COM M U N K S
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Fort-de-France .
Lamentin .
Saint-Esprit .
Diamant .
Marin .
Saint-Pierre (Mouillage). .
Saint-Pierre (Fort). . . •
Basse-Pointe .
Trinité .
Fort-de-France.
Case-Navire.
Lamentin.
j Saint- Joseph.
I Saint-Esprit.
Ducos.
François.
Rivière-Salée.
Anses-d’Arlets.
1 Diamant.
Sainte-Lucc.
Trois-Ilets.
I Marin.
Vauclin.
Rivière-Pilote.
Sainte-Anne.
i Fonds-Saint-Denis.
| Carbet.
( Case-Pilote.
^ Saint-Pierre.
< Morne-Rouge.
( Prêcheur.
I Basse-Pointe.
Grande-Rivière.
Marigot.
Macouba.
Ajoupa-Bouillon.
Lorans.
/ Trinité.
\ Sainte-Marie.
) Gros-Morne.
\ Robert.
Culte. — L’organisation des évêchés coloniaux date de
1850, a été transféré à Saint-Pierre en 1853.
L’évêque siège au conseil privé, avec voix délibérative, toutes les fois que le conseil s’occupe d’affaires relatives au culte.
Les paroisses de la colonie sont administrées par des desservants assistés pour la plupart d’un ou plusieurs vicaires.
Organisation judiciaire. — 11 existe à la Martinique neuf justices de paix, soit une par canton.
Deux tribunaux de première instance sont établis, l’un à Fort-de-France, l'autre à Saint-Pierre et étendent leur juridiction chacun dans l’arrondissement de ce nom.
Quant à la cour d’appel, dont le ressort porte sur File entière, elle a son siège à Fort-de-France.
Avocats et Avoués. — Une ordonnance du 15 février 1831 a rendu libre l’exercice de la profession d’avocat, selon les lois et règlements en vigueur dans la métropole.
Quant aux avoués, leur nombre a été Fixé à 8 pour Fortde-France et à 8 pour Saint-Pierre.
Notaires. — Le notariat a été organisé à la Martinique par un décret de 1864, modifiée en 1878.
11 y a dans la colonie 19 notaires répartis ainsi qu’il suit:
1 au François . \
3 à Fort-de-France . J
1 au Lamentin . 1 Arrondissement de
1 au Vauclin . ( Fort-de-France.
1 au Marin . )
1 au Saint-Esprit . /
8 à Saint-Pierre .
1 au Gros-Morne 1 à la Trinité . . , 1 à la Grand’Anse
Huissiers. - — Le service des huissiers, leur mode de nomination, ont été réglés en dernier lieu par un décret de 1861. Leur nombre a été fixé à 16 pour les deux arrondissements. Leur répartition par canton est faite par le gouverneur en conseil privé, sur Lavis de la Cour et le rapport du procureur général.
On en compte actuellement dans le
Canton de Fort-de-France
— du Lamentin. . .
— du Saint-Esprit .
— du Diamant . . .
— du Marin ....
— de Saint-Pierre .
- — de la Trinité. . .
— de la Basse-Pointe
— du Mouillage (S l-Pi
— du Fort (St-Pierre)
Instruction publique. — Le gouverneur surveille tout ce qui a rapport à l’instruction publique. Aucun collège, aucune école ou autres établissements d’instruction publique ne peuvent être formés sans son autorisation.
Les dépenses de l'instruction publique sont entièrement à la charge du budget de la colonie, en ce qui concerne l’enseignement supérieur, l’enseignement secondaire et le personnel de l’enseignement primaire ;le loyer des maisons d’écoles primaires, la fourniture et l’entretien du mobilier de ces écoles étant seuls à la charge des budgets communaux, conformément à l’arrêté du gouverneur du 8 octobre 1855.
Un arrêté du 1er juillet 1808 a réglementé le régime de l’instruction publique dans la colonie.
Enseignement primaire. — Un décret du gouvernement provisoire du 27 avril 1848 avait établi la gratuité et l’obli-
crrc)
Arrondissement de Fort-de-France.
