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ec son cortège de plus en plus je livre de pain ce. Au mois de jerres , écrivait :
es Acadiens rée mois que du y pain. Il en est
plus au peuple 4 : mois Lt mai 1 ni de viande.
int de la Colonie, ottait les mains.
que cette famine!
il va spéculer sur l'argent avec le e il a déjà spéculé ent, donnant aux ne façon dont les érre. »
éculaient, volaient Iministration, c'est ne reproche pas ui reproche seule-
ace. ” n en écrivant à sa fortune et tous les
le pain des affamés tes, on danse chez
sère publique, des
: encore Montcalm,
£x une dépêche au ministre ajoute que « nonobstant l'ordonnance des Jeux de hasard dans les Colonies, on a joué chez l'intendant jusqu'au mercredi des Cendres un jeu à faire trembler les plus intrépides joueurs. M. Bigot y a perdu 200,000 livres. »
C'est bien la corruption et les vices de la cour de Louis XV, que cet homme funeste avait transportés dans notre Nouvelle France.
Montcalm indigné réclamait; mais à quoi bon se plaindre; là-bas auprès du ministre, Bigot a ses amis; il a comme complice « l'œil même du ministre. » Et, à Versailles, Montcalm est dénoncé, on l’accuse de ne pas savoir profiter de ses avantages, puis on égare certains rapports, comme celui de la prise de William-Henry. Les dépêches sont interceptées, et les réclamations et avertissements entassés dans les cartons de la Marine, sans que personne s'en soucie autrement.
Et Montcalm, avec son honnêteté, son pue tisme ardent et son génie, dépendait de ces | ve cr Il fallut que ce grand homme s'inclinât
evant Bigot et sa bande, car la solde de son
armée, les vivres, le matériel de guerre, tout pas-
sait par leurs mains, et, quand il faisait à l'encontre de leurs idées, on menaçait de lui couper
vivres.
Pauvre grand homme! quelle amertume devait vdi lui ronger le cœur, de se sentir ainsi :
puissant, trahi et balloté par les siens, de voir ses projets repoussés, entravés par ceux-là même .: qui auraient dû le soutenir.
ER
2 22 x LES COLONIES FRANÇAISES
« Expatriés, manquant de tout, ne pensant qu'à cette sorte de gloire qu'on acquiert en se raidissant contre ies difficultés de tout genre, haïs, enviés, ayant tout à souffrir du climat, du
ys, et des habitants, nous n’apprenons ici qu’à
patients. » Voilà ce qu'écrivait à ce moment Bougainville, un des officiers de Montcalm.
Et pourtant, pendant quatre années encore, Montcalm, avec sa petite armée, tiendra glorieusement tête à la puissante Angleterre. Au milieu de ses troupes, au moins, il est aimé et obéi, Le soldat éprouve un amour presque filial et une admiration qui touche au fanatisme pour ce
éral qui partage avec lui toutes les privations
e la campagne, couchant sur la terre nue, mangeant la ration comme le simple soldat, s'exposant à tous les dangers et à toutes les fatigues sans jamais se plaindre, Voilà peut-être le secret de cette étonnante et admirable campagne.
Pendant que Louis XV oublie le Canada pour s'occuper de Marie-Thérèse, l'Angleterre se
pose Pitt envoie aux siens renforts sur ren-
orts, et quand au printemps le général Abercromby vient prendre le commandement de l'armée anglaise, elle compte 22,000 soldats et 20,000 miliciens, sans parler d'un corps de réserve de 30,000 miliciens qu'on fait organiser.
L'armée de Montcalm se composait alors de 5,800 soldats. Il avait reçu pour tout renfort
quelques bâtiments chargés de farine et de
vivres.
L'Angleterre se proposait d'envahir le Canada par trois points. Loutsbourg dans l'île Royale, le
NÇAISES |
tout, ne pensant
‘on acquiert en se
tés de tout genre, .
ffrir du climat, du apprenons ici qu'à rivait à ce moment
de Montcalm.
re années encore, ée, tiendra glorieu-
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Mu peut-être le mirable campagne.
lie le Canada pour
, l'Angleterre se s renforts sur rens le général Aber- »mmandement de
22,000 soldats et r d'un corps de l'on fait organiser.
composait alors de pour tout renfort
de farine et de
‘envahir le Canada
ns l’île Royale, le
Fort Carillon à l'extrémité nord du lac St-Sacrement, et le Fort Duquesne sur les bords de l'Ohio devaient être attaqués.
