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LA GUADELOUPE

La Guadeloupe, île et archipel de l'océan Atlantique, à l'entrée de la mer des Antilles, fait partie des petites Antilles ou îles Caraïbes; elle est située par 15° 59' — 16° 31' de latitude nord et 63° 32' — 64° 9' de longitude ouest (méridien de Paris), à 100 kilomètres nord-ouest de la Martinique. Sa principale dépendance est l'île Marie-Galante. La superficie de la Guadeloupe et de ses dépendances est de 1 780 kilomètres carrés. Les îles les plus voisines, actuellement anglaises, sont : Antigua au nord et la Dominique au sud, qui la sépare de la Martinique.

La Guadeloupe se compose de deux îles jumelles : la Guadeloupe proprement dite ou Basse-Terre à l'ouest et la Grande-Terre à l'est. Pour répondre à la réalité, ces deux désignations devraient être interverties. Les deux îles sont séparées par la rivière Salée, détroit ou chenal, profond de 5 à 6 mètres, large de 30 à 120 mètres et ayant une longueur de 8 à 9 kilomètres. Cette passe fait communiquer deux grandes rades : le Grand Cul-de-sac marin au nord, et le Petit Cul-de-sac marin au sud. La circonférence des deux îles mesure ^44 kilomètres. La population comprend 180 000 habitants (métis, blancs, noirs). Le chef-lieu estla Basse- Terre, mais la ville principale est la Pofn/e-à-Pi/re (Grande-Terre).

Côtes. — La configuration du littoral de la Grande-Terre est triangulaire. La côte orientale présente une large échancrure (le Moule), et la côte occidentale une baie assez grande au sud de Port-Louis. Le Petit Cul-de-sac, au sud-ouest, parsemé dllots, abrite la Pointe-à-Pitre. Le Grand Cul-de-sac, à l'ouest, est, de fait, une vaste rade, précédée d'un récif de coraux et renfermant de nombreux îlots. Sur la côte de la Basse-Terre, cette rade a creusé trois petites baies attenantes : Mahault,

(i) La population totale de la Guadeloupe et dépendances s'élève à I82 m habitants.

Sur ce chiffre, les dépendances de la Guadeloupe sont comprises pour 22 ooo hab., dont 15 000 dans Marie-Galante, i 450 dans la Désirade, s 450 dans Saint-Martin, 2 680 dans Saint-Barthilemy, i 540 aux Saintes. Les principaux ceatres sont :

Basse-Tbrre : La Batte-Terre, 7 45S hab. ; Bourg de la Baie-Mahault, le Lamentin, Deshayet, Pointe-Noire, Bouillante, let Habitants, le Baillif, le Vieux- Fort, Troit-Bivières, Gnurheyre, le Capesterre, Goyave, Petit-Bourg. — Granue- Terre: La Pointe-à- Pitre, 18 942 hab. ; le Moule, lO Sis hab.; Sainte-Anne, «497 hab.; Morne à l'eau, 8 442 hab. ; le Gosier, Saint-François, Port-Louit, Petit-Canal, let Âbymes.

Marib-Gaulnts : Grand-Bourg, 6 000 hab. ; Saint-Louis, le Capesterre.

Saint-Mabtin : Le Marigot.

Saint-BaRTHÉLBUT : Gutlavia.

Saintes (les) : Terre de haut, 800 hab. ; Terre de bat, 800 hab.

Cercelle et du Lamantin. La Basse-Terre a la forme d'une ellipse un peu aplatie, de la pointe Allègre au nord à la pointe Launay au sud. La côte ouest de celte île, abrupte et parfois taillée à pic, se déroule dans une mer profonde par une succession de petites saillies et d'anses. Les meilleurs mouillages sont l'anse Deshayes au nord, et le port de Basse-Terre au sud. La côte orientale, moins pittoresque, généralement basse et parfois marécageuse, ne présente que des rentrants médiocres et un mouillage assez bon, la baie de Petit-Bourg.

