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BOUGAINVILLE

COLONIES OCÉANIENNES

un navire équipé pour faire le commerce dans les mers australiennes, le Snint-Jean-liaptiste, il levait la carte d'une partie du littoral de 1' « archipel des Arsacides » (îles Salomon), puis, après avoir touché à la Nouvelle-Zélande, traversait l'océan Pacifique et abordait au Pérou (1769- 1770).

Quelques années après (1772), une autre expédition française, dirigée par l'infortuné Marion-Dufresne, découvrait quelques petites îles, touchait à la Nouvelle-Zélande, et, après l'assassinat de son chef par les indigènes

du « port de la Trahison » (la baie des lies), visitait les îles Mariannes (île de Guam) et les Pliilip- I pines avant de regagner l'île de France, qui avait été son point de départ.

Le voyage de circumnavigation de La Pérouse. Expéditions envoyées à larecherclie de ce marin. — Sans aucun doute, ces voyages ne peuvent en aucune façon être comparés à ceux de Cook, le découvreur de la Nouvelle-Calédonie (4 sept. 1774); ils n'en ont pas moins leur intérêt et montrent quelle part la France a prise, dans la seconde moitié du xviii'^ siècle, à l'exploration de I ""^ïipq^B^BmiP^ l'Océanie. On en trouve encora

l '^ une preuve dans l'issue tragique

de l'expédition dirigée par Jean- François Galaup de La Pérouse et chargée d'explorer la Nouvelle- Calédonie et les îles voisines, « ces contrées pouvant ouvrir un nouveau champ aux spéculations du commerce «.Après avoir fait, depuisl785, la croisière la plus fructueuse sur la côte occidentale de l'Amérique du Nord, et accompli la dernière découverte importante qui date du xviiie siècle, en relevant minntieusement le littoral asiatique, jusqu'alors totalement inconnu, entre l'île de Nipon et la mer d'Okhotsk, La Pérouse toucha à Botany-Bay (mars 1788) et en partit avec ses deux navires, la Boussole et VAstrolabe, pour compléter les explorations de Bougainville et de Survîlle, puis pour explorer les côtes septentrionale et occidentale de la Nouvelle-Hollande. Depuis lors, on n'entendit plus jamais parler de lui.

Inquiets du silence persistant du navigateur, les membres de la Société d'histoire naturelle de Paris s'adressèrent à l'Assemblée constituante, et un décret du 9 février 1791 invita le roi à faire armer un ou

-Fr, LA PÉROUSE.

plusieurs bâtiments pour aller à la recherche de La Pérouse. Malheureusement, ni la tentative faite par le chevalier Aristide Dupetit-Thouars (1792;, ni l'expédition dirigée par le contre-amiral Bruni d'Enlrecasteau.v ne remplirent leur objet. Du moins, les navires de d'Entrecasteaux opérèrent-ils quelques découvertes géographiques (dans le sud de la terre de Van-Diémen), complétèrent ou rectilièrenl celles qui étaient dues h d'autres navigateurs 'Nouvelle-Calédonie; côte sud-ouest de la Nouvelle- Hollande) et rapportèrent une riche moisson de faits, d'observations et de découvertes dans les sciences naturelles. Quant au sort de La Pérouse, il ne fut exactement connu que dans le second quart du XIX* siècle; alors seulement, l'illustre Dumont d'LJrville, au cours d'un de ses beaux voyages dans l'océan Pacifique, trouva l'emplacement exact du naufrage de 1788 et recueillit sur le rivage de Vanikoro, dans les Nouvelles-Hébrides, des reliques authentiques de l'expédition dirigée par l'infortuné navigateur (1827).

Les autres explorateurs français de l'Océanie — A la recherche de La Pérouse ne se sont d'ailleurs pas bornés les navigateurs français qui ont, après 1790, parcouru les immensités océaniques du Pacifique. Les premières descriptions de la Nouvelle-Cythère, dues à Wallis, à Bougainville et à Cook, avaient vivement frappé les contemporains, et les mœurs étranges

des peuplades polynésiennes avaient inspiré aux philosophes du tempâ de curieuses réflexions sur la morale et sur les religions ; le capitaine Etienne Marchand, quand il visita en 1791 VArcliipel de la Révolution (c'est-à-dire la partie nord-ouest des lies Marquises, dont Mendana de Neyra avait dès 1595 découvert les terres du sud-est) et en prit possession au nom de la France, eût pu fournir matière à de nouvelles remarques du môme ordre si les événements de l'époque l'avaient permis. — Un peu plus tard, au début du xix« siècle (1802), Baudin a exécuté de très intéressantes et fructueuses reconnaissances, auxquelles on n'a pas assez rendu justice, sur les côtes occidentale et méridionale de l'Australie. — Enfin Dumont d'Urville a fait, dans l'océan Pacifique, deux importants voyages de circumnavigation, au cours desquels il a relevé exactement la position des îles Loyalty (en 1827 et

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