Arrondissement de Saint-Pierre.
gation de l’enseignement primaire. Un arrêté du gouverneur général du 5 mai 1849 réglait l’exécution de cet acte.
En 18J3, la gratuité fut abolie (arrêté du gouverneur du 21 novembre).
Elle a été rétablie, sur une délibération du conseil gé-
Fort-de- F r a n ce. — Bassin de radoub .
lierai du 24 février 1871, par un arrêté du 20 mars de la même année.
Enseignement secondaire et supérieur. Écoles libres. — • Aujourd'hui, outre des écoles primaires gratuites de garçons et de filles dans les deux villes et dans tous les bourgs et hameaux, il existe à la Martinique :
Pour l’enseignement supérieur, une école préparatoire de droit ;
Pour l'enseignement secondaire, un lycée où l’instruction
est donnée par des professeurs de l’Université, et un séminaire-collège où elle "est, donnée par des membres du clergé ;
Un lycée de jeunes tilles où l’instruction est donnée conformément aux programmes arrêtés par le conseil supérieur de l’instruction publique pour l’enseignement secondaire des jeunes filles;
Une école normale primaire de garçons et une école normale primaire de filles;
Différentes écoles particulières de garçons et de tilles;
Des salles d’asile.
La colonie possède, en outre, une école d’arts et métiers dirigée par des officiers d’artillerie. Elle entretient cinq boursiers à l’École des arts et métiers de Châlons.
L’effectif des élèves inscrits dans les écoles communales était, en 1887, de 4,3.'i0 garçons et de 3,970 filles. Il est à noter que sur un budget de plus de 4 millions, la colonie consacre plus d’un million à l’instruction publique.
Jardin des Plantes et Laboratoire agricole. — Établi à Saint-Pierre par arrêté des capitaine général et préfet colonial du 30 pluviôse an XI (19 février 1803), le Jardin des Plantes est situé au pied de la montagne dite le Parnasse, dans l’habitation Corinthe, ou Poirier, ci-devant dépendant du couvent des dames Ursulines. L’habitation domaniale Tivoli y a été annexée en 1861.
Cet établissement est destiné à la culture de toutes les plantes utiles, tant indigènes qu’exotiques, et des épiceries de toute espèce, à l’amélioration de la culture des fruits de la colonie, et, autant que possible, à la culture des fruits d’Europe.
Il fournit au Jardin des Plantes de la métropole et à la Pépinière centrale de l’Algérie les plantes qui pourraient y manquer.
LA MARTINIQUE
L’exposition permanente, créée par arrêté du 21 janvier 1836 et établie depuis 1869 dans la partie du jardin dite Tivoli, est ouverte au publie deux fois par semaine.
Toutes les plantes du jardin botanique sont délivrées gratuitement.
Le laboratoire agricole a été créé par décision du conseil général du 19 novembre 1884 et installé sur l’habitation domaniale Trouvaillant, suivant délibération du 9 décembre 1883.
Par décision du conseil général du 16 décembre 1886, le laboratoire a été rattaché au service du Jardin des Plantes.
Service sanitaire. — En 1881, le service sanitaire, qui avait été exécuté jusqu’alors par des médecins de la marine, fut confié à des médecins civils suivant le vœu du conseil général.
Les médecins arvaisonneurs sont répartis dans la colonie de la manière suivante :
2 à Fort-de-France,
2 à Saint-Pierre,
1 dans chacune des communes de François et de la Trinité.
Commissions sanitaires. — A Fort-de-France, la commission comprend :
Le médecin en chef de la marine, président;
Un adjoint au maire, un conseiller municipal, désignés par le maire ;
Le chef de bureau de la direction de l’Intérieur ayant le service sanitaire dans ses attributions;
Deux membres du conseil de santé de la marine ;
Le commissaire de l’inscription maritime;
Le capitaine de port;
Deux médecins civils nommés par le gouverneur;
Un pharmacien civil nommé par le gouverneur;
Un négociant élu par la Chambre de commerce ;
Le vétérinaire du gouvernement, ou, en cas d’empêchement, le vétérinaire communal;
L’interprète du Gouvernement, secrétaire, avec voix consultative seulement.
