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CONGO FRANÇAIS

sorier. Plus loin, est une petite église en bois et quelques maisons en paillette, où sont établis Touvroir, la bibliothèque et les magasins. Une fontaine donne une eau claire et limpide, et un large sentier fait communiquer Baraka avec la route qui mène de Glass à Libreville.

En ces dernières années, le supérieur de Baraka continuait les errements de ses prédécesseurs. Les membres d^ la mission, hommes et femmes, agissant comme les pères du Saint-Esprit et lessœurs de Tlmmaculée-Gonception, instruisaient également un certain nombre d'enfants indigènes, garçons et filles. Mais ils ne leur apprenaient que la langue anglaise, se vantant eux-mêmes de ne point connaître un seul mot de français.

En présence de cet état de choses, le gouvernement local dut aviser et imposa à la mission, sous peine d^expulsîon, renseignement de la langue française, à l'exclusion de toute autre.

Des missions protestantes françaises se sont installées depuis quelque temps dans le pays et y ont ouvert des écoles.

Le faubourg de Glass. — En bas de Baraka, le long de la plage, se trouve le faubourg de Gla^s, dépendance du Plateau, dont il n'est éloigné que de deux kilomètres et demi. Quoique les factoreries les plus importantes, celles des maisons Daumas, de Paris, Woerman, de Hambourg, Hatton et Cookson, deLiverpool, et quelques autres d'ordre secondaire (sept françaises, trois portugaises, trois anglaises), soient établies à Libreville^ au pied du Plateau, la plupart des comptoirs sont installés à Glass, qui n'est ni un bourg, ni un village, mais un centre commercial, composé en majeure partie d'étrangers.

Sous l'influence des missionnaires de Baraka, la plupart de ces comptoirs, appartenant à des négociants protestants, allemands, anglais ou américains, s'étaient installés autrefois en cet endroit, de façon à se soustraire à l'autorité française et à former une ligne de démarcation bien nette, entre nos établissements et les leurs. Aussi, pour éviter

toute contestation ultérieure et affirmer en même temps notre droit de souveraineté, l'un des commandants particuliers du Gabon avait, au début de notre occupation, signifié aux habitants de Gla>s que ce centre dépendait administrativement de Libreville et il y avait fait construire un poste de police, qui existe encore aujourd'hui.

Le long de la plage, entre Glass et Libreville, se trouvent également quelques factoreries dont le nombre et l'importance s'accroissent peu à peu et qui finiront par former le trait d'union entre le bourg même et le faubourg.

Dans la rade, en face de Libreville, stationne le ponton-hôpital (l'ancienne frégate à voiles VAlceste)y qui est malheureusement presque toujours plein. Auprès de VAtceste sont aussi le bateau-citerne, qui va à chaque marée chercher de Peau à Ningué-Ningué, et deux petites canonnières d'un très faible tirant d'eau, dont la mission est de parcourir les rivières du fond de l'estuaire, d'assurer le fonctionnement de la justice, la sécurité du commerce et de faire observer par les ariAes, si cela est nécessaire, les arrêtés de l'autorité locale, auxquels les Pahouins, peuplade particulièrement turbulente, obéissent difficilement.

Avenir de Libreville. — Malgré la faiblesse actuelle de ses transactions, il n'est pas douteux que Libreville ne soit destinée à être, dans un avenir plus ou moins éloigné, un grand centre commercial.

Il ne faut pas oublier d'ailleurs que l'estuaire du Gabon est l'une des rades les plus vastes de la côte d'Afrique depuis Dakar jusqu'au Cap de Bonne-Espérance. Il suffira de l'aménager de façon à pouvoir y abriter un nombre assez considérable de bâtiments de tout tonnage et à en permettre la navigation jusqu'à l'embouchure des rivières Rhamboé et Komo.

Le port de Libreville est l'entrepôt obligé de toutes les denrées du pays de la chaîne de Cristal et des produits de, rOgôoué.

Le fond de l'estuaire, — Au fond de l'estuaire, l'endroit

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le plus fréquenté par les traitants est l'île de Ningué {Ningué-Ningué), située au milieu du Komo, à 36 kilomètres environ de Temboucliure de cette rivière. Les autres points où ont lieu les échanges sont : Donguila sur la rive droite de Testuaire; Timbié, dans le Komo; Mambela^ Assayé et Anoumbavëa, sur la Maga, qui coule entre le Komo et la Rhamboé.

