Abymes, dans une région qu’il est de toute nécessité d'assainir. Elle est naturellement plus grave pendant l’hivernage.

La dysenterie, qu’on rencontre surtout à la Basse-Terre, et qui n’a généralement d’aulre cause que la qualité des eaux qu’on emploie (des eaux de pluie) et l’état presque constamment humide de l’atmosphère. Elle est loin d’être aussi grave et aussi tenace que celle de Cochiuchine.

L 'hépatite, ou maladie de foie, qui est très rare, mais assez grave lorsqu’elle vous atteint.

Enfin les fièvres éruptives, la rougeole, la variole, la lièvre typhoïde (chez les Européens), la folie (provenant presque toujours d’abus alcooliques) et la phtisie qui s’aggrave liés rapidement.

Il faut enfin citer une maladie épidémique qui n’apparaît que fort rarement à la Guadeloupe, mais qui, lorsqu’elle y fait une apparition, y exerce des ravages terribles; nous voulons parler de la fièvre jaune.

Les médecins commencent depuis très peu de temps seulement à avoir quelques données sur le traitement de cette maladie.

La lièvre jaune effraie surtout par la rapidité avec

laquelle elle frappe et l’on cite des cas foudroyants qui tendent à faire croire que tous les autres ont été aussi rapides. On s’imagine également que tout individu atteint est irrémédiablement perdu; c’est encore une erreur. La moyenne des décès est d’environ 30 à 38 pour 100; elle est évidemment énorme, mais il faut considérer que la médecine, lorsqu’on a fait ces moyennes, n’avait aucune idée, non seulement des causes de la maladie, mais aussi des moyens propres à la combattre. Aujourd’hui — comme nous le disions plus haut — elle n’est encore que fort peu avancée dans cette voie.

On peut d’ailleurs s’étonner que les recherches des médecins ne soient plus activement poussées. Ainsi, par exemple, il est un fait connu, c’est qu’un grand nombre d’Européens — nous pourrions citer des commerçants de Paris qui sont dans ce cas — ont été atteints de la fièvre jaune, dans des endroits où les secours d’un médecin étaient impossibles à se procurer; ils ont été soignés par des noirs, principalement par des négresses : on leur faisait prendre, non pas des médicaments ni des breuvages, — mais des bains de certaines herbes cueillies par les négresses dans la campagne et sur lesquelles était jetée une eau très chaude. De tous les gens traités de cette façon, les neuf dixièmes ont guéri; c’est là une moyenne autrement forte que celle que nous citions tout il l’heure.

Aucun médecin, à notre connaissance, n’a voulu jusqu'ici se préoccuper de ce fait, que tout le monde, aux Petites-Antilles, à la Trinité principalement, peut affirmer et l’on raconte même que les membres du corps de santé auxquels on l’a rapporté, se sont contentés de hausser les épaules et de prononcer le mot de charlatanisme. Qu'il y ait charlatanisme ou non, il semble qu’un tel résultat devrait être le point de départ de sérieuses recherches.

Ajoutons enfin que le choléra a sévi trqs violemment à la Guadeloupe, à la suite de l’ouragan de 1865; mais c’est la seule fois qu’on l’ait constaté dans la colonie.

Productions naturelles. — Eaux thermales minérales. — La Guadeloupe est très riche en eaux minérales, qui sont de deux catégories différentes : les eaux sulfureuses elles eaux salines.

Les eaux sulfureuses sont : celle des hauteurs du Matouba, situées à 1,063 mètres d’altitude et sortant du sol à une température de 53 degrés (l’air ambiant est de 18 degrés); celle de la Sofaïa, dans la commune de Sainte-Rose, sortant à 31 degrés (il y a également en cet endroit une petite source ferrugineuse), et celle de Saint-Charles (commune de Gourbeyre), qui marque seulement 24 degrés.

Les eaux salines sont de trois sortes : les eaux faibles, les eaux fortes et les eaux fortes à dépôt ferrugineux.

