‹ Les combats du Général de Négrier au TonkinChapitre 8 sur 19 · PASSAGE DU TH10NG-GIAN · texte numérisé non relu

PASSAGE DU TH10NG-GIAN

paie, qui est de deux taëls par mois (soit de 16 à 17 francs environ) ; en plus, nous touchons deux sanos de riz par jour. Mais je demande grâce, pitié (il se jette à genoux, joint les mains et se met à pleurer). Je n'ai jamais tiré de coups de fusil. Je suis ici à Kep, en garnison depuis deux mois seulement, et voici trois jours que je suis là à mon poste, bien étonné de ne pas être relevé. Je meurs de faim . Je n'ai rien mangé depuis deux jours !

Le général de Négrier a pitié de lui. On lui coupe sa queue, on lui donne une veste, et on l'incorpore dans les coolies pour porter les bagages.

Le lendemain, des détachements poussent jus^iu'à douze kilomètres de là chassant devant eux, comme un troupeau épars, les Chinois, incapables de se reformer. A partir de Kep, commence la région peu habitée des montagnes. •

On se repose le 18, et le 19 la colonne reprend la route de Bac-Ninh, où elle arrive le lendemain, après avoir laissé une garnison à Phu-Lang-Thuong, position qui commande la route de Chine au passage de cette route, et couvre Bac-Ninh.

Le 12 avril suivant, l'avant-garde du général de Négrier pénètre dans Hong-Hua que les Chinois viennent d'évacuer après en avoir pillé et incendié toutes les maisons. Le capitaine Fortoul, aide de camp du général, monte aussitôt sur la tour de la citadelle et n aperçoit qu'une poigcée de fuyards qui disparaissent au loin.

llouvemeots des troupes chinoJSûs. — Combat du Loc-t4sn. — Les cDUonaières la Hache, la Maisue et te Motisquelon. — ïlurl du lieutenant de vaisseau Cballier. — Slorcbe en avant de l'enDeoii, — L«s colonnas de Négi'ier, Donner et de Mibielle. — Uarche

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sur Kep. — En avant. — Coup de mûn du capitaine Fortoul. — Le yillage de Kep. — Les forces ennemies. — Tir de notre artillerie. — Incendie de Kep. — Le 253° tourne le village. — Attaque des réguliers du Kouang-Si. — Défense de nos canons. — Prise du village de Cham. — Attaque de la porte du réduit de Kep par le lll^ de ligne. — Mort du capitaine Planté. — Prise de la redoute de la Pagode et du fort du Nord. — Déroute des Chinois. — Blessures du général de Négrier et du lieutenant Berge. — Troisième attaque du réduit. — A la baik)onette. — Dans Kep. — TraUs de courage. — Pertes des deui armées.

Vers le milieu du mois d'août, les reconnaissances opérées par nos canonnières dans les nombreux affluents du Song-Cau, signalent des mouvements considérables de troupes chinoises^ réunies sur la frontière du» Kouang-Si pour venir envahir le Delta.

Le 2 octobre, les canonnières Hache et Massus, en reconnaissance dans le Loc-Nan, sont furieusement attaquées près du village du même non, par 4,000 Chinois, Le MousquetoUj en route sur le Song-Thuong, appelé par rintensité de la canonnade, prend aussi part à ce combat, dans lequel nos canonnières, fusillées par un ennemi caché derrière des bambous et dans de hautes berges très fourrées, à une distance parfois de 30 mètres à peine, doivent traverser à deux reprises les positions des assaillants en les mitraillant du feu de leurs pièces et de leurs canons-revolvers. Mais nos pertes sont sensibles : la Massue a perdu son capitaine, M. le lieutenant de vaisseau Challier, qui, frappé le matin à la montée, d'une balle à la gorge, au moment où il se trouvait sur la plateforme du canon-revolver, meurt l'après-midi dans la descente; cinq hommes, dont le quartier-maître de canonnerieMarquois, ont été blessés; la Ha/che compte six blessés, dont le quartier-maître de manœuvres Collet, atteint de trois balles, et Castelain, ouvrier mécanicien, deux blessures.

Enfin, le Mousqueton^ a eu dans son équipage dix

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blessés dont cinq, entre autres le quartier-maitre fourrier Passavant, très grièvement, et parmi le détachement du bataillon d'Afrique d'escorte à. son bord, dix blessés, dont trois grièvement.

it du LOC-Nan (1 octobrt^

Après la mise hors de combat du capitaine Challîer. M. le capitaine Fortin a pris le commandement de la petite flottille, et c'est sous sa direction qu'a eu lieu la deuxième partie du combat à la descente.

