SI-KADDOUR BEN HAMZA
D’après une photographie communiquée par M. de La Martinière.
LE SAHARA
constances ayant permis l’organisation d’une semblable mission, Foureau fut mis à sa tête, et reçut une escorte de tirailleurs et de spahis qui fut placée sous les ordres du commandant Lamy, ayant avec lui le capitaine Reibell et cinq lieutenants. En outre, l’expédition comprenait MM. Dorian, Yillatte, du Passage, naturaliste du Muséum, et Leroy. L’effectif total était de 310 hommes.
Le but de la mission était d’atteindre l’oasis de Taghelel, dans leDamergou, afin d’y rejoindre la mission Voulet-Ghanoine, qui devait arriver en ce point par le Soudan.
La caravane Foureau se mit en route, de Biskra, le 24 septembre 1898. Elle prit la route d’Ouargla et laissa cette ville le 23 octobre; le 18 novembre elle était à Temassinin. Elle pénétra alors dans la dangereuse région du Tassili ou haut plateau des Azdjer en passant par Tebalbalet, Aïn-el-Hadjadj, le lac Menghough, le Tindesset.
L’obstacle du Tassili franchi, la mission arriva à l’oued Affattakha. Le 8 janvier 1899, elle passa, par 1362 mètres d’altitude, la ligne de partage des eaux de la Méditerranée à l’Atlantique, dans le massif du mont Ahorrene. Durant tout ce trajet, elle ne fut pas inquiétée par les Touareg. Elle le dut à ce que son contact avec le nord avait été assuré d’une façon constante par le capitaine Pein, chef du poste d’Ouargla, et le lieutenant de Thézillat. Ces officiers installèrent un poste à Temassinin et firent un grand nombre de marches et de reconnaissances pour assurer tout à la fois la sécurité de la mission et son ravitaillement.
M. Foureau et ses compagnons arrivèrent à Tadent le 17 janvier, visitèrent le lieu du massacre de la mission Flatters, et parvinrent le 2 février au puits d’In-Azaoua, au sud d’Asiou, dans les montagnes dénudées du Tadjenout. La mission avait perdu dans cette région près de deux cents chameaux.
Ne pouvant continuer sa marche dans les mêmes conditions, elle établit à In-Azaoua un petit réduit de pierres sèches, où elle laissa, sous la garde d’une cinquantaine de tirailleurs, les vivres et les marchandises qu’elle ne pouvait plus transporter. Puis, avec le reste des chameaux, la masse principale de la caravane partit pour l’Aïr. Elle parvint le 17 février, au puits de Taghazi, et le 24, elle s’installa à Iferouane, le premier village de l’Aïr. On chercha vainement à s’y procurer des chameaux. Sous prétexte d’en amener, les Touareg tentèrent une attaque contre la mission et furent d’ailleurs repoussés. Le commandant Lamy retourna alors à In-Azaoua, avec tous les animaux, pour y chercher la garnison et les marchandises qui y avaient été
LES EXPLORATIONS
laissées. Il dut, avant de partir, brûler tout ce que le défaut de bêtes de somme l’empêcha d’emporter, et, non sans peine, ramena le reste, d’étape en étape.
Le 25 mai, le gros de la mission reprit sa marche vers le sud et arriva le lendemain à Aguellal. Du 5 au 11 juin le commandant Lamy retourna à Iferouane pour y reprendre le matériel qu’il avait dû laisser ; là encore il fallut brûler des marchandises, des vivres, des bagages. Des reconnaissances effectuées autour d’Aguellal permirent de se procurer quelques animaux; au cours de l’une d’elles, le commandant Lamy eut à repousser un fort parti de Touareg.
Enfin, le 25 juin, la mission laissa Aguellal, après avoir fait de nouveaux sacrifices de matériel, et, le 28 juillet, elle arriva à Agadès, l’ancienne métropole commerciale de l’Aïr.
Le sultan et les habitants l’accueillirent sans malveillance, mais l’aidèrent faiblement. On laissa la ville le 10 août pour se diriger vers le sud; mais après quelques étapes, on s’aperçut qu’on allait au nord.
C’était le principal guide targui qui avait trahi la mission ; après enquête, on le fusilla.
D’autres Touareg s’offrirent alors comme guides, mais on ne put obtenir d’eux aucun renseignement précis, et il fallut revenir à Agadès.
Là, après plusieurs semaines de pourparlers demeurés sans résultat, le commandant Lamy dut faire occuper militairement les puits pour obtenir des animaux de bât. Cette menace fut efficace, et la mission, reformée, put enfin se mettre en route pour le Damergou (17 octobre). Elle atteignit Zinder, la capitale, le 2 novembre. Enfin, le commandant Lamy partit pour le Tchad le 27 décembre, et Foureau le 29. Les deux sections, réunies le 9 janvier 1900, poursuivirent ensuite leur routé^^' vers le Kanem. Le 24 février, la mission Foureau-Lamy opéra
M. Fernand FOUREAU, né en 1850.
Phot. Liébert.
