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OJ a

Sâé

Plusieurs édifices rembellissent, entre autres : le palais de la reine, le palais du premier ministre, la cathédrale, l'observatoire. Autrefois lieu de résidence des rois hovas, et aujourd'hui lieu de résidence du gouverneur général de la colonie, Tananarive est le siège d'un évêché, ainsi que des administrations centrales : secrétariat général, direction du contrôle financier, cour d'appel, état-major du commandant en chef du corps d'occupation. Elle possède de nombreuses écoles primaires, une école normale « Le Myre de Vilers », une école de médecine, une école

Tananarive, quartier d'Ambohijatovo.

d'interprètes, une école professionnelle, un jardin d'essai, un musée, une bibliothèque, un vélodrome, un théâtre.

Les routes nombreuses qui relient Tananarive aux principaux centres de l'île, Tamatave, Majunga, Fianarantsoa, lui permettent de s'approvisionner facilement; un chemin de ferla reliera dans un avenir prochain à Tamatave, le grand port de la côte est.

A-ndevorante, ville maritime, située à 99 kilomètres S. de Tamatave et à 220 kilomètres de Tananarive, sorte de grand village (3 600 habit.), bâti sur la rive gauche et près de l'embouchure de la rivière laroka, au milieu de lagunes. Climat insalubre. Au large d'Andevorante est une barre

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très difficile à franchir et praticable environ vingt jours par mois, excepté pendant les mois de juin, juillet et août. Andevorante, chef-lieu d'un .district administratif, possède une chambre consultative de commerce. Elle est reliée à Tamatave et à Tananarive par une route carrossable, construite depuis l'occupation et complètement terminée depuis l'année 1900. Elle communique également avec Tamatave par le canal dit des Pangalanes, creusé entre ces deux villes en utilisant les lagunes qui suivent la côte est. Le commerce y est en progrès.

Antsirane. — Voyez Diégo-Suarez.

Diégo-Suarez, baie et place forte, sur l'océan Indien, côte orientale et partie nord de lîle de Madagascar, à 750 kilomètres N. de Tamatave et à 1070 kilomètres N.-N.-O. de l'île de la Réunion.

La rade, comparable à celles de Rio-de-Janeiro et de Sydney, est une échancrure de la côte creusée entre les pics inférieurs de la chaîne Ambohitra ou mont d'Ambre (qu'il faut distinguer du cap d'Ambre et dont l'altitude est de 1360 mètres]. Profonde de 20 kilomètres avec une largeur de 6 kilomètres, elle se divise en cinq baies, séparées par des presqu'îles. Au centre, la hauteur d'eau est de 25 à 30 mètres; ailleurs, les fonds atteignent de 15 à 58 mètres. Ce magnifique port naturel communique avec la mer par un chenal étroit que l'ilot de la Lune {Nosi- Volana) partage en deux passes : celle du sud est seule praticable. Deux fanaux éclairent, la nuit, l'entrée du port. La baie du Courrier, sur la côte ouest, est distante de 6 kilomètres seulement de la baie de Diégo- Suarez.

Tout le pays environnant jouit d'un climat sain et tempéré; les montagnes qui encadrent les cinq baies ont une élévation de 150 à 280 mètres ; leurs pâturages sofit luxuriants ; les ravines, au sol fertile, sont cultivées en jardins; enfin, la baie du sud ou des Français, ainsi que le port de la Nièvre, à l'ouest de cette baie, reçoivent deux ou trois petites rivières.

La place forte de Diégo-Suarez, classée parmi les points d'appui de la flotte, est constituée par un ensemble d'éléments divers, disséminés au cap Mine (entrée du port), sur les plateaux de Diego et d'Anlsirane (au centre de la rade). Diego et Antsirane, séparés par le cul-de-sac de la Nièvre (largeur, moins de 3 kilomètres), sont des villages; le premier, pourvu d'un hôpital militaire et doublé d'un camp; le second, doté d'un fort et se transformant rapidement en ville maritime par ses constructions, ses maisons et l'accroissement de sa population malgache, créole et européenne. Antsirane est devenu le chef-lieu de la province de Diégo- Suarez, administrée par un fonctionnaire supérieur des Colonies, tandis que la garnison (infanterie et artillerie coloniales) et les fortifications, très complètes, de la rade sont placées sous le commandement d'un colonel.

Le port de Diégo-Suarez, relié télégraphiquement avec Tananarive, est pourvu d'un bureau de poste français. Un service bimensuel des Messageries maritimes le met en rapport avec la Réunion, Zanzibar et l'Europe, et d'autres lignes de transport le font correspondre, une fois

par mois, avec Sainte-Marie de Madagascar, Tamatave, Majunga et Lourenço-Marquez. Diverses industries, petites ou considérables, ont pris pied à Antsirane et dans le voisinage. Les salines et la fabrication des conserves de bœuf sont les principales. Le port expédie beaucoup de bœufs aux îles Maurice et de la Réunion, il peut fournir aussi en quantité les bois de menuiserie et de construction. A l'importation, il reçoit surtout des tissus, des faïences, des vins et des liqueurs.

