DÉPARTEMENT D\ORAN
Oran, ville maritime, le plus grand port de l’Algérie après Alger, sur la côte occidentale, chef-lieu de département et d’une division militaire, à 421 kilomètres O.-S.-O. d’Alger et à 1 010 kilomètres S. -O. de Marseille; lat. N. 35o44, long. O. 2o58'; chemins de fer se détachant sur Aïn-Témouchent, Tlemcen, Aïn-Sefra et Alger.
Large de 21 kilomètres, de la pointe Canastel, à l’est, au cap Falcon, à l’ouest, où s’élève un phare, le golfe d’Oran, vu de la haute mer, déroule un panorama imposant : au centre, le littoral est entaillé d’une brèche dans laquelle s’est établie la ville d’Oran; à l’ouest, mais plus au nord,, la côte se dresse en haute muraille : c’est la masse rocheuse de Mers-el-Kébir [Portus Divinus) aux fortifications puissantes, érigées sur le djebel Santon, contrefort de 326 mètres de hauteur dont les bords tombent à pic dans la mer. .
Couverte au nord et à l’ouest par ce robuste éperon, la rade en quart de cercle de Mers-el-Kébir fait office de port militaire pour Oran (distance, 6 kilomètres). Elle peut abriter toute une escadre.
. La baie d’Oran, ' devenue port de . commerce, est toujours protégée par les forts espagnols, réparés par les - ingénieurs français : la il/owne, Saint-Grégoire (169 mètres), Santa-Cruz (31‘2, mètres), la Kasba, Saint- André^ Saint-Philippe^ le Château-Neuf ou Posalcazar, Sainte-Thérese^ les batteries, du Ravin-Blanc. ,
Le port d’Oran.
L’ALGÉRIE
Le port d’Oran, est formé par deux jetées, dont la plus long-ue, a une longueur de 1 035 mètres. La jetée Sainte-Thérèse, perpendiculaire à la précédente, n’a qu’un développement de 297 mètres. La passe d’entrée a une largeur de 126 mètres. Le bassin compris entre ces deux digues a une superficie de 25 hectares; il a une profondeur de 7 mètres le long des quais et de 12 mètres vers le centre; les plus grands navires peuvent y évoluer par tous les temps.
Assise presque en amphithéâtre sur les deux flancs du Raz-el-Ain ou de l’oued Rehhi (ravin des Moulins), dont le lit voûté est recouvert maintenant par le boulevard Malakoff, et sur les pentes du contrefort du Murdjadjo (430 mètres), la ville espagnole, la Rlanca, était comme étranglée dans les étroites limites que sa forte position lui assignait. Les maisons mauresques et juives caractérisent suffisamment cette cité archaïque. Aujourd’hui, elle ne forme plus que le segment nord-ouest de l’Oran moderne. Celle-ci, resserrée à son tour dans l’aire circonscrite par son mur d’enceinte, bastionné et crénelé, bien que sa superficie soit de 72 hectares, déborde au sud et à l’est : des faubourgs ou villages rattachés à la ville européenne (à l’est de la Blanca) par un vaste échiquier de longues avenues ombragées ou plantées de haies, et de rues coupées à angle droit, sont comme les pierres d’attente d’une grande métropole commerciale. Les édifices dignes d’une mention, soit par leur valeur architecturale, soit par leur intérêt historique, sont les monuments anciens : la Kasba^ la Grande Mosquée ou Mosquée du Pacha et le Château-Neuf ow. Bordj-el- Ahmar (fort Rouge), signalé par ses trois tours. Une école arabe-française reçoit deux cents élèves, garçons et filles. Oran possède une Société de géographie et d’archéologie qui a fait preuve d’initiative dans la sphère de ses attributions.
Mascara, chef-lieu d’arrondissement et de subdivision militaire, à 136 kilomètres S.-E. d’Oran; altitude, 585 mètres; embranchement du chemin de fer de Saïda-Perrégaux.
Dominée par la terrasse du Chareb-er-Rih, Mascara domine à son tour la plaine fertile de l’Eghris, au vaste horizon. Elle est assise sur deux mamelons que sépare le ravin de l’oued Toudman. Les remparts au périmètre peu régulier (3 300 mètres) sont percés de six portes.