Les postes des rivières du kord. — Les divers postes établis au Congo français se groupent différemment selon la contrée où ils sont situés. Nous allons les examiner tour à tour :

Ceux qui ont été créés dans la région des rivières du Nord sont : le petit poste de Kampo, à l'embouchure de la rivière Kampo; le poste de Batah, qui commande la baie de Batah; celui deBenilOj placé à l'endroit où le Benito se jette dans la mer ; enfin, un peu plus loin, après le cap Saint- Jean, le poste de Dombo, qui surveille les Elobey et empêche la contrebande que tentent de faire en ces parages quelques commerçants étangers, pour la plupart espagnols.

Le cap Lopez. — A la pointe septentrionale de l'île Mandji (au sud du Gabon), à l'endroit appelé le Cap Lopez, existent, à côté d'un poste, plusieurs bâtiments pouvant servir d'habitations et de magasins. Cet endroit, bien abrité contre la houle du large qui vient du sud-ouest, est très exposé aux vents des tornades qui soufflent du nord-est.

Les postes de la côte de Loango, — A l'entrée de la lagune de F^rnan-Vaz est installé un poste de douane. Un peu plus au sud, on trouve les trois postes de Setlé-Kama, de Nyanga, de Mayumba, et les comptoirs de Konkualij, de LongobondOj de Dindié et de Chibolte, De ces divers points, Setté-Kama, Nyanga, Konkuati et enfin Mayumba, où les Bavilis apportent de la gomme recueillie dans les forêts voisines, ont seuls quelque avenir commercial. Tous ces postes, ainsi que ceux du Kiliou, ont été créés de 1886 à 1889. Enfin, du Kiliou à la frontière portugaise, on reu-

contre : Bas-Kiltou, Loango, Pointe-Noire et Massabi,

Bas-Kiliou n'est autre chose que l'ancien Rudolfstadt de l'Association internationale; outre le résident français, on y trouve quelques traitants étrangers (2 Hollandais, 2 Portugais, i Américain et i Allemand).

LoANGO est appelé à un développement rapide et deviendra prochainement un des deux ou trois grands centres de la colonie. Jadis Loango avait, dit-on, 15,000 habitants; ce n'est plus aujourd'hui qu'un groupe de comptoirs, entouré d'une certaine quantité de huttes construites en raphia et en herbes sèches, et appelées des chimbèques. Loango n'est pas directement baigné par la mer; il est séparé de l'Océan par une lagune et une étroite bande de terre. Il est le point de départ de la route de Brazzaville et il faudra un jour, en raison du mouvement commercial qui se sera établi sur ce point, se préoccuper de l'aménagement de la lagune.

PoLNTE-NoiRE, à 30 kilomètres cuviron au sud de Loango, présente les mômes dispositions topographiques; enfin, le poste et les factoreries de Massabi sont situés à la frontière même, sur la rive droite de la Loëma.

Les postes du Niari-Kiliou. — En remontant le Kilîou dans la direction de Brazzaville, le premier poste qu'on rencontre est celui de N'gotou, dont les bâtiments sont situés juste au-dessus d'une gorge étroite, où le lit du fleuve se resserre d'une telle façon qu'il n'a plus que 50 mètres de largeur. Les murailles basaltiques de cette gorge, qui ont valu à ce point le nom de portes de N'gotou, ont une hauteur de 30 à 32 mètres; mais, sur les deux rives, le terrain continue à s'élever pour atteindre à quelque distance du fleuve d'un côté 70 mètres et de l'autre 150.

Non loin de là, près d'un groupe de huttes indigènes, qui porte le nom de Kakamoéka, existent quelques factoreries et c'est à peu de distance de ce petit hameau que commencent les rapides qui rendent le fl 3uve impraticable à la navigation.

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Les rapides du Kiliou occupent un espace de 77 kilomètres et présentent une dénivellation de 38 mètres ^

La route de Brazzaville. — Le point limite de la navigation possible du Niari est Btienza, qui possède d'assez vastes magasins et des cases d'habitation pour les porteurs de passage 2. Située dans une vallée fort peuplée et extrêmement fertile, cette station est destinée à devenir le point de départ de la route de Brazzaville.

Brazzaville. — Brazzaville est le premier point occupé par les Européens sur les bords du Congo.

