‹ Les colonies perdues [microforme]Chapitre 11 sur 88 · WASHINGTON · texte numérisé non relu

WASHINGTON

ville de Pittsburg. La nouvelle de la construction d'une fortere se française sur le territoire qu'ils convoitaient excita au plus haut point la colère des Virginiens. Ils résolurent de brusquer les choses, et le 28 mai 1754 un régiment de volontaires américains

commandé par un jeune homme de vingt-deux ans, dont le nom allait bientôt devenir célèbre, Georges Washington, descendit dans la vallée de l'Ohio. Le corps expéditionnaire, précédé par une bande de sauvages Mingos, surprit les trente ou quarante Canadiens qui occupaient le fort Duquesne. Tous furent tués ou faits prisonniers. Mais quelques jours après, Washington, cerné à son tour par Jumonwville et six cents Canadiens dans le fort de la MWécessité, était obligé de capituler. La capitulation accordée à Washington et à ses compagnons fut d’ailleurs honorable. Le jeune chef des milices virginiennes obtint le droit de se retirer librement et ne prit point l’engagement de déposer les armes. L'année suivante, il se joignit avec ses volontaires à deux régiments envoyés d'Angleterre et commandés par le général Braddock.

L'armée anglo-américaine rencontra près du fort Duquesne, au milieu des bois qui s'étendaient sur les rives de la Belle-Rivière ou Ohio, une troupe composée de mille à douze cents hommes, canadiens et Peaux-rouges, alliés de la France. On se battit furieusement à l’arme blanche. Les Anglais furent écrasés et perdirent les deux tiers de leurs hommes. Malheureusement, deux mois après la bataille de la Belle- Rivière, le 41 septembre 1755, le baron de Dieskau, qui avait été investi du commandement en chef des forces canadiennes, se faisait battre sur les bords du lac Saint-Sacrement, qui se déverse dans le lac Champlain.

En Europe la paix officielle durait toujours. Depuis deux années, le sang anglais et le sang français rougissaient la vallée du Saint-Laurent et les rives de l'Ohio.Louis XV voulait l’ignorer. Il refusait même de

prendre connaissance des dépêches qui lui annoncaient que l'Angleterre, au mépris des traités, envoyait sans cesse en Amérique des vaisseaux chargés de troupes et que bientôt nos héroïques colons canadiens allaient être écrasés sous le nombre. Honteuse

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