‹ Les colonies scolaires de vacances en LorraineChapitre 39 sur 61 · DE PLACEMENT · texte numérisé non relu

DE PLACEMENT

Cette question a été l’objet de nombreuses discussions entre partisans et adversaires des systèmes en présence, dans les différents congrès de colonies de vacances.

Spectateur impartial, nous dirons simplement que souvent la solution adoptée est dictée aux Présidents d'œuvres par des considérations auxquelles ils ne peuvent se soustraire : en particulier la question financière; etnousn avons aucun motif, de parti pris, à nous ranger parmi les détracteurs de l’un ou l’autre de ces systèmes. De par l'étude que nous en avons faite, nous eslimons que chacun d'eux, dans notre région lorraine, donne d’excellents résultats, dûs sans doute surtout à l’esprit d'organisation très développé et très bien comprise des présidents de nos œuvres lorraines.

C’est sans contredit, le système du placement familial | qui est le plus combattu et le plus décrié. Nous n'avons pas à Juger ce qui se passe en dehors de notre Lorraine, nous pouvons affirmer hautement une chose, c’est que les objections de principe qu’on oppose à ce système sont, chez nous, réfutées par les faits eux-mêmes, et encore une

ET Pepe

fois, hâtons-nous de le dire, grâce aux précautions et à la sagesse que déployent les organisateurs de nos œuvres à placement familial.

On a dit d’abord que des paysans peu scrupuleux demandaient à loger et à nourrir les petits colons, en voyant par là, une source de revenus pour eux; ils chercheraient à tirer Le plus de hénéfices possibles sur la pension payée et cela au détriment de la nourriture à donner aux enfants. On a cité des cas d'enfants qui ne recevaient que du pain pour tout aliment, ce premier grief tombe de lui-même en se reportant à ce que nous avons dit sur le choix des parents nourriciers de nos œuvres lorraines.

On a ajouté encore : le nombre des maisons bien tenues sera-t-il suffisant pour loger tous les enfants de la colonie? Oui, dans notre contrée parce que le nombre des enfants n'est pas trop considérable et permet de loger tous les enfants dans le même village ce qui facilite la surveillance.

Une objection, peut-être plus sérieuse, a été faite sur le nombre d'enfants à admettre par famille nourricière. Il nous semble que l’on devrait s'en tenir au chiffre de deux enfants par famille, naturellement du même sexe; à la rigueur en placer quatre dans les chambres à deux lits, spacieuses et bien aérées, de certaines fermes vosgiennes. Les chiffres de 6 et à plus forte raison S enfants par maison sont, à notre avis, exagérés, à moins de conditions tout à fait spéciales de logement, et s'il s’agit de grandes maisons de culture.

Enfin reste à envisager la question surveillance; on a beaucoup exagéré en disant que dans une colonie à placement familial cette surveillance était nulle. Les dévouées institutrices ont les enfants sous la main, elles les réunissent le plus souvent possible de la journée pour leur faire faire des promenades, causeries ou écouter quelques leçons

QE de circonstances. Le côté moral n'est certainement pas négligé, comme on le dit souvent. Les parents nourriciers interviennent aussi, et sont tenus d’avertir les surveillants de tout écart de conduite sévèrement réprimandé et suivi même parfois, pour faire un exemple, du renvoi de la colonie.

Ces réprimandes ont rarement l'occasion d’être faites, car il ne faut pas oublier que la colonie de par son recrutement même et les notes données par les Directeurs d'Ecoles, n’est composée en presque totalité que d’enfants dociles et à caractères soumis. Voici à tilre d'exemple, deux certificats délivrés par une directrice d’Ecole, à deux de ses élèves, qui avaient demandé à faire partie de la colonie meusienne :

Page 1