Fénéidve, ville maritime, située sur la côte est de l'île, à 100 kilomètres au nord de Tamatave. Cette ville a une rade ouverte, à l'est du fort hova de Vohimasnia, rade peu sûre, quoique fréquentée par de nombreux bateaux de commerce. Autrefois on y apportait une grande quantité de riz que la région produit en abondance et qui était réputé le meilleur de Madagascar. Fénérive est l'un des plus anciens établissements de la France dans la grande île.

Fianarantsoa, capitale du pays betsiléo et chef-lieu de province, à 350 kilomètres S.-S. -0.de Tananarive et de 50 0. de Mananjary, sur un plateau élevé (altitude, 1300 mètres), qui procure à cette localité un climat relativement frais et très sain. Population, 8 000 habitants. — Fianarantsoa est reliée à Tananarive par une route et par le télégraphe. Elle avait déjà une grande importance sous la domination hova, qui y avait un gouverneur; aujourd'hui elle est un grand centre administratif; un administrateur en chef des Colonies y réside et commande à l'ensemble du pays betsiléo. La ville possède une école normale, une chambre consultative de commerce, des écoles primaires.

Fianarantsoa n'est pas encore un centre commercial très important ; la raison en est que la ville est isolée et communique difficilement avec la mer. Du jour où elle sera reliée à Mananjary, port sur la côte est, ou à un autre point de cette côte par un chemin de fer ou tout au moins par une bonne route, les colons y viendront s'installer avec empressement; ils trouvent, en effet à Fianarantsoa, un climat peu anémiant, permettant jusqu'à un certain point le travail manuel à l'Européen, et favorable à la culture des plantes potagères de l'Europe.

Fort-Dauphin est le port le plus méridional de la côte orientale. Population, 2 000 habitants. — C'est un des premiers comptoirs français avec Sainte-Luce, et la ville elle-même a été fondée par Pronis, premier explorateur français à Madagascar. Port-Dauphin fut abandonné à cause de son insalubrité et le fort, construit au nord de la presqu'île sur laquelle est bâtie la ville, est aujourd'hui en ruine. Depuis quelques années, Fort-Dauphin a repris une grande importance, à la suite de la découverte de caoutchouc dans les régions qui l'avoisinent. La tenue est bonne au mouillage de l'anse Dauphine.

Foulepointe, ville maritime, à 40 kilomètres au sud de Fénérive et au nord de Tamatave. Population, 1 500 habitants (Hovas, Betsimisarakas et quelques étrangers). — Le climat y est rendu insalubre par de

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nombreux marais. Le port, assez sûr, quoique peu profond, reçoit, pendant la mousson du sud-est, un assez grand nombre de navires.

Majunga, ville maritime, sur la côte N.-O., à l'entrée de la baie de Bombetoka; à 500 kilomètres N.-N.-O. de Tananarive. Population,

5 200 habitants. — On distingue dans Majunga deux parties très différentes ; sur une hauteur, le quartier indigène hova et sur le rivage le quartier commerçant. Les maisons du quartier hova sont en bois et de construction agréable ; les rues y sont très propres. Dans la partie basse de la ville, on l'emarque des maisons de belle apparence appartenant à de riches Indous, principaux commerçants du lieu ; la partie la plus importante de la population, composée de Sakalaves, d'Arabes et de Cafres, habite des cases très sales.

Majunga, chef-lieu d'une province, à la tête de laquelle est un fonctionnaire supérieur des Colonies, est administrée, en tant que commune, par un administrateur-maire, assisté d'une commission municipale. Le port de Majunga a un grand avenir commercial et deviendra tôt ou tard, à cause de la facilité des communications, le grand port de Tananarive. Il est vaste et commode, avec des fonds de 9 mètres pour les grands navires et de 5 mètres pour les petits. De Majunga à Suberbieville, c'est-àdire sur un parcours de 250 kilomètres, la Betsiboka, puis son grand affluent l'Ikopa, offrent une belle route fluviale, aujourd'hui utilisée, et qui, une fois améliorée, permettra un transport facile des marchandises jusqu'à Tananarive. A Majunga aboutit le câble qui part de Mozambique et contribue à relier télégraphiquement Tananarive et Madagascar à l'Europe. Les paquebots des Messageries maritimes font escale à Majunga.

