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CHAPITRE II

Description géographique.

Situation des îles. — Les buttoreaux de Langladc. — Formation géologique. — Voies de communication. — Routes. — Villes principales. — Saint-Pierre. — - Côtes do Terre-Neuve.

Situation des îles. — Les îles Saint-Pierre et Miquelon sont situées dans l’océan Atlantique à 5 ou G lieues de la cote méridionale de Pile de Terre-Neuve et se composent de plusieurs îlots placés par 46° 46' de latitude nord et 58° 30' de longitude à l’ouest du méridien de Paris, savoir : Saint-Pierre, la Grande et la Petite Miquelon ou Langlade, Vile aux Chiens, le grand Colombier et le petit

Colombier, Vile aux Vainqueurs , Vile Massacre, Vile aux Moules.

Saint-Pierre a 7 kilomètres et demi dans sa plus grande longueur, .’> kilomètres de circonférence; sa surface est de 2,600 hectares.

Une série d’éminences donnent à l’ile un profil mamelonné. Dans les petits vallons formés par les dépressions de ces éminences, il existe une douzaine d’étangs dont les principaux sont ceux du Géoland, de Riche-Pomme, de la Vigne, du Pain-de-Sucre. L’étang le plus considérable est celui de Savoyard, qui communique avec la mer et qui a une superficie de 44 hectares.

Miquelon présente une plus grande étendue de territoire, 18,423 hectares. Elle se divise, comme nous l’avons dit, en deux parties : la Grande Miquelon et la Petite Miquelon, autrefois séparées par un fond de sable que les envasements de la mer ont couvert depuis 1783, et qui reçut le surnom lugubre de Nécropole de navires, tant est considérable le nombre des bâtiments qui sont venus s'y échouer, eu cherchant un passage qui n’existait plus que sur les cartes.

La Petite Miquelon (Langlade) n’est distante de Saint- Pierre que par une étendue de mer d’environ une lieue de largeur. Ce canal présente parfois de grosses difficultés pour sa traversée, la houle y étant très forte quand les vents soufflent de la partie sud-est ou du nord-est. On y voit maintes fois chavirer les frêles embarcations qui ont eu l’imprudence de tenter la traversée par une grosse mer.

Les butterea.ux de Langlade. — C’est là qu’apparaissent les buttereaux, série d’éminences reliées les unes aux autres et courant à la mer par rangées successives. Ces monticules de sable qui font l’effet d’énormes tentes offrent

SAINT-PIERRE-MIQUELON

assez bien l’aspect d’un camp dont le rivage formerait le front de bandière. Comment le vent, en un jour de gaieté, s’est-il amusé à fabriquer tous ces gros tas de sable? La force qui les a procréés aurait pu les détruire, mais la végétation a consolidé cette agrégation en poussière jaune, et aujourd’hui les buttereaux verdoient, sauvés de l’éparpillement par leur revêtement agreste. On peut évaluer leur nombre à cent cinquante, et on les dirait tous jetés dans le même moule tant ils se ressemblent. M. Maurice

un ouvrage plein d’anecdotes qu’il a publié sur Saint- Pierre-Miquelon :

« Rien de joli comme une promenade à cheval dans les buttereaux. Leurs versants, en s’abaissant, forment une multitude de petits cirques qui communiquent entre eux par des saignées de sable éboulé... Et le spectacle se renouvelle sans cesse. Quand un buttereau finit, un autre recommence; tantôt vous êtes sur un sommet, tantôt au fond d’un entonnoir resserré entre quatre pans si élevés qu’on voit à peine le ciel, et quand arrivé sur le sommet du dernier buttereau, vous contemplez le paysage qui vous entoure, vous ne pouvez retenir un cri d’admiration. La

mer à l’ouest avec le déploiement de ses lames à sextuple rang, vient baiser, dans la blancheur de son écume, le pied des collines, et les collines tressaillent sous cette étreinte farouche, comme remuées délicieusement dans leurs flancs. Pour peu que le soleil se mette de la partie et accroche ses flèches d’or aux saillies de la terre, aux aspérités des tlots, une clarté intense rejaillit sur cette communion intime des grandes forces de la nature... »