Cette seconde cam e débuta en 1758 parle siège de Louisbourg dont les fortifications étaient partout en fort mauvais état et complètement écroulées même par endroits. Le commandant Drucourt fit preuve d’une grande bravoure, ainsi que sa femme, qui tous les jours allait aux batteries les plus exposées mettre le feu à trois pièces de canon. Les troupes auss: se conduisirent honorablement, mais au bout de deux mois, écrasées
par le nombre, la place fut obligée de se rendre,
laissant ainsi le Canada sans défense du côté de la mer, interceptant nos communications avec la France et ouvrant lé chemin de Québec aux Anglais par le Saint-Laurent.
Mais le grand coup des Anglais devait se porter sur le Fort Carillon ; c'est là le point important qu’il s'agit d'enlever à tout prix ; aussi c'est Abercromby lui-même, à la tête de 20,000 hommes, qui dirigera l'attaque.
Montcalm avec ses 3,000 braves l'attend de pied ferme. Le fort était situé sur une hauteur complètement entourée de bois, excepté du côté du lac; ils profitèrent de cette abondance d'arbres
pour faire élever des retranchements très solides, *
avec des troncs couchés les uns sur les autres. Plus en avant encore, les arbres avaient été abattus et leurs branches aiguisées servaient de chevaux de frise, , ÿ ; Officiers et soldats, la hâche à la main, travail-
et les troupes avancent toujours, à midi, elles
- 40 pas des retranchements. Toujours rien. Mais
- est au fort avec 400 soldats d'élite, Le renfort
laient avec un entrain et une gaieté de bon augure. Notre petit camp semblait en fête.
fallait cependant gagner du temps, car on espérait des renforts; mais comment arrêter l'ennemi, déjà à l’autre extrémité du lac ? Montcalm n'hésite pas; avec une audace inconcevable, il fnarche en avant et prend position, comme s’il voulait lui-même donner l'attaque.
Abercromby avec ses 900 bateaux, ses grandes chaloupes et ses 20,000 hommes, regarde sans comprendre, il hésite, n’osant affronter ces forces redoutables, derrière lesquelles il doit y avoir trahison ou surprise, et pendant quatre jours, irrésolu, immobile, il réfléchit. ;
Le cinquième jour cependant, qui était le 8 juillet 1758, il se décide, mais déjà Levis
n'est pas considérable, après tout Montcalm
n'aura ge 3,500 combattants pour opposer aux
20,000 d'Abercromby, mais n'importe, la petite
rit est pleine de confiance ; on se battra ien.
Au matin, les troupes anglaises s'ébranlent, on voit les grosses colonnes serrées se dérouler dans la plaine, puis toute cette masse avance vivement en bon ordre, Au fort, pas un coup de fusil, pas un mouvement, tout paraît abandonné
sont au pied du côteau, mais rien ne bouge ; elles approchent encore, les voilà maintenant à
alors, tout d'un coup, une décharge effroyable les arrête comme un coup de foudre ; 3,000 fusils
NÇAISES
ne gaieté de bon blait en fête.
- du temps, Car on mment arrêter l'endu lac ? Montcalm e inconcevable, il sition, comme s’il ique.
ateaux, ses grandes imes, regarde sans affronter ces forces les il doit y avoir nt quatre jours, irré-
dant, qui était le , mais déjà Levis ; d'élite, Le renfort ès tout Montcalm s pour opposer aux n'importe, la petite nce; on se battra
glaises s'ébranlent, serrées se dérouler cette masse avancé ort, pas un coup de t paraît abandonné jours, à midi, elles ais rien ne bouge; voilà maintenant à l'oujours rien. Mais charge effroyable les
foudre ; 3,000 fusils
jamais vu de pareilles, »
sont partis à la fois. La colonne plie, recule, puis | se reforme et revient à la charge’ cette fois elle ne
veut pas lâcher pied ; elle lutte avec un achar.
nement et une intrépidité admirables ; elle fait une charge à la baïonnette et à la française pour entamer les nôtres. Une troisième fois les Anglais reviennent à la charge, puis une quatrième, une .
cinquième et jusqu'à une sixième fois. Pendant ‘7 heures ils s'acharnent à enlever le retranchement; mais les nôtres tiennent bon, Montcalm est là prêchant d'exemple et de parole, faisant accomplir des choses incroyables par le moindre soldat. Enfin, au soir, Abercromby bat en retraite, laissant le terrain jonché de ca avres ; il avait perdu plus de 5,000 hommes et no s 377.
