I. — Le Cambodge
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En dehors des provinces cochinchinoises qui nous appar- Uenneiit directement, deux autres contrées sont soumises à notre protectorat dans la péninsule indo-chinoise, le Cambodge et l'Annam.
Le nom de Cambodge ■vient de Kampouchéa, dont les Portugais avaient fait Gambodia, et que nous avons traduit par Cambodge. Ce mot est employé dans les anciens manuscrits, et de temps à autre il figure dans les actes olficiels; mais ce n'est pas plus le nom du pays que Grèce ou Allemagne ne désignent réellement la Hellade ou le Deutschland. Les indigènes appellent leur pays Sroc Khmer (province khmer) ou Nocor Khmer (royaume khmer). Nous nous conformerons à l'usage reçu, et nous continuerons à donner à cette contrée le nom de Cambodge.
Malgré les ouvrages spéciaux traduits ou composés par dos hommes compétents, tels que Mgr Pallegoix, M. Aubaret, Doiidart de la Grée, Garnier, Aymonnior, l'histoire du Camhodge est encore assez mal connue et ne présente même qu'un intérêt assez médiocre, h cause de son peu de précision. Cet empii'c fut jadis important, liche et très avancé dans la civilisation, comme le prouvent les monuments d'Angcor. Il paraîtrait que les anciens Cambodgiens possédaient autrefois toute rindo-Chine, et même que leur puissance s'étendait jusqu'à Sumatra : on n'a de données à peu près certaines qu'à partir du xiii« siècle de notre ère. A cette époque, le Cambodge occupait encore un bon tiers de la péninsule. Une série dç guerres malheureuses entreprises contre ses voisins, les Siamois et les Annamites, a singulièrement réduit ce territoire. Le Cambodge actuel n'est pas plus étendu que cinq à six de nos départements français. Il est divisé en cinquante provinces, mais dont quelques-unes sont si petites qu'elles ne coriespondent même pas à un de nos cantons. Ses limites sont au sud la Cochinchine française, à l'ouest le golfe de Siam, au nord l'empire de Siam,et à l'est des tribus sauvages, dont les unes reconnaissent l'autorité du roi de Cambodge, et les autres la repoussent.
La capitale est Pnom-Penh, au confluent de Mékong et du lac Tonlé-Sap, à la bifurcation du Han-Giang et du Tien-Giang. C'est le principal marché du royaume. Les autres villes remarquables sont Oudong, l'ancienne capitale, toute pleine de tombeaiix et de bonzeries; les marchés de Gompong Luong et Compong Chuang sur le Tonlé-Sap; Pursat, Kampot, et, sur la rive gauche du Mékong, les importants marchés de Kratieh, Samboc et Samhor, encore inquiétés par les pirates.
Il est difficile de fixer le chiffre de la population indigène. Pourtant on fait au Cambodge, tous les trois ans, un recensement destiné à fixer pour chaque Cambodgien la durée du service qu'il doit à l'État; mais les femmes et les enfants échappent à ce recensement, et on ne peut donner par conséquent que des chiffres approximatifs sur la population totale. En 1874 elle aurait été de 888,239 âmes on l'évalue aujourd'hui à 1,500,000 âmes, mais un recensement exact n'a jamais été opéré et ces indications sont approximatives.