Les eaux faibles sont : le Bain du Curé, également appelé l’Eau de Pigeon, dans l’anse du Pigeon (40 degrés); les trois sources de la rivière de Bouillante (47°5, 39° o, 37° 3), les eaux de Dole (bassins Cappès, 38°, de la Digue, 33°, Avocat, Maugot, (l’Amour, et Plainier; enfin celles de la Ravine-Chaude du Lamentin.

Les eaux-fortes comprennent : les eaux de la fontaine Bouillante à la lune (100 degrés) ; les eaux du Palétuvier (90 degrés — commune de Bouillante); les bains chauds Beauvallon, à 960 mètres de hauteur, sur la route du Camp- Jacob à la Soufrière.

Enfin les eaux fortes avec dépôts ferrugineux sont les bains Jaunes au pied de la soufrière, à 932 mètres d’élévation marquant 45 à 50 degrés et les sources du morne

Goyavier, à 974 mètres d’altitude. Ces eaux laissent déposer

dans leur bas-in des précipités qui contiennent jusqu’à 50° et 33°, 5 de leur poids de peroxyde de fer.

LA GUADELOUPE

Minéraux.' — Certains minéraux se trouvent en abondance à la Guadeloupe, principalement à la Guadeloupe proprement dile; ce sont le soufre, la lignite, la tourbe, la silice. En outre la nature volcanique de cette partie de l’ile y fait rencontrer également à profusion la lave, la basalte et l’argile. La lave est surtout employée pour le pavage des rues, la construction des maisons, les fourneaux de sucreries. Quant à l’argile, elle peut être utilisée pour les poteries, les briques, les tuiles, etc.

Le manganèse et le fer sulfuré se reconnaissent à quelques traces, d’ailleurs assez rares.

Il faut également citer le sable ferrugineux qui couvre une grande partie du littoral.

A Saint-Barthélemy, on a signalé, il y aune dizaine d’années, la présence de mines de plomb et de zinc d’une assez grande richesse, mais ces mines n’ont pas encore été exploitées.

Enfin il existe, à Saint-Martin, des salines qui produisent annuellement près de 4 millions d’hectolitres de liés beau sel et qui sont situées non loin de la1 baie de la G rande-Gase.

Le fort Riehopanse.

21 i LES COLONIES FRANÇAISES.

L’exploitation de ces salines avait été concédée en 4842 à M. Méry d’Arcy, lequel céda ses droits à la Société Périnon et Ci0. A son tour, la Société Péri non, après avoir fait proroger la durée de sa concession à quatre-vingt-dixneuf années à dater du 30 août 1836, a transféré tous ses droits à nue compagnie franco-hollandaise, qui exploitait déjà la saline de la partie néerlandaise de l’ile, située non loin de Philipsbourg. Depuis cette époque, il s’est créé un hameau entre les salines et la haie de la Grande-Case; on y a même, en ces dernières années, érigé une chapelle.

Végétaux et cültures. — Dans le règne végétal, les principaux arbres, arbustes ou plantes, qu’on cultive ou dont on tire un parti quelconque, sont assez nombreux ; afin de bien fixer l’esprit du lecteur, nous allons les diviser en catégories diverses, suivant leurs applications, c’est-à-dire :

En bois de construction et de charpente;

En bois de charronnage;

En bois de menuiserie;

En bois d’ébénisterie et de marqueterie;

En bois divers (tannage, marine, tonnellerie, instruments de musique).

En plantes médicinales;

En plantes industrielles;

En plantes alimentaires.

Bois de construction et de charpente. — Les principaux sont le magnolia, le tendre it caillou, le casse-haches, la savonette rouge et jaune, le bois doux jaune, l’orme des Antilles, le cacaoyer, le doux malione, le muscadier à suif, la savonette dom inique, l’œuf de paon, le cerisier-capitaine (ou brin d’amour), le mahogani, le manglier, le chêne ordinaire, le chêne noir d’Amérique, le palétuvier» le poirier rouge, l’olivier bâtard, le bois de Chypre, le bois

LA GUADELOUPE

de rose noir, l’acouma boucan, le raisinier, le bambou, le palétuvier jaune, oL le résolu-montagne.