Devant cette attaque, révélant nettement l'invasion, ji devient nécessaire d'augmenter les forces agissant vers la face nord du Delta. Aussi, tandis que le lieutenant-colonel Donnier, remonte le Loc-Nan avec Lam pour objectif, le lieutenant-colonel Defoy quitte Hanoï, 'e 3 au soir, pour Phu-Lang-Thuong avec trois compagnies du 23' de ligne, le bataillon du 111', deus

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sections de 80 millimètres de montagne, et la 3* batterie bis de 4 rayé de montagne.

De plus une colonne mobile est préparée à Phu-Lang- Thuong, sous le commandement de M. le clief îe bataillon de Mibielle. Elle comprend: un peloton de tirailleurs tonkinois, le 3® bataillon du 3® régiment de tirailleurs algériens, deux sections d'artillerie et quelques chasseurs d'Afrique.

Le 3, le général de Négrier quitte Hanoï pour aller prendre la di7'ection générale de toutes ces forces ; il se rend à Phu-Lang-Thuong pour marcher avec la colonne Defoy.

Le 5, les troupes sont ainsi réparties: Dans la vallée du Loc-Nan la colonne du lieutenant-colonel Donnier; à Phu-Lang-Thuong, la colonne du commandant de Mibielle, et, enfin, dans la vallée du Thuong-Gian, la colonne du lieutenant-colonel Defoy, sous les ordres directs du général de Négrier.

Le 5 au soir, la situation est la suivante : Les renseignements ont fait connaître que Tennemi est partagé en deux groupes principaux : l'un sur le Loc-Nan, vers Chu, fort d'environ 4,800 réguhers chinois ; l'autre vers Kep, estimé à environ 3,200 réguliers. Ces deux groupes paraissent reliés par un fort détachement signalé à Bao-Loc.

En conséquence, le général se résout :

1® A pousser le lieutenant-colonel Donnier dans la vallée du Loc-Nan, en lui donnant Chu pour objectif;

2° A le faire appuyer par le commandant de Mibielle, qui a Tordre de se trouver le 6 au soir à Hoa-Phu, de manière à pouvoir le rejoindre en quelques heures, si c'est nécessaire.

3° A chasser l'ennemi de Bao-Loc, pour le rejeter d'un côté sur le colonel Donnier, de l'autre sur Kep. Cette

attaque de Bao-Loc, a, en outre, pour but de permettre ultérieurement une attaque sur Kep. Il serait, en effet, imprudent d'attaquer Kep, avant de s'être assuré que Bao-Loc est libre, un corps ennemi placé à Boa-Loc pouvant agir sur les derrières d'une colonne opérant contre Kep.

Dans le chapitre suivant nous raconterons la marche des colonnes Donnier et de Mibielle.

Le 6 octobre, au soir, la colonne du général de Négrier se porte à la pagode de Thomann, située en arrière du carrefour des routes de Kep et de Bao-Loc.

Cette colonne comprend ;

Bataillon Godard du 23® (compagnies Gignous, Gaillon, [ Pecoul) ; la 2« compagnie est détachée à My-Luong,

^- Bataillon Chapuis du 111* (compagnies Planté, Ven-

turini, Mailhat, Verdin).

^* Bataillon FaiTet du 143® (compagnies Barbier et

C Dautelle).

t Artillerie sous les ordres du commandant de Douvres :

^ Deux sections de la batterie de Saxcé (80 mill. de

r montagne).

3® batterie 6t« d'artillerie de marine (batterie Roussel).

Détachementd'ambulance(médecin principal Challan).

Détachement du génie.

Section télégraphique de campagne (lieutenant Bailly).

Demi-peloton de cavalerie (sous-lieutenant Dumez).

Le 7, au matin, la colonne, laissant ses trains à la pagode Thomann sous la garde des deux compagnies du 143® et de la batterie d'artillerie Roussel, se porte sur Bao-Loc, par un chemin difficile dont l'ennemi vient de rompre les ponts.

L'avant-garde arrive à Bao-Loc, à 9 heures 20, quand, au-delà de ce village, elle heurte un détachement chinois. Le commandant de Douvres fait mettre aussitôt en

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position une pièce de 80. Ce canon, en un clin d'œil,est déchargé des bâts des mulets, remonté, chargé, pointé, fait feu et envoie un obus éclater au beau milieu des guerriers invincibles du Fils du Ciel, qui, pris de panique, s'enfuient en abandonnant leur matériel. D'après les habitants ce détachement se dirige par une route de montagne sur Kep. A 4 heures 30 du soir, le général reçoit un cavalier du commandant Mibielle qui lui fait connaître qu'il a éprouvé dans sa marche les plus grandes difficultés. Il est en relation avec le colonel Donnier et compte le rejoindre le 8.

