CHAPITRE III Administration
Situation politique. — Limites de la colonie. — tlouvernement et administration. — Conseil d'administration, — Direction de l'intérieur et services divers. — Station locale. — Troupes coloniales. — Travaux publics. — Cultes. — Personnel spécial aux bassins du Congo et de rogôoué. — Personnel actif. — Personnel mobile. — Agent commercial. — Libreville. — Mission de Sainte-Marie. — Instruction des indigènes. — Le couvent du Plateau. — Les mariages au Gabon. — Les Américains de Baraka. — Le faubourg de Glass. — Avenir de Libreville. — Le fond de l'estuaire. — Les postes des rivières du Nord. — Les postes de la côte de Loango. — Les postes du Niari-Kiliou : l'écluse de N'gotou. — Brazzaville. — Les postes du Congo. — Les postes de l'Alima. — Les postes de l'Ogôoué. — Lastoursville. ■— De Lastoursville à Lambaréné. — Service des indigènes. — Formation des convois. — Organisation des convois. — Service de la poste. — Paiement des piroguiers et des porteurs — Moyens de défense.
Situation politique. — En lisant, au chapitre premier, l'analyse des diflférents articles de Pacte général de la Conférence de Berlin, on a pu voir que le Congo français est dans une situation toute particulière.
Le territoire de la colonie se trouve, par ce fait, divisé en deux zones distinctes : Tune, qui comprend Je bassin du Congo et celui du Niari-Kiliou, jouit de la liberté commerciale; l'autre, qui n'est point soumise à cette liberté, comprend le reste du territoire, c'est-à-dire les bassins de l'Ogôoué, du Gabon et des rivières septentrionales.
Limites de la colonie. — Au sud, les limites de la colonie suivent Tenclave portugaise de Landana; au sud-est et à l'ouest, elles longent l'État libre en remontant la rive droite du Congo, jusqu'à l'Oubanghi, puis la rive droite de cet affluent. L'Oubanghi et le Congo sont communs aux deux États, et les îles qu'ils renferment sont partagées par une ligne conventionnelle qui suit exactement le milieu de leur lit.
Au nord, la colonie est limitrophe de la colonie allemande de Kameroun, dont elle est séparée par une ligne conventionnelle partant du littoral et allant vers l'est jusqu'à 12° ZiO' de longitude est du méridien de Paris (15^ de longitude est du méridien de Greenwich ^ Cette ligne tourne ensuite à angle droit et se dirige droit vers le nord, laissant entre elle etTOubanghi, une trouée d'environ 325 kilomètres de large, par où il serait facile, le jour où l'on pourrait le faire, de gagner les régions tropicales. D'ailleurs, pour bien affirmer nos droits sur ces contrées, et pour habituer en même temps les indigènes, qui les habitent, à l'autorité des Européens, les canonnières françaises du Congo ont déjà parcouru les rivières Sanga et Oubanghi; en outre, un poste, celui de Banghi, a été établi sur la rive droite du second de ces cours d'eau par If 15' de latitude nord; de ce poste, nos agents européens ou noirs, ont étendu notre influence jusqu'aux limites du Baguirmi.
Le long du littoral, un seul point nous est contesté; ce sont les îles Elobey et l'île de Corlsco, dans la baie de