GABON ET CONGO
entente avec les tribus, a modifié l'article 3 du traité de 1885; le service ne se compte plus par le nombre de voj'ages, mais par la durée du temps écoulé. Ce temps a été fixé à deux mois par an.
Organisation des convois. — L'organisation des convois est fort simple. Pour les convois de terre, les hommes appelés au service se réunissent dans un poste ; chacun reçoit un ballot d'un poids variable, généralement de 25 à 30 kilogrammes. Ce ballot est pesé avec soin, et l'indigène reçoit un papier indiquant le poids et la nature du ballot ainsi que l'endroit d'où il vient luimême. Lorsque le convoi est parvenu à destination, ce papier est échangé contre un autre qui est un bon de payement. L'indigène, qui est nourri à partir du moment où il est au service, emporte également des produits de la contrée,
qui sont sa propriété; arrivé à destination, il les échange contre des marchandises européennes.
En général, les convois sont de 300 à 400 hommes, placés sous la conduite d'un laptot. En vue de la sécurité, le commandant du convoi et les quelques chefs indigènes qui dirigent en sous-ordre les porteurs, sont armés de fusils; mais ils n'ont jamais l'occasion de s'en servir, si ce n*est pour tirer quelques grands animaux, des bœufs sauvages principalement.
En quittant leur village pour se rendre à la station où s'organise le convoi, les hommes emportent leur nourriture, qui se compose de manioc ; en chemin, ils en enter-
Jeune femmme obamba.
rent une partie, qu'ils retrouveront au retour. Si la route est longue, ils répètent plusieurs fois e^tte opération.
Pour les convois par eau, l'organisation est la même. Les indigènes emportent sur les bateaux, outre les ballots qui leur sont confiés, des marchandises qui leur appartiennent et qu'ils échangent au terme de leur voyage d'aller.
Service de la poste. — Les convois sont trop peu rapprochés pour pouvoir faire le service de la poste. Celle-ci est confiée, d'une manière générale, à des hommes dont on est sûr; sur les routes de terre, les correspondances sont placées dans un grand sac fermé que, seuls, les chefs de poste peuvent ouvrir; sur les voies fluviales, elles sont renfermées dans un ou plusieurs petits tonnelets étanches, qu'il est facile de rattraper si la pirogue chavire.
Payement des piroguiers et des porteurs. — Lorsqu'il est muni de son bon de payement, l'indigène peut se faire solder ce bon à toutes les stations. Celles-ci ont un magasin pourvu des marchandises de traite en quantité suffisante pour parer à tous les besoins. Le bon indique simplement la somme à payer à l'indigène : la quantité de marchandises représentée par cette somme varie selon la distance de la côte.
Moyens de défense. — Dans une colonie aussi nouvelle, il faut marcher prudemment et lentement. Le service personnel des noirs, dont le mécanisme a été expliqué plus haut, met àla disposition du gouvernement local des moyens d'action, qui seraient absolument insuffisants en cas d'attaque par une puissance européenne.
Dans ce dernier cas, le Congo français n'aurait comme moyen de défense que les bâtiments de la station locale et les troupes d'infanterie au nombre de 200 à 250 hommes. Celles-ci n'auraient d'ailleurs qu'un rôle assez effacé, car il n'existe d'ouvrages fortifiés sur aucun point de la côte, pas plus à Libreville qu'à Loango.
L'Ogôoué en aval de Lastoursville.