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246 BATAILLE DE SPICOEREN

Défense de Forbach par le lieutenant^colonel Dulac. — La détermination prise par le général Frossard de battre en retraite lui avait été dictée, comme on vient de le voir, par l'écho d'une canonnade engagée à Forbach. Que s'était-il donc passé de ce côté?

La garde de la ville avait été confiée à deux escadrons du l'2° dragons, commandés par le lieutenant-colonel Dulac, et à la compagnie de réserve du génie. Le général Frossard, rassuré par les rapports de la reconnaissance envoyée le matin dans la vallée de la Rosselle (55° de ligne), lesquels ne signalaient de ce côté aucune trace de l'ennemi, avait jugé cette force suftisante pour mettre à l'abri d'un coup de main le matériel très important qui se trouvait en gare. Mais, vers sept heures du soir, le lieutenant-colonel Dulac aperçut, débouchant de la forêt de Forbach et longeant la vallée, deux colonnes assez fortes qui faisaient mine de se diriger sur Forbach. C'était l'avant-garde de la IS" division prussienne qui, en vertu des ordres cités plus haut (voir page-22''2), avait franchi la Sarre à \\o\klingen; vers midi. Elle comptait quatre bataillons, trois escadrons, en tout 4,000 hommes, et deux batteries.

Étant donnée la distance qui sépare Wôlklingen de Forbach (12 kilomètres environ), cette avant-garde aurait dû se présenter beaucoup plus tôt devant la ville ; mais elle avait perdu en route deux grandes heures, par suite des circonstances que relate en ces termes le grand étal-major prussien : « Vers quatre heures,

la colonne approchait de la Grande-Rosselle Depuis cinq heures du matin, les

troupes avaient constamment marché, sans s'arrêter même pour préparer leur repas; elles avaient parcouru 38 kilomètres environ, sans rencontrer l'ennemi et sans découvrir d'autre indice de sa présence qu'un camp considérable que l'on apercevait au loin, sur les hauteurs de Forbach. A l'est, le bruit de la canonnade, étouffée par la vaste étendue des bois, avait cessé de retentir; l'action engagée dans cette direction semblait terminée. En outre, le commandant de la division, qui marchait a\ec l'avant-garde, avait reçu du quartier général de la I'° armée une communication portant que le grand quartier général paraissait ne .pas avoir encore l'intention d'entamer, ce jour-là, une affaire sérieuse sur la rive gauche de la Sarre. L'ensemlile de ces indications déterminait le général de Glùmer à l'aire halte au nord de la (irande-Rosselle et à placer ses avant-postes : l'ordre était envoyé au gros de bi\ouaquer à Wôlklingen.

« Cependant, vers six heures, l'écho de la canonnade conunençait à parvenir de nouveau à la Grande-Rosselle ; en même temps, les patrouilles de iuissards lancées en avant rapportaient que le combat coniiiniait au sud de Sarrebriick ; à ce moment, un ol'Iicier envoyé par le général de Zastrow (commandant de corps d'armée) arrivait aussi, annonçant que la li" division était vivement engagée sur les hauteurs de Spicheren, et demandant à la Li" division de prendre part à l'action. ¥a\ conséquence, l'avant-garde reprenait immédialenieut sou niou\enieut sur Forhacli '. »

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