Formation géologique. — Les îles Saint-Pierre et Miquelon sont presque exclusivement formées par des porphyres pétrosiliceux, à pâle d’un brun violâtre ou d'un rouge vineux, dont les fissures sont remplies par des injections de quartz le plus souvent opaque, quelquefois limpide et vitreux, et alors cristallisé. Sur certains points des rivages, on rencontre des blocs erratiques qui doivent avoir été apportés par des glaces flottantes; ce n’est d’ailleurs qu’une supposition de Lyell qui explique ainsi la présence de blocs semblables sur les rives du Saint-Laurent et les côtes du Labrador.

L’île Miquelon renferme du minerai de fer en quantité appréciable; beaucoup de navires, en approchant du littoral, ont observé des variations notables dans leur compas, et il se trouve môme certaines portions du sol où le fer existe en si grande abondance que, lorsqu’on y pose une boussole, l’aiguille aimantée décrit d’une façon désordonnée des arcs de cercle très étendus et quelquefois des cercles entiers.

En 1874-18711, on a trouvé à Miquelon des minières de terre de Sienne ou ocre jaune. En outre, des schistes ardoisiers ont été découverts sur Langlade.

En 18G7, on crut même découvrir au cap Miquelon une mine d'or. Mais l’analyse indiqua que le minerai en question n’était composé que de sulfate de cuivre et de sulfure

S AI N T- P 1ER RE-MI QUEL ON

île fer; les parcelles brillantes que l’on y avait remarquées avaient seules pu faire croire à une découverte importante.

Voies de communication. — Bien que suffisantes pour cette petite colonie, les voies de communication ne répondent pas encore aux exigences d’une population qui déploie une activité ex traord i nai re .

Deux routes principales mènent de Saint-Pierre aux deux points extrêmes de file. La route qui conduit au cap à l’Aigle, appelée « route de Gueydon », est la promenade favorite des habitants. En la suivant, on domine toute la rade et on embrasse d’un coup d’œil l’horizon qui s’étend jusqu’à la côte méridionale de file de Terre-Neuve. La « route de Gueydon » est carrossable et a une longueur de 2 kilomètres.

Une autre route conduit à Savoyard; elle s’appelle « route de V Iphigénie » jusqu’au rond-point, et « route de la Cléopâtre » à partir du rond-point. Ce sont, en effet, les équipages des frégates V Iphigénie et la Cléopâtre qui ont ouvert cette voie de communication reliant Saint-Pierre à Savoyard (1850-1855).

Cette route a une longueur de 5,130 mètres; elle est carrossable, bien entretenue, bordée de chaque côté de jolies propriétés, et attire pendant les belles journées un assez grand nombre de promeneurs. Une bifurcation, commençant à la ferme Girardin et conduisant au Diamant prend le nom de « route de la Bellone ».

En 1879, une route conduisant à Galantry a été commencée par les marins de la goélette de l’Etat la Ccmadienne, et terminée par les soins de l’administration.

Il faut citer encore la « route de Y Anse-Pierre », ayant 3,941 mètres de longueur et 2 mètres de largeur : ce n’est qu’un chemin non carrossable, ouvert par la Société du câble télégraphique anglais pour la pose du câble souterrain.

A Saint-Pierre il n’y a poinl de rivières, mais quelques

ruisseaux qui servent au dégorgement des étangs situés dans l’intérieur. Ces étangs sont presque tous pourvus d’anguilles et de truites saumonées. Us fournissent aussi l’éperlan, excellent petit poisson, plus mince et plus effilé que le goujon, et qui vit dans l’eau saumâtre.

A Langlade, un cours d’eau d’une certaine importance mérite à tous égards, par les sites charmants qu’il traverse, son surnom : la Belle-Rivière. Il attire pendant l’été de nombreux pêcheurs à la ligne qui trouvent là l’occasion d’une partie de plaisir.

Des travaux de canalisation ont été exécutés en vue d’assurer aux habitants une eau potable pour la consommation journalière, et abondante, en cas d’incendie.