À Saint-Pierre, la commission est composée de la manière suivante :
Le maire, président;
Le commandant des I roupes ou un officier délégué par lui ;
Deux membres du service de santé;
Le commissaire de l’inscription maritime;
Le capitaine de port;
Le chef du service de la douane ou son délégué ;
Le vétérinaire du Gouvernement, ou, en cas d'empêchement, le vétérinaire communal;
Un médecin civil, un pharmacien civil, deux conseillers municipaux, élus pour un an par le conseil municipal.
Deux négociants élus pour un an par la Chambre de commerce.
L’interprète du Gouvernement, secrétaire, avec voix consultative seulement.
Lazaret. — La direction du lazaret de la Pointe du Bout appartient au médecin arraisonneur, chargé de la quarantaine, qui fait également le service médical.
Maison coloniale de santé. — Cet établissement, créé en 1837, est situé dans une des positions les plus pittoresques de Saint-Pierre, Sa destination spéciale est le traitement des aliénés; rien n’a été négligé dans cette maison pour la mettre en harmonie avec les plus beaux établissements de France. Outre les personnes traitées à la charge de la colonie, on y admet des pensionnaires aux frais de leur famille; la colonie de la Guyane française y envoie également des malades au compte du service local.
LÀ MARTINIQUE
Ouvroir pour les jeunes filles. — Il existe à Fort-de- France un ouvroir pour les jeunes filles placé sous le patronage du gouverneur et sous la surveillance du directeur de l’Intérieur.
Destinées à embrasser plus tard les professions d’ouvrières, de bonnes d’en¬
fants, de domestiques, les jeunes li II es admises dans cet établissement sont principalement occupées à des travaux d'aiguille, aux soins du ménage, à la cuisine, à la buanderie, au repassage. Une heure seulement, le matin et l’après-midi , est consacrée à l’instruction religieuse et à la lecture.
Indépen d a m m e n t d e s orphelines qu’elle en- I retient gratuitement,
l’institution reçoit, Mulâtresse,
moyennant une légère rétribution, les enfants que leur famille voudrait faire participer aux bienfaits de cette éducation toute spéciale.
Hospices. — Les hospices civils de la colonie ont été fondés en IS.ïO. Ils sont institués pour recevoir et soigner à la fois :
1° Les indigents malades, les infirmes, vieillards indigents, les enfants trouvés et abandonnés;
2° Les prisonniers malades (soit condamnés, soit prévenus) et les aliénés en état d’observation;
3° Les personnesqui demanderaientàyètre traitées à leups frais et les salariés de l’État (officiers et soldats ou assimilés) dans les localités où il n’existe pas d'hôpilal militaire.
L’administration de ces établissements est confiée à un conseil composé des maires des diverses communes de la circonscription hospitalière, du curé de la paroisse et de trois habitants notables, sous la présidence permanente du maire de la commune où l’hospice est situé.
Le nombre des hospices civils est de six, savoir :
A Fort-de-France (comprenant les communes de Fort-de- France, Case-Pilote, Lamentin, Trois-Ilets, Anse-d’Arlets et Diamant) ;
A Saint-Pierre (comprenant les communes de Saint-Pierre, Carbet et Prêcheur);
A la Trinité (comprenant les communes de la Trinité, Gros-Morne, Sainte-Marie et Robert);
Au Saint-Esprit (comprenant les communes du Saint- Esprit, Rucos, François et Rivière-Salée);
Au Marin (comprenant les communes du Marin, Sainte- Luce, Rivière-Pilote, Vauclin et Sainte-Anne);
Au Lorrain (comprenant les communes de la Basse- Pointe, du Lorrain et du Macouba).
Bureaux de bienfaisance. — Les bureaux de bienfaisance sont installés dans la plupart des communes de la colonie. On en compte actuellement 26 établis dans les communes suivantes : Fort-de-France, Saint-Pierre (Fort), Saint- Pierre (Mouillage), Case-Pilote, Carbet, Prêcheur, Macouba. Basse-Pointe, Lorrain, Sainte-Marie, Trinité, Gros-Morne, Robert, François, Vauclin, Marin, Sainte-Anne, Rivière- Pilote, Sainte-Luce, Anse-d’Arlets, Diamant, Trois-Ilets, Rivière-Salée, Saint-Esprit, Ducos et Lamentin.
