PASSAGE DU THU0NG-GIAN
commence , s'éteadant jusqu'au-delà de la frontière chinoise.
Nos tirailleurs apparaissent bientôt sur les crêtes et se détachent en silhouettes sur le fond de l'horizon, ils marchent rapidement, le corps penché en avant, le fusil on arrêt et prêt à faire feu. Après eux débouchent les réserves, les collines sont couvertes de centaines de points bleus et rouges ; ce sont nos braves soldats qui courent sur les pentes, lestes comme des chats, et fouillent les bois et les ravines. Successivement ils couronnent toutes les crêtes. Les coups de fusil ne cessent pas pendant longtemps, et abattent plus d'une centaine de Chinois.
L'artillerie appuie ce mouvement, et plusieurs fois monte à grand'peine, au milieu des hautes herbes, sur des mamelons d'où elle lance quelques obus sur Tennemi à deux ou trois kilomètres.
C'est une déroute complète.
Sur la route dans les champs on le suit à la piste.
Des caisses éventrées, des marmites, des paniers brisés, des vases encore pleins de riz; des chapeaux, des uniformes, tout cela gît à terre, jeté dans un moment de terreur pour courir plus vite, et piétiné sous les pas des fuyards.
Mais ces misérables prennent le temps de faire des exécutions. Sur le talus de la route, gisent les cadavres de quatre Annamites chrétiens. Les têtes ensanglantées sont piquées dans des perches en bambou^ avec un écriteau : « Têtes de chrétiens. »
Contre ces morts, nos soldats recueillent un bébé d'une année environ, étendu sur l'herbe. Une Annamite se chargea plus tard«de donner des soins à cette petite victime de la guerre.
L'eau est rars ; le peu qu'on en trouve a été empoi-
sonné par les fuyards chinois, et deux tirailleurs annamites qui en boivent meurent dans d'horribles convulsions. Partout, sur la route, les villages sont fouillés; tous les Chinois pris sont passés par les armes.
Nous arrivons vers deux heures et demie à Kep, village militaire pourvu de retranchements en terre, qui n'est pas défendu, et l'on trouve dans une tranchée les quatre pièces Krupp dont on a reconnu la piste depuis hier.
Les habitants amènent des traînards, et cent cinquante hommes, armés de longues lances et précédés d'un magnifique drapeau tricolore, viennentolîrir leurs services.
Un important convoi de munitions, d'approvisionnements de toutes sortes, dirigj sur Bac-Nlnh par les Chinois et C iS^^ abandonné par son escorte, csl
C é^^^O^^i saisie la sortie du village,
r M^Mdk nC^ ^^ panique est telle que nos
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une quarantaine de sentinelles que l'on n'a pas pris le temps de prévenir. L'une d'elles a été prise derrière la crête d'une colline, se promenant de long en large le fusd à 1 épaule, aussi tranquillement que sur les remparts de Canton.
On procède à son inlerrogatoire.
— - De quelle province es-tu ?
— Du Kouang-Si.
— De quel corps î
— De l'aile droite.
— Tu es volontaire?
— Oui, pour pouvoir nourrir ma f»mille avec ma