Villes principales. — On peut dire que depuis la reprise de possession des îles Saint-Pierre et Miquelon, la ville de Saint-Pierre seule a réalisé des progrès sensibles. Ce qui n’était qu’un bourg en 1816 est devenu une véritable petite cité maritime, dont la rade est encombrée à certaines époques de l’année par une quantité de navires.

Quand on mouille dans la rade, en dedans du cap à l’Aigle et vis-à-vis de l’île aux Chiens, le panorama de Saint-Pierre se découvre libéralement au voyageur, qui, d’un coup d’œil, peut embrasser tout ce que cette résidence offre de remarquable.

Dans le fond, en face, un groupe de maisons en bois à un étage, presque toutes noircies par l’àge et surtout les pluies, une habitation un peu plus haute : c’est la demeure du gouverneur. Plus loin le clocher d’une église assez jolie; puis une manière de fortin dont l’usage réel ne paraît être autre que celui de donner des canons à prendre à un ennemi quelconque; enfin, à droite et à gauche, des cases éparses et des graves, ou plages artificielles où sèche la morue.

SAINT - PIERRE - MIQUEL ON. 257

La ville de Saint-Pierre représente — non compris sa banlieue — une superficie de 84 hectares. Elle a été éprouvée par de terribles incendies qui, à trois reprises différentes, l’ont à moitié détruite. Le courage des habitants s’est employé à la relever de ses ruines, et cela avec une telle activité que dans le côté nord, qui était autrefois un

Une rue à Saint-Pierre.

terrain vague et marécageux, s’est formé tout un quartier nouveau.

La physionomie générale est agréable. Un grand nombre de rues sillonnent la ville, et l’on compte quatre grandes places publiques, dont une sur le quai La Roncière, au centre duquel est érigée une fontaine en bronze.

Quand on pénètre dans le port, ce qui frappe les regards,

AMERIQUE

c’est une croix gigantesque, dressée sur un monticule qui domine Saint-Pierre et appelé, à cause de cela, 1 e Calvaire.

Une rue de Saint-Pierre, lorsque beaucoup de navires des Bancs sont en rade, ne laisse pas de présenter un tableau mouvant et digne d’inlérét. Ces grosses faces brunies et graves jusque dans leur joie, qui se montrent à toutes les fenêtres, ces groupes d’hommes trapus et vigoureux qui remplissent les places, les parcourant de ce pas balancé ordinaire aux matelots, dont la démarche pesante rappelle toujours celle de l’ours polaire, les cheveux rouges des marins anglais qui viennent vendre la boitte, leurs yeu.x bleus à fleur de tète qui contrastent si parfaitement avec la mine refrognée de nos Normands, et, au milieu de cette vivante et insouciante allure de tous ces hommes d’action, la physionomie plus fine et plus éveillée des marchands, c’est là un spectacle qui vaut la peine d’être vu.

Il y a peu d’édifices qui se recommandent par leur caractère architectural. L’hôtel du directeur de l'intérieur, reconstruit après l’incendie du 15 août 1879, est un de ceux que les habitants donnent comme le plus intéressant. L’hôtel du gouverneur, dont la construction remonte à 1816, est d’un aspect agréable avec ses magnifiques pelouses ornées de corbeilles de fleurs. Les autres bâtiments de l’administration n’ont rien de remarquable.

En dehors des fonctionnaires amenés à Saint-Pierre par les nécessités du service, la population comprend uniquement des pêcheurs et des négociants. Nous aurons plus loin à nous occuper de la grande industrie du pays : la pêche de la morue.

Pendant l’hiver, la ville est morne et l’existence assez triste; mais aux premières brises printanières, les pêcheurs disposent leurs agrès et les négociants leurs appro-

SAINT-PIERRE-MIQU E L 0 N .

visiormements. Quand paraissent à l’horizon les premières voiles françaises, elles sont saluées par des cris de joie. Les rues se peuplent, les magasins se rouvrent, les cabarets retentissent de chants joyeux. Bientôt l'animation est à son comble. Plus de 10,000 matelots se pressent et se coudoient. Les négociants les attendent à la porte de leurs magasins pour leur proposer des marchés qu’ils ont la naïveté d’accepter, dépensant avec une rare insouciance un argent qu’ils ont gagné avec tant de peine.