On s'attendait à une nouvelle attaque le lendemain, mais au matin la grande armée avait disparu. La retraite « plus que précipitée »
s'était changée en déroute, en panique, et Montcalm resta vainqueur : c'était une année de gagnée pour la France.
Quelle joie! quel enivrement pour les nôtres! . Le soir même de la victoire, et encore sur le champ de bataille, Montcalm écrivait à son ami Doreil : « L'armée, et trop petite armée duroi, vient de battre ses ennemis; quelle journée pour la France! Si j'avais eu deux cents sauvages pour servir de tête à un détachement de mille hommes d'élite, dont j'aurais confié le commandement au chevalier de Levis, il n’en serait pas échappé beaucoup dans leur fuite. Ah! quelles troupes, : mon cher Doreil, que les nôtres! Je n’en ai
de ce rude et modeste soldat, qui le lendemain
disait : « Je n'ai eu que la gloire de me trouver le général de troupes aussi valeureuses. Le succès de l'affaire est dû à la valeur incroyable de l'officier et du soldat. »
Comme récompense, le vainqueur demande son rappel en France, car sa santé commence à
… Îles jalousies qui l'entourent, par les désordres et
- les abus auxquels il ne peut remédier.
: Sur le troisième point cependant, au fort Duquesne, il n'y avait pas eu de Montcalm pour
battus et leur fort détruit. 3e : D'autre part — et ceci était plus grave — . Abercromby avait envoyé le colonel Bradstreet,
s tenac, défendu par 70 hommes seulement. Et
c'était là notre petit arsenal de marine, négligé
et dégarni de la sorte par la faute du gouverneur |
- L'ennemi s'empara du fort, à peine gardé,
dises, 80 canons grands et petits, et détruisit la e. -
C'était un coup terrible. Au reçu de ces
retrouve des forces ; son courage grandit avec le danger ; il oublie ses écœurements, ses décep-
La France pouvait être fière de son enfant,
encore en faisant son rapport au Gouverneur lui . :
s'user. De plus, il est écœuré par les intrigues et
diriger ; aussi les nôtres furent-ils complètement
avec 3,000 hommes, attaquer notre fort de Fron-
-prit beaucoup de vivres, beaucoup de marchan-
nouvelles cependant, Montcalm, loin de faiblir,
tions et sa santé chancelante, il oublie tout, pour: “ne songer qu'à l'honneur de cette France qu'il : “aime. « J'avais demandé mon rappel après la …
main? Mais non, cesn'est pas possible, les lettres se perdent; peut-être n° arrivent-élles pas jusqu'au ministre. Et on attend, on tt toujours. Un jour enfin, un navire: venant de France apporte pour Montcalm des papiers du ministère. C'est une réponse, à la fin, én donné signe de vie, nous sommes sauvés, et fiévreu ment il ouvre ces précieux documents.
C'est le ministre: qui lui annonce « qu'il ne doit pas compter recevoir des troupes de renfort. » Montcalm n'y croit pas encore. On n'a
comnris : ses lettres n'ont pas été assez pressantes, assez éloquentes Eh bien | il enverra « une lettre vivante, » qui plaidera Sa cause, quelqu'un qui racontera leur détresse, qui insistera, qui suppliera, qui entraînera par Sa chaleur et sa vérité. Cette lettre vivante sera Bougainville, qui part au printemps Sur le premier bâtiment qui fait voile pour la France.
Aussitôt arrivé à Versailles il va exposer la | situation à Berrier, ministre de la marine, qui lui dit : « Monsieur, uand le feu est à la maison on ne s'occupe pas des écuries.» « On ne dira pas du moins que vous parlez en cheval » répliqua l’envoyé de Montcalm, qui finit cependant par arracher au gouvernement la promesse d'en-
. voyer quelques secours: On envoya, en effet, 326 recrues, des munitions et des vivres pour 80 jours.