Placée sur un mamelon, que deux petites rivières arrosent à plus de 600 mètres de distance et baignée elle-même au sud-est par le Congo, Brazzaville est devenue le centre d'une agglomération qui s'accroît de jour en jour. Les cases indigènes s'élèvent autour de la station, formant des groupes situés à une centaine de mètres les uns des autres.

La station même a été placée sur le mamelon indiqué plus haut, à une trentaine de mètres au-dessus du fleuve. Le terrain s'abaisse en pente douce jusqu'à la berge, où a été construit un appontement d'environ 60 mètres de long.

En raison de l'importance que prend chaque jour Brazza-

1. Le plaa et le nivellement de cette partie du Kiliou ont été faits très soigaeusement par M. Jacob, ing-énieur de la colonie.

2. C'est près de Buenza que se trouve la ville industrielle et commerciale de Binza-Makouta, résidence d'un des rois des Bakongos.

Afrique^ ii. 7

Femme ondoumba.

ville, les magasins de la station sont vastes et abondamment pourvus de marchandises de traite. Autour de ces magasins s'élèvent les habitations, entourées chacune d'un joli jardin. Ce centre est évidemment destiné à s'accroître dans des proportions considérables, car il est le point de départ d'un réseau ininterrompu de plus de 12.000 kilomètres de voies navigables.

A l'heure actuelle, outre la station et la population indigène, on y compte deux factoreries, l'une française (maison Daumas), l'autre hollandaise.

Les postes du Congo. — En remontant le Congo vers l'Oubanghi, on passe devant A^^Ganic7iOi«^ échelle de M'béyé (ou M'bé), capitale du roi Makoko et où existait un poste, situé sur un promontoire rocheux assez élevé.

Au confluent du Congo et de la Sanga, on avait établi le poste de Bonga (ou Pombo), placé, non sans peine, au milieu du pays des M'bochis, les indigènes les plus sauvages de toute la contrée.

Dans la partie inférieure de TOubanghi, existait également le poste secondaire de N'Kundja. Les trois postes ont été supprimés et on en a créé trois autres, l'un à Liranza, au confluent de l'Oubanghi et du Congo, les autres plus haut sur l'Oubanghi, k Mozzacha et à Banghi^ au-dessous des premiers rapides.

Les postes de l'Alima. — Si l'on remonte le cours de l'Alima vers les plateaux batékés, on rencontre successivement :

Lékéti, qui possède non seulement des habitations et des magasins, élevés sur la pente qui descend vers la rivière, mais aussi un atelier de construction et de montage ; c'est là qu'ont été lancées les canonnières qui naviguent sur le Congo \ et Diélé^ dont les bâtiments, sont installés sur un plateau qui domine la rivière de 15 à 18 mètres.

Du bassin de l'Alima, on passe ensuite dans celui de

l. Ce poste a été récemment supprimé.

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rOgôoué. Au sortir de Diélé, la route suit pendant quelque temps la direction de Lékila, traverse le village d'Ota, passe entre la source de la Lékila et celle de la rivière N'Koni, qu'elle franchit un peu plus loin entre Aku et N'Gaya; à partir de N' Gankoso, elle commence à monter jusqu'au point appelé l'Arbre-Sec (situé après le village de

Une ruQ à Libreville.

N'Gia); elle redescend ensuite assez rapidement jusqu'à la nouvelle station de Franceville. La longueur de cette route est de 183 kilomètres.

Les postes de l'Ogôoué. — Franceville était autrefois établie sur la rive gauche de la Passa, à 1550 mètres environ de la rivière, au sommet d'une colline d'une centaine de mètres de hauteur. Mais, depuis peu d'années, la station a été reportée sur un plateau de la rive droite qui domine la Passa d'une trentaine de mètres seulement. Cette nouvelle situation présente deux avantages : les porteurs

qui vont vers Diélé n'ont plus à traverser la rivière, et les établissements européens sont plus proches du village de N' Gimi. La station comprend: un bâtiment central; — un hangar pour les approvisionnements; un autre pour les ouvriers; — enfin un long bâtiment où logent les lap tots et les autres agents du poste. Cette station fournit un assez grand nombre de porteurs.

