LES SATELLITES DE MADAGASCAR
On a parfois considéré comme des satellites de Madagascar les Seychelles et les Amirantes. Bien plus encore que ces archipels, on peut regarder comme telles un certain nombre de petites îles plus ou moins proches de Madagascar, et qui, comme elle, sont aujourd'hui françaises. Ce sont Nosi-Bé, Sainte-Marie et les Co- .mores, auxquelles il faut ajouter les Glorieuses, Saint-Paul, la Nouvelle-Amsterdam et les Kerguélen.
NOSI-BÉ [Ile Grande.)
Ile de l'océan Indien, à l'entrée de la baie Pasandava, à 20 kilomètres N.-O. de Madagascar et à 240 kilomètres E.-S.-E. de Mayotte. Population, 9 000 habitants. Chef-lieu, Hellville. Longue de 22 kilomètres et large de 15 kilom., cette île a une superficie de 2 935 kilomètres carrés. Plusieurs petites îles, Nosi-Sakatia, Nosi-Cumba, Nosi-Fali, Nosi-Mitsiou, Nosi-Lava, en dépendent. Les côtes, très dentelées, offrent plusieurs baies, notamment l'excellente rade de Hellville au sud. Le plus haut sommet de l'île, le mont Loucoubé au sud, a une altitude de 453 mètres. Le sol, d'origine volcanique, doit aux laves décomposées qui le constituent une fertilité merveilleuse. Le climat est plus sain que celui de Mayotte. Des petits cours d'eau arrosent les plaines.
C'est en l'année 1839 qu'un brick français visita la côte nord-ouest de Madagascar avec mission d'examiner s'il était possible de trouver, soit sur le littoral même, soit dans les îles avoisinantes, un bon port, constituant un refuge maritime un peu sérieux pour nos navires, privés de tout abri de ce genre depuis la cession de l'île de France à l'Angleterre. A ce moment même, les Sakalaves venaient d'être chassés du Bouéni par les Hovas, un millier d'entre eux s'étaient réfugiés à Nosi-Bé, jusqu'alors très peu peuplée; ils demandèrent la protection de la France, et le 14 juillet 1840 un traité était signé par lequel la reine Tsiomeko, d'accord avec son peuple, cédait au gouvernement français Nosi-Bé et Nosi-Cumba, ainsi que tous les droits qu'elle tenait de ses ancêtres sur la côte occidentale de Madagascar ; les habitants de ces territoires recevaient en échange la protection de la France. Un peu plus tard, un autre acte de cession nous transmettait les droits du roi des Antankares sur Nosi-Bé et nous valait plusieurs îlots du même littoral : Nosi-Mitsiou, Nosi- Faly, etc.
Entre temps, la France avait pris officiellement possession de Nosi-Bé (5 mars 1841), qui dépendit d'abord administrativement de la Réunion, puis forma pendant quelques années, avec Mayotte et Sainte-Marie de Madagascar, un établissement colonial particulier sous le nom de Kosi-Bé et dépendances. Rattachée ensuite à Mayotte, Nosi-Bé en fut séparée le Ic janvier 1878, et forma de nouveau une colonie particulière sous la dénomination de » Nosi-Bé et dépendances » ; elle constitue ac-
tuellement (depuis 1897) une commune faisant partie de la province deNosi-
Bé, c'est-à-dire des territoires civils de la côte occidentale de Madagascar.
Hellville, chef-lieu de Nosi-Bé et centre administratif important;
2000 hab. La rade de Hellville est superbe et d'accès très facile. C'est un point de ravitaillement naturel pour les navires de guerre. On accoste à toute heure de marée. L'entrée de la rade est facilitée, la nuit, par les deux feux de Nosi-Vorona et de Tanikely.
R. SiiHNER.
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