L’INSTRUCTION PUBLIQUE
Les colonies n’ont pas, en ce qui concerne l’instruction publique, d’organisation uniforme. La Martinique seule possède des établissements de tous les degrés, d’autres n’ont que l’enseignement primaire et secondaire ou même l’enseignement primaire seulement.
Il existait, naguère, à la Martinique et à la Réunion des vice-recteurs, chefs du service de l’enseignement ; institués à la Réunion par un décret du 2 mars 1882, à la Martinique par un décret du 21 septembre 1895, ces emplois ont été supprimés par le décret du 24 juillet 1.895. Les proviseurs des lycées de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion sont, aux termes de cet acte, chefs du service de l’instruction publique dans ces trois colonies. Il en est de même pour le principal du collège de la Guyane (décret du 30 octobre 1895). Ces chefs de service ont entrée au conseil privé et dirigent tout le personnel enseignant. Les mêmes pouvoirs appartiennent dans les autres colonies aux secrétaires généraux.
Les seuls établissements d’enseignement supérieur aux colonies sont les écoles de droit de la Martinique et de l’Inde française. Il existe toutefois des cours de médecine professés à Pondichéry et des cours de droit à la Guadeloupe.
L’École de droit de Fort-de-France, créée par un décret du 20 janvier 1883, ne peut délivrer que des certificats de capacité. Les candidats qui les ont obtenus doivent pour les faire transformer en un diplôme de bachelier ou de licencié subir, devant une Faculté de France, un examen complémentaire. Les élèves pourvus du diplôme de bachelier ès lettres qui justifient avoir suivi pendant trois ans les cours professés à Pondichéry peuvent également être admis au grade de licencié par une Faculté de la métropole après un examen spécial.
L’enseignement secondaire est donné à la Martinique, à la Guadeloupe et à la Réunion dans des lycées, à la Guyane dans un collège colonial.
A la Réunion, il existe, en dehors du lycée de Saint-Denis, trois collèges communaux à Saint-Pierre, à Saint- André et à Saint-Paul ; l’enseignement libre y est représenté à Saint-Denis par un petit séminaire et à Saint-Benoît, par une institution libre. Les Pères du Saint-Esprit dirigent un collège à la Basse-Terre (Guadeloupe) ; ils sont chargés du collège colonial à Pondichéry, avec une subvention de la colonie, et du collège de Saint-Pierre et Miquelon, établissement libre où la colonie entretient des boursiers. Le Sénégal entretient de même des boursiers
PRINCIPES D’ORGANISATION
dans un établissement libre dirigé par les frères de l’Institut de Ploërmel.
Les lois qui ont organisé l’enseignement primaire en France sont applicables à la Guadeloupe, à la Martinique, à la Réunion. Dans les autres colonies, l’enseignement primaire a fait l’objet d’organisations spéciales. Beaucoup d’écoles de garçons et le plus grand nombre des écoles de filles sont dirigées par des frères, des sœurs ou des missionnaires. A Tahiti, l’enseignement primaire est presque entièrement entre les mains d’instituteurs appartenant au culte réformé.
Une école d’arts et métiers a été créée à Fort-de-France ; elle constitue une annexe de la direction d’artillerie et comprend vingt-six élèves admis au concours. Il est permis de regretter que cette catégorie d’établissements, dont l’utilité pratique serait considérable, ne soit pas plus répandue dans les colonies.
Au point de vue du recrutement, les professeurs des lycées des trois anciennes colonies et quelques membres du personnel du collège de Cayenne ressortissent au ministère de l’Instruction publique, qui les met à la disposition du ministère des Colonies ; le personnel des écoles de droit choisi parmi des magistrats, des avocats ou des avoués, et celui des écoles primaires sont recrutés presque entièrement sur place.