Prisons. — L’administration pénitentiaire de la colonie est confiée à un inspecteur spécial qui a sous ses ordres le personnel des prisons fixé en dernier lieu par un arrêté du 6 septembre 1880.
Les établissements pénitentiaires se composent :
1° D’une prison centrale à Fort-de-France où se trouvent, dans des compartiments distincts, les prévenus, les condamnés et les dettiers;
2° D’une maison d’arrêt, à Saint-Pierre, où sont détenus les prévenus et les condamnés à un mois de prison au maximum.
Il existe de plus au Jardin des Plantes, à Saint-Pierre, un pénitencier destiné aux jeunes correctionnaires.
Les malades de la maison centrale sont soignés à la prison même, où se trouve une infirmerie à laquelle sont attachés le médecin du service local et cinq sœurs de Saint-Paul de Chartres.
La maison d’arrêt de Saint-Pierre envoie ses malades à l’hospice de cette ville.
Ethnographie. — Population. — La population était, au 31 décembre 1887, de 173,391 habitants, dont 84,138 hommes et 91,233 femmes.
Dans ce chiffre n'est pas comprise la population flottante qui, à la même date, était de 1,687 individus.
D’après le lieu de naissance, les habitants se répartissent
ainsi :
Nés dans la colonie . 166,074
Nés dans les autres colonies françaises. .. . 318
Nés en France . 632
Nés à l’étranger . 10,034
Baces. — La race autochtone, les Caraïbes, a depuis longtemps complètement disparu. Européens et noirs, métis issus de leurs croisements, se sont substitués à eux el
4i LES COLONIES FRANÇAISES.
constituent uniquement la population sédentaire de la colonie.
La population suit depuis longtemps une progression constante à la Martinique : tandis que les naissances étaient, en 1867, de 4,964, en 1872, de 5,533, en 1877, de 5,792, en 1882, de 5,406 ; elles ont atteint, en 1887, le chiffre le plus élevé, soit 5,797. Comparée à la somme des habitants, cette natalité correspond à 34 naissances pour 1,000 habitants, chiffre supérieur à celui de la France et à peu près égal à celui de l’Angleterre et de l’Allemagne.
La moyenne annuelle des mariages est de 550 environ, ce qui donne, par rapport à la population totale, une proportion plus faible qu’en France.
Quant aux décès, ils se sont élevés, en 1887, à 5,083, chiffre inférieur à celui des périodes précédentes. Il équivaut à 29 décès pour 1,000 habitants, proportion relativement peu élevée.
I/état civil ne faisant plus mention, depuis l’abolition de l’esclavage, d^ la race de chaque individu, il est difficile d’établir quel est, exactement, le chiffre de la population blanche et de celle de couleur. Quoi qu’il en soit, il est constant que cette dernière va se développant numériquement.
Villes principales. — Les deux centres les plus importants de la colonie sont Fort-de-France et Saint-Pierre. Fort-de-France est le chef-lieu de File et la résidence du gouvernement. Saint-Pierre est la ville commerciale.
Ces deux villes sont reliées ensemble par un lil télégraphique, le seul qui existe dans la colonie et qui a une longueur de 32 kilomètres, égale à la distance qui les sépare par terre. Par mer, elles sont reliées entre elles au moyen d’un service de bateaux fonctionnant deux fois par jour et effectuant le trajet en une heure un quart.
LA MARTINIQUE
Fort-de-France. — Fort-de-France compte 12,000 habitants de population urbaine proprement dite.
La ville, elle, est située sur le côté nord de la magnifique baie de ce nom. Elle a pour limites les derniers contreforts du morne sur lequel s’élève le fort Desaix, du côté de l’est; au nord la rivière Madame ; à l’ouest et au sud la mer.
Le terrain sur lequel elle est bâtie, élevé de 3 à 4 mètres au-dessus du niveau de la mer, provient d’alluvions relativement récentes.
Rien de plus régulier que celte charmante ville; plusieurs rues principales parallèles à la plage courent nord et sud; un nombre égal perpendiculaires à celles-ci, dirigées par conséquent de l’est, à l’ouest, découpent Fortde-France en îlots quadrilatères.
