COLONIE-INTERNAT
Toute différente est la vie des colons qui font partie de ce groupement. C'est la vie en commun, la vie de pensionnat où tout est tracé d'avance, nulle part à l’imprévu, le règlement est là que maîtres et élèves sont obligés de suivre. Nous nous empressons d’ajouter que les indications qu'il comporte ne sont pas {rès rigoureuses et sont très douces à remplir.
Pour les Présidents, de nombreuses préoccupations de leurs collègues des œuvres précédentes n'existent pas. Ils envoient les enfants dans une école ou un grand établissement situé à la campagne. Le local est loué pour la colonie, pour la durée du séjour. Certaines œuvres plus fortunées et ayant pu disposer d’un certain capital ont mieux fait encore, elles se sont rendues propriétaires d’un immeuble qu'elles ont spécialement aménagé pour recevoir les colons. Cela est très avantageux pour le fonctionnement de l’œuvre. Le comité peut aménager la maison comme bon lui semble, et les améliorations matérielles reconnues nécessaires, une saison, pendant le séjour des colons restent acquises, et les colonies suivantes en profitent : ce n’est plus un sempiternel recommencement d'installation à faire, à chaque année.
Pour l'administration intérieure de la colonie, deux systèmes sont en présence, celui de la pension à forfait et celui de la régie directe.
Dans le premier cas, le comité traite à forfait avec un hôtelier des environs qui se charge pour un prix convenu à l'avance, de pourvoir à la nourriture de la colonie. Dans le deuxième cas, au contraire, c’est l'œuvre qui se charge elle-même d'acheter toutes les denrées nécessaires et qui les fait préparer par un personnel attaché à l'établissement. Le deuxième système a peut-être l’avantage d’être plus économique, mais impose à l’œuvre la nécessité d’avoir recours à un supplément de personnel.
Aussitôt les enfants arrivés à la colonie, il leur est remis un numéro d'ordre, qui servira dans la suite à leur faciliter la recherche de leur place au dortoir, au réfectoire, au vestiaire. Ils sont ensuite réunis par les soins de leurs maîtres ou maîtresses, et souvent c’est le Président de l'œuvre, lui-même, qui commente aux jeunes colons, d’une façon plaisante, pour ne pas effaroucher tous les pauvres gosses, les différents articles du règlement et leur explique quel va être leur nouveau genre de vie.
Nous donnons ci-après le règlement en vigueur à la colonie de Sion, un des modèles du genre :
ART. |. — A partir du moment où ils sont réunis, les enfants devront se montrer disciplinés et obéissants enversles surveillants, tout acte d'indiscipline, toute infraction grave au présent règlement, tout propos ou toute action portant atteinte à la religion ou à la morale entrainera le renvoi immédiat du délinquant.
Arr. Il. — Tout enfant qui salirait plusieurs fois son lit ou serait trop faible pour accompagner ses camarades dans les exercices où promenades ne pourra être conservé.
ART. III. — Les enfants qui auraient recu de leur famille quelque argent doivent, s’il dépasse la somme de deux francs, le déposer entre Les mains du Directeur de la colonie qui le tiendra à leur disposition.
ART. IV. — Chaque enfant dès qu'il est levé, fait son lit, se lave avec soin, cire ses souliers et met en ordre ses vêtements.
Arr. V. — Pendant les repas, les enfants doivent se tenir convenablement, être calmes, manger proprement et ne pas boire trop.
Arr. VI. — Dans les récréations et promenades, les enfants ne doivent pas s'écarter des groupes formés par les surveillants. [ls ne doivent pas sortir sans permission des bâtiments, cours, où ils doivent régulièremeni se trouver.
ART. VII. — Messieurs les surveillants sont priés de faire prendre aux enfants les précautions nécessaires pour éviter les indispositions, pouvant résulter du changement brusque de la température ou du repos à l’ombre trop prolongé après transpiration.
Arr. VIII. — Il est formellement interdit :
1) de manger en dehors des repas et du goûter, et de garder du pain dans ses poches ;
2) de boire dans ies promenades autrement qu’au goûter;
3) de fumer :
4) de parler au dortoir :
5) une fois l'heure du coucher, personne ne doit plus sortir du dortoir.
Arr. IX. — Les enfants sont pesés à l’arrivée, à la fin de chaque semaine et au départ.
Arr. X. — Les enfants recevront une note MM. les sur-