LE SAHARA
sa jonction àGoulféï, avec la mission Joalland-Meynier (ancienne mission Youlet-Chanoine), venue du Soudan, et le 11 avril, à Nondjafa, avec la mission du Ghari, conduite par M. Gentil (1).
Mission Flamand. Occupation du Tidikelt, du G-ourara. et du Touât. — L’occupation de l'oasis d’In-Salah, depuis longtemps préparée par les reconnaissances de nos officiers, fut effectuée au commencement de 1900 par la mission Flamand. Dès 1893, une expédition, envoyée dans les oasis, avait été brusquement arrêtée dans sa marche.
La mission Flamand, organisée sous les auspices du ministère de l’Instruction publique, dans le but d’explorer scientifiquement le Tademayt, le Mouydir, ainsi que l’erg d’Adjemor, n’avait pas à faire œuvre militaire; mais, en prévision d’une attaque possible, elle était accompagnée d’une escorte commandée par le capitaine Pein.
De plus, elle était suivie à quelque distance d’un contingent de spahis sahariens, placé sous les ordres du capitaine Germain.
Partie d’Ouargla le 28 novembre 1899, la mission était parvenue sans incident, le 27 décembre, dans le Tidikelt, quand, le 28, elle fut attaquée inopinément à Igoesten.
Le capitaine Pein repoussa les agresseurs et s’empara des chefs Ba-Hammou et Badjouda.
Le parti hostile à la France recruta bientôt quelques renforts et fit un retour sur In-Salah, espérant en déloger la mission. Le goum du capitaine Pein et les spahis du capitaine Germain se portèrent à la rencontre des assaillants et, après un vigoureux combat, les mirent en complète déroute. Le lendemain, 6 janvier 1900, la population d’In-Salah déclara vouloir se soumettre et la mission entra dans la ville.
L’occupation d’In-Salah n’était que le prélude de notre établissement dans touts les oasis du sud. Le traité de 1845, conclu après la bataille de risly, ne mentionnait qu’un seul centre, Figuig, comme relevant du Maroc; le Gourara, le Touât et le Tidikelt entraient complètement dans la zone d’influence française et il n’appartenait qu’à nous d’en prendre possession.
(1) On reviendra sur la dernière partie du voyage de la mission Foureau-Lamy au chapitre Soudan, Du Niger au lac Tchad, et au chapitre Congo.
LES EXPLORATIONS
M. Flamand revint à Alger le 23 février 1900, sa mission terminée, mais l’œuvre commencée par lui fut poursuivie par des colonnes d’occupation. L’une d’elles, commandée par le colonel d’Eu, s’empara, le 19 mars, d'In-Rhar, également dans le Tidikelt, après un vigoureux combat. Elle poursuivit ensuite l’ennemi et lui fit évacuer les oasis les plus occidentales du Tidikelt, désignées sous le nom générique d’Aoulef et dont l’un des principaux centres est Akabli.
En même temps, une colonne de soutien, venue du Sud oranais, se porta vers l’oued Zousfana et occupa Igli le 5 avril. Cette localité, située au confluent de l’oued Zousfana et de l’oued Saoura, sur la route qui conduit de Djenien-Bou-Rezg au Touât par le Gourara, constitue l’un des points stratégiques les plus importants de cette partie du Sahara. L’occupation de l’oued Zousfana et d’iglipar la France établit aussi d’une façon précise les droits qu’elle prétend avoir vis-à-vis du Maroc au sud de Figuig.
Pendant qu’avaient lieu ces opérations, une nouvelle colonne expéditionnaire était formée en vue d’occuper le Gourara et l’Aougerout, c’està-dire le Touât septentrional. Les deux fractions qui devaient la composer, parties l’une d’El-Goléa, l’autre de Géry ville, se réunirent le 17 mai à Tahantes, ksar du Tin-Erkouk, entre Tabel-Kosa et Timmimoun. Tous les ksour de cette région reconnurent notre autorité, et le 21 mai la colonne se dirigea vers Timmimoun, dont la djemmaa (conseil des notables) envoya aussi sa soumission. Au mois d’août, Adrar, la principale ville du Timmi fut à son tour occupée.
Les Berabers manifestèrent une certaine effervescence, et le 28 août, le capitaine Falconetti se trouva aux prises à Sahela-Metarfa, du côté de Timmimoun, avec un assez fort parti de ces nomades. Deux engagements eurent lieu (30 août et 5 septembre). La colonne dut regagner Timmimoun.