Les rués sont larges de 8 mètres et bordées de trottoirs le long desquels coule un petit ruisseau limpide. Les maisons, presque toutes en bois depuis le tremblement de terre de 1839, n’ont en général qu’un étage sur rez-dechaussée. Pendant longtemps la ville a manqué d’eau ; mais, en 1830, l’eau des Pitons y fut amenée par un canal. Depuis, l’eau courante abonde à Fort-de-France et dans la cour de chaque maison, une fontaine donne constamment de l’eau fraîche et claire.
Fort-de-France sert d’escale aux paquebots de la Compagnie transatlantique; son port reçoit les plus forts navires qui peuvent accoster à quai.
Le port de Fort-de-France possède une forme de radoub, comme il n’en existe pas dans toutes les Antilles; celte forme est à la disposition du commerce maritime. Le prix, pour entrer au bassin de radoub, est fixé à2fr. 80 par tonneau de jauge et 1 fr. 13 par tonneau, pour frais d’échouage et d’accorage; les jours suivants se payent
72 centimes par tonneau de jauge; ces prix ne sont pas beaucoup plus élevés que ceux de la métropole et les travaux de réparation des grands et petits navires se font très promptement. Cette forme de radoub peut recevoir des navires d’un très fort tonnage. Elle a 120 mètres de longueur, 34 mètres de largeur et 8m,70 de tirant d’eau. Son entrée est très facile.
Cet établissement a un bon personnel d’ouvriers et un matériel à l’aide duquel il peut entreprendre avantageusement tous les travaux que peuvent nécessiter les réparations des navires à vapeur du plus grand modèle.
Il n’y a pas à Fort-de-France de cale de halage ni de pontons pour abattre en carène. Le port possède des magasins où la flotte peut s’approvisionner de tout ce qui lui est utile.
La colonie possède toutes les ressources nécessaires aux travaux des bâtiments en bois et de bons ouvriers pour les entreprendre.
La main-d’œuvre n’est pas plus élevée qu’en France. 11 y a des scaphandriers, habitués aux travaux sous-marins, qui peuvent visiter la carène des navires sans entrer au bassin de radoub.
Le port offre toutes les facilités désirables pour le ravitaillement en vivres frais, en vivres de campagne et en liquides.
Les bâtiments payent une faible rétribution pour les droits (baignade dans les deux principaux ports. Ils y trouvent de l’eau en abondance et toujours facile à faire.
Fort-de-France a des débarcadères pour les bateaux à vapeur et les canots de loule sorte. Les paquebots, quel que soit leur tonnage, débarquent leurs passagers sur un magnifique quai du port du Carénage, poi l qui n’est jamais tourmenté par la mer.
LA MARTINIQUE. 47
Saint-Pierre. — Saint-Pierre est la ville commerçante de la colonie, le centre des affaires. Sa population urbaine est de 20,000 habitants.
Adossée à des mornes qui s’étendent d’une de ses extrémités à l’autre, la ville court du sud-sud-est au nord-nordest dans l’espace réservé, compris entre ceux-ci et la mer, et forme ainsi une espèce de croissant dont la pointe sud
Saint-Pierre. — La rade.
est la plus saillante. C’est dans le segment le plus rapproché de cette pointe qu’est située la portion de la ville (Rie l’on nomme le Mouillage, séparée de l’autre partie appelée le Fort par la rivière Roxelane.
Par la suite des temps, les deux parties dé la ville primitive ont marché l’une vers l’autre et le Mouillage marchant vers le Fort, le Fort s’approchant du Mouillage, le quartier du centre se trouva constitué peu à peu.
La partie sud construite entre la falaise et la mer est
peu salubre; la ville haute occupe une situation beaucoup plus saine. Un vaste plateau incliné, dont l’altitude est de 70 à 100 mètres, lui est contigu et laisse arriver les vents alizés sans obstacle. Ici les habitations s’étendent librement des deux côtés de la rivière Iloxelane dans la vallée dite le Parnasse , tandis que sur la rive droite de la rivière les maisons s’étalent sur la pente de la colline pour constituer le quartier du Fort. En remontant le cours de la rivière Roxelane jusqu’au lieu appelé le Troisième Pou), on trouve de charmantes petites habitations de campagne ; quelques-unes sont même d’élégantes villas o ù l’on jouit d’une température plus rafraîchie.
