‹ Les colonies françaisesChapitre 4 sur 99 · HH^E · texte numérisé non relu

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Côtes. — Inclinée du nord-nord-est au sud-sud-ouest, la grande île de l'océan Indien ne présente pas sur le littoral nord et nord-ouest le même aspect que sur les côtes du sud-ouest, du sud et de l'est. Au-dessous delà presqu'île du cap d'Ambre, sur le versant oriental, les éruptions volcaniques ont découpé la baie de Diego-Suarez ou d'Antomboka, port naturel, entaillé de cinq petites baies et communiquant avec la mer par un goulet. (V. Diego-Suarez.)

A l'ouest, du cap d'Ambre au cap Saint- André, la côte s'infléchit en arc très allongé : cette courbe, au pied d'un massif montagneux, est indentée par des baies profondes comme des fiords (Ambavamba, Amponkarana, Ambararata, Befotaka, Ampamonty, Ambato, Pasandava, Rafalahy, Radama, Narinda, Mahajamba, Bombetoke, Marambitsy et Baly). Ce littoral déchiqueté est bordé d'une rangée de petites îles : Nosi-Vaha,Nosi-Mitsiou, Nosi-Faly, Nosi-Bé, Nosi-Gomba, les îles Radama, Nosi-Lava. Possession française depuis 1841, Nosi-Bé est un massif rocheux, de 600 mètres d'altitude maxima et d'origine volcanique. Ses rivages se replient en nombreuses saillies et baies dont la plus remarquable est la rade excellente de Hellville au sud, faisant face à la baie de Pasandava. Cette île fertile, séparée de Madagascar par un détroit large seulement de 12 kilomètres, a une superficie de 293 kilomètres carrés.

Du cap Saint-André au cap Sainte-Marie, la côte occidentale, plate, sablonneuse, avec des barres très fortes aux embouchures des rivières, sur une zone de 80 à 100 kilomètres de largeur, se déroule en trois lignes convexes ayant leurs points de rencontre dans les grandes baies de Tsimanandrafazona et de Saint- Augustin. A une distance variable du rivage émergent des îlots madréporiques, Ghesterfield, Juan de Nova, îles Barren (stériles), et tout un cordon de récifs, adjacent au littoral sudouest, rend la navigation dangereuse dans ces parages.

La côte du versant oriental, entre le fort Dauphin et la Pointe-à-Larrée (vis-à-vis de l'île Sainte-Marie ou Braha) n'est autre chose qu'une lisière maritime, large de 10 à 20 kilomètres, presque rectiligne, entaillée d'anses sans importance, et redevable au courant équatorial d'un bourrelet de sable. Séparé du littoral par une succession de lagunes, mais coupé par des canaux naturels, ce bourrelet protège contre les lames du large une ligne de navigation de 485 kilomètres d'étendue. Vers le centre de la côte orientale, la rade foraine de Tamatave attend, pour offrir un abri sûr et commode, des travaux d'art considérables. Plus au nord, un promontoire, la Pointe-à-Larrée et l'île

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Sainte-Marie forment ou abritent la baie de Tintingue. L'île Sainte-Marie (entre 46<»40' et 17° 8' lat. S. — 47° 55' et 47° 32' long. E.) est une étroite bande de terre obliquement allongée du nord-nord-est au sud-sud-ouest. Parallèle à la côte de Madagascar, à laquelle elle était jadis attenante, elle s'en trouve séparée par un canal large de 7 kilomètres. Sa côte occidentale offre de bons mouillages; la principale baie, Port-Louis, défendue par des batteries, est la meilleure. Une ceinture de récifs de coraux interdit presque aux navires l'approche de la côte orientale. Longue de 55 kilomètres et large de 3 kilomètres en moyenne, Sainte-Marie a une superficie de 165 kilomètres carrés. Les mornes qui forment le relief du sol ne dépassent pas 50 mètres d'élévation; des sources abondantes alimentent les petits cours d'eau de ses étroites vallées. Le climat diffère très peu de celui de la côte voisine de Madagascar. Cédée à la France en 1750, cette île ne fut réellement occupée qu'en 1821.

En remontant vers le nord, par delà la baie Tintingue, la côte malgache présente une large échancrure, la baie d'Antongil, qui a pour rempart la presqu'île Massoala. Parfois bordée d'îlots madréporiques ou d'îles minuscules, elle court dans le sens du nord-ouest et rejoint la baie Diego-Suarez par une suite de caps et de baies de médiocre dimension {baie Vohémar, port Louquez, baie de Rigny).

Flore et faune. — Aux trois climats différents que possède Madagascar sous une même latitude correspondent trois zones de végétation : celle du littoral, celle des hauts plateaux du centre et celle de la région intermédiaire. Une ceinture de forêts, non continue et occupant une superficie de 12 millions d'hectares, se déploie dans les territoires de l'ouest, du nord-est et de l'est, sur une largeur de 16 à 32 kilomètres. Chaque forêt a sa physionomie, son type de plantes tropicales, arborescentes, cactiformes. Des essences particulières caractérisent la flore de la grande terre. Déjà en possession de plantes variées de l'Afrique du Sud, des îles océaniennes et de l'Amérique du Sud, Mada gascar s'est enrichie d'espèces européennes. Le pandanus, le ravelana, le raffia, le palissandre, l'ébène, le bois de rose, le teck, le santal, le gommier copal, quatre-vingt-dix espèces d'arbres et d« lianes à caoutchouc [vahy), le baobab, le vacoua, le cotonnier, la ramie, le chanvre, le sorgho, le manioc, le cocotier, l'arachide, le raharara, le pignon d'Inde, le riz, l'arrowroot, le blé, la canne à sucre, l'indigotier, l'orseille, le curcuma, le manguier, le vanillier, le cacaoyer, le caféier, l'arbre à thé,

le poivrier, le giroflier, le gingembre, le bananier, le citronnier, l'oranger, le grenadier, le goyavier, la vigne (cultivée en treilles), des orchidées superbes et nombre d'autres plantes témoignent de l'opulence et de l'originalité de la flore de Madagascar. La charpente, l'ébénisterie, la teinture, l'industrie textile, l'alimentation peuvent lui demander d'amples ressources. La faune madécasse se distingue par des espèces, les unes éteintes, les autres vivantes, qui lui appartiennent en propre. Les lémuriens ou faux singes (trois familles) à museau de renard, les fanikys (chauves-souris), les tandrakas, les cattas, les paresseux, le fosa ou cryptoprocta ferox lui assignent encore un caractère particulier. Dans les anciens bassins lacustres du centre, notamment dans la région d'Antsirabé, on a trouvé des squelettes ou des vestiges d'un oiseau colossal, Vcepiornis, de tortues géantes, d'hippopotames. Les grands mammifères africains font complètement défaut à Madagascar. Ses oiseaux innombrables, au plumage éclatant, lui appartiennent pour une moitié; le reste est en partie africain. Les reptiles ont pour représentants des crocodiles très dangereux (deux espèces), qui infestent les lacs et les rivières; des serpents non venimeux (le boa entre autres), des caméléons et geckos. Les mollusques sont nombreux. Les coléoptères sont voisins des formes indomalaises et aussi des variétés australiennes. Le ver à soie, alimenté par le mûrier blanc, qui prospère dans l'île, vient à souhait. Deux espèces de bœufs, de taille moyenne, le zébu et le bory, un mouton à grosse queue, l'âne, le cheval, le porc, les volailles, sont les animaux domestiques de l'île; mais les bœufs constituent par leur nombre sa principale richesse.

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