Deux ponts font communiquer les versants opposés du ravin dans l’intérieur de la cité arabe, et deux autres, à écluses, se trouvent, l’un à l’entrée, l’autre à la sortie, hors murs.
L’administration française a relevé Mascara presque totalement des ruines qu’avaient laissées les faits de guerre de 1835 à 1841. On a construit des bâtiments civils et militaires, créé plusieurs places, régularisé l’alignement des rues, le long desquelles les masures arabes se mêlent aux maisons de construction française.
Sidi-bel-A-bbès, chef-lieu d’arrondissement et de cercle militaire, â, 78 kilomètres S. d'Oran; station du chemin de fer d’Oran à Tlemcen; altitude, 475 mètres.
La naissance de cette place forte date du mois de juin 1843.
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Tlemcen; enceinte de Mansourah, vue de la route de Sebdou, — Phot. Neurdein.
L’ALGÉRIE
Sidi-bel-Abbès est avec sa fraîche banlieue une oasis verdoyante et abondamment arrosée. Le mur d'enceinte bastionné décrit un rectangle régulier, sauf l’angle nord-ouest qui fait saillie. Cinq faubourgs, principalement habités par des Espagnols laborieux, enserrent les approches de la ville. La place des Quinconces en occupe le centre.
Tlemcen, chef-lieu d’arrondissement et de subdivision militaire, à 142 kilomètres S. -O. d’Oran, à laquelle elle est reliée par un chemin de fer.
Assise en un site très pittoresque, sur un plateau haut de 816 mètres, que les rochers escarpés de Lella-Selti (1 046 mètres) dominent au sud, Tlemcen aune périphérie de 3 800 mètres, circonscrivant une surface de 80 hectares ; cette surface a une inclinaison de 82 mètres du sud au nord. Un mur d’enceinte de construction sarrasine, sans valeur en présence de l’artillerie moderne, mais aux portes remarquables, suit la ligne des boulevards extérieurs. La cité ancienne est plus étendue que la ville neuve; elle occupe les secteurs du nord-est, de l’est et du sud. Elle enclôt l’ancien quartier franc, Kissaria^ et l’ancien Ghetto, toujours habité par les juifs. Ce quartier a conservé fidèlement sa vieille physionomie.
La ville européenne a pris possession des secteurs nord-ouest et sudouest. Des boulevards, des places spacieuses, des rues droites y avoisinent les bâtiments de construction récente affectés aux services publics. A l’ouest, hors murs, se trouve le satiridj, bassin à sec (longueur 220 mètres, largeur 130) que recouvre une voûte en béton. Sa destination précise, piscine ou naumachie, reste un problème à résoudre.
A l’apogée de sa puissance, Tlemcen avait 123 000 habitants; ses relations commerciales s’étendaient aux villes maritimes de la Méditerranée, aux oasis du désert et aux cités du Soudan. Ses rois, entourés d’une cour brillante, avaient une armée régulière. Amis des arts, des lettres et des sciences, ils employèrent la meilleure partie de leur opulence à décorer leur capitale d’édifices splendides dont plusieurs sont encore debout, Tlemcen renfermait autrefois soixante et une mosquées. Plusieurs de ces édifices religieux supportent la comparaison avec les plus beaux chefsd’œuvre de l’art mauresque, entre autres la Djama-Kébir, les mosquées à'El-Haloui, de Bou-Medine ou El-Eubbad. Cette dernière et sa médersa (collège), monuments d’une grande richesse architecturale, sont situées dans un village très pittoresque, une fraîche oasis en montagne, à 2 kilomètres sud-est de la ville sarrasine. Sur le front sud, le palais-citadelle des émirs almohades, puis des sultans abd-el-ouadites, le Mecliouar (assemblée des conseillers du prince), n’a gardé de l’ensemble de ses constructions, édifiées sur un plan rectangulaire, que la muraille crénelée, flanquée de deux tours, la mosquée et la porte de l’Horloge.
Dans le Tlemcen actuel, l’élément indigène a maintenu sa prépondérance sur-la-population d’origine européenne.
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VILLES; PRINCIPALES. 327