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CHAPITRE 1I[ Administration

Possessions françaises ea Guinée. — Enclaves de la côte des Graines. -* Organisation administrative de nos possessions de Guinée.

Possessions françaises en Guinée. — Les possessions françaises en Guinée sont disséminées un peu partout, depuis la. côte des Graines jusqu'à la côte des Esclaves. Elles se divisent principalement en deux parties, qui sont :

Les territoires de la Côte d'Ivoire et de la Côte d'Or (terre de Krou, bassins du San-Pedro, du Rio Fresco, établissements de Grand-Bassam et d'Assinie).

Les territoires de la Côte des Esclaves (royaume de Porto-Novo et Grand-Popo).

Il existe, en outre, sur la côte des Graines, un certain nombre d'enclaves assez importantes.

Enclaves de la Côte des Graines et territoires de la CÔTE dIvoire. — Le premier point soumis à la domination française dans la direction de Touest est un petit village que les indigènes appellent Ajacouty et les Anglais Trade- Town, situé au sud de Grand-Bassa; ce village est, avec son territoire, tout ce qui reste de nos anciennes possessions dans ce pays. En 18^2, en effet, le pays de Grand- Bassa et des Boutou (Grand et Petit), à Test de Greenville, furent achetés par le gouvernement français, puis cédés un peu plus tard à la république de Libéria. Quelques années après, en avril 1852, la France reprenait pied dans ce pays en passant un traité avec le chef de Trade-Town.

Un peu plus loin, près de la côte de Krou, un autre traité passé en 1838 et renouvelé en 18/i2, avec les deux frères Blackwill, nous a donné une enclave comprenant les deux rives de l'embouchure de la rivière Garroway et les territoires avoisinants

Par un autre traité, en date du li février 1868, la France est devenue propriétaire, sur la côte d'Ivoire de tout le pays de Krou et particulièrement des territoires dépendant des villages du Grand et du Petit-Bériby, et de celui du Grand-Basha (qu'il ne faut pas confondre avec Grand- Bassa) ; en outre, d'autres traités ont été passés avec les indigènes des bassins du Rio-Fresco, de la rivière San- Pedro, et nos établissements forment ainsi une ligne ininterrompue, depuis et y compris le Rio-Gavally jusqu'à la Côte d'Or anglaise.

Organisation administrative de nos possessions de Guinée^. — On sait que, pendant de longues années, notre poli-

1. Voir pour tous ces traités, le décret du 20 décembre 1883. Bulletin officiel de la marine et des colonies, année 1884.

2. Se reporter, pour les limites du territoire de Porto-Novo du côté de Lagos, et de celui d'Assinie du côté de la Côte d'Or anglaise^ aux chapitres V et VI de cette notice.

COTE DE GUINÉE

tique sur le littoral de Guinée a été fort indécise ; il a fallu d'abord notre établissement dans le bassin du haut Niger, puis rétablissement progressif des Anglais sur différents points du littoral et la situation prospère de leurs territoires, pour nous faire enfin comprendre que nous avions un avantage considérable à nous installer d'une manière solide et définitive dans le pays.

Ce fut alors qu'on songea à organiser nos possessions, délaissées depuis 1870, sur un pied convenable. M. Verdior, chef d'une maison de commerce de La Rochelle, qui possède plusieurs comptoirs sur la Côte dlvoire, fut alors chargé des fonctions de résident de France à Grand-Bassam et à Assinie; il lui fut, en outre, alloué une somme annuelle pour l'entretien d'une milice indigène d'une trentaine d'hommes chargés de la police et composant toute la force armée dont nous disposions en Guinée.

Un résident fut également nommé à Grand-Popo et un autre à Porto-Novo

Après avoir été pendant longtemps rattachés à l'administration du Gabon, confiée elle-même à un capitaine de frégate, nos établissements de Guinée ont été réunis ensuite à la colonie du Sénégal, et placés sous la surveillance spéciale du lieutenant-gouverneur des Rivières du sud, résidant à Gorée.

Mais cette situation ne pouvait durer longtemps. Obligé, pour se porter d'un point à un autre de son domaine administratif, de franchir plusieurs centaines de kilomètres, ce fonctionnaire n'arrivait à faire en Guinée qu'une ou deux apparitions annuelles.

Aussi a-t-on pensé à apporter à cet état de choses des modifications importantes, et, ainsi que nous l'avons déjà

1. Ces deux derniers appartiennent au cadre des administrateurs coloniaux ; outre leur solde personnelle, ils reçoivent une indemnité de représentation qui est de 2.000 francs pour le prem'er, et de 3.000 francs pour le second.

Afrique, ii. i%

expliqué plus haut, les Rivières du sud et les établissements de la côte de Guinée forment depuis le l^** janvier 1890, un groupe de colonies, placé sous l'autorité d'un lieutenantgouverneur. Néanmoins, malgré leur réunion, chacune de ces possessions (Rivières du sud, Grand-Bassam et Porto- Novo) conserve une certaine autonomie; chacune a son budget local, ses ressources spéciales; de plus, l'administrateur résidant à Porto-No\o et celui de Grand-Bassam, ont le droit de correspondre directement avec le soussecrétaire d'État aux colonips.

La factorerie Verdier.

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