La jonction de ces deux colonnes assurée, et le pays de Bao-Loc vidé par l'ennemi, le général se décide à marcher immédiatement sur Kep. A cet effet, l'artillerie et deux compagaiés d'infanterie, les malades de la journée et le quartier général se mettent en mouvement à 5 heures 30 pour bivouaquer à 8 heures 30 à la pagode Thomann. Le reste de l'infanterie, cantonné à Baô-Loc, a l'ordre d'opérer sa jonction avec les troupes delà pagode Thomann, le 8 au matin. Les pertes de la journée du 7, sont nulles. Quelques hommes atteints de coups de chaleur sont amenés à cette pagode où ils sont g:ardés pendant la matinée du 8 par deux sections du 143® chargées de les escorter à Phu-Lang-Thuoug, dès l'arrivée des coolies de transport envoyés par cette place.

Le 8, au matin, le général de Négrier n'a encore que des renseignements vagues et contradictoires sur l'occupation de Kep par l'ennemi.

Sous la protection de l'avant-garde placée à 1,500 mètres en avant du carrefour des routes de Bao-Loc et de Kep, le gros a pris la position de rassemblement.

Le demi-peloton de chasseurs d'Afrique du souslieutenant Dumez a été provisoirement adjoint à la co-

lonne de Mibielle. Le général de Négrier a seulement gardé 1 brigadier et 3 hommes. Ces chasseurs, seule cavalerie dont dispose la colonne, sont partis en avant battre ]e terrain. Tout à coup, ils rallient au galop ci signalent un groupe de pavillons très serrés sur les hauteurs à Touest de Kep.

La marche est alors reprise. En se portant d'uu hauteur à une autre, le pays parait vide et Favant-garde est arrivée à i ,500 mètres de Kep, sans que Tennemi se soit montré. Le général et Tétat-major de la brigade se tiennent à la pointe d'avant-garde pour être éclairés aussi vite que possible sur la situation, lorsqu'à 500 mètres de Kep, le capitaine d'artillerie Fortoul, chef j d'état-major, aperçoit la route barricadée et des groupes ^ ennemis poussant précipitamment des animaux du pàlu« j i rage dans la direction du village. ' I

Avec une rare intelligence et un coup d'œil admirable, ce jeune officier saisit le véritable point d'attaque.

Il se précipite au galop vers la section du liJ® qui forme la tête de l'avant -garde et, montrant les fuyards de P la pointe du sabre : « En avant ! » s'écrie-t-il, et il reprend

r son galop, suivi au pas de course par les soldats enlevés

par sa brillante attitude.

Ceux-ci rejoignent les Chinois et les lardent à coups de baïonnettes. On arrive ainsi pêle-mêle, confondus sur la première barricade qui est enlevée en un clin d'œil. Comprenant immédiatement la situation, le capitaine Fortoul porte un second groupe de l'avant-garde à la sortie du nord du village. Le poste chinois qui l'occupe, entièrement surpris, est totalement détruit, et le général jette en appui de la pointe la seconde compagnie d'avant-garde.

Le combat commence donc pour les Chinois par une surprise : leurs clairons sonnent de tous côtés et une

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violente fusillade s'engage immédiatement entre les deiil compagnies d'avant-garde (capitaines Planté et Venturini) du 111®, et les défenseurs du village dont l'intérieur est fortement organisé. Une position pour l'artillerie est reconnue par le général, à gauche de la route, et la section d'artillerie d'avant-garde y est immédiatement amenée.

Pendant ce temps, le gros de la colonne se forme au sud de Kep, en ordre préparatoire de combat sur deux lignes à intervalles serrés.

Le feu a commencé à dix heures et prend immédiatenoent une assez grande intensité. Les troupes chinoises paraissent être nombreuses. Elles occupent dans le fond du tableau une ligne de hauteurs; à gauche s'appuie à la route de Chine, qui est défendue par une pagode fortifiée avec parapet et prolongée par une lisière de bois organisée défensivement. La droite s'appuie au village de Cham, situé un peu en avant de la ligne principale à 1,000 mètres de Kep et qui paraît également fortement occupé.

Le village de Kep et son réduit central forment donc un vaste fort placé en avant de la ligne ennemie qui le flanque des deux côtés. Ce village est situé sur la route de Bac-Ninh à Lang-Son, à 45 kilomètres environ de la première ville et à 20 kilomètres de notre poste avancé de ce côté : Phu-Lang-Thuong.