était dérisoire et coupable,
temps l'Angleterre travaillait sans armée coloniale comptait 60,000 hommes pour vus de tout, tandis que notre pauvre petite
NÇAISES
ssible, les lettres t-élles pas jusqu au pr toujours. Un e-France apporte du ministère. 4 iné signe de vie, cient il ouvre
annonce « qu'il ne + des troupes de | pas encore. Onna ont été assez Eh bien! ilenverra .
plaidera sa cause, r détresse, qui insis- | inera par sa chaleur vante sera Bougainps sur le premier la France.
les il'va exposer la e de la marine, qui e feu est à la maison ries..» « On ne dira lez en cheval » répli- , qui finit cependant :
ent la promesse d'en: | Jn envoya, en effet, et des vivres pour 80}
able, car pendant ct Pit sans relâche. Son
60,000 hommes pour notre pauvre petite
armée n'avait ni munitions, ni vivres, ni chaussures. Elle n'avait que son courage et son chef.
Comme la première fois les Anglais devaient attaquer la Colonie par trois points. Un corps sous les ordres du général Wolf devait se diriger sur Québec, un autre sur Montréal et un troisième occuper la région des lacs de façon à couper nos communications avec la Louisiane,
Montcalm de son côté remue ciel et terre, électrisant par son ardeur patriotique jusqu'au Gouverneur lui-même qui « fit une levée en masse de toute la population mâle de seize à soixante ans. On achesse des prières publiques à Dieu pour lui demander la victoire, et l’enthousiasme de nos Canadiens fut tel pour repousser la conquête étrangère que des enfants de douze ans et des vieillards de 80 ans vinrent en grand nombre grossir les rangs des compagnies de la milice ; il ne resta pius aux champs que des femmes et des enfants. »
Montcalm disposa ses forces de la façon suivante : .
Il envoya 1,500 hommes dans l’ouest de la Colonie pour défendre le fort Niagara et le lac Ontario, qui commandait en amont le cours du Saint-Laurent.
Au centre, il envoya 2,600 hommes sous les ordres de M. de Bourlarnaque, pour conserver le lac Champlain et empêcher ainsi l'ennemi de couper en deux notre Colonie. a
À l’ouest, Montcalm lui-même avec de Levis et Bougainville commandait les forces principales, qui devaient défendre Québec. Car c'était
là le point de mire de l'ennemi, la clef de la Colonie et c'est là qu'aura lieu le grand choc qui décidera de l'avenir du Canada.
Malheureusement, les remontrances de Montcalm rien n'avait été fait pour mettre cette ville si importante à l'abri d'une attaque. Impossible d'y soutenir un siège,
droite, ilest vrai, le Saint-Laurent avec ses
Tree et ses falaises à pic, lui faisait un rempart formidable, mais à gauche elle était à découvert. En toute hâte, Montcalm y fit construire sur une lon de deux lieues des rétranchements qui ient aboutir dans un ravin profond. Ce camp retranché qu’on ap Beauport et qui était situé de l'autre côté de la rivière St-Charles se reliait à Québec par un pont de bateaux. mo Il s'agissait donc pour cette année d'empêcher l'ennemi de forcer cette ligne de défense.
Le 25 juin 1759, la flotte anglaise apparaissait en vue de Québec. Le général Wolf, homme de grand talent, choisi par Pitt lui-même, avait sous sès ordres 40 bâtiments montés de 30,000 hommes. La flotte avait été guidée par un capitaine français, le traître Denis de Vitré.
Wolf commença par envoyer aux Français un — message arrogant et brutal où il les sommait de se rendre. « Le roi son maître, dit-il, justement irrité contre la France, résolu d'en abattre la fierté et de venger les injures faites aux colonies anglaises, s'est enfin déterminé à envoyer en - Canada un armement formidable. il a. pour but de priver la couronne de France des établis-
emi, la clef de la le grand choc qui a.
les remontrances fait pour mettre bri d'une attaque.
iris avec ses
s à pic, lui faisait.
| gauche elle était
le année d’empéigne de en, i paraissait | Wolf 1iomme de -même, avait sous s de 30,000 hom- > par un capitaine tré.
r aux Français un il ies sommait de , dit-il, justement u d'en abattre la aites aux colonies né à envoyer en able... il a pour
; ogg LUS à sements considérables dont elle jouit dans le nord de l'Amérique, » ONE Cette sommation n'amenant aucun résultat, il: leur annonce qu'il les soumettra aux lois les plus 4 Le ses troupes ont l'ordre de ne respecter ni les iens, ni les personnes. : Ceci dit, les opérations commencent.
