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pain ; à chaque repas, un verre de vin; les jours de dimanches et fêtes, un plat en plus et un gâteau. Depuis 36 ans que je suis instituteur, ajoute l’honorable auteur du rapport, Je n'ai pas toujours eu un ordinaire aussi confortable ».
Comme on peut le voir, les jeunes colons n’ont pas lieu d'être mécontents de leur hôtelier, qui est une des bonnes sœurs attachées au prieuré de Flavigny, et qui achète directement au village les denrées nécessaires, qu’elle fait préparer ensuite.
En prenant, pour exemple, la colonie municipale de Nancy, voici quelle est la vie quotidienne du colon :
A six heures un quart, lever; chacun se débarbouilie à grande eau, s'habille, cire ses chaussures, remet en ordre ses affaires particulières et se tient prêt pour le déjeuner qui a lieu à sept heures. Il est suivi d’une récréation d’une meure. Puis a lieu le départ en ordre, sur quatre rangs, pour une promenade qui dure jusqu’à onze heures et demie. A midi est servi le diner, favorablement accueilli. Il est suivi d'une nouvelle récréation d’une heure et d’une seconde promenade. La rentrée à l’étape se fait vers six heures et quart, et les jeunes colons, l'appétit ouvert par le grand air se mettent à {able à six heures et demie. Une troisième récréation aussitôt après dure jusqu'à huit heures. Mais les enfants fatigués par les jeux et les courses de la journée sont moins bruyants et ne se livrent guère qu’à de graves conciliabules, où ils échangent entre eux les impressions de la journée.
Puis c’est le signal du coucher, les jeunes colons se rendent au vestiaire, y déposent leurs chaussures et à l'appel de leur numéro montent au dortoir en silence et dans l'ordre le plus parfait. Le sommeil réparateur gagne bientôt tous les cerveaux et c’est dans le calme d’une belle
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nuit d'été que s’achève la Journée si mouvementée et si pleine de nouveautés pour eux, de tous ces bambins, souvent si turbulents, mais bien dociles quand même.
Les promenades qui ont lieu matin et soir sont une source d'enseignement fécond, dont ne manquent pas de profiter les excellents maîtres ou maïtresses qui se dévouent avec un grand zèle à toute cette jeunesse pour qu’elle retire le plus de bien possible de la cure au grand air.
Les jours de pluie, tout'ce petit monde est maussade et s'ennuie franchement. Les surveillants et surveillantes à l’œuvre s'efforcent de distraire de leur mieux les enfants. Les colonies-internat disposent, il est vrai, de grandes salles de récréation, des jeux sont organisés, mais l’entrain n’est pas là, les colons se lassent vite. Ce sont ces jours-là qu'emploient les instituteurs et institutrices pour faire écrire les colons à leurs parents, leurs impressions de la vie à la colonie en des lettres touchantes de naïveté, comme en savent écrire à cet âge nos jeunes garçons et fillettes.