J.-B. MARCHAND
né en 1863.
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menses du Bahr-el-Ghazal. Elle se mit en route avec un itinéraire connu et arriva à Fachoda le 10 juillet.
La mission de Bonchamps qui, partie de l'Abyssinie en mai 1897, devait y rejoindre la mission Marchand, ne put malheureusement atteindre son but. En décembre, elle dut s'arrêter sur les bords d'un grand lac bordé de marais, au confluent du Baro et du Sobat supérieur.
Du jour oil ils purent prévoir que nos progrès dans le haut Oubangui pourraient nous amener à nous rapprocher du Nil, les Belges et les Anglais prirent leurs mesures pour s'assurer l'accès du haut fleuve.
L'Angleterre avait envoyé sur le Nil un corps expéditionnaire qui, sous le commandement du général Kitchener, était entré en campagne
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en mars 1896, afin de reprendre le Soudan égyptien abandonné au Mahdi en 1885, après la prise de Khartoum et la mort de Gordon. L'armée anglo-égyptienne s'empara de Dongola le 23 septembre 1896 et de Khartoum le 2 septembre 1898.
Le sirdar Kitchener apprit à Khartoum que la mission Marchand était parvenue à Fachoda. Il remonta aussitôt le Nil, et, étant arrivé en ce point le 19 septembre, il se mit en rapport avec le commandant Marchand. L'entrevue fut très courtoise, mais l'officier français conserva sa position. Le sirdar planta les drapeaux anglais et égyptien en arrière du camp français et laissa à Fachoda deux bataillons soudanais.
Dès son arrivée sur le Nil, le 10 juillet, le capitaine Marchand fit défricher une certaine étendue de terrain où. il fit planter des légumes d'Europe. Il put ainsi envoyer au général Kitchener toute une caisse de légumes cultivés dans ce jardin. La mission ne manquait donc pas de vivres et l'état sanitaire était excellent.
Le 25 août, le capitaine Marchand fut attaqué par une flottille der-
LES EXPLORATIONS bi
viche et la repoussa. Le 2 septembre, il passa un traité avec le chef des Chillouks qu'il avait libérés de la domination des Derviches.
Le 26 octobre, arriva à Paris le capitaine Baratier, porteur d'un rapport du chef de la mission. Parti d'Alexandrie par le même paquebot que le capitaine Baratier, le sirdar Kitchener arriva aussi par le même train à Paris, d'où il se rendit à Londres.
A son tour, le commandant Marchand partit de Fachoda le 23 octobre, après avoir confié le commandement au capitaine Germain, et apporta lui-même jusqu'au Caire un complément du rapport qu'il avait remis au capitaine Baratier. Celui-ci quitta Paris le 29 octobre et retourna au Caire où il se rencontra avec son chef.
Le 4 novembre, le gouvernement français résolut de ne pas maintenir à Fachoda la mission Marchand.
Ce fut le 11 décembre 1898 que la mission Marchand évacua Fachoda. Elle remonta le Nil, sur le vapeur le Faidherbe, jusqu'à l'embouchure du Sobat; elle suivit cette rivière, puis le Baro, et, prenant ensuite l'itinéraire déjà tracé par la mission de Bonchamps, elle passa à Bourré, Goré, Addis-Abeba, Harrar et atteignit Djibouti le 17 mai 1899 (1).
Mission Roulet dans le Balir-el-Ghazal. — A la fin
de 1897, une mission était partie de France à l'effet de porter secours à la mission Marchand, sur le compte de laquelle avaient été répandus des bruits alarmants et, le cas échéant, de la venger. L'expédition était commandée par le capitaine Roulet, qui avait sous ses ordres les lieutenants Poinsel, Thorel et de Tonquedec, le sergent-major Castellani et cinq sergents d'infanterie de marine. Elle arriva au poste de Tamboura le 5 août 1898, juste au moment où le dernier groupe de la mission Marchand venait de quitter Fort-Desaix.
Afln d'assurer les communications de la mission Marchand avec l'arrière, le capitaine Roulet accumula à Fort-Desaix des vivres et des munitions et revint à Tamboura pour y préparer l'occupation éventuelle du Bahr-el-Ghazal. Le 3 octobre 1898, il apprit l'occupation de Fachoda et l'attaque des Mahdistes. Il se porta alors à marches forcées sur Fort- Desaix et de là sur Meschra-er-Rek. C'était la saison des pluies, et cette
(1) Traité anglo-français du 21 mars 1899.— Les événements avaient rendu nécessaire une délimitation, pour déterminer les sphères d'influence de la France et de l'Angleterre dans les bassins du Congo et du Nil ; elle fut faite par l'arrangement conclu à Londres le 21 mars 1899. Cet arrangement fut présenté comme une simple déclaration additionnelle à la convention franco-anglaise du 14 juin 1898 pour la délimitation des territoires de l'Afrique occidentale.