Le premie: soin du général anglais est de : JATER faire sortir Montcalm de ses rétranchements ; il l'essaie par tous les moyens, mais en vain, À bout d'expédients, il débarque sur l'autre bord du fleuve, installe des batteries et bombarde la. ville, qui bientôt n'est plus qu'un monceau de ruines; 1,400 maisons furent brûlées et les alentours dévastés, mais Montcalm ne bougeait
4er
Pvoir décide alors d'attaquer directement le sa" camp de Beaufort; il lance ses troupes ettoute son artillerie contre les Français. Montcalm avait 49 pièces de canon à opposer aux 118 des An.
, mais les nôtres ne reculent pas pour si peu: v es chasseurs canadiens tuent-les artilleurs anglais à coups de carabine, et pendant 7 heures la
out l'ennemi est repoussé. À la fin du n'a pas gagné un millimètre de terrain.
Furieux de son échec, la rage au cœur, Wolf se retire dans son Amp, où il apprend général Ambherst, qu j i
centre par les 2,600 Français de Bourlamaque. Par Fois fois, il essaie de débarquer au-dessus
GE NT PAIE ARR Me a Ga À MAR ) id MT
de la ville, mais toujours et ut il trouve.
devant lui Montcalm et ses tira . 1] ne veut cependant pas abandonner son entreprise; il pars réussir, Une fièvre de désespoir le soutient et le , Pendant plus d'un mois, avec une patience et une ténacité admirables, il passe et repasse, monte et descend, cherchant un endroit propre à débarquer, sondant, faisant reconnaître chaque coin et recoin du rivage, jusqu'à ce qu'enfin son but soit atteint. © Aussitôt son endroit trouvé, il remonte bien au-delà de Québec, afin de cacher le but de ses mouvements, puis tout d'un coup dans la nuit du 12 septembre, il redescend comme la foudre. « Qui vive » demandent nos sentinelles. « France, bateaux de vivres » répond-on. En effet, cette nuit on attendait des vivres; ordre avait été donné de les laisser passer, et dans la nuit noire, les Anglais continuèrent leur chemin.
= Arrivés au lieu convenu, on débarqua et silen- - cieusement, en toute hâte, on gravit les falaises. Au sommet, il y avait bien un poste, mais si u gardé que l'officier qui le commandait, ami ‘intime de Bigot, fut pris au lit et les Anglais sèrent plus loin. Le grand plateau était maintenant ouvert devant eux, ils n'avaient qu'à mar-
Au petit jour, ils étaient dans les plaines
d'A m, aux portes même de Québec.
Montcalm n'eut connaissance de leur arrivée
que fort tard. Ses Canadiens étaient retournés
aux champs faire la moisson; Bougainville était
tout il trouve.
urs. Il ne veut entreprise; il oir le soutient
ne patience et epasse, monte ropre à débarchaque coin et enfin son but
remonte bien r le but de ses » dans la nuit nme la foudre.
elles. « France, En effet, cette rdre avait été s la nuit noire, min,
>arqua et silen-
aient qu'à mar-
ns les plaines Québec.
de leur arrivée aient retournés ugainville était
parti d'un côté et Levis de l'autre; il ne restait que 4,500 hommes pour faire face aux Anglais.
Aussitôt averti de leur approche, Montcalm monte à cheval et donne ses ordrés, puis rassemblant ses troupes en toute hâte, il marche à l'encontre de l'ennemi sans perdre un instant,
Le choc est d'une violence extrême ; entraînés par leurs généraux, les soldats se battent avec fureur des deux côtés. Mais cetté journée doit se : terminer d'une façon désastreuse pour nous.
