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A Test du plateau des Pasteurs

2. Le Curieux est un aviso de la marine française qui fut envoyé en 1852 à Obock pour y conduire les représentants du gouverne-

OBOCK

Ces trois bancs forment un port intérieur divisé en deux parties par deux autres bancs appelés : le plus proche du rivage, le banc du Bisson (nom d'un navire français venu en 1880), et le plus éloigné, le banc des Perles^, ainsi nommé, à cause de la découverte, par des indigènes, de quelques pères sans grande valeur.

La rade se compose ainsi de deux parties distinctes : la première, le port du Nord-Est, comprend sous le plateau des Aigles, Panse Buret et, sous le plateau des Pasteurs (situé entre le plateau des Sources et celui des Aigles), l'anse des Pêcheurs ; on parvient à ce port en franchissant, entre le banc du Curieux et celui du Surcouf, la passe de VEst, qui n'a que 8 mètres d'eau. Celle-ci, ainsi qu'une autre qui joint les deux parties de la rade (entre les bancs des Perles et du Surcouf), est encore impraticable aux grands navires et le port ne peut malgré sa profondeur (de 9 à 18 mètres), recevoir jusqu'ici que des navires de petite dimension ; le port du Sud, plus vaste et beaucoup plus commode, est fréquenté par les paquebots français et les bâtiments de guerre, qui franchissent la passe du Sud (profonde de 50 mètres et large de 600 mètres) au moyen des bouées-balises des bancs du Surcouf et du La Clocheterie^

Deux feux rouges établis, l'un sur la tour Soleillet, l'autre sur la falaise du cap Obock, indiquent la route à suivre pour entrer ou sortir ; un secteur vert, au second de ces phares, indique la zone du mouillage ^

Enfin, tout récemment, au Ras-Bir, on a installé sur une tour en maçonnerie un feu blanc fixe de 16 à 17 milles de portée.

ment, MM. Buret, capitaine de frégate, et Schefer, secrétaire inter^ prête, chargés de prendre possession de la côte qui nous avait été concédée .

1. La profondeur de ce port varie entre 10 et 40 mètres; sa superficie est de 100 hectares.

2. Le service du pilotage est assuré par un pilote major, qui es en même temps capitaine de port, et par un pilote ordinairei

Aspect général de la Contrée. — On a vu plus haut que le pays était formé de vastes plateaux sablonneux limités vers Touest par des collines assez élevées. Cette ligne de plateaux et de collines qui commence au Ras- Doumeirah pour finir un peu après Zeïlah, abrite parfaitement la rade d'Obock des vents du nord et du nord-ouest, et le golfe de Tadjourah, des vents qui viennent de l'ouest.

A quelques kilomètres dans l'intérieur apparaît un second étage de montagnes parsemées çà et là de pics assez élevés dont le principal, le Goudah, atteint 1,675 mètres. La chaîne s'avance même assez près delà mer, sur laquelle elle surplombe, et cet endroit a pris le nom de Falaise-Table (Table Cliff). Entre Falaise-Tabie et le Ras-Séjarn (également appelé Ras-Siane, dans le pays), la côte est bordée par des récifs, puis par une ceinture de petites îles nommées Djezirah-Soba (archipel des Frères).

Les plateaux, qui forment en grande partie toute la contrée, sont entrecoupés de ravins ou de vallées, où se trouvent des lits de torrents, qui ne roulent leurs eaux qu'à l'époque des grandes pluies.

Après Obock, la côte se dirige du nord au sud-ouest puis au Ras-Douan, elle s'incline davantage à l'ouest vers Tadjourah ; elle reprend ensuite sa direction primitive jusqu'au fond du golfe où se trouve le Gubbet- Kharab. A partir de ce point, elle tourne vers Test, jusqu'au Ras-Jibouti, puis vers le sud-est jusqu'à Zeïlah.

Le Gubbet-Kharab. — Entouré de hautes montagnes volcaniques sans aucune trace de végétation, le Gubbet- Kharab est une vaste baie de 13 milles de long sur 6 milles de large, qui communique avec la mer au fond du golfe de Tadjourah par un détroit de 1300 à IZiOO mètres de large. Ce détroit est coupé en deux parties par un îlot rocheux d'une douzaine de mètres de hauteur, appelé l'îlot de Bab; des deux passes ainsi formées, la meilleure est celle du nord, moins large mais plus profonde que celle du sud.

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Quant au Gubbet-Kliarab même, il ne contient qu'un ou deux mouillages pour les bâtiments d'un faible tonnage, malgré sa grande profondeur qui n'est pas moindre de 190 mètres et atteint même 300 et ZiOO mètres.

Le Bahr-Assal. — A quelques kilomètres au nord-ouest du Gubbet-Kharab, se trouve un lac appelé le Bahr-Assal (ou Lac salé), et affectant la forme d'un ovale allongé du nord-est au sud-ouest. Il est large d'environ U à 5000 mètres et long de 8 à 10 kilomètres.