Par sa situation à la jonction des routes conduisant à Yen Té d'une part, et, communiquant par conséquent, avec Thuan-Quan et Tuyen-Quan et, d'autre part, k Bac-Ninh et Hanoï, Kep est un point des plus importants. Ce n'est toutefois qu'un petit village militaire^ entouré d'un mur en torchis haut de 2 mètres, situé k droite de la route de Lang-Son, sur une petite élévation de terrain, au-dessus de laquelle on trouve au nord nix fortin palissade.

L'entrée du village est à 100 mètres de la route. On y arrive par une allée large de 3 mètres, bordée par deux petits étangs.

La porte du village est très étroite et ornée de deux colonnes chargées d'inscriptions. A peine deux hommes peuvent-ils passer de front.

Le village se compose d'une cinquantaine de cagnas. cases annamites en planches et recouvertes de chaume, et d'une quinzaine de bâtiments en maçonnerie n'ayant que le rez-de-chaussée. Ces derniers servaient de magasins, de demeures pour les chefs ou de pagodes.

La superficie occupée par ce village est extrêmement restreinte. Toutes ces cagnas et tous ces bâtiments sont les uns sur les autres. Quelques ruelles, larges d'un mètre ou deux, courent à travers.

C'est à Kep que les Chinois réunissaient une partie de leurs provisions de riz, pour subvenir aux besoins de leur colonnes qui descendaient de la frontière de Chine, de Lang-Son à Bac-Ninh.

p Tour autour de Kep, la campagne est superbe, quel-

^ ques rizières, des collines un peu boisées, entre lesquelles

y on aperçoit la ceinture verdoyante de bambous des vil-

lages annamites, et, comme fond de tableau, la première chaîne de montagnes de la province de Lang-Son.

Dès le commencement de l'action toute notre artillerie est réunie en un seul groupe sur un mamelon couronné d'une pagode qui domine Kep à courte distance. L'ennemi a négligé de l'occuper.

L'artillerie reçoit l'ordre de réduire le village et le crible de son tir plongeant. Bientôt d'épaisses colonnes defumvîe noirâtre toute pailletée d'étincelles s'élèvent en tourbillonnant au-dessus de Kep, dont les paillotes-sont la proie des flammes. De temps à autre une explosion sourde éclate dans le brasier, suivie d'une inyriade de

petites détoDations. C'est l'iacendie qui vient de gagner une paiUote où sont renfermés des sacs à poudre ou des caisses à cartouches

En même temps, nous apercevons au delà du village sur les mamelons, une longuo Lgne étmcelante d<: l'acier des baïonnettes, qm pareille à im immense serpent, se glisse à travers les hautes herbes Ce sont deux compagnies du ^° de ligne (capitaines Gignous et Gailloo), qui, sous les ordres du commandant

Godard, commandant le batailloo du 23*, contournent Kep par l'est pour l'envelopper et le prendre irevers.

Le capitaine Fortoul, qui, ce jour-là, se multiplie sur tous les points, leur sert de guide. Celte marche tournante accomplie sous un soleil de feu est des plus pénibles. Nos petits fantassins, le sac au dos, le doigt sur la d)5tente du fusil et prêts à faire feu, traversent des fourrés difficiles et des mamelons enchevêtrés couverts d'herbes épaisses et de hauteur d'homme.

Le village de Kep n'est enveloppé qu'à onze heures et

demie, et dans cette situation, aucun de ses défenseurs n'oïj peut plus sortir, sans tomber sous le feu à bout portant des troupes d'attaque.

L'ennemi, toutefois, a mis ce temps à profit. A onze heures il dessine une attaque enveloppant par les deux ailss principalement par notre gauche. Des lignes épaisses de tirailleurs soutenues à courte distance par des groupes compactes, sortent brusquement d'un pli de terrain situé au sud du village de Cham.

Cette attaque a pour objectif la hauteur occupée par notre artillerie et une ligne de hauteurs dominantes situées en arrière.

Elle est si résolument menée que les gardes-flanc refoulés repassent en arrière de la crête.

Les Chinois avancent toujours avec la plus grande audace; les officiers, le revolver au poing et criant • Maôl Maôl (vite! vitel) à leurs hommes.

Le gros de nos troupes achève le déploiement de sa première ligne et garnit la crête, attendant les Chinois que Ton entend monter la pente escarpée. Tout à coup une longue ligne de chapeaux pointus apparaît au bord >• du plateau, puis des visages écrasés et olivâtres, des

tuniques marron à parements écarlates : ce sont les réguliers du Kouang-Si.