Autrefois, toute la région de Majunga appartenait aux Sakalaves ; des traitants arabes, dont Marco Polo connut l'existence, et qui venaient du golfe Persique, s'y établirent, il y a plusieurs siècles. Souvent en butte aux attaques des pirates et des Portugais, Majunga tomba en 1824 aux mains de Radama, roi des Hovas. C'était alors un port très important, ayant 10 000 habitants. Elle fut bombardée parles Français -en 1883 et évacuée en 1885. De Majunga partit, en 1895, l'expédition qui devait se terminer à Tananarive et que commandait le général Duchesne. Un cimetière contient les restes des soldats français qui succombèrent à Majunga, au cours des hostilités.

Tamatave, ville maritime et port principal de l'île, située sur la côte orientale, à 300 kilomètres N.-E. de Tananarive. Population,

6 500 habitants (2 425 Français et 1 150 Mauriciens). — Un chemin de fer, actuellement en voie de construction, reliera Tamatave à la capitale après un parcours de 350 kilomètres. Tamatave doit sa prospérité, toujours grandissante, à la bonté de son port, le meilleur de l'ile avec Diégc- Suarez, à sa proximité de la Réunion et de Maurice et enfin à sa position géographique exceptionnellement favorable, au centre de la côte est, sur la route du Cap aux Indes.

Le port de Tamatave offre deux mouillages dont l'un, le meilleur, est malheureusement éloigné de la ville de 1 mille et demi; les navires sont

contraints de séjourner dans l'autre mouillage, peu abrité et ofi la houle est énorme. Un wharf facilite l'embarquement et le débarquement des marchandises.

Tamatave n'est pas une ville, à proprement parler, mais une plage sur laquelle on a rangé, suivant quelques rues parallèles, des maisons sans fondations et qu'un raz-de-marée pourrait, semble-t-il, balayer en un instant. Tamatave est le chef-lieu du commandement supérieur de la côte est et le siège de la direction générale des douanes de l'île ; elle possède

Palais de Raïnilaiariyony, à Tananarive.

un tribunal de première instance, une école normale, une école professionnelle, un jardin d'essai, une imprimerie officielle. La population européenne y est nombreuse, composée de fonctionnaires et de colons ; beaucoup de Mauriciens et de créoles de la Réunion se sont installés à Tamatave. On y rencontre également des Indiens et des Chinois. Souvent appelée le tombeau des Européens, la ville ne mérite plus cette réputation depuis que des travaux considérables l'ont assainie. Ces travaux furent entrepris à la suite de l'épidémie de peste qui, en 1898, fit de nombreuses victimes parmi la population indigène. Les paquebots des Messageries maritimes et ceux de la Compagnie havraise péninsulaire touchent à Tamatave; la ville est reliée télégraphiquement à Tananarive.

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Tulléar, port de la côte ouest, le meilleur mouillage entre le cap Saint-André et le cap Sainte-Marie. La baie est spacieuse, protégée convenablement par un récif du large, accessible à toute heure de marée aux navires du plus fort tonnage. — Tulléar est le débouché naturel d'une immense plaine, au climat sain et dont les terrains sont réputés riches; elle ne tardera pas à prendre un grand développement, car, placée dans une situation géographique exceptionnellement favorable, en face de l'Afrique, elle est appelée à devenir le centre commercial, l'entrepôt et le grand marché de la côte sud-ouest. C'est aussi un excellent point de ravitaillement pour notre flotte. Tulléar possède une Chambre consultative de commerce. Des missions catholiques et protestantes y ont fondé des écoles.

Vatomandry, ville maritime, sur la côte est de l'île, au sud de Tamalave. Population, 3 000 habitants. — La rade, à l'embouchure de la rivière Vatomandry, est d'un accès facile; les navires mouillent devant la barre par des fonds de 11 à 22 mètres, de tenue mauvaise. L'importance de Vatomandry est considérable au point de vue commercial et c'est un des ports les plus fréquentés de la côte orientale. C'est à Vatomandry, en effet, qu'aboutit la route la plus courte de Tananariveàun port. La colonie européenne y est nombreuse. Les paquebots de la Compagnie havraise péninsulaire, allant du Havre à Tamatave, font escale à Vatomandry.

Voliémar, ville maritime, située sur la côte est de l'ile, au sud de la baie de même nom. Population, 6 000 habitants. — La baie de Vohémar était depuis 1841 la limite du protectorat français sur le nord de la grande île. Elle fut occupée par les Français en 1885. Un banc de corail laisse entre la terre et lui un chenal, large de 200 mètres, qui conduit à un mouillage forain accessible aux navires de faible tonnage. Autrefois, Vobémar était un centre commercial important; de son port étaient expédiés les bœufs et les peaux de l'Ankarane. Son importance a bien diminué ; cependant ce port expédie encore, par voiliers, du caoutchouc et des bœufs destinés aux îles Mascareignes. L'eau douce y fait presque constamment défaut.

René SiIbner.

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