Le sel, qui se dépose sur ses bords, est l'objet d'un commerce important avec TAbyssinie, et les chefs du pays, qui en tirent de grands revenus, se sont toujours montrés très jaloux de la propriété du Bahr-Assal.

Constitution géologique du pays. — Tout le territoire d'Obock — colonie proprement dite et pays protégés — appartient essentiellement à la région saharienne et a par conséquent une grande analogie avec le Sahara algérien et tunisien.

La principale chaîne montagneuse du pays est, ainsi que ses contreforts, exclusivement formée de roches volcaniques, c'est-à-dire des trachytes, des domites, des basaltes, des dolérites et des laves \

D'après M. Aubry, ingénieur des mines, les plateaux situés entre cette chaîne et la mer appartienneni à l'époque quaternaire et paraissent provenir du soulèvement d'un rivage fort ancien. Cette hypothèse est également partagée par le docteur Faurot, qui a parcouru toutes ces contrées. Sous une mince couche de sable, chargée d'efflorescences de sel, se trouve une roche calcaire où domine le carbonate de chaux, mais où le gypse (sulfate de chaux), le sulfate et le carbonate de magnésie, ainsi que le sel marin (chlorure de sodium) apparaissent en maints endroits. Ces terrains contiennent des échinodermes, des foraminifères et de

1. Voir, au chapitre IV de ce fascicule, la valeur généralemen admise de cette sorte de terrains au point de vue agricole.

nombreuses coquilles appartenant à des espèces qu'on trouve actuellement au fond de TOcéan. Eafia, il y a dans ces terrains une certaine quantité de sels de potasse ou de soude et, au-dessous du calcaire, une couche d'argile très fine, parfois schisteuse, recouvrant des couches alternatives de marne à veines bleues et verdâtres et d'argile.

RÉGIME DES EAUX. — Outrc quelqucs torrents qui sont presque toujours à sec et ne roulent leurs eaux qu'au moment des grandes pluies, il y a dans la contrée deux lits de rivière, qui deviennent des cours d'eau pendant l'hivernage et qui ont été appelés, l'un, la rivière dVbock, l'autre, la Telia,

Heureusement il existe, à une profondeur variant entre 1'" 50 et li mètres, une nappe d'eau qui alimente tous les puits creusés dans la vallée des Jardins, puits dont l'eau est saumâtre à cause des infiltrations de la mer, mais suffit aux animaux domestiques. Il est fort probable d'ailleurs que, vu la nature du terrain, on obtiendrait, en creusant à une plus grande profondeur, de meilleurs résultats, non seulement au point de vue de la qualité de l'eau, mais aussi au point de vue de la quantité

1. L'expérience a été tentée, en ces dernières années, dans une contrée qui offre avec Obock une analogie curieuse; c'est le nord de la province de l'Arad, dans le Sahara tunisien, non loin de Gabès. Une Compagnie française a fait creuser, sur les bords de la petite rivière de FOued-Melah, plusieurs puits artésiens. Le premier, placé à peu de distance de la mer, a rencontré, à environ 8 mètres de profondeur, une eau saumâtre semblable à celle d'Obock. Les autres, placés à des points distants de 1,200 à 1,800 mètres du rivage et à des hauteurs variant entre 8 et 24 au-dessus du niveau de la mer, ont également rencontré plusieurs nappes dont Teau devenait de moins en moins saumâtre au fur et à mesure que la 5onde s'enfonçait. La dernière de ces nappes a donné une eau fort bonne, légèrement chargée de magnésie, mais très potable et employée depuis quatre ans par les agents et colons de la Compagnie. La profondeur de cette couche varie entre 57 et 90 mètres au-dessous du niveau du sol, c'est-à-dire à 6 ou 8 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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Faune et flore. — Obock a également une faune et une flore sahariennes. Lps ânes sauvages, les gazelles, les outardes s'y rencontrent en quantité : les autruches, assez nombreuses, sont difficiles à joindre. Les bêtes féroces ou nuisibles senties mêmes que dans le Saharaalgérien et tunisien : le guépard (assez rare), le chat sauvage, la vipère commune, la grande vipère, le scorpion, le chacal et l'hyène. Enfin, comme animaux domestiques, on y trouve, sauf le cheval, les mêmes animaux que dans le Sahara : le chameau, l'âne, la chèvre et le mouton; il y a aussi des bœufs, mais surtout dans l'intérieur.

La végétation est rare et clairsemée. L'arbre le plus fréquent est le mimosa aux formes bizarres, dont le feuillage court (le kabala) sert à alimenter les troupeaux. Sur la côte, au bord de la mer, il y a des bouquets de palétuviers; dans les vallées, des genêts et des euphorbes. Enfin, sur certains plateaux, pousse une sorte de chiendent, appelé hachich parles indigènes, qui en nourrissent leurs animaux domestiques durant la mauvaise saison. En dehors de ces quelques arbres, tous les autres végétaux de la colonie ont été importés et acclimatés.