Soumission de Bou-Amama. — Notre pénétration vers Igli et le Touât et la continuation dans la direction de Figuig, au delà de Djenien-Bou-Rezg, du chemin de fer du Sud oranais, devaient nécessairement mettre fin à toute tentative d’agitation dans cette région. Bou-Amama qui, après sa défaite, s’était réfugié à Deldoul, dans le Touât |septentrional, puis dans l’oasis de Figuig, fit sa soumission aux autorités françaises, en décembre 1900, comme l’avaient faite jadis les chefs de la famille des Ouled-Sidi-Cheikh, Si-Eddin ben Hamza et Si-Kaddour ben Hamza. Il entraîna dans le même mouvement les chefs des Doui Menia et des Ouled-Djerid qui demandèrent et obtinrent eux aussi r« aman», c’est-à-dire le pardon. Cet acte de soumission, s’il est sincère, ne peut que renforcer notre autorité dans le Sud-Ouest algérien et à en assurer la pacification définitive.
Georges Treffel.
L’ADMINISTRATION
De même que le Sahara est, au point de vue géographique, une région distincte de l’Algérie, de même il conviendrait de donner à nos confins militaires sahariens une organisation spéciale, de manière à ce que la pénétration obéisse à une impulsion unique et à des méthodes semblables dans les trois provinces algériennes et en Tunisie d’abord, puis au nord et au sud du Sahara, à In-Salah et à Tombouctou.
Actuellement chacune des trois provinces algériennes est partagée en territoire civil et territoire militaire. Le territoire militaire, qui correspond à la partie méridionale et saharienne, est administré par les généraux commandant les divisions et les subdivisions, et, sous leurs ordres, par les officiers commandants supérieurs et par les bureaux arabes.
Le territoire militaire ou territoire de commandement comprend des. communes mixtes et des communes indigènes. Les communes mixtes situées en territoire militaire sont administrées par des commissions composées du commandant de cercle, du commandant de place, du juge de paix et de cinq membres nommés par le général commandant la division. Les communes indigènes correspondent aux cercles et aux annexes et sont administrées par le commandant du cercle ou de l’annexe, assisté d’une, commission municipale. Les communes ont une très grande étendue : en moyenne 2 millions d’hectares chacune, c’està-dire la superficie de deux ou trois de nos départements français.
Depuis l’occupation des oasis du Touat, on a créé trois annexes dans la région du sud-ouest : une à Igli, rattachée à la subdivision d’Aïn-Sefra, une à Timmimoun et une à In-Salah, dépendant toutes deux du cercle d’El-Goléa. Cette création a été, à notre avis, prématurée, parce que, la période de conquête n’étant pas terminée, c’est aux commandants de colonnes que toute l’autorité doit appartenir dans ces régions. D’ailleurs, on n’a pas donné à ces nouvelles circonscriptions administratives les moyens de vivre; pour administrer, il faut de l’argent; il faut des administrés qui payent un impôt, et les nouvelles annexes n’ont encore que des administrés en expectative. Mais ce n’est là évidemment qu’une situation provisoire, et il faudra bien en venir à une complète réorganisation des territoires sahariens.
Il n’est pas admissible, en effet, que nous continuions à avancer dans le Sahara en prolongeant indéfiniment vers le sud l’action de nos trois grandes divisions algériennes. On ne conçoit guère la division d’Oran s’arrêtant à Oualata, celle d’Alger à Zinder, celle de Gonstantine au Tchad. On a pourtant vu des choses presque aussi surprenantes, puisque, il y a quelques années, les divisions d’Alger et de Gonstantine procédèrent le plus sérieusement du monde à la délimitation de territoires absolument déserts, au beau milieu des dunes.
En séparant le Sahara proprement dit de l’Algérie, on se rendra un compte plus exact de ce qu’il nous coûte, et l’on pourra faire d’une manière plus fructueuse la balance des profits et des pertes. En outre, puisqu’on s’est décidé à donner à l’Algérie une certaine autonomie finan-
L’ADMINISTRATION
cière et à la pourvoir d’un budget spécial, il est impossible d’imposer à la colonie la charge de la pénétration vers le sud. C’est là une œuvre entreprise dans un but stratégique (on dit maintenant : dans un but « impérial », mais le sens reste le même, et il faut entendre par là une œuvre qui ne « paye » pas). On sera donc amené de toutes façons à constituer au Sahara des territoires militaires, comme ceux qu’on a récemment constitués au Soudan et dans la région du Tchad.
Quant à l’administration qu’il conviendra de donner au Sahara, une fois cette première réforme accomplie, il est clair qu’elle devra être aussi simple et aussi peu coûteuse que possible. Allons-nous introduire au Sahara les rouages compliqués de nos vieux pays d’Europe, séparer les « pouvoirs administratifs » et les « pouvoirs judiciaires », distinguer « les « fonctions de payeur et celles d’ordonnateur », selon les « principes essentiels de notre droit public »? Ce serait folie de vouloir assumer la charge d’administrer directement ces immenses solitudes, de nourrir tous les mendiants nomades et sédentaires du Sahara.
