‹ Les colonies françaises [microforme]Chapitre 6 sur 57 · LA GUADELOUPE · texte numérisé non relu

LA GUADELOUPE

Pendant le règne de Louis XVI, notre Colonie entrevit un instant la prospérité, mais les sécousses qu'imprimera au monde notre Grande Révolution se sentiront au-delà des mers et avec l'enivrement de la liberté jetteront le trouble dans notre France coloniale. La Convention, dans un sublime élan d'enthousiasme et d'amour, décréta précipitamment, imprudemment hélas!

l'indépendance des Noirs, et la loi du 28 mars 1792 admettait à l'exercice des droits politiques les hommes libres, de toute origine, de toute couleur, Aussitôt, dans nos Colonies, la discorde éclate entre royalistes et patriotes, et les anciens esclaves, affolés de cette liberté dont ils ne savaient que faire, augmentcnt partout ces graves désordres.

L'Angleterre trouva le moment bien choisi pour revenir à la charge et nous enlever cette Guadeloupe que depuis si longtemps elle convoitait, Au mois d'avril 1794, les Anglais, après : s'être emparés des Saintes, vinrent débarquer à la Grande-Terre; les nôtres se défendirent avec courage, mais, devant des forces très supérieures, ils durent capituler et encore une fois notre île devint anglaise

Il n'y avait plus à lutter; l'Angleterre toute puissante s'installait à Marie-Galante, à la Désirade, partout. Les choses en étaient là lorsqu'un beau matin du mois de juin un bâtiment arriva en vue de Pointe-à-Pitre, chef-lieu de Grande- Terre, bâtiment qui portait deux commissaires choisis par la Convention pour la LS mb mp ils se nommaient Victor Hugues et Chrétien, et

Certain général parle de défaite possible ; il lui

Anglais sont maîtres de l'île, qu’ils disposent de forces quatre gr plus celles du navire et qu'ils $’opposeront :par armes à toute silent. descente.

Les chefs se consultent, hésitent, parlent de retraite et de prudence, sur quoi Victor Hugues dit hardiment : «Nous sommes partis de France pour venir à la Guadeloupe. Nous y voici. Il m'importe peu que les sg ais y soient arrivés avant nous. Allons à terre ! »

On débarque, les Anglais sont culbutés, 10,000 hommes de renfort viennent à leur secours, mais Hugues n'est pas homme à s'arrêter pour si peu.

arrache ses épaulettes en déclarant qu’il n’est ee digne de commander à des républicains.

1 savait inspirer à ses soldats cette confiance audacieuse que lui-même possède, il les entraîne, les électrise et ils se battent comme des lions ; aussi obligent-ils deux généraux anglais Graham et Prescott à capituler et à évacuer la Guadeloupe. Plus tard, il leur reprendra la Dé: sirade, les Saintes, Marie-Galante, en un mot toutes les dépendances de la Guadeloupe.

Toujours sûr de lui-même, d'une bardiesse nconcevable, il parle aux Anglais en maître. Un

jour, il leur fait savoir « nu: leurs flottes continuent à inquiéter les Jus son commandement il rang fueiller autant de leurs

si munis mére que le. “ Mn me ve re cu mieux l'éviter |

, hésitent, parlent de quoi Victor Hugues

M de France outrepassé ses droits, mais le Directoire déclara

qu'il avait bien mérité de la Patrie.

Hugues fut remplacé par le Desfourneaux, qui eut pour mission de mettre en vigueur la Convention de l'an 11, d’après laquelle nos Colonies devaient être régies absolument comme nos départements. Après lui, vinrent plusieurs agents du Directoire, mais la Guadeloupe:n’ ait pas définitivement nôtre.

