‹ Les colonies scolaires de vacances en LorraineChapitre 35 sur 61 · LÉ VIRE · texte numérisé non relu

LÉ VIRE

Au bout de deux jours, les larmes sont vite séchées, et on se lance dans des parties folles entre amis ou amies. Le séjour dès lors va paraître agréable. Les journées se passent en promenades, en jeux divers. De temps en temps l’instituteur ou l'institutrice rassemble la colonie pour une excursion un peu longue, et où il se servira de tout ce que l’on rencontrera pour faire continuellement une leçon de choses qui frappera son jeune auditoire.

Quel émerveillement parfois ! et quelles grandes découvertes souvent! pour tous ces Jeunes citadins qui ignoraient tout des choses de la terre !

Le ruisseau est là tout près, on y barbotte, on se lance à la poursuite effrénée des oies ou des canards. La forêt n'est pas loin non plus, on cueille d'excellentes brimbelles, les mains seront tachées, les effets aussi; qu'importe ! cest la nature, la soif du grand air, de la liberté qui domine tout!

En rentrant la brave fermière tend à ses jeunes pensionnaires, une tasse d’un bon lait chaud, qu’elle vient de traire, de la belle petite vache blanche et noire, toujours si propre, si soignée par ses maitres. Aux repas, maintenant, tout est trouvé excellent, les œufs bien frais abondent, et la bonne soupe lorraine ne fait plus peur aux estomacs affamés. La maman nourricière gâte ses jeunes enfants, elle leur prépare ce qu’elle sait devoir leur faire le plus de plaisir. On ne la quitte plus, on va avec elle dans la forêt ramasser des sacs de pins ; on rapporte de gros paniers de brimbelles. Nos jeunes citadins sont devenus de petits paysans, certains se risquent même à marcher pieds nus, pour être plus dans la couleur locale, et ressembler tout à fait aux enfants des fermiers, comme ils disent!

Des excursions nombreuses et instructives sont faites,

les surveillants de la colonie de Monsieur Le Monnier, par exemple, ne manquent pas de faire visiter toutes les scieries de la vallée de la Celles. Une promenade à un. monument élevé en l'honneur de cinq francs-tireurs des mobiles de l'arrondissement de Lunéville, tombés en 1870, sous les balles prussiennes est l’objet d'une excellente lecon de patriotisme. Puis ce sont encore des excursions à Bionville, à Pierre-Percée, où l'on peut admirer les ruines de l’ancien château-fort construit sur une roche énorme, d’où l’on découvre tout l’arrondissement de Lunéville. Les jeunes colons ont fait l'ascension du Coquin et ont admiré une autre fois le superbe petit lac de la Maix entouré de sapins et perdu dans la verdure.

Les jeunes colons de la colonie meusienne bénéficient de leur côté de nombreuses excursions aux environs de Xonrupt. Une des promenades les plus agréables à faire consiste à suivre la fraiche route de Kirchompré. D'un côté, c’est la Vologne, avec ses jolies cascades, de l’autre c'est la forêt de sapins qui descend à pic Jusqu'à la route.

Une excursion aussi répétée chaque année est celle de la Schlucht et du Hohneck, offerte gracieusement par le Directeur des tramways de Gérardmer. Les enfants assistent là à un spectacle inoubliable de la nature, et qui laissera un profond souvenir dans leurs jeunes cerveaux, et puis, là encore, il y a la frontière, et à deux pas, notre belle plaine d'Alsace. Comment mieux faire toucher du doigt à tous ces jeunes enfants, à cette jeune génération la plaie toujours saignante et jamais guérie, que la France porte au côté, et comment mieux les entrefenir, que là même, des espoirs toujours vivaces et des futures revanches!

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