Nous possédons en fait dans le bureau arabe le mode administratif le meilleur pour la région saharienne. En principe, un bureau arabe est un organisme simple qui remplit auprès des populations indigènes les fonctions dévolues ailleurs à de multiples agents : travaux publics, contributions, assistance publique, administration communale, police, instruction judiciaire, etc... Les bureaux arabes de cercle, dans la pensée du maréchal Bugeaud, leur véritable créateur, fonctionnaient avec beaucoup de simplicité ; on en confiait la direction à un officier, voire même à un sous-officier (le maréchal des logis Margueritte fut le premier chef du bureau arabe de Teniet-el-Had). On demandait surtout au bureau arabe de servir de guide aux chefs indigènes, d’empêcher les conflits, de réprimer les brigandages et de faire rentrer l’impôt. Les officiers qui avaient le feu sacré, et ils étaient nombreux, initiaient les indigènes à nos méthodes de culture et amélioraient leurs exploitations. Margueritte leur fit construire des barrages qui permirent l’irrigation de terres jadis incultes.
Mais, peu à peu, cette organisation se complique; on ne se contente plus des déclarations des chefs indigènes pour la perception de l’impôt; il faut établir les listes d’impôt, les vérifier; l’organisation judiciaire se perfectionne, le personnel devient plus nombreux. Actuellement, les bureaux arabes sont régis par l’instruction réglementaire de 1867, complétée par divers autres règlements. La paperasserie s’y est installée au moins autant que dans les autres branches de l’administration française.
Aussi, à mesure que notre domination s’étendait et s’affermissait en Algérie, l’organisation des bureaux arabes se perfectionnait si l’on veut, mais à coup sûr se compliquait. Au lieu d’être les conseillers des indigènes et d’exercer sur eux une sorte de protectorat, ils en sont venus à faire de l’administration directe.
Si donc l’on veut se servir des bureaux arabes pour administrer le Sahara dans la mesure où il convient de l’administrer, il faut les ramener au rôle modeste et simple que leur avait attribué Bugeaud. Notre genre de vie, à défaut de toute autre considération, s’oppose à ce que nous occupions les régions sahariennes de la même façon que nous avons
LE SAHARA
occupé le Tell ; là où le Saharien se contente de peu, il nous faut beaucoup, c’est-à-dire au delà des ressources naturelles du pays. A proximité de nos postes, nous avons complètement détruit la végétation pour les besoins de notre existence : pâturage ou litière des animaux, combustible pour la cuisson des aliments.
Il faudra donc nous plier, dans la mesure du possible, au mode d’existence des Sahariens eux-mêmes; n’employer dans ces régions que des troupes indigènes^ non point des troupes de garnison, mais des troupes essentiellement nomades, ayant seulement un port d’attache, une sorte de magasin où elles viendront de temps en temps chercher les ravitaillements indispensables, pour repartir aussitôt à travers les solitudes indéfinies. Ce seront des sortes de Cosaques sahariens, des goums et des mahligens. L’occupation du Sahara ne devra entraîner aucune réforme dans l’organisation locale, pour le moment tout au moins. Dans tel district, dans tel ksar, où l’administration est aux mains d’un conseil ou djemaâ, on laissera subsister la djemaâ; ailleurs, c’est une famille noble ou religieuse qui a l’autorité, on leur conservera cette autorité. On n’obligera pas les indigènes à aller se faire juger à Alger ou à Oran et on leur laissera la liberté, sous la surveillance du bureau arabe, d’appliquer la loi coranique, comme elles l’ont fait de tout temps. Quant aux impôts réguliers qui n’existent pas chez les populations indépendantes du Sahara, il faudra se contenter d’établir sur les palmiers une légère redevance, de manière à payer les frais d’occupation.
En somme, un léger tribut, une milice locale, des rapports de vassalité et un simple protectorat exercé par des officiers résidents, telle nous paraît être la formule qui suffira pour longtemps, sinon pour toujours, à l’administration saharienne (1).
Augustin Bernard.
LA MISE EN VALEUR
Les oasis. — Une oasis peut être définie un point d’eau permanent avec des cultures irriguées. La vie sédentaire n’est possible au Sahara qu’ autour de ces points d’eau. La principale culture est celle du dattier, dont les autres ne sont que l’accessoire. « Pour le voyageur qui vient du désert, l’oasis est un inoubliable spectacle. De loin, c’est une tache sombre sur le fond fauve du désert; d’un peu plus près, on aperçoit une masse confuse de feuillage, hérissée de quelques aigrettes de palmes géantes. On approche : la forêt, compacte tout à l’heure, s’éclaircit. Entre les grandes tiges, droites et nues, sous les larges parasols qui s’étalent à 20 et 30 mètres dans les airs, une deuxième forêt prend place : massifs d’arbres fruitiers à têtes rondes, entourés d’une haie d’épines ou d’un mur en terre ; ce sont les jardins. Dans l’ombre épaisse de cette double voûte de verdure, qui laisse filtrer çà et là un rayon de lumière.