Côtes. — Les côtes de Terre-Neuve qui avoisinent Saint- Pierre et Miquelon sont désolées et maussades. Pour entrer dans la haie de Saint-Georges, on longe quelque temps une langue de sable qui s’avance parallèlement à la terre; on en double la pointe, et on pénètre dans un vaste bassin entouré de rives assez plates. A l’est s’élèvent des maisonnettes de bois en grand nombre, et, devant toutes celles qui touchent à la mer, une lignée de débarcadères chargés de tonneaux. Le coup d’œil n’a rien de réjouissant.

Cependant il faut reconnaître que les cabanes ont bon air. Elles sont remarquablement propres au dehors et au dedans, garnies de meubles d’une certaine élégance, fournies de bons poêles qui permettent de braver la rigueur des hivers interminables. Hommes, femmes et enfants sont vigoureux, bien portants, de bonne humeur, bien vêtus. Rien n’est plus singulier que de voir passer sur cette grève sauvage des dames et des jeunes demoiselles en chapeaux tenant, lorsque le temps veut bien le permettre, une ombrelle à la main. Cette élégance jure avec l’aspect de la contrée et plus encore avec le genre de vie du beau sexe. Car les dames sont des néréides. Elles tirent les barques à terre, vont prendre le poisson dans la baie avec leurs pères et leurs maris, le salent et l’encaquent de leurs propres mains. Tout cela ne les empêche pas d’avoir une

tenue fort convenable et d’être pour la plupart très agréables à regarder.

A Saint-Georges et sur toute la côte de Terre-Neuve, la population, qui est en presque total i té irlandaise, ne manque absolument de rien. /Vu printemps, on n’a ni assez de bi’as, ni assez de temps pour prendre les harengs dans la .baie, et, une fois pris, leur faire subir les préparations convenables. En été, les hommes vont pêcher au dehors. En automne et en hiver, on coupe le bois pour le chauffage et on raccommode les maisons et les embarcations. Chacun travaille, mais profite directement et personnellement de son I ravail.Nul ne contraint son voisin qui n’obéit àpersonne qu’à la nécessité, et tout le monde est affairé et content.

Le Grand-Barachois. — La navigation dans les eaux de Saint-Pierre et Miquelon est difficile. A la partie sud de la Grande Miquelon s’ouvre le Grand-Barachois autrefois appelé le Havre des Dunes. Quand la mer bat son plat, il représente une vaste nappe d’eau bornée du côté de Miquelon par une série de contreforts abrupts pour expirer, du côté de Langlade, en une ligne assez indécise, sur un terrain plein d’alluvion. Cette nappe d’eau occupe un espace de 2 milles de large. C’est un vaste étang qui, en aboutissant à la mer, s’étrangle en un chenal fort étroit qu’on désigne sous le nom de Goulet. L'orifice de ce Goulet ne dépasse pas 25 à 30 mètres. Il est surmonté d’une barre, souvent difficile à franchir. Aussi le goulet n'esf-il accessible qu’aux goélettes d’un très faible tonnage.

Lorsque les eaux rétrogradent dans la mer, l’effet est admirable. M. Caperon en trace un tableau saisissant : « ... Enfinl’heure de l’étale estpassée. Le mouvement rétrograde s’accuse par un fort courant dans le chenal. Les eaux défilent entre les deux berges du Goulet, pressées d’obéir à la force aveugle qui les pousse. Ne vous avisez pas alors

ôte A Saint-Pierre.

de passer le chenal à la nage, vous seriez emporté vers le large en moins de temps qu’il ne le faut pour l’écrire. Et quelle serait votre épouvante de vous retrouver eu pleine mer avec vos faibles bras pour tout aviron!... »

Malgré les avalanches d’eau qui opèrent leur retraite dans le sein d’Amphitrite, il faut encore trois bonnes heures pour vider cette énorme cuvette qui s’appelle le Grand- Barachois; mais le désemplissage se fait graduellement et mérite d’être noté dans ses phases successives.