Montcalm est blessé à mort et les nôtres mis en déroute,
La dernière pensée du soldat mourant était pour cette France qu'il aimait, malgré l'abandon où elle l'avait laissé. Lorsqu'à son lit de mort le Gouverneur de Québec vint demander ses derniers ordres, « Je n'en ai plus à donner, dit-il, j'ai à faire à ca grand moment et mes heures sont très courtes. Je vous recommande seulement de ménager l'honneur de la France, »
Ilexpira le lendemain, ét, à la nuit tombante, ses soldats l’ensevelirent dans un troû de bombe,
Son digne rival, le éral Wolf, avait succombé sur le champ de bataille.
Un conseil de per fut aussitôt rassemblé, où l'on décida lâchement que l'Armée et le Gouverneur abandonneraient Québec. On y laissa seulement une ison de 1,760 hommes sans vivres, ni munitions, avec ordre de l'indigne et incapable Gouverneur de «nepasattendrequel'ennemi l'emportât d'assaut. » En effet, le 18septem- bre 1759, 0n capitulasansavoir livré combat. Voilà comment on ménageait l'honneur de la France |
En Europe comme en sara pr auesplles de Gutber:coests tds là Le Canada attaqué de tous les côtés, par en Ana qe LA 2
tout, n'avait le pe a « Personne n'imaginait rs de Fr qui manquaient de tout, à fortune
semblait interdire u'à per eg osassent à retarder une destinée inévitable. »
cependant, même à cette heure de péril Par se nous trouvons un homme qui demande à continuer la lutte, un homme qui a tenu haut et ferme le drapeau de la France et dont il faudrait inscrire le nom en lettres d’or parmi ceux de-nos patriotes. Cet homme était le chevalier de “a 4 le vaillant et digne successeur de Montcalm.
Ilse trouvait aux rapides du Saint-Laurent, lorsu’il reçut la nouvelle de la mort de Montcalm. immédiatement, le soir même, il se met en marche et se ge grues sur Québec pour faire rer Sur siège arriva le 19 ; la ville était laise depuis la veille.
h bien ! nous lu reprendrons, dit-il, Mais en attendant il fallut se replier sur Montréal et rester-là jusqu'au gene car l'hiver arrêtait forcément toutes les opérations. — Il finit par rassembler 5,000 hommes, dont 2,000 Canadiens et sauvages, au premier dégel on se mit en route. Les soldats marchaient dans la neige fondue jusqu'aux genoux, ils n'avaient pas tous des
chaussures, et pas toujours du pain, mais.ils avaient conservé, malgré tout, leur gaieté du
het M PP en PO vont fr em
le!
5 Os
tres d’or parmi ceux le était le chevalier igne successeur de
1 Saint-Laurent, lorsmort de Montcalm.
ne,il se met en marnt sur Québec pour a le 19; la ville était
rons, dit-il, Mais en ier sur Montréal et , Car l'hiver arrêtait ions. — Il finit par ont 2,000 Canadiens r dégel on se mit en nt dans la neige fonavaient pas tous des ; du pain, mais.ils out, leur gaieté :du
ss à SNL EN UT À PEL NTM AME À. rié , rs L : ps LR ENST ANR "9 * L À "| i UN
troupier français. Ceux qui n'avaient plus .de baionnettes emmanchaient un vieux couteau au bout de leur fusil et l'on riait quand même.
On pensait surprendre l'ennemi, maisun hasard malheureux pour nous lui avait appris nos mouvements, et lorsque notre petite armée arriva encore sur ces trop fameuses plaines d'Abraham elle y trouva, au lieu d'un poste endormi, les en bataille, avec toute leur artillerie, et qui les attendaient.
Alors eut lieurun des combats les plus étonnants de toute cette étonnante campagne. Les nôtres fatigués, meurtris, tombant de froid et de faim retrouvent subitement des forces à la vue de l'ennemi.
Malgré le feu meurtrier de l'artillerie anglaise, l'aile gauche, sous la conduite de Bourlamaque, se lance en avant et charge à la baïonnette.
Furieux, désespérés, ils vont droit devant eux, culbutant, balayant, enlevant tout sur leur passage. Les Anglais, étonnés, terrifiés, lâchent pied et reculent; aussitôt, de Levis donne à l'aile droite l'ordre d'attaquer, et alors les Anglais, enfoncés partout, absolument déroutés, s'enfuient
iteusement derrière les murailles de Québec, aissant sur le champ de bataille 20 canons, 2 obusiers, et plus de onze cents morts ou blessés.