(i) Sur rislam au Sahara, voir plus haut, p. 260.
LA MISE EN VALEUR
entre les sentiers étroits et les canaux où coule une eau limoneuse, la vigne, les champs d’orge, de mil ou de légumes forment des coins de verdure fraîche qui contrastent avec le sol brun et poudreux des clairières brûlées de soleil. Tout cela ne vit que par le dattier. Lui seul rend le Sahara vraiment habitable; c’est le dattier qui a créé l’oasis. » (Schirmer.)
De même qu’il y a des eaux de surface et dés eaux souterraines, il y a des oasis de rivières et des oasis de sources. Quelquefois, l’oasis doit son existence à un barrage naturel établi sur un oued, en général au débouché
Puits d’irrigation dans les Zibans. — Phot, Neurdein.
des montagnes (Laghouat, El-Kantara). Mais plus souvent l’eau est fournie par des nappes souterraines. Les puisatiers indigènes savaient déjà, avant la conquête française, atteindre les eaux artésiennes, percer la croûte qui les retenait prisonnières et les faire jaillir à la surface. Mais c’est la domination française, avec les moyens dont disposent nos ingénieurs, qui a, parles sondages artésiens, rendu la vie aux oasis de l’Oued- Rir et obtenu en maints autres points, à El-Goléa notamment, des eaux abondantes. La même œuvre pourra sans doute être accomplie ailleurs encore, mais les eaux artésiennes ne se trouvent qu’en des endroits limités; là même où elles existent, elles ne sont pas inépuisables, et il faut se garder de nourrir de trop vastes espérances sur la transformation du désert par le forage des puits.
LE SAHARA
Deux grands groupes d’oasis se rencontrent au sud de nos possessions méditerranéennes d’Algérie-Tunisie et y occupent le fond des deux grands bxssins d’atterrissement; c’est, d’une part, la série des oasis d’Ouargla, ^ (le rOued-Rir (Touggourt), des Zibans (Biskra), et du Djerid tunisien, dans le bassin du Melrir ; d’autre part, le chapelet des oasis du Gourara, du Touat et du Tidikelt, dans le bassin de l’oued Saoura. Le Gourara se trouve dans le prolongement de Meguiden, entre l’Erg occidental <‘t le Tademayt; le Touat proprement dit est situé le long de l’oued Saoura, appelé ici oued Messaoud; le Tidikelt s’étend entre le Tademayt ' et le Mouydir. Ces dernières oasis, bien qu’à-une latitude plus méridionale que celles de TOued-Rir, en forment le péndant au point de vue géo- ' graphique et sont, comme ces dernières, dans notre dépendance naturelle. Quant aux oasis du Mzab, situées sur le plateau crétacé, sorte d’isthme entre les deux bassins, elles occupent une situation anormale et pour ainsi dire contre nature, qui s’explique par des raisons historiques : elles sont le refuge d’hérétiques chassés de partout ailleurs par les musulmans orthodoxes.
« En dehors de ces quelques oasis habitées par des populations sédentaires, le Sahara est vide. Les explorateurs, à la suite de leurs reconnaissances, ajoutent indéfiniment des noms sur la carte de ces solitudes, qui sera bientôt aussi chargée que celle du département de la Seine; mais ces noms ne s’appliquent qu’à des puits, à des dunes et à certains accidents de la topographie saharienne (Ghourd, Gassi, Feijd,Draa, etc.). Les points qu’ils désignent n’ont aucune importance économique ou politique. » ( De Castries.) Pour prendre un exemple, Temassinine, dont le nom revient si souvent dans l’histoire de la pénétration saharienne, est habité par un seul nègre, gardien du puits, qui y vit avec sa famille. Dans l’immense rectangle compris entre 5® de long, ouest, et 9» de long. est. entre 22° et 33® lat. nord, quelques rares noms sont à retenir parmi ceux qui figurent sur les cartes; ce sont Ghardaia, Ouargla, El-Goléa, Ghadamès, Ghat, et surtout le groupement important Tidikelt-Touat-Gourara.
Le commerce . — La valeur économique du Sahara est nécessairement des plus faibles. « Quand la terre sera si pleine d’habitants que tous les autres pays auront été utilisés par l’homme, il restera le Sahara comme dernière ressource. » (Scott-Keltie.) Cependant, si l’agriculture saharienne n’a qu’un avenir très limité, il n’est pas impossible que le Sahara renferme des richesses minérales assez précieuses pour attirer les hommes dans ce pays déshérité. N’a-t-on pas vu les nitrates enrichir les déserts de l’Amérique du Sud et la fièvre de l’or amener les foules dans l’Alaska, plus inhabitable encore que le Sahara africain? Mais on ne possède jusqu’ici sur ce point que des indices extrêmement vagues.
