‹ Les combats du Général de Négrier au TonkinChapitre 10 sur 19 · LANG-KE · texte numérisé non relu

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de nouveaux cadavres. Les Chinois résistent en désespérés. Nos braves lignards escaladent la muraille : beaucoup d'entre eux roulent à terre.

Le sergent Vauchet, du i43®, apparaît le premier sur la crête en agitant son fusîl, et se jette dans Tintérieur du village, suivi de près par les caporaux Laville et Crouzet du 111®; ce dernier tombe grièvement blessé.

Au moment où nos soldats pénètrent dans Kep, tout est en feu. Hommes, bêtes, munitions, armes, tout brûle pêle-mêle.

Un combat corps à corps s'engage; le capitaine Gignous est blessé d'un coup de sabre ; le capitaine Kerdrain de deux coups de sabre et de deux coups de lance.

Les soldats sont dignes de leurs chefs.

Le soldatXéger, du 111®, tue quatre Chinois de sa propre main, et est blessé en attaquant le cinquième ; le soldat Roussel, du même régiment, est blessé en sauvant un camarade ; le capord Daniel, du 143®, quoique blessé, reste à son poste jusqu'à ce qu'une deuxième blessure le mette hors de combat.

Les débris de la garnison chinoise se font tuer à leur poste de combat. Tout ce qui se défend encore est abattu à coups de sabre ou de baïonnette. Aucun ennemi ne demande quartier, et l'on entend toujours ce que l'on croit être le crépitement de la fusillade: ce sont des cartouches qui gisent çà et là en masse, et qui éclatent les unes après les autres au milieu de l'embrasement.

La garnison de Rep était forte d'environ deux bataillons.

Dans le village seul, sont étendus les cadavres de 64'J Chinois, dont beaucoup de mandarins, et qui forment des amoncellements aux points de passage.

43 LE GËNÉR L DE NËGRIHIR

Tous les bagages de l'ennemi, ses approvisionnements, ses chevaux et ses mulets tombent entre nos mains, ainsi qu'une grande quantité de munitions, de fusils Mauser, modèle 1871, et Winchester, grand modèle. Les cartouches de Mauser sont de 1881. Dans les prises, où des objets appartenant aux officiers de la colonne Dugeune sont retrouvés, figurent des approvisionnements de tentes et d^effets de toutes sortes, qui donnent lieu de croire que ces forces sont un corps d'avantgarde foané par des hommes résolus, destinés à prépa* rer l'invasion du Delta.

Pendant toute la nuit et une partie delà matinée du 9, les troupes, en fouillant les localités, tuent des Chinois blottis dans les rizières ou dans les fourrées.

Les pertes de l'ennemi doivent être de 1 ,000 hommes, et ce qui reste de cette avant-garde est débandé et a traversé le Song-Thuong, comme Ta constaté la poursuite, faite dans la journée du 9, par le commandant Godard, du 23®, et une section de 80 millimètres de montagne.

A la prise de Kep, les troupes, remarquablement conduites par leurs officiers, ont fait preuve d'un entrain, d'une vigueur et d'une décision dignes de tout éloge.

Nos pertes se sont élevées à un officier et vingt soldats tués; à huit officiers et cinquante soldats blessés.

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