Les dunes s’exhibent par leurs sommets, larges d’abord comme une tonsure. Puis la tonsure s’agrandit, devient platier. Le platier devient plateau, et à demi-marée, la terre ferme le dispute à l’élément liquide; bientôt elle gagne sur lui, elle le conquiert, et l’eau, refoulée vers les niveaux plus bas, constitue des lagunes qui miroitent avec des éclats d’argent. L’élimineiuent se poursuivant, les lagunes se rétrécissent, se raréfient, elles forment des hachures blanches dans la blondeur des grèves. Enfin, les dunes s’exhaussent encore, se propagent de plus en plus, se soudent les unes aux autres, et il arrive un moment où le Grand-Barachois est découvert.

Quoique fort belle, l’anse de Miquelon est ouverte et peu sûre. 11 faudrait de grands travaux pour en faire un mouillage convenablement aménagé.

L’éclairage des côtes est aussi perfectionné que possible. Deux phares ont été construits, l’un sur la Pointe-Plate de Langlade, et qui porte jusqu’à 20 milles, l’autre sur le contrefort qui domine le cap Blanc, àl’extrémité nord-ouest de la Grande Miquelon.

Port de Salnt-Pierre. — Dans toute la colonie, il n’y a donc que Saint-Pierre dont la rade présente quelque sûreté : aussi est-ce là que viennent mouiller et relâcher les grands navires arrivant d’Europe ou d’Amérique.

SAINT-PIERRE-MIQUELON

Getle rade, qui a plus d’un mille de longueur, s’ouvre à 1 extrémité nord-est de l’ile aux Chiens et prend fin à l’ile aux Moules. Le Barachois de Saint-Pierre est grand et spacieux; 200 goélettes de pêche y séjournent pendant l’hiver, mais il a peu de fond; les navires calant 3m,o0 de tirant d’eau au maximum peuvent seuls y entrer à mer haute.

I ne digue qui est en construction depuis plusieurs années protège les navires ancrés dans le Barachois contre l’action

Pyramide do l’Iphigénie.

des vents sud-est. Elle est malheureusement restée inachevée, malgré l’utilité qu’elle présente pour la sûreté du port. Il y a lieu de souhaiter le prompt achèvement de ce travail nécessaire. Il en est de même du Barachois dont l’approfondissement est projeté depuis une trentaine d’années et devient chaque année une nécessité pressante en raison de l’importance croissante du commerce de Saint-Pierre. Un autre projet, encore plus complet, dû à l’initiative de M. le capitaine de vaisseau Le Clerc, est à l’étude : il consisterait à abriter au moyen de digues la rade comprise entre la route du cap à l’Aigle et l’ile aux Chiens.

Jusqu’à ce jour, la métropole n’a pas pu s’intéresser à l’amélioration des conditions de la navigation dans les eaux de Saint-Pierre.' I.es travaux dont il s’agit ont cependant un caractère d’utilité incontestable et offrent un intérêt particulier pour le commerce métropolitain et étranger.

Dans ces conditions, il serait désirable que la métropole prit à sa charge la plus grande partie des dépenses que nécessitera le curage du Barachois. C’est une œuvre qui exigerait une assez forte dépense, mais qui, terminée, assurerait à Saint-Pierre un très brillant avenir.

Les abords de Saint-Pierre, comme ceux des deux Miquelon, sont éclairés par une série de phares, dont les feux, de l’aveu de tous les navigateurs, sont les plus brillants de toutes les côtes de Terre-Neuve. La passe de Saint-Pierre est en outre signalée par un sifflet de brume réinstallé à neuf en 1886, qui a remplacé l’ancien signal consistant en un coup de canon tiré d’heure en heure. Ce sifflet est entendu à 10 ou lo milles en calme, et à 3 ou 6 milles pendant une tempête.

Eugins do pêche et do salage.

Saint- Pierre. — La cale américaine.

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