Population de la Colonie. — Les populations soumises à notre domination appartiennent à trois races bien distinctes ;

Les Danakil, — les Somalis, — les Gallas.

Le territoire occupé par les Danakil commence à la baie d'Adulis, longe les montagnes de l'Ethiopie à l'ouest et la côte à Test, puis finit à peu près au Gubbet-Kharab, au plateau de Doulloul et aux mines de soufre du Choa.

Du Gubbet-Kharab au cap Guardafui, tout le long de la côte, vivent les Somalis (ou Somal); enfin, au sud des Somalis, principalement vers Harrar, vivent les Gallas.

Les Danakil. — Les Danakil se divisent en deux groupes : ceux du nord, les Chohos et les Hazorlas et ceux du centre^

1 . De même que nos indigènes de TAlgérie, ces groupes se sub-

Les Danakil sont essentiellement pasteurs et par consé-

divisent à leur tour en tribus, en douars et en familles. Nous donnons ici les principales de ces subdivisions.

Les Danakil forment sept tribus, qui sont : les Asmila, les Assohas, les Madima et les Takyil, administrés par le chef Bourhane- Abdou, les Ab-Ammila, les Aden-Sara et les Bédoui-tamila , administrés par le chef Mohamed-Ali.

Ce dernier administre, en outre, les Guémisso et les Abita, qui font partie des Ab-Ammila, mais habitent sur un territoire un peu plus éloigné.

Quant aux fractions les plus importantes de ces tribus, elles portent les noms suivants :

Tribu des Asmila (habitant Latella) : les Aat-Asmila et les As- Asmila,

Tribu des Assobas (habitant Mabla) : les AmaraiitOy les Badrichikto, les Katouha, les Omarguaba et les Omartoii.

Tribu des Madina (habitant Guardarasso) : les Aat-Alito, les AU- Ouatal et les Mognamaley .

Tribu des Takyil (habitant Obock) : les Gaudily-Takyil^ les Guibàbi, les Hayou-Takyil, les Mondo-Takyil et les Schim-Sara,

Tribu des Ab-Ammila (habitant Angar) : les Hamado et bs Kamilto.

Tribu des Aden-Sara (habitant Guattaré) : les Ashalé et les Hoboïta.

Tribu des Bédoui-tamila ; les Afada (habitant l'Adegueno), les Aitoura et les Ederkalto (le Yuéma) ; les A li-Sarra, les Harmilio, les Oursanina, et les Gaassera (le Doubyia) ; les Assalboura (l'Asboul); les Bédouita-boura (le Bédouita) ; les Guédelé (le Guémi), les Haisso (le Moulhoulay) ; les Kourha (l'Aéta) ; les Oulid (l'Ourirasso); les Yas-Odom (le Gunta) et les Yokos (le Sonyali).

Le territoire de Tadjourah, placé sous le protectorat de la France, comprend en deux tribus principales : 1° les Adaïl, administrés par le sultan de Tadjourah lui-même et divisés en huit fractions appelées les Aéro-HassOy les Abli, les Adlito, les Chika, les Daba-Adati, les Darkouma, les Garaisso et les Guaronni-, 2o une partie desy45sobaSf administrée par Omar-Bourhane-Bey et divisée en trois fractions : les Audiyassara^ les Clieick-Arbahinto et les Yiakoubto. — Enfin le sultan Loïtah administre le territoire, sur lequel vivent toutes les tribus Débéneh, Uémas, etc., depuis Beïlloul jusqu'à Faré.

Chacune des fractions est administrée directement par un chef secondaire et, dans la tribu, les dignités de sultan et de vizir sont héréditaires, mais elles alternent entre elles. Ainsi le vizir suc-

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quent nomades ; ils n'ont donc pas d'habitation fixe et changent de résidence suivant. la saisoQ et les besoins de leurs troupeaux.

Eq quelques heures, ils construisent, avec des branchages et des nattes, des huttes plus ou moinsvastes, selon IMmportance de leur famille, et tellement basses qu'il est impossible de s'y tenir debout.

Ils sont tous musulmans, mais nullement fanatiques; on dit même qu'ils manquent d'enthousiasme pour cette religion, et certains voyageurs rapportent qu'une partie des tribus qui confinent au plateau abyssin sont chrétiennes, au moins pour les pratiques extérieures.

Les Danakil ont la taille élevée, la peau I noire, un peu terne, < des traits farouches, maisréguliers, ^ . ^, r ^ 1. ' ^ ' Bourhane-Abdou, chef aes Assobas.

des cheveux frisés,

ondulés chpz quelques-uns, lisses chez d'autres, 'mais généralement longs sans dépasser le haut de la nuque et couverts d'une couche de graisse ou de beurre.

Leur vêtement consiste en une pièce d'étoffe, appelée tauhe, serrée autour des reins et descendant à la hauteur des genoux * ; leur chaussure se compose d'une paire de

cède au sultan décédé tandis que l'héritier de ce sultan devient vizir et remplacera à son tour le nouveau sultan, lorsque celui-ci mourra.

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