Lastoursville. — Un peu après le petit poste de Doumé, qu'on rencontre en descendant de Franceville vers leFernan-Vaz, se trouve la station de Lastoursville^ ainsi appelée du nom de son fondateur, Rigail de Lastours,quiy est mort en 1883. L'endroit où celui-ci s'était d'abord installé à son arrivée avait reçu le nom de MadivUle (village de l'huile), qui indique quelle est la principale industrie de la région. Le nouveau poste, bâti sur un petit plateau voisin, à 20 mètres environ des hautes eaux, commande le fleuve en amont et en aval. A côté de lui, sur la berge, s'élève le village adouma de Néati-Mandji ; à un kilomètre plus loin a été fondée une mission catholique. La salubrité de cette contrée est excellente. Les indigènes, d'une nature douce et serviable, font d'excellents pagayeurs. C'est à Lastoursville que vont se fournir les convois qui remontent à Franceville ou qui descendent vers N'Djolé; c'est là aussi que se construisent les pirogues.

De Lastoursville a lambaréné — Entre Lastoursville et N'Djolé, on trouve les postes d'Ashouka et des Apinjis. Ashouka est installé sur la rive môme, entre deux villages okandas; il peut réunir 300 pagayeurs. Quant au poste des Apinjis, il a été construit à 80 mètres de hauteur, au milieu de trois villages fort importants, Yamba, Ouanga et Mindumba, dont le dernier est pahouin. C'est entre Ashouka et Obombi que s'élève le village de Lopé, dont il a été question lors des premières explorations de rOgôoué.

Djolé, qu'on rencontre ensuite, est situé dans Tîle de Misanga, où se trouvent également les concessions

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Hatton et Coockson, ain>i que la factorerie Wœermann. Dans une excellente position, à l'abri de tout coup de main et tenant en respect les Pahouins (dans le cas où ceux-ci seraient tentés de se soulever), ce poste, fort bien

installé, est gardé par une

A 10 ou 11 kilomètres en aval de ce poste, existe une mission américaine prot3stante, celle de Tabatongci,

Lamharéné est situé beaucoup plus bas, à peu de distance du confluent de la rivière N' Gounié. 11 est gardé par un Européen, assisté de trois ou quatre laptots et d'une demi-douzaine de kroumans.

Autour des bâtiments de l'État, on voit quelques factoreries et, sur l'autre rive, en face de la station, s'est installée une mission catholique.

Ce point est le centre commercial de beaucoup le plus important de rOgôoué. Un administrateur faisant fonctions de juge de paix, à compétence étendue y réside. Outre la mission catholique, une mission protestante françaises et une école de sœurs y sont établies. C'est là que les maisons de commerce de TOgôoué ont leurs principaux magasins.

Service des indigènes. — Il reste, avant de terminer ce chapitre, à expliquer brièvement le système mis en vigueur pour l'organisation, la conduite et la marche des convois. Ceux-ci sont relativement faciles à former.

Par suite de traités passés de 1880 à 1885 avec les indigènes de i'Ogôoué, chaque homme valide, en état de porter les armes, doit par an deux mois de service à TÉtat. Voici le texte du plus important de ces traités; il est relatif aux Okandas, qui sont, avec les Adoumas, les meilleurs pagayeurs du fleuve :

15 avril 1885.

Entre nous, Pierre Savorgnan de Brazza, Commissaire du gouvernement de la République française dans l'Ouest africain, agissant au nom de son gouvernement, assisté par MM. Albert Weistroffer, maréchal des logis au 13® régiment de dragons, et Auguste Crochet, quartier-maître, d'une part;

Et les chefs et notables soussignés du pays des Okandas, agissant au nom de toute la tribu et de leurs successeurs, d'autre part,

Il a été convenu ce qui suit :

En renouvellement des conventions passées : en 1880 à Ogouma (Okandas) entre M. P. S. de Brazza, enseigne de vaisseau, et les représentants des tribus des Okandas, Adoumas, Ochébos (Ossyébas), Apinjis, Okotas, Inengas et Galois, brisant les monopoles locaux et ouvrant la route du fleuve aux tribus susdites ; 2** en 1883, à Ogouma (Okandas), entre M. P. S. de Brazza, commissaire du gouvernement dans l'Ouest africain et les chefs du pays Okanda :

Article premier. — Les actes précités sont confirmés, en ce qui n'est pas contradictoire au présent acte.

Art 2. — Le temps de service que les Okandas se sont engagés à donner au gouvernement par les actes précités, est fixé ainsi qu'il suit :

Art. 3. — Les hommes valides de la tribu des Okandas feront

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cinq voyages par an, de N'Djolé à la première station du pays des Okandas, soit environ deux mois et demi de service actif par an.