Il se fait au Sahara deux sortes de commerce : le commerce de ravitaillement, qui s’effectue entre les nomades des steppes, fournisseurs de blé et de laine, et les habitants des oasis, producteurs de dattes. Les deux seuls objets susceptibles d’échange que fournisse le Sahara sont la datte et le sel. Les principales salines sont celles d’Idjil, au nord de l’Adrar occidental, non loin de l’Océan, de Taoudeni, sur la route de Tombouctou, de Bilma, dans leKaouar.
LA MISE EN VALEUR
Au point de vue du commerce transsaharien, le désert doit être regardé -comme un obstacle aux communications et aux relations commerciales. Cet obstacle n’est pas infranchissable, et des relations ont toujours existé à travers le désert entre le Soudan et l'Afrique méditerranéenne. Les principaux centres commerciaux, dans la zone d’influence française ou dans son voisinage, sont ceux de Chat, Ghadamès, In-Salah, Tindouf, au nord ; Agadès et Araouan, au sud. Diverses routes de caravanes croisent en tous sens le Sahara entre ces points. Celles qui intéressent le plus directement nos possessions sont celles qui aboutissent à la région du lac Tchad, soit par Ghadamès et Ghat, soit par Ouargla, la sebkha d’Amadghor et l’Aïr, et celles qui aboutissent à la boucle du Niger par In-Salah et Araouan.
On s’est bien mépris sur l’importance du commerce transsaharien ; la valeur totale du commerce du Soudan à la mer par le Sahara peut être évaluée à environ 10 millions, dont 8 1/2 pour la Tripolitaine : c’est le mouvement d’un port de vingtième ordre. L^mportance de ce commerce va sans cesse en diminuant non seulement dans les possessions françaises de l’Afrique du Nord, mais aussi en Tripolitaine et au Maroc. Les entraves au commerce des esclaves, principal objet du trafic transsaharien, ont détourné les caravanes de nos territoires; l’ouverture des voies delà côte occidentale d’Afrique a achevé la décadence. Ainsi le Sahara, qui est vide, paraît devoir se vider de plus en plus.
On espère remédier à cette situation par la construction de voies ferrées transsahariennes. Les projets de Transsaharien, d’abord mis en avant en 1879 par M. Duponchel, puis repris en 1890 par M. Georges Rolland, et en 1899 par M. Paul Leroy-Beaulieu, n’ont pas abouti jusqu’ici. On n’est parvenu à se mettre d’accord ni sur le point de départ, chacune des provinces algériennes ainsi que la Tunisie ayant ses partisans irréductibles, ni sur le point d'arrivée, les uns soutenant qu’il faut se diriger vers Tombouctou, les autres qu’il faut viser la région du lac Tchad. Sur le fond même de la question, l’accord entre partisans et adversaires du Transsaharien ne semble pas non plus près de se faire. Si les difficultés techniques, provenant des dunes et du manque d’eau, sont loin d’être insurmontables, les objections économiques sont nombreuses et graves. On a fait remarquer enfin que cette entreprise, dans l’ensemble des travaux s’imposant à l’activité de la France, est primée par quantité de projets d'une utilité incontestablement supérieure.
Quoi qu’il en soit, et en admettant même que, dans un avenir plus ou moins éloigné, la construction du Transsaharien soit indispensable pour donner à notre empire africain la cohésion qui lui manque et devienne « une dépense nécessaire dans la balance générale de l’entreprise », diverses opérations préliminaires devaient d’abord être effectuées : c’est en . premier lieu l’occupation du Touat, désormais accomplie; puis l’explora - , lion méthodique du Sahara et du Soudan, qu’il faut poursuivre activei ment ; enfin la construction des voies ferrées sahariennes jusqu’à In-Salah, . Laghouat et Touggourt, indispensable en tout état de cause pour assurer notre domination dans le Sahara.
« Si notre objectif est d’occuper et d’exploiter le Sahara, ainsi que de soumettre la confédération des Touareg comme nous avons pacifié les
LE SAHARA
tribus du Sud algérien, il est clair que nous ne l’atteindrons jamais, dussions-nous couvrir le Sahara d’un réseau de postes et de bureaux arabes, ce qui serait la plus folle et la plus ruineuse des opérations. » Mais la pénétration saharienne peut être comprise autrement : l’objectif qu’il semble raisonnable de nous proposer est « en premier lieu d’assurer la sécurité du Sud algérien et du Nord soudanais, et en second lieu celle de deux ou trois voies commerciales et stratégiques traversant le Sahara du ^
nord au sud et reliant l’Algérie à nos possessions du Soudan. Renfermé dans ces limites étroites, le problème saharien comporte une solution. »
(De Castries.)
LES VILLES
El-Groléa (le Fortin)^ poste fortifié et oasis, rattachés au territoire militaire d’Alger, à 357 kilomètres S. de Laghouat, 350. kil. S. -O. d’Ouargla
Ksar d’El-Goléa.
et 906 kil. d’Alger; lat.N. 30o3â'll",long. E. 0o47'31' ; altitude, 402 mètres. Population, 1 800 habitants.