Bois de charronnage. — Les espèces les plus importantes sont : l’acacia farnèse, la savonette jaune, la brésillette, la savonette dominique, le cerisier-capitaine, le manglier, le goyavier-montagne, le galba, le cliène noir d’Amérique, le guépois, le poirier des Antilles, l’olivier bâtard, le raisinier du bord de mer et le palétuvier jaune.

Bois de menuiserie. — -Parmi les plus connus de ces bois, nous citerons particulièrement : le magnolia, l’icaque à poils, le tamarin des bois, le tamarin de montagne, le caconier, le simaobat, le gommier ou peau d’oignon, l’acajou à fruits, la savonette dominique, le moureiller ou mauricie, le chêne ordinaire, l’abricotier d’Amérique, le bois de rose noir, le pruneau, le cacarate, l’acouma boucan et le cypre corail ou bois divin.

Bois d’ébénisterie et de marqueterie. — Les types plus remarquables de ces bois sont : l'amandier des bois, le bois d’amourette, le campêche (très abondant à Marie- Galante), le 1) résille t, la savonette jaune, le laurier de montagne, l’œil de paon, le muscadier à suif, le bois de rose (ou liège des Antilles), le citronnier, le clavalier, le noyer des Antilles, le mancenillier, la brésillette, l’amandier du pays, le chêne, le jambosier, le merisier, le goyavier, le génipa, l’ébônier vert, le poirier des Antilles, le frangipanier blanc, le bois cabri, le bois lézard, l’olivier bâtard, le bois de Chypre, le pruneau, le sapotillier, le bois de fer rouge, le laurier-rose des Antilles, le raisinier rouge, le raisinier bord de mer. le bambou, le dimoulin, le bois divin ou cypre corail et le bois noir.

Bois divers. — Les bois les plus employés à différents usages sont : l’acacia du Mexique, le bois de Panama (écorce de la savonette jaune), le moureiller, le palétuvier,

le goyavier, qui servent à la teinture ou au tannage; — le tamarin (les bois, le tamarin de montagne, l’hymenæa courbaril. le gommier, le galba, le barbœsa, le mapon gris, le chêne noir d’Amérique elle palétuvier, qui servent aux constructions navales; — l’orme des Antilles, le cacaoyer, le calabrera Muntingii, le mani, le hêtre gris, employés par la tonnellerie; — le gommier blanc, le doux noir, le cerisier-capitaine, le bois-tabac, le cré-cré, le bambou, le doux caca, le bois noir, le bois Monval, dont on fait usage comme poteaux ou pilotis; — le génipa d’Amérique, avec lequel on fabrique des crosses à fusil ; — le lilas des Ant.il 1 es (arbre saint, ou arbre à chapelets) et le bois guitare (ou bois côtelette), qui servent à faire des instruments de musique ou des tables d’harmonie; enfin, le balata, dans lequel on taille des traverses de chemin de fer, et le bois trompette (ou bois canon), avec lequel on fait des gouttières ou des conduites d’eau.

Ajoutons, en terminant cette nomenclature, que ces bois sont peu exploités et que l'exportation en est presque insignifiante1.

La métropole en fait d’ailleurs à peine usage; il semble cependant qu’on pourrait en tirer un parti assez important, principalement en ce qui concerne les bois d’ébénisterie et de marqueterie.

Plantes médicinales. — La plus grande partie des feuilles, fleurs, écorces ou racines des arbres de la Guadeloupe sont employées comme plantes médicinales, même celles qui passent pour être des poisons et que la pharmacie emploie aujourd’hui à doses infinitésimales. Parmi ces plantes, dont la nomenclature complète ferait un volume à elle seule, nous nous contenterons de citer : le cachiment

1. En 1881, il n’a été exporté que 217 mètres cubes de bois de la Guadeloupe; cette exportation était à destination des autres colonies françaises.

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