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LES MARQUISES

L'archipel des Marquises, situé entre 7» 50' et 10» 33' de latitude sud, 140° 45' et 1430 5' de longitude ouest, comprend onze îles, dont sept seulement sont habitées, réparties en deux groupes : le groupe sud-est et le groupe nord-ouest. Celui-ci est formé par les îles Noukahiva, Ottapou, Eiao, etc., qui sont habitées, et par les îles désertes Motouiti et Hatoutou. Le groupe sud-est comprend les îles Hivaoa, Tahouata, Fatouhiva et les îlots inhabités Fatoiihoukou et Motanê. Ces îles furent découvertes en 1595 par le navigateur espagnol Alvaro Mendana, qui leur donna le nom de Marquises, et visitées en 1774 par Cook. L'amiral Dupetit-Thouars en prit possession pour la France le 1" mai 1842.

Les Marquises ont une origine volcanique nettement marquée par la constitution basaltique de leur sol. Dans chacune de ces îles, il s'est formé un nœud orographique formé par un pic saillant prolongé dans toutes les directions par des contreforts moins élevés. Certains points atteignent des altitudes relativement importantes : 1 180 mètres à Noukahiva, 1 260 mètres à Hivaoa, 1 200 à Fatoubiva et 1 120 à Ouapa. Dans les vallées étroites et sans profondeur qui séparent les contreforts détachés des pics centraux, coulent de petits ruisseaux transformés en torrents à la saison des pluies. Les sources sont nombreuses; leurs eaux sont en général salubres.

La population totale des Marquises, évaluée à 5 246 habitants dont 70 Français et 60 Européens de nationalités diverses, est, comme celle de Tahiti, en décroissance marquée. Les centres de population n'ont donc qu'une importance très relative et ne sont que de petits hameaux.

Taiohae, dans l'île Noukahiva, chef-lieu de l'archipel, est la résidence de l'administrateur, de la mission catholique et des quelques commerçants qui trafiquent aux Marquises. Son port est accessible aux navires de tonnage moyen. Atouana, dans l'île Hivaoa, sur la baie des Traîtres, est le débouché d'une région riche et salubre.

Le climat des Marquises est remarquablement salubre. La chaleur, qui oscille entre 23° et 33°, est tempérée par la brise de mer, les nuits sont fraîches et reposantes, et l'Européen y vit en parfaite santé. Même après de longs séjours, il n'est guère atteint que d'une anémie sans gravité.

LES TOUAMOTOU

Entre 138° et 151° de longitude ouest, sur une longueur de 1 000 kilomètres, sont alignées les 80 îles qui forment l'archipel des îles basses ou Touamotou. Ces îles d'une superficie restreinte (80 009 hectares) et d'une population peu importante (4 000 habitants environ) sont intéressantes par leur constitution physique. L'action volcanique qui s'est fait et se fait encore sentir si énergiquement dans tout le Pacifique a soulevé dans cette région une série de sommets qui n'ont pas surgi au-dessus du niveau de la mer, mais sont immergés à une faible profondeur. Ces sommets sous-marins sont d'une manière très générale elliptiques ou circulaires. Sur leurs contours les infusoires ont édifié des ceintures de coraux chaque fois que les terres sous-marines n'étaient pas à plus de 80 mètres de profondeur. Il s'est formé ainsi une série d'atolls, c'est-àdire d'îlots dont le centre est occupé par des lagons le plus souvent en communication avec la mer. Ce sont ces lagons qui sont peuplés d'huîtres perlières et nacrières.

Les principales îles de l'archipel sont les suivantes : Fakarava (200 habitants), dont le village de Rotoava a été choisi comme chef-lieu des Touamotou. Son lagon, accessible aux navires du plus fort tonnage, a 60 kilomètres dans sa plus grande longueur. Rakroa a une passe magnifique, mais infestée de requins, dont la présence entrave la pêche des perles. Kaoukoura possède un lagon abondamment pourvu d'huîtres perlières. Anaa (480 habitants), la plus peuplée de l'archipel, riche en cocotiers, avait soumis la plupart des îles voisines. Enfin Makatea présente une exception curieuse à la constitution générale des Touamotou. Un soulèvement volcanique secondaire, postérieur au travail des zoophytes, a supprimé le lagon central et élève l'île à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le climat de l'archipel des Touamatou est remarquablement salubre. Dans ces îles sablonneuses, où les marécages sont inconnus aussi bien d'ailleurs que les ruisseaux et les sources, balayées continuellement par la brise marine, on ne connaît aucune des maladies tropicales. Seule est une cause d'afl'aiblissement pour l'Européen l'absence complète d'eau de source.

La population des Touamotou (5 000 hab.) est robuste et laborieuse, car sans travail assidu elle mourrait de faim. Les indigènes de l'archipel sont en majorité catholiques, mais ils n'ont aucune instruction. Ils sont plongeurs, planteurs de cocotiers ou marchands de coprah.

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