Tout le bassin du Bahr-el-Ghazal fut abandonné à l'Angleterre, ainsi que le Darfour et le Kordofan. Tout le pays du haut Oubangui nous fut reconnu. La limite se trouve marquée par la ligne de partage des eaux coulant vers le NU de celles qui s'écoulent vers le Congo et ses affluents. Le traité nous réserve en même temps les vastes territoires qui, sous les noms de Baguirmi, de Ouadaï, dé Kanem, forment le bassin oriental et septentrional du Tchad. Par cette convention, la communication entre nos possessions du Congo et du haut Oubangui avec le Soudan et l'Algérie a été définitivement assurée.
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route fut extrêmement pénible. Peu de temps après, le capitaine Roulet, informé de l'entrée des Anglais à Khartoum, puis de la fin de la mission Marchand, reprit son plan primitif qui était d'atteindre directement le Nil, dont le séparait un pays presque inconnu.
Une première marche lui permit d'atteindre M'Bia le 1" janvier 1899, puis il pénétra chez les Dinkas, qui, après des hésitations, consentirent à le laisser passer. La mission s'installa alors à Ayack, sur le Rohl, affluent du Bahr-el-Ghazal. Six hommes y furent laissés et la marche fut reprise vers l'est ; elle fut pénible, et la chasse seule permit de suppléer au manque de vivres. Enfin, le 20 mars 1899, le capitaine Roulet atteignit Gamba-Schambé, sur le Nil, à 600 kilomètres de Tamboura.
Le capitaine Roulet revint alors h M'Bia pour organiser l'occupation et créa un poste à Djour-Ghattas. Mais il eut la tâche pénible de procéder à l'évacuation de la province. A la suite de la convention francoanglaise du 21 mars 1899, il dut amener le pavillon à Gamba-Schambé. Les postes de Meschra-er-Rek et de Djour-Ghattas furent évacués les 6 et 11 octobre, et Fort-Desaix, où nous avions un important matériel, le 18 novembre. Le 18 février 1900, le capitaine Roulet amena le drapeau français à Tamboura. Il ne laissait rien en arrière, pas même les morts. Les corps du capitaine Hossinger et du lieutenant Gouly furent incinérés €t leurs cendres rapportées à Sémio, sur le M'Bomou.
La marclie vers le Tchad ; la mission Clozel. —
Du côté du Cameroun, la convention franco-allemande du 15 mars 1894 nous avait laissé l'accès au lac Tchad. M. de Brazza résolut de faire rechercher une voie permettant de l'atteindre par le bassin de la Sangha. Il en chargea M. Clozel. Celui-ci était parti de France à la fin de 1893 dans le but de gagner le lac Tchad par l'Adamaoua et le Baguirmi. La nouvelle de l'accord franco-allemand fit modifier ce plan.
Accompagné du D' Herr, M. Clozel remonta la Sangha, se rencontra à Berberati avec M. de Brazza, et fonda, près du confluent de la Mambéré et de la Nana, au lieu dit Tendira, un poste qui fut appelé Carnot. Le 28 novembre, la mission traversa la Mambéré et passa dans le pays des Boubaras, établis sur les deux rives de la Nana. Le 5 décembre 1894, elle arriva à la rivière Bali, affluent du Congo, précédemment traversée par M. Ponel. Elle franchit ensuite la ligne de faîte qui sépare le bassin du Congo de celui du Tchad, et cinq jours après, elle rencontra la Ouom au village de Bouforo; M. Clozel pensa que ce cours d'eau se jetait dans le Logone, le principal affluent du Chari (i). A l'endroit où M. Clozel atteignit la Ouom, elle lui parut navigable et susceptible de fournir une voie d'accès au Tchad. M. Clozel avait ainsi relié entre eux les itinéraires des missions Mizon, Maistre, de Brazza et Ponel.
(1) Au cours de deux missions remplies en l9oo par M. Bernard et le D' Huot pour déterminer les lignes de faîte qui répartissent les eaux entre la Sangha, rOubangui et le Chari, ces explorateurs émirent l'opinion que la Ouom ou la Ouam, n'était autre que le Bahr-Sara, branche principale du Chari ; en tout cas, la Ouom ou Ouam ne parait pas être un affluent du Logone.
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