Les rues de Saint-Pierre sont pavées ou macadamisées, à ruisseaux latéraux, excepté dans les anciennes voies où le ruisseau est au milieu.
Les constructions en bois sont ici l’exception; les maisons sont généralement en bâtisse, élevées de deux et même de trois étages sur rez-de-chaussée.
La ville de Saint-Pierre est abondamment pourvue d’eau; outre la rivière Roxelane, la source Morestin, située à 272 mètres d’altitude, fournit une eau potable.
On trouve à Saint-Pierre un Jardin des Plantes, qui est incontestablement le plus beau des Antilles.
Saint-Pierre ne possède qu’une rade foraine, exposée aux coups de vent; les tempêtes viennent presque toujours du nord-ouest, et le vent tournant par le nord, l’est, le sud-est, elles s’étendent dans le sud-ouest.
Saint-Pierre possède de nombreux appontemenls; il y a des moments où leur accès est très difficile. Dans ce cas, une flamme, hissée au mât du sémaphore de la place Berlin, indique le danger aux navires sur rade, et ceux-ci allongent de bons grelins et les amarrent sur les coffres des corps morts.
LA MARTINIQUE
11 arrive quelquefois que les coffres d’amarrage chassent sous l'effet de la grosse nier ou des grands vents, vu la déclivité du fond ; quand les coffres ont rompu leurs chaînes ou que celles-ci se sont démaillées par leur frottement sur le fond, ils dérivent plutôt par la force du vent qu'ils ne sont entraînés par les courants, toujours très variables.
La ville de Saint-Pierre a des dépôts de charbon appartenant à l'industrie privée. Le déchargement se fait au moyen de gabares; le prix varie de 40 à 50 francs le tonneau.
Un apponteinenl est affecté aux navires chargés pour le compte du gouvernement.
Le charbon est en général de provenance anglaise et la qualité préférée est le charbon de Newcastle. Viennent ensuite le cardiff et l’abercam. Le charbon français, pour le gouvernement, est la briquette prise en France, à Dunkerque, au Havre, à Nantes, à Saint-Nazaire, etc.
Autres villes importantes. — Après ces deux villes, les localités les plus importantes par leur population sont la Trinité, le François, le Lamentin, le Carbet, le Prêcheur, le Marin, Sainte-Marie.
Moyens de défense de la colonie. — Les troupes employées à la Martinique, sous les ordres d’un lieutenant-colonel d'infanterie île marine commandant d’armes, consistent en 4 compagnies d’infanterie de marine, une batterie d’artillerie de marine, un détachement d’ouvriers d'artillerie de marine et une corhpagnie de gendarmerie, cette dernière empruntée au département de la guerre.
L’artillerie de marine est aussi chargée du service de la défense du territoire, de l’armement des troupes et du service des constructions militaires et des fortifications.
Le port de Fort-de-France est défendu par des forts assez
A MERIQÜË.
importants : le fort Saint-Louis, le fort Tartenson, le fort Desaix, et plusieurs fortins ou batteries.
Quant au port de Saint-Pierre, il n’est protégé que par quelques fortins insignifiants, sa rade foraine ne lui permettant pas d’être une ville fortifiée.
Service militaire. — - Les lois sur le recrutement avaient été rendues applicables aux colonies par le même décret du 3 mai 1848, les diverses lois et les règlements qui régissent cette institution en France ont été promulgués, à la Martinique, en 1849.
Division navale. - — La Martinique fait partie du rayon d’action de la division navale de l'océan Atlantique.
Cette division composée de 4 croiseurs, 2 avisos et une canonnière, visite la colonie deux ou trois fois par an.
En dehors de ces visites, l’un des bâtiments de la division passe fréquemment dans les eaux de la colonie et se tient pendant son séjour à la disposition du gouverneur.
Nègre, chasseur de serpents.
Fontaine Ab salon.