La population est d'environ 2,000 habitants
2. Ces corbeilles et ces nattes commencent à se vendre beaucoup aux passagers des différents paquebots.
OBOCK. 263
le petît bourg de Sagallo, dernier point de la route des caravanes sur le bord de la mer. Sagallo est Tendroit le plus riant de la côte septentrionale du nord; malheureusement, par suite de la constitution marécageuse du terrain, il est assez malsain et ne comprend que quelques cases habitées par les Danakil. Au milieu d'un petit bois de palmiers, on y voit apparaître les restes d'un fortin en pierres ^ .
Enfin, à quelque distance dans Pintérieur, se trouvent les petits centres de Darkellé et de Ouardélissan qui sont sur la route des caravanes et où l'on trouve de l'eau.
Vie de l'Europée?^ a Obock, Les Européens, fonction- naires, agents, militaires ou négociants, résident presque tous à ObocK, où leur existence est assez monotone.
Il n'y a guère, comme distractions, que la promenade au village ou dans la vallée des Jardins, la chasse, la pêche et enfin la lecture, qu'il est heureusement facile de varier, grâce aune bibliothèque assez importante installée dans une des salles du mess.
En général, les Européens qui viennent s'établir ou résider à Obock sont célibataires et il n'est venu jusqu'ici que huit européennes 2.
Au point de vue de la vie matérielle, les ressources sont encore assez restreintes. Les vivres qu'on peut facilement se procurer sont : la viande — chèvre, bœuf ou mouton — le poisson, les volailles, le lait, les œufs et le gibier — lièvres, outardes, perdrix, cailles et gazelles. Pendant la bonne saison on peut avoir des légumes frais, mais, durant tout le reste de l'année, surtout pendant la saison d'été, on fait usage de légumes conservés.
1. Le fortin de Sagallo a abrité pendant quelque temps quelques soldats français qu'on a retirés ensuite lorsque la garnison d'Obock a été réduite d'une compagnie à une demi-compagnie. C'est ce fortin qu'avait occupé le Cosaque Atchinof, lors de sa tentative sur Sagallo.
2. Les femmes de deux fonctionnaires, celles de deux négociants français et quatre religieuses.
Si on part pour Tintérieur, il faut emporter avec soi, comme dans le Sahara, tout ce dont on aura besoin, sauf le lait et la viande que l'on trouve partout. On se munira de boîtes de conserves et de galettes de dourah qui remplacent le pain.
Les transportés hindous. — On a vu plus haut qu'il existait sur le plateau des Sources un pénitencier. Cet établissement renferme environ une centaine de transportés d'origine hindoue condamnés pour actes de rébellion ou crimes de droit commun. La colonie a de cette façon une main-d'œuvre à bon marché qu'elle utilise pour les travaux de toutes sortes, constructions de bâtiments, voies de communications, etc. Elle pourra s'en servir pour essayer de créer des oasis dans l'intérieur, ainsi que pour exécuter les différentes améliorations dont il sera question plus loin et qui pourront contribuer en peu d'années au développement de la colonie.
Les moyens de défense et la garnison. — La garnison française d'Obock est peu importante et constitue la seule défense de la colonie. Il n'existe, d'ailleurs, aucun ouvrage de fortification dans le pays, et les fortins de Tadjourah et de Sagallo, ainsi que le fossé qui entoure, à Obock, les établissements du gouvernement, n'ont jamais eu d'autre but que de tenir les indigènes en respect.
Quant aux troupes, elles se composent d'une demi-compagnie d'infanterie et de quelques canonniers, placés sous les .ordres d'un lieutenant; la station locale, dont peut disposer le gouverneur, ne comprend que la canonnière le Météore (100 chevaux, Ix canons) et l'aviso de 2^ classe \e Pingouin (55 chevaux, 2 canons).
Obock. — Établissements du Gouvernement en 1885.