Art. 4. — La rémunération de ce temps de service est maintenue dans les conditions déjà établies, soit deux à quatre cents frarics par an, suivant le cas, payés en marchandises aux prix actuellement établis dans le pays.

/rt. 5. — Au cas d'événements intéressant la sécurité générale, le gouvernement aura le droit de réquisitionner les hommes nécessaires, sans augmentation de rétribution.

Art. 6. — Au cas prévu par l'article précédent, le gouvernement aura le droit de réquisitionner, sans rétribution, toutes les pirrgues se trouvant dans la contrée, à quiconque elles appartiennent. Dans le cas de perte de ces pirogues, elles seront remboursées en marchandises aux prix actuellement établis pour Tachât des pirogues.

Art. 7. — Il sera donné aide et protection, soit dans les postes, soit dans les convois, aux Okandas voyageant pour leur propre compte.

Art. 8. — Les Okandas qui se seront distingués pendant leur temps de service, conserveront leurs armes perfeciionnées, à titre de prêt, pour assurer la déf» use de leurs villages. Ces armes devront être remises à toute demande des chefs de poste de la contrée.

Art. 9. — Le gouvernement usera de son influence auprès des Ossyébas et des Chakés, nouvellement établis sur la rivière, afin qu'ils ne viennent pas troubler Iq, sécurité des communications par le fleuve, sécurité à laquelle on les intéressera par tous les moyens.

Art. 10. — Les Okandas s'engagent à laisser travailler dans leurs pirogues, au même titre et aux mêmes conditions qu'eux-mêmes, les jeunes gens des villages pahouins (Ossyébas) riverains, afin qu'ils apprennent la manœuvre des pirogues dans les rapides et qu'ils puissent faire leur commerce par la voie du fleuve et être intéressés au maintien de la sécurité des communications.

Art. 11. — Les Okandas s'engagent à laisser participer à tous les avantages donnés aux tribus riveraines par les actes précités et le présent acte les villages pahouins (Ossyébas) qui fourniraient des pagayeurs et qui rempliraient les conditions établies par les actes précités. '

Art. 12. — Les chefs et notables Okandas renouvellent en leur nom et au nom de leurs successeurs les différentes cessions de terrain faites: 1° en 1876; 2^ en 1880, en 1883 et en 1884.

Alt. 13. — Les Okandas conservent la propriété du reste de leurs terres.

Art. 14. — Toute aliénation des terrains mentionnés dans l'article précédent ne sera valable qu'approuvée par le gouvernement.

Art. 15. — Aucun étranger ne sera autorisé à résider chez les Okandas, s'il ne s'engage à respecter (en ce qui le concerne) les con-

ditions établies'par les différents actes passés entre le gouvernement français et les Okandas, en particulier les articles 2, 5, 6 et 14 du présent acte.

Fait chez les [Okandas, au ^village de Odemba, le quinze avril mil huit cent quatre-vingt-cinq.

Le Commissaire du gouvernement, Signé ; P. S. de Brazza.

Signé : A. Weistroffer.

Signé : A. Crochet.

(Suivent les croix des chefs indigènes.)

Quelques explications sont indispensables pour mieux faire comprendre la portée des articles de ce traité.

On a vu, en effet, au précédent chapitre, que les peuplades riveraines de rOgôoué prétendaient avoir chacune des droits sur la partie du fleuve qu'elles bordaient, et exigeaient dès lors des étrangers ou des indigènes des autres tribus des droits de passage assez élevés. Par les traités de. 1880 et de 1885, ces monopoles ont été abolis et chaque village a le droit de descendre et de remonter le fleuve selon son plaisir et ses intérêts.

Formation des convois. — Le premier convoi qui profita de cette liberté comprenait 750 Adoumas, qui descendirent, sous la conduite de M. Michaud, jusqu'au village de N'Djolé. A la fin de 1885, le service était à peu près régulièrement organisé.

Chez les Batékés et dans le bassin de l'Alima, le service des porteurs est collectif et se fait généralement par village. Les chefs de poste, au lieu de s'adresser personnellement aux hommes qui doivent servir, avertissent simplement les chefs des tribus qu'ils ont besoin de telle ou telle quantité d'hommes ; ceux-ci s'arrangent alors comme ils l'entendent et désignent eux-mêmes ceux qui feront partie du convoi.

Un arrêté du commissaire général, rendu en 1887 après

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