Le lendemain, M. de Levis fit faire des tranchées devant la ville et le siège commença. La poudre était si rare qu'il était défendu aux canonniers de tirer plus de zo coups par pièce dans les 24 heures, mais on travaillait gaiement, on acceptait tout, le cœur plein d'espoir, car on
attendait des secours de France. Une escadre de douze navires était partie de Bordeaux et « une seule frégate françaisé paraissant devant la ville eût décidé la reddition dé Québec », dit de Levis.
En effet, dans la journée du 15, on aperçut tout au loin une série de points noirs, qui lentement approchent et grandissent peu à peu. Ce sont bien des voiles, et les cœurs se mettent à danser dans les poitrines, on se regarde Îles yeux humides. Les voilà, enfin! il était temps...
Maintenant on mangera du pain, on aura de la poudre... Mais tout dun coup, les hurrahs frénétiques des assiégés, debout sur les remparts,
transforment cette joie en consternation, C'était
l'avant-garde de la flotte anglaise.
Aussitôt M. de Levis lève le siège et se replie sur Montréal avec 3,600 hommes, décidé, dit-il, à tenir jusqu'au bout. Un mois plus tard, il écrivait : « Nous n'avons de la poudre que pour un combat et il est surprenant que nous existions encore ; mais si les ennemis ne mesurent pas leurs mouvements, nous en profiterons pour combattre lé corps de leurs troupes qui avancerait le premier : c'est l'unique ressource qui nous reste. Nous sommes hors d'état de tenir la campagne : vivres, munitions, tout nous manque. »
Il obtient de ses soldats et de ses officiers qu'ils donnent toute la monnaie qu'ils possédaient et, avec cet argent, on put acheter du pain pour un mois. Ceci fait, on se prépara pour la grande, la dernière lutte.
… Car déjà les Anglais étaient en marche. Trois
rance. Une escadre de ie de Bordeaux et sè paraissant devant la n dé Québec », dit de
‘e du 15, on aperçut joints noirs, qui lentedissent peu à peu. Ce cœurs se mettent à on se regarde les yeux nl il était temps...
1 pain, on aura de la up, les hurrahs frénéut sur les remparts, consternation, C'était nglaise.
re le siège et se replie ommes, décidé, dit-il, Jn mois plus tard, il de la poudre que pour ant que nous existions mis ne mesurent pas ‘profiterons pour comupes qui avancerait le source qui nous reste.
de tenir la campagne :
1s manque, »
ts et de ses officiers monnaie qu'ils posséon put acheter du pain
on se prépara pour la |
ient en marche, Trois
armées, comptant plus de 20,000 hommes, avec une artillerie formidable, se donnaient la main pour cerner Montréal, ville n'ayant pour toute fortification qu'un simple mur de 2 à 3 pieds d'épaisseur. We
Bourlamaque et Bougainville firent des prodiges pour retarder la marche de ces troupes.
Au Fort Levis, le capitaine Pouchot avec 200 hommes arrêta pendant 12 jours les 11,000 Anglais du général Amherst, et lorsqu'enfin il se rendit les remparts du fort étaient partout détruits, tous sés officiers avec le tiers de la garnison tués ou blessés.
Le 8 septembre cependant, Amherst arrivait en vue de Montréal et c’est alors que le Gouverneur de la Colonie convoqua un conseil de guerre, où l'on décida la capitulation.
Le géné anglais accepta nos conditions, mais refusa les aonneurs de la guerre aux troupes françaises, De Levis, indigné, reprend son épée, et avec les 2,200 hommes qui lui restaient, se prépare à continuer la lutte; et, ce n'est que sur l'ordré formel du Gouverneur que ces héros vaincus, blessés, mourants de faim et de. fatigue mirent bas les armes devant 20,000 Anglais, De Levis fit une protestation publique signée par tous ses officiers « offrant tous de s'immoler, »
Mais le général anglais resta sourd ; il nesayait pas comprendre la sublime douleur du vaincu... Il fallait à ce vainqueur la revanche de tant de défaites. :
Trois ans plus tard, en 1763, le Traité de Paris