Orôgrapliie. — Aucune ressemblance n'exisie entre les deux îles considérées au point de vue orographique et géologique. La Basse-Terre, très montagneuse, est traversée de part en part par une chaîne, plus rapprochée de la côte ouest que de la côte opposée; ses points culminants émergent vers le sud : la Soufrière (altitude, 1484 mètres), le morne Sans-Toucher (1480 mètres), le piton de Bouillante (H22 mètres). Les mornes et pitons du centre et du nord s'abaissent graduellement de 800 à 360 mètres. De cet axe montagneux se détachent sur les deux versants des arêtes très distinctes, dont les plus longues courent au nord-est. De petits cratères à fleur du sol, dans le voisinage de Bouillante, dégagent des fumées, et la Soufrière émet des vapeurs. L'île doit sa formation à î'activité de quatre loyers volcaniques principaux : la Grande-Montagne, les Deux-Mamelles, la Soufrière, le Houelmont. Des sources thermales nombreuses témoignent encore de l'origine ignée de la Basse-Terre, — L'île jumelle, la Grande-Terre, est de formation calcaire, mais la surface •du sol, plate et à peine mamelonnée de collines peu élevées, repose sur une base volcanique. Ses plus hautes terrasses (au sud) ne dépassent ^as l'altitude de 120 mètres. Au nord, la pointe de la Vigie est voisine de la Porte d'Enfer, très remarquable par sa nature tourmentée. La pointe des Châteaux, à l'est, en face de la Désirade, est de nature t)asaltique.

Hydrograpllie. — La Basse-Terre est très bien arrosée. Elle est sillonnée par soixante-dix rivières, presque taries l'été, mais torrents impétueux l'hiver; on peut mentionner la rivière de la Goyave, celle de la Lézarde et celle du Carbet. Leurs vallées, au thalweg basaltique, sont très pittoresques. Les cours d'eau de la Grande-Terre se tiennent au rang de modestes ruisseaux, coulant dans des dépressions naturelles ou artificielles oh s'accumulent les eaux de pluie.

.Climat. — L'année se divise en trois saisons : hivernage (pluies continues, de juillet à novembre), saison fraîche (de décembre à mars), saison sèche (de mars à juillet). A la première de ces saisons correspond le vent du sud ; à la deuxième le vent du nord ; à la troisième, le vent d'est (alizé). La température oscille entre 20» et 32«; à la Pointe-à-Pitre, la température moyenne est de 26° 16' et à la Basse-Terre, de 26° 53'. La brisé de mer et la brise de terre, soufflant alternativement, atténuent la chaleur. Malsain tout au plus sur les côtes, le climat est sain et agréable sur les plateaux. La grêle n'a été observée que deux fois en un siècle

(1805 et 1899), mais les bourrasques, généralement inoffensives, et les ouragans plus ou moins désastreux sont des phénomènes météorologiques fréquents.

Flore et faune. — Les forêts, sur les hauteurs de la Basse- Terre, renferment 250 espèces de bois, dont plusieurs conviennent à rébénisterie et recouvrent une superficie de 30 000 hectares. La végétation, en sommeil tant que dure la saison sèche, prend un rapide essor au retour de l'hivernage. La canne à sucre occupe le premier rang dans les productions du sol : cultivée sur 2 500 hectares, elle emploie 40 000 ou-

Les Saintes. — Phot. Fabre (Soc. de géogr.).

vriers et donne un rendement annuel de 20 millions de francs. Le caféier, le tabac, la ramie, le cotonnier, le rocou, l'indigotier, les arbres à latex (gutta- percha, caoutchouc), le vanillier, le kolatier, les arbres à épice (muscade, canelle, girofle, poivre), le cacaoyer, le cocotier, plusieurs plantes féculentes (banane, maïs, manioc), la vigne, des plantes fébrifuges, aphrodisiaques, stupéfiantes, des arbres à fruits excellents (manguier, oranger, figuier, goyavier, ananas) témoignent aussi de la richesse de la flore, indigène ou acclimatée.