Le fond de la population est berbère ; les Zenatas furent les premiers possesseurs de l’oasis ; les Gbambaa-Mouadi s’y établirent à leur suite. Elle était autrefois plus étendue qu’aujourd’hui et nourrissait une population de 5 000 ou 6 000 individus. Placée sur la route des caravanes qui font l’intercourse du Mzab au Gourara et au Tidikelt et réciproquement, elle
LES VILLES
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LE SAHARA
était, depuis 1873, la sentinelle avancée de la France dans le Sahara; l’occupation en 1900 d’In-Salah et d’Igli a modifié l’état des choses, sans dépouiller toutefois El-Goléa de son importance stratégique. Les forts d'Hassi, Inifel^ MiribeL et Mac-Mahon^ sont échelonnés entre El-Goléa et les oasis du Touat.
La ville se compose de deux agglomérations. La ville haute, ou ksar, s’élève sur le faîte d’un monticule calcaire-argileux et de forme conique, haut de 70 mètres; la ville basse s’étend au pied de cette colline. Les maisons sont des huttes en pierre, ayant pour terrasse un toit fait de
Ghardaïa. — Phot. Geyser.
branches de palmiers recouvertes d’une couche d’argile ; des grottes servent aussi d’habitation. L’administration française a construit quelques pavillons et un bordj ou poste fortifié, distant de 2 300 mètres de l’ancienne kasbah. Elle a en plus perforé trois puits artésiens qui, avec les puits creusés par les indigènes, sont d’un rendement suffisant pour irriguer une vallée très fertile, de 10 kilomètres de longueur sur 3 de largeur. El-Goléa est un <( point d’eau » saharien; l’oasis actuelle, au seuil des dunes de sable, n’est cultivée que sur une étendue de 2 kilomètres. Elle compte seize mille palmiers et produit, outre les dattes, divers fruits, un peu de blé et d’orge.
Visitée par Duveyrier en 1859 et nominalement soumise à la France en 1861, El-Goléa fut occupée le 21 janvier 1873 par le général de Gallilfet, qui y arriva à la tête de 700 hommes montés à méhari.
G-liardaïa (R'ardaïa), en kabyle Taghai'deif, chef-lieu de cercle et capitale de la confédération des Béni-Mzab, à 450 kilomètres S. d’Alger
Laghouat. Panorama de l’oued Mzi. Vue prise du fort Morand. — Phot. Neurdein.
LE SAHARA
et à 166 kil. S.-S.-E. de Laghouat; lat.N. 32° 28'36", long. E. lo33'54'' ; altitude, 530 mètres. Population, 8 000 habitants.
Située sur un îlot qui émerge de la longue vallée de l’oued Mzab, la ville est protégée par un mur d’enceinte peu solide, percé de trois portes. La masse de ses maisons, étagées les unes sur les autres, affecte le profil d’une pyramide à large hase, portant à son sommet la citadelle et la mosquée, dont le minaret a 92 mètres de hauteur. La surface des trois quartiers de la ville, isolés l’un de l’autre par un mur continu, et comprenant 1 800 maisons, est de 2 kilomètres carrés. Dans le quartier central ou mzabite se trouvent une grande place (marché) et la djemaâ (assemblée communale). Le quartier de l’Est abrite trois cents familles juives, venues du Maroc : ces Hébreux exercent divers métiers ; une odeur nauséabonde s’échappe de leur logis. Ils n’ont pas reçu la naturalisation française. Le quartier Sud-Ouest appartient aux Médabsa. Le bordj français, où sont installés le bureau arabe, rhôpital, la poste et le télégraphe, s’élève sur un mamelon vis-à-vis de la ville saharienne. Dans la plaine, il y a une école arabe-française et une autre école tenue par les Pères Blancs.
L’oasis de Ghardaïa, création de l’homme sur le sable et le roc, est une démonstration éloquente des merveilles qu’une population laborieuse et ingénieuse peut réaliser par une énergie persévérante, une patience infatigable. Dans cette région il ne pleut que tous les trois ans ; les habitants ont donc établi de grands barrages dans le lit de l’oued Mzab et celui du Touzouz, d’où l’eau se déverse dans les jardins; en outre, ils ont creusé, sous le sable et sous un banc de pierres, des puits très profonds (de 60 à 80 mètres) — opération périlleuse — d’où l’eau s’élève jaillissante. Le sol de l’oasis, autrefois plus étendue, est tellement perforé d’orifices qu’il ressemble à un crible. L’eau vive court partout dans une infinité de rigoles. L’oasis compte aujourd’hui cent mille palmiers ; la valeur de chacun est de 600 francs, et leur culture rapporte 10 pour 100. Ces palmiers, d’une hauteur prodigieuse, donnent des dattes exquises (15 kilogrammes par pied). Abrités par le dôme de leur feuillage, les pêchers, les abricotiers, les figuiers, les grenadiers, des vignes géantes, qui enlacent tous ces arbres fruitiers de leurs festons, enfin des légumes croissent dans ces jardins luxuriants qu’un travail acharné a créés et qu’il vivifie.
