‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 100 sur 262 · La Guerre franco-allemande, page · texte numérisé non relu

La Guerre franco-allemande, page

Aniirc fraïK-aise. — Dragons.

Combattants.

extrêmes limites des forces humaines. Mais, tandis que ces liraves gens honoraient ainsi la défaite, leurs camarades de la division Vergé et de la brigade Pouget soutenaient dans la plaine une lutte également héroïque, dont il faut maintenant suivre les péripéties en détail.

Nous avons vu (page 234) que la cavalerie du général de Yalabrègue, jetée entre nos deux positions du Rotherberg et de Stiring, avait dû, au bout d'une heure et demie, se retirer derrière ce village. Aussitôt la batterie de mitrailleuses de la division Vergé vint prendre près de la route une position que le feu des pièces postées sur l'Exercir-Platz ne lui permit de conserver ({ue quelques instants. En même temps, l'entrée en ligne de la 28° brigade prussienne obligeait à reculer nos tirailleurs déployés dans les bois, et ce mouvement rétrograde se propageait jusqu'aux troupes de soutien postées dans les premières maisons de Stiring, découvrant les batteries qui, ainsi qu'on l'a vu, étaient en position en avant du village. Aussitôt celles-ci furent en butte à un feu de mousqueterie tellement violent et rapproché qu'elles se trouvèrent désorganisées ; un caisson de la 7' batterie du 15', traversé par un obus, lit explosion. Ce qui restait des conducteurs cherclia alors à soustraire ces malheureuses batteries à une destruction totale, mais on fut forcé d'abandonner cinq pièces, qu'on ne pouvait pas atteler faute de chevaux ' !

Il était quatre heures. La situation de la division Vergé devenait grave, car toute la partie nord-est de la forêt de Stiring se trouvait maintenant au pouvoir de l'ennemi, et déjà des groupes épais abordaient par ce côté les premières maisons du village, près du talus du chemin de fer. Il fallut pour les chasser toute l'énergie de nos tirailleurs embusqués dans la maison d'école, et l'intervention d'une pièce de la 12° batterie, qui accourut près de l'usine, et tira sans relâche sur eux. Pendant ce temps, les fantassins de la brigade Jolivet, revenus de leur émoi passager, réussissaient à tenir en respect les l)alaillons prussiens, et à faire échouer toutes leurs tentatives pour dél)0ucher du bois et s'emparer des pièces abandonnées. Mais l'arrivée de secours devenait urgente, car les trois régiments dont disposait le général Vergé étaient hors d'état de contenir plus longtemps le flot toujours grossissant des Allemands. Heureusement, le 55° de ligne, deuxième régiment de la brigade X'alazè, rentrait à ce moment d'une reconnaissance dans la vallée de la Kosselle, où il n'avait d'ailleurs rencontré aucun parti ennemi; le colonel Waldner de Freudenstein, accourant au canon, l'amena sur le champ de bataille ])ar la voio la plus rapide et apporta ainsi aux défenseurs de Stiring un inx'cieux apiiui. 11 était temps, car l'ennemi, « après une lutte des plus vives et au prix des ])lus grandes perles" », avait réussi à s'emparer de la Brème d'or et de la Baraquo Mouton, grosses fermes bâties le long de la route qui mène de Stiring à Sarrebruck ; de là il s'était lancé, comme nous l'avons vu, contre le liane ganclie de la dixision Lavcaucdupet, cl il menaçait luainlonant,

1. Lo lioutoiiant d'ai'lillorio Clial)Oril, grièvement liloss(>, refusa de se laisser eiii|iorter. — " Sauvez mes pièces avant tout, criait-il, puis vous m'o:u[)orte|'ez si vous eu avez le temps. » (Général Fiîossard, loc. çiL, page 44.)

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