Parfois un second taube recouvre les épaules
sandales en cuir de bœuf qu'on leur voit plus souvent à la main qu'aux pieds.
Quant aux femmes, elles portent une sorte de pagne en peau tannée ou en cotonnade et une espèce de camisole en cotonnade bleue. Leurs cheveux, divisés en une multitude de petites tresses, au bout desquelles pend un ornement en perles ou en verroterie, sont graissés comme ceux des hommes. Les femmes mariées ont seules un voile en étoffe bleue, qu'elles laissent retomber sur le front. En outre, aux oreilles, aux bras, aux chevilles, elles portent de lourds bijoux en cuivre et, au cou, des colliers en coquillages ou en perles de verre coloré.
Elles sont traitées par leurs maris comme de véritables bêtes de somme; elles vont chercher l'eau, le bois, préparent la nourriture et fabriquent des nattes et des paniers, tandis que les hommes vont à la chaise, conduisent les troupeaux, font la guerre et se livrent à de longs kalams avec leurs amis
Les Danakil vivent du lait de leurs troupeaux et de galettes de dourah lorsqu'ils peuvent s'en procurer ^ Sur le littoral, ils y ajoutent du riz et du poisson grillé. Enfin, à l'occasion des grandes cérémonies, telles que : funérailles^ mariages ou fêtes quelconques, ils mangent aussi de la viande de chèvre ou de mouton.
Leur arme principale est une lance en forme de javelot à pointe acérée, muni d'un bois de l'",50 à 2 mètres de long et garni à son extrémité inférieure d'un morceau de fer assez pesant qui sert de contrepoids. Ils ont aussi un
1. Le kalam est une causerie ou discussion interminable; c'est le palabre des tribus de l'Afrique occidentale.
2. La galette de dourah, que tous ceux qui ont voyagé dans le Sahara reconnaîtront facilement, est une sorte de pain grossier fait avec de la farine de gros mil- qui porte dans le pays le nom de dourah. Sur le bord de la mer, les indigènes font parfois cette galette avec du froment.
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couteau à lame courbe, renfermé dans une gaine de peau et un bouclier en cuir très épais.
Méfiants, soupçonneux, traîtres et sanguinaires, les Danakil mettent un certain amour-propre à commettre des meurtres; ils ont alors le droit de porter une plume d'autruche blanche ou noire, selon Timportance des victimes Cette passion du meurtre est telle que tout étranger risque d'être assassiné, à moins qu'il ne soit lié d'amitié avec les membres d'une tribu, auquel cas il devient généralement sacré pour tous.
La langue dankcdl est la langue afar^ sorte d'idiome éthiopien sans écriture 2; cependant les indigènes qui habitent la côte parlent aussi la langue arabe, mais quelques chefs seuls savent l'écrire^.
Les Somalis. — Les Somalis sont divisés en plusieurs grandes tribus, subdivisées elles- mêmes comme celles des Danakil en tribus et celles-ci en familles*. Les chefs portent le nom d'Ougasse et leurs fonctions sont héréditaires.
1. Elle est blanche si la victime est un chef indigène ou un Européen. Ajoutons que les Danakil qui vivent auprès d'Obock ou de Tadjourah ne se risqueraient pas à commettre des meurtres qui seraient vite réprimés.
2. Dankali est le singulier de Danakil ; on dit un Dankali et des Danakil, comme on dit un Targui, des Touareg.
3. Il n'existe qu'un seul ouvrage qui traite de la langue afar : c'est un dictionnaire publié à Londres, en 1840, par le révérend C.-W. Isenberg.
4. Les grandes tribus sont les Issas, les Gadi-Boursis, ennemis des Issas, et les Aber-Arval. La tribu des Issas, la plus importante et la plus considérable de toutes, est soumise entièrement à notre influence; elle comprend un grand nombre de tribus parmi lesquelles on peut citer celles des Abgah, des Ouerdicke et des Douloul, dont les subdivisions sont les suivantes :
( P If S Saad-Moussa (4 familles).
Abgah. . . ) ttas-moussa. , j j on è s- Mous s a familles) .
( Mammasani (5 familles).
Ouerdicke (3 familles).
Douloul (9 familles).
.LKS COLONIES FRANÇAISES.
Ce sont de beaux hommes à peau noire, moins foncée que celle des Danakil et parfois même olivâtre ou cuivrée. Leurs traits sont réguliers et leur physionomie respire Faudace et le courage.
Leurs cheveux, qui sont plus laineux que ceux des Danakil, sont souvent décolorés au moyen d'un mélange de chaux et de graisse, qui se durcit et forme une sorte de carapace, laquelle une fois brisée laisse apparaître des cheveux de couleur rougeâtre.
Les femmes sont assez jolies; elles portent sur Pépaule une sorte de péplum et, autour des reins, des jupons de cuir ou d'étoffe blanche ou teinte et drapés avec une certaine grâce. Leurs cheveux tressés comme ceux des femmes Danakil laissent le front complètement découvert. Le vêtement des hommes est celui des Danakil.
Les armes sont aussi les mêmes; la largeur de la lame du couteau varie un peu; mais celui ci est droit et le bouclier très petit.
Les Somalis sont également guerriers et pasteurs; mais ceux de la côte sont surtout marins et excellent dans leur profession : quelques-uns font du commerce; tous sont des conducteurs de caravanes fort estimés. Leur pays, tout différent de celui des Danakil, offre de grandes ressources; les pâturages y sont abondants, les troupeaux plus nombreux et mieux soignés.
C'est d'ailleurs de la côte somali que les Italiens, établis dans les pays d'Assab et de Massouah, qui ne produisent presque rien, tirent leurs approvisionnements. Enfin Obock et Aden font venir de la même région les bestiaux nécessaires à leur consommation.
Les Gallas. — Complétons cette description en disant quelques mots des Gallas, dont plusieurs tribus se trouvent placés sur le territoire soumis à notre influence.
Cette race, quoiqu'elle soit l'une des plus considérables de l'Afrique, est encore peu connue, car son territoire, plus grand que celui de la France, a été à peine exploré.
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Les Gallas ont la peau brune — de teinte foncée chez les hommes, de teinte claire chez les femmes ^ — la taille moyenne, les traits réguliers, le regard clair et franc. Ils portent une toge semblable à celle des Abyssins, sont armés d'une lance, d'un couteau à double tranchant et d'un bouclier; ils habitent, comme les Éthiopiens, des demeures formées de cercles de pierres brutes, couvertes de toits coniques en herbes ou en roseaux, et placées à l'ombre de grands arbres.
Ils sont en général polyglottes, très intelligents et font des cultivateurs de premier ordre. Ils sont fétichistes et monogames, mais certaines de leurs tribus, telles que les Sidamas, sont presque entièrement chrétiennes.
C'est principalement à l'aide des populations somalis et gallas que nous pourrons tirer un parti avantageux de notre situation dans les contrées d'Obock et de Ras-Jibouti et c'est de ce côté surtout que nous devons chercher à étendre notre influence.
1. C'est à cause de cette blancheur relative (à côté de populations noires) que les Jésuites missionnaires leur ont donné jadis le nom de Gallas qui vient du mot grec gala, lait.
Obock. — Quartier indigène.