Ghardaïa a été annexée aux possessions françaises en 1882.
Lagliouat, chef-lieu de cercle et de subdivision militaire, dépendant du département d’Alger, à 450 kilomètres S. -S. -O. d’Alger, lat. N. 33048% long. E. 0030% altitude, 746 mètres. Population, 5 000 habitants.
L’oasis de Laghouat est arrosée par les eaux de l’oued Mzi, et la ville — ville double, habitée jadis par deux populations — s’étend sur deux mamelons du djebel Tzigarin. De chaque côté du lit de l’oued s’élèvent les maisons en briques crues, les unes en saillie, les autres en retrait, sous un ciel d’un bleu intense. Un barrage de 300 mètres de longueur entre les deux mamelons retient l’eau du Mzi pour irriguer les jardins et les vergers sur une surface de 200 hectares. La ville est ceinte d’un mur
LES VILLES
crénelé et a pour point d’appui le fort Bouscarin. La construction des bâtiments d’utilité publique rendus nécessaires par l’occupation militaire a modifié quelque peu l’aspect de la ville. Le DarSefa oukasbah, maison en roches plates, est converti en hôpital.
L’oasis, au nord et au sud de la ville, renferme quinze mille palmiers ; mais la puissance de sa végétation se manifeste encore par la vigueur de la vigne, du figuier, de l’oranger, du grenadier qui croissent à l’ombre des palmiers. Le grand barrage de l’oued Mzi permet de récupérer pour la culture des céréales 1 000 hectares d’un sol resté jusqu'à ce jour stérile.
Laghouat. Vue générale.
Un jardin d’essai existe dans l’oasis, et un troupeau de mérinos paraît s’y être acclimaté.
Le général Pélissier fit de Laghouat un poste français en 1852.
Ouargla, ville et poste militaire, à 307 kilomètres S.-E. de Laghouat et à 631 kil. S. -S.-E. d’Alger; lat. N. 31® 58', long. E. 2® 54'. Population, 4 000 habitants.
Située dans un bas-fond d’un chott, cette ville, qui renfermait cent mille âmes au xvi® siècle (d’après Léon l’Africain), est l’avant-garde du Mzab vers le désert. Quatre races forment le noyau de la population actuelle : Arabes, Mzabis, Haratin (aussi noirs que des nègres) et nègres proprement dits. Ces derniers sont fermiers ou colons. La ville indigène a pour enceinte un fossé, et l’on y accède par six ponts. Elle comprend
Colonies. I.
LE SAHARA
trois quartiers distincts, englobant trois mosquées et quatorze cents maisons en pisé ou en pierre à plâtre, aux murs crépis et à la toiture en terrasse. Le quartier militaire se compose d’une kasbah, d’une caserne et d’un hôpital. Les Pères Blancs dirigent une école indigène et soignent les malades.
L’oasis est une immense palmeraie, où l’on compte un million de dattiers, baignés par l’eau de 300 puits indigènes et de plusieurs puits artésiens. La France occupe Ouargla depuis 1852.
Touggourt, Tekkert, Tuggart, Tuggurth^ ville et oasis, rattachées au département de Constantine, chef-lieu de l’Oued-Rir, au sud du chott Melrir, par 33° 32' de lat. N. et 4“ 2' de long. E. Population, 6 000 habitants. — Située entre le pays des Beni-Mzab à l’ouest et le Souf à l’est, dans rOued-Rir, la moderne Touggourt (à 2 kilomètres de l’ancienne) est dotée de trois puits artésiens et possède des jardins étendus où 17 000 palmiers croissent avec les céréales et les légumes. Les écarts de température oscillent entre 7° et 46“ à l’ombre. A l’est du mur d’enceinte, percé de deux portes, que forme l’alignement des maisons, on remarque la kasbah, vaste édifice, et le palais du commandement, très belle construction, ainsi que deux mosquées à l’intérieur de la ville, parmi les vingt qu’elle renferme. La cité arabe avec les deux faubourgs Nezla et Babouch est un groupement de quartiers distincts, aux maisons basses (un rez-dechaussée), bâties en briques séchées au soleil ou en carreaux de plâtre cuit: une galerie à arcades encadre la cour intérieure de chaque habitation. Les artisans y sont nombreux et exercent divers métiers. La laine, les tissus de laine, les dattes, les fruits secs, les légumes, l’industrie locale alimentent le marché. — Fondée par les Rira, fraction des Zenata, Touggourt fut saccagée au xvi® et au xviii® siècle. Son dernier cheikh, Ben-Djellâb, se soumit à l’autorité française en 1844. L’occupation définitive date de 1872.