Mais là, changement à vue ; un feu rapide s'abat sur ces malheureux et les écrase en un instant, pendant que les deux pièces de gauche de l'artillerie, faisant en même temps face à gauche, les criblent de mitraille. Quelques réguliers se jettent en désespérés sur les canons ; mais tous les servants disponibles saisissent leurs mousquetons, qu'ils portent en bandoulière, et, entraînés par le maréchal des logis Coppirr, de l'artilleii(; de maiûne, et le brigadier Sciandra du 12° d'artillerie, repoussent les Chinois qu'ils fusillent en écharpe.

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L'attaf|ue est repoussée^ la première ligne presque anéantie., les rares survivants sont accompagnés par les feux de salve des deux compagnies Verdin (lîl®) et Barbier (143®), qui les poursuivent de hauteur en hauteur jusqu'au village de Cham. Ce village, criblé d'obus par Tartillerie de Saxcé (80 millimètres de montagne), i

est bientôt évacué et ses défenseurs se replient sur la \

ligne des hauteurs en arrière.

Presque en même temps a lieu une attaque enveloppante par la droite ennemie qui s'est glissée à travers bois, derrière les compagnies Gignous et Gaillon du 23® . et a pris position à la tête d'un ravin dont la direction enfile l'artillerie.

Le section de droite de la batterie Saxcè lui fait immédiatement face, tandis que la compagnie Barbier (143®) contre-attaque. Au bout de vingt minutes, les Chinois disparaissent et ne se montrent plus. La compagnie Barbier est néanmoins maintenue en réserve de ce côté.

Cependant Kep, en flammes, tient toujours. Un premier assaut est préparé par le tir de l'artillerie qui domine le village à 300 mètres. Une compagnie du 111® se lance au pas de course contre la porte du village en se défilant derrière les bambous qui bordent la petite avenue. Son chef, le capitaine Planté, un vigoureux officier qui sort des tiffcos, entraîne ses hommes, Tépée haute, sous une grêle de balles.

La porte est barricadée, et obstruée par des fagots et des bambous acérés.

— En avant ! crie le capitaine Planté, enfoncez-moi tout çal Au moment où il pose le pied sur la première niarclie de la porte, un coup de feu, tiré à bout portant par une fenêtre étroite murée avec des sacs de terre,, le renverse sans vie. Quelques soldats armés de haches,.

m LS GÉNBhAL DE NÉGRIER

veulent briser les battants, d'autres essaient a arracher les bambous; mais la fusillade ennemie continue meurtrière, sans relâche, et les couche auprès de leur chef. I^es débris delà compagnie reculent frémissant de rage.

Il est nécessaire de ne pas donnera Tennemi le tenips de se reconnaître. Le général de Négrier se décide à ne pas tenir compte de Kep, à le dépasser et à le couper de la route de Chine, en s'emparant de la rédoute de la i^agode, qui barre la route, et du fort du Nord, qui constitue l'entrée du défilé.

Le tir de te. batterie de Saxcé est alors dirigé sur la Pagode pour protéger la marche de l'infanterie.

Les compagnies Mailhat (111®) et Pecoul (23®), tirées du gros, passent le long de Kep et se portent avec la plus grande résolution, sans tirer, sur la redoute delà Pagode. L'élan des soldats est admirable.

Aujourd'hui, l'infanterie de ligne combat seule pour la première fois, depuis son arrivée au Tonkin, et lient ^ à se surpasser ; elle eât tout simplement héroïque.

Ç; Du premier coup de feu, la redoute de la Pogode est

^ emportée ; tous ses défenseurs sont tués sur place sans

pouvoir fuir.

Dans ce court, mais terrible engagement à l'arme l'!anche, signalons la belle conduite des sergents Carabin, blessé grièvement, et Quintaine ; du soldat Quatremare, atteint de quatre blessures graves, tous les trois du 23® de ligne.

De cette redoute, les deux compagnies se jettent, par la gauche, avec le même élan endiablé, sur le fort du Nord, où le soldat Mailhet, du ill®, entre le premier, la baïonnette en avant, et s'y installent.

Le principal point d'appui des Chinois est enlevé; nous tenons la route de Chine et leur communication par Ctiam. Dès lors, la déroute commence. Des bandes

désorganisées s'enfuient vers le Son-Thuong, auquel l'arinée cMnoise était adossée le matio.

Un régiment de cavalerie les aurait jetées dans le fleuve; mais, à cause de la chaleur excessive, elles ne peuvent être .poursuivies que par des feux.

n est une h^re : l'ennemi a disparu de tous les cdt^s. H ne reste, au centre du terrain de l'action, que Kep, qui se dtfend avec achameioent

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