En 18ox des troubles assez graves éclatent de nouveau entre Français. Un consulaire modifiant l'organisation coloniale, porte que nos Colonies ne seront plus assimilées aux départements, mais régies par des lois particulières. Le capi-

s sont culbutés, 10,000 nt à leur secours, mais à s'arrêter pour si peu.

défaite possible ; il lui

| déclarant qu'il n’est r à des républicains.

oidats cette confiance e possède, il les ense battent comme des

leux généraux anglais taine Lacrosse, un des fonctionnaires chargés de pituler et à évacuer la JE mettre à exécution cet arrêté, se montre d’une

leur reprendra la Dé- JE rigueur extrême et coupable vis-à-vis des noirs -Galante, en un mot D devenus citoyens. Il est chassé, on constitue un

Ja Guadeloupe.

ême, d'une bardiesse Anglaisen maître. Un

gouvernement provisoire, en attendant un nouvel envoyé de France. C'est alors que. Bonaparte, premier consul, expédie ie général Richepanse,

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étouffe la liberté par la foi ine lutte terrible et douloureuse s'engage, L «avage est rétabli, et un autre arrêté consulaire de 1802 fait rentrer les Colonies sous le régime d'avant la Révolution.

Puis surviennent les Anglais, et encore une fois leur pavillon flotte sur notre Colonie, En 181oils occupent la Guadeloupe, en 1813 ils la cèdent à la Suède, qui la leur rétrocède en 1814, et ce ne sera qu'au mois de juin 1816 qu’elle rentrera, pour n’en plus sortir, sous la domination de la France.

La Guadeloupe proprement dite est belle avec ses montagnes boisées, ses gorges et ses torrents. Son sommet le plus élevé est la Sou/rière, volcan qui fume encore, haut de 1,484 mètres. Parmi ses rivières, les plus considérables sont Gayave et Zésarde.

Les deux ennemis les plus terribles de la Guadeloupe sont la fièvre jaur* et les tremblements de terre.

La Grande-Terre n * de pittoresque, mais elle est féconde. | ncipales cultures dans ces deux îles sont la canne à sucre et le caféier, On y cultive aussi le rocou, le manioc, le cacaoyer, le cotonrier, la vanille, etc.

La grande industrie du pays est la fabrication du sucre. -

La Désirade, île volcanique très aride, Marie- Galante, d’une grande fertilité, et le groupe des Saintes, Îles rocailleuses où rien ne pousse, sont les unes et les autres des découvertes de Christophe Colomb. Saint-Barthélemy nous a été rétro-

- cédée par la Suède en 1877 seulement; ce pays e-

l'avait reçue de nous en 1784. La moitié seu

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ent dite est belle avec

La Guadeloupe, avec ses dé ces, ompte 180,000 habitants. Le chef-lieu de la olonie est Basse. Terre, ville saine et agréable; hais plus importante au Es de vue commerial est Pointe-a-Pitre, fondée par les Anglais en 760, un des plus beaux ports de la mer des Antilles. Non loin de Pointe-à-Pitre se trouve oule, commune riche et peuplée. Son industrie ucrière lui donne un mouvement d'affaires onsidérable. Plusieurs usines importantes y sont gorges et ses torrents. D. 1ics et donnent de fort beaux résultats.

t la Soufrière, volcan D C Gouverneur, aidé d'un Conseil privé, reprée 1,484 mètres. Parmi... je pouvoir suprême à la Gundelonte. Y . dérables sont Goyavc D; conseil général de 36 membres, une com-

ission coloniale et une municipalité. Cette lus terribles dela Gua-D nie est représentée au Parlement par un r+ et les tremblements léputé et un sénateur, L'instruction publique y est assez développée, surtout depuis quelques années. Pointe-à-Pitre possède un lycée auquel est annexée une école ormale d'instituteurs ; un autre établissement l'instruction secondaire existe à Basse-1 re, Les coles primaires complètement gratuites somt au ombre de 93; un cours préparatoire de droit a té institué à Terre, et une école annexée à la direction de l'artillerie à la Basse-Terre, école bù les cours sont faits par les officiers d'artilleie, donne déjà des résultats fort satisfaisants.

Les routes denotre Colonie sont bonnes, nomreuses et bien entretenues. De plus, on À avr

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