‹ Les colonies françaises. Un siècle d'expansion colonialeChapitre 17 sur 23 · DANS LE SUD SOUDANAIS · texte numérisé non relu

DANS LE SUD SOUDANAIS

Enfin il faut citer une autre région de l'Afrique occidentale où l'œuvre d'exploration et d'expansion n’est point terminée : c'est l'arrière-pays de la Côte d'Ivoire, et notamment la partie voisine du Haut-Libéria où ont opéré les missions Blondiaux et Woelffel et qu'a traversée la mission Hostains-d’Ollone (région du Haut- Cavally) sans y rencontrer la moindre trace d'influence libérienne.

Cette dernière mission a rectifié nos connaissances sur le cours du Cavally et établi que ce fleuve, dont le bassin nous appartient, fait une boucle dans l'arrière-pays du Libéria. La France devra occuper cette région et ce sera pour elle le moyen de surveiller les événements de cette république noire en décadence où le Gouvernement libérien n'a aucune autorité réelle ct que l'Angleterre, l'Allemagne et même les États-Unis songent à faire entrer dans leur zone d'influence. :

Des explorations vont être faites également dans la rivière Sas sandra où l' istrateur Thomann a fait déjà des reconnaissances et où il a été envoyé en mission en octobre 1901.

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582 QUATIUÈME PARTIE |

traire l'Etat libre aux suggestions de quelques mauvais conseillers et de lui conférer enfin son vrai caractère de commu naulé largement ouverte à l'exercice des initiatives les plus diverses,

Frustrée de son développement vers le sud, la France élargit son action vers le nord, en annexant à ses territoires de l'Onbangui les pays riverains du Chari et du Tchad. Enfin, mal gré les titres certains que lui conférait l'admirable mission de Marchand, elle sacrifia à l'amour de la paix son projet de jonction de son domaine Congolais avec le Haut-Nil, et s'inclinx provisoirement devant l’intransigeance dela Grande-Bretagne.

Il faut, dans l'étade de la formation territoriale de la wolonie du Congo, se rappeler sans cesse que les questions de dè— veloppement superficiel et de fixation des frontières sont lois d'avoir la même importance qu'ailleurs. En effet, la jouissance des avantages de culture, de commerce, de fondation de com—— pagnies coloniales, y est singulièrement limilée par une série de conventions qui internationalisent la plus grande parodies nos territoires et mettent nombre d'Etats étrangers sure même pied que la France pour l'exploitation des Lerritoiræ=s (e même cette histoire de la déviation du drommt de propriété et de mise en valeur qui fait l'intérêt de ntm expansion dans ces parages ; nous y arons collaboré &ume curieuse tentative de collectivisme colônial de plusieurs pie sances. Les sacrifices des autres Etats nous peuvent étre assts rément avantageux comme les nôtres aux étrangers ; mais ol est des Elats étrangers qui ont dépenséet dépensentente moins que nous pour bénéficier toutaussi largement. L'avenir dira ee qu'aura valu cette généreuse promiscuité de peuplét coloniaux, née de la rivalité d'un particulier, Stanley, #Lii\ représentant d'un Etat souverain, M. de Brazzn. Dans lo00 renee, c'est l'entreprise privée qui l'a emporté, grâcë 4 lab lice de l'internationalisation de la meilleure partié desert

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abdiqué, par l’Acte de la conférence de Berlin, les privilèges commerciaux que nos compatriotes attendent, en général,comme le principal, sinon le seul bienfait de l'expansion coloniale, Il est peu probable que cette condition dure longtemps, tant elle est onéreuse et pleine d'anomalies ; on voudrait espérer que si l’Etat Indépendant devient un jour une vraie colonie belge, le Congo français deviendra, avec ses dépendances, une vraie colonie française, au lieu de nous valoir seulement les frais de police et de souveraineté. Si la Belgique estime même,

. comme il peut arriver, le don trop onéreux pour ses finances, la meilleure solution du problème consistera dans un traité de partage entre les principaux intéressés : car en Afrique comme en Europe, le secret de la paix et de la concorde est dans le « chacun chez soi ». Et en vérité, le régime des échanges de la France avec ses colonies est si bizarre et incohérent dans sa variété, qu’il appelle une refonte complète, dût-elle être achetée même au prix de concessions territoriales.

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