‹ Les colonies françaisesChapitre 62 sur 99 · J.-A. D ENTRECASTEAUX · texte numérisé non relu

J.-A. D ENTRECASTEAUX

COLONIES OCÉANIENNES

en 1840) et recueilli de riches matériaux d'études pour les géographes et pour les naturalistes.

Première tentative d'établissement. — Au moment même où Dumont d'Urville exécutait le second de ces voyages, le gouvernement français se décidait à secouer la torpeur dans laquelle il était demeuré jusqu'alors et songeait enfin à occuper quelques-uns des archipels dont Louis XVI avait naguère pressenti l'importance commerciale

et à faire valoir les droits que nos marins avaient pu acquérir pour la France sur certains points de l'Océanie. Malheureusement, les pays les plus avantageux et les plus vastes étaient déjà occupés par les Anglais, plus prévoyants; seul, un archipel important, la Nouvelle-Zélande, demeurait encore sans mai're et c'est de lui que le gouvernement français résolut d'abord de s'emparer. Mais les malins qui furent envoyés pour en prendre possession s'y laissèrent devancer de quelques heures par les Anglais, et la tentative de colonisation de la baie d'Akaroa n'aboutit qu'à un lamentable échec (1840).

Les premières colonies françaises en Polynésie (1843). — Certains incidents qui se produisirent un peu plus tard en Polynésie permirent au gouvernement de Louis- Philippe d'arborer le pavillon français sur plusieurs terres océaniennes. Dès 1798, des missionnaires appartenant à la Société des missions de Londres avaient débarqué à Tahiti et avaient entrepris d'évangéliser les indigènes de cette île, des autres terres de l'archipel de la Société et d'autres îlots polynésiens (Marquises, etc.). A Tahiti même, il leur avait fallu plus de vingt années d'efforts continus pour arriver à un résultat et convertir les indigènes à la civilisation et même aux cérémonies du culte protestant. Mais ils ne se dissimulaient nullement la fragilité de leur œuvre et, forts de l'appui du roi Pomaré III, puis de la reine Pomaré IV, sous le nom desquels ils gouvernaient l'archipel entier, travaillaient avec un soin jaloux à écarter les étrangers susceptibles de compromettre les résultats obtenus et de contre-balancer leur influence dans un royaume où ils dominaient exclusivement et dont ils rêvaient déjà la réunion au

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