La faune de la Guadeloupe n'offre pas une égale variété d'espèces : ses mammifères particuliers sont peu nombreux (agouti, raton, mangouste, chauve-souris), des chevaux de race créole (mexicaine-arabe), des ânes et mules, des bœufs de petite taille, excellents pour le trait et le transport. L'île n'héberge aucun serpent, redoutable. Des palombes et des grives vivent dans les bois ; les bécasses, pluviers, canards et des oiseaux de mer (pélicans, goélands, hérons, frégates) fréquentent en grand

nombre le littoral et les marais ; les grands cours d'eau abondent en écrevisses énormes : le poisson pullule sur les côtes. Mentionnons aussi les tortues.

Basse-Terre (La), ville maritime, chef-lieu de la colonie, sur la côte sud-ouest. Population, 7 000 habitants.

Fondée en 1633, à l'embouchure de la rivière aux Herbes, la ville est bâtie en amphithéâtre le long de la mer, dans une région verdoyante, sur les contreforts de la Soufrière. Sa rade foraine, éclairée par des feux, manque de sécurité ; de là un déclin de sa situation commerciale au profit de la Pointe-à-Pitre. Le fort Richepanse la défend au sud-est.

Les Saintes. — Phot. Fabre (Soc. de géogr.).

La Basse-Terre est abondamment arrosée par les ruisseaux qui descendent de la Soufrière à la mer. Elle est dotée de belles promenades ombragées qui la rendent agréable et salubre. Les maisons, généralement construites en bois, n'ont qu'un étage. Ses édifices publics, la cathédrale, (Notre-Dame de Guadeloupe), le palais de justice, l'hospice civil, l'hôpital militaire, sont dépourvus d'intérêt artistique.

Cette ville est le siège du gouvernement colonial, d'un évêché, d'une cour d'appel, d'un tribunal de l" instance et d'un tribunal de commerce.

PoiNTE-A-PiTRE (La), ville maritime de la Grande-Terre, sur la côte sud-ouest, au sud de la rivière Salée. Population, 17 000 habitants.

Son port, sûr et profond, est à l'abri des raz de marée; des îlots de la rade le protègent contre la haute mer. Un chenal, large de 200 mètres, y donne accès; la rade, vaste et très belle, a des fonds de 9 à 14 mètres loin de la côte, et de 5 à 6 mètres près du rivage. Les phares du Gosier et de Petite-Terre en signalent les approches. L'ensemble de ces condi-

tions topographiques constitue une position stratégique de premier ordre.

Vue de la passe, la ville semble émerger des bois ; cet aspect trompeur lui est donné par la bordure d'arbres géants des quais et de la place Victoire. Entourée du canal Valable sur deux côtés (au nord et à l'est), elle est bâtie sur le modèle des cités américaines avec ses rues symétriques; ses maisons, à un ou deux étages, sont construites en brique et fer, pour résister aux tremblements de terre assez fréquents (1843, 1871, 1887), qui ont détruit totalement ou partiellement la ville.

Centre le plus commerçant de l'archipel, la Pointe-à-Pitre est mise en relations régulières avec la France et l'Angleterre par les paquebots de la Compagnie transatlantique française et par ceux de la compagnie anglaise Royal Mail. Les consuls étrangers y résident. Les principaux établissements d'intérêt public sont le palais de justice, l'hospice civil, l'hôpital militaire, le théâtre.

Moule (Le), ville maritime, sur la côte orientale de la Grande-Terre. Population, 10 378 habitants. C'est la deuxième cité de la colonie par le chiffre de la population et l'importance de son commerce.

Le port, d'accès difficile, est exposé à la houle du large et aux raz de marée; un petit phare annonce son voisinage. Un grand nombre de caboteurs le fréquentent pour y faire des chargements de sucre. La ville même, traversée par un grand boulevard, est jolie. On y voit une église pittoresque, édifiée en 1829.

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