SAINTE-MARIE
Cette île (Nosi-Bowahi, Nosi-lbrahim en malgache), est parallèle à la côte orientale de Madagascar et séparée de la Grande Tei-re par un canal large de 7 kilomètres; entre 16" 40' — \1° 8' lat. S. et 47° 55' — 47° 32' long. E. Population, 6 000 ou 7 000 habitants. Orientée du nord-nord-est au sud-sud-ouest, cette île est une étroite bande de terre en forme de fuseau, détachée de Madagascar par une crise géologique. Elle a une longueur de 59 kilomètres sur une largeur de 5 kilom. et une superficie de 165 kilomètres carrés. La côte orientale, de la pointe Albrand au nord à la pointe Blevec au sud, est bordée de récifs madréporiques ; de ce côté, l'île n'est accessible que par l'anse profonde de Calabé. La ligne des brisants se représente aussi sur les côtes sud et ouest. A l'extrémité sud, l'île des Nattes touche presque à Sainte-Marie. La côte occidentale, d'abord plus facile, offre une baie, le port Louis ou port Sainte-Marie, que protègent deux îlots, l'île aux Forbans et l'île Madame. Des batteries et des forts sont établis sur l'île Madame; un pont relie Saint-Pierre (le chef-lieu) à Ambodifotra, la principale bourgade (600 hab.), qui se font vis-à-vis dans cette petite baie. Une ligne de mornes ou de collines, hautes de 50 à 60 mètres, s'adosse à la côte orientale. Les étroites vallées creusées entre les plissements du sol servent de lit à quelques ruisseaux ; mais les sources sont abondantes. Le sol, argilo-sablonneux, est fertile : il produit le girofle, le cacao, le café, la canne à sucre, la vanille, le manioc, des fruits savoureux et tous les légumes d'Europe. De l'excès d'humidité résultent l'insalubrité du climat, analogue à celui de la côte orientale de Madagascar (température